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LE TAUX DE CROISSANCE

Les résultats sont négatifs en ce qui concerne les variations du taux de croissance avec la température, en ce sens qu’il n’apparaît pas de différences sensibles dans les constantes (Q,, et « accroissement critique ») suivant la nature de la source ternaire. À s’en tenir aux conceptions de CROZIER, la réaction maîtresse doit être la même dans tous les cas.

Peut-on, de la valeur de l’accroissement critique (13.200), tirer quelque conclusion quant à la nature de cette réaction ? Nous avons vu (chap. IV) que le taux de croissance paraît dépendre dans une large mesure de l’activité des enzymes qui attaquent les corps ternaires ; cette conclusion s’appuie sur le parallélisme évident qui existe entre les variations du taux de croissance et de l’activité des enzymes en fonction de la concentration et de la nature des substrats. On pourrait donc s’attendre à trouver des constantes de températures analogues dans les deux catégories de phénomènes. Les rares données que l’on possède à ce sujet ne confirment pas ces prévisions. CROZIER a calculé d’après les chiffres de QuASsTEL et WE- THAM la valeur de E pour l’activité de la succinodéhydrogénase en fonction de la température (réduction du bleu de méthylène par des B. coli « non proliférants »). [1 trouve le chiffre de 16.700. Cette différence considérable autorise-t-elle à penser que les conclusions du chapitre IV ne sont pas fondées, que le taux de croissance n’est pas dans une dépendance étroite vis-à-vis des activités enzymatiques ? Elle indique plutôt, semble-t-il, que l’on ne saurait accorder beaucoup de confiance à la notion d’une «réaction maîtresse » imposant son rythme et sa caractéristique à un processus aussi complexe que celui de la croissance. BurTON (1936) a montré que si l'équation d'ARRHÉNIUS peut rendre des services comme relation empirique, permettant de calculer une constante, il est en revanche impossible d’attribuer au coeflicient ainsi défini le sens précis qu’il prend lorsqu'il s’agit de réactions simples. Il a montré en outre que, pour qu’une réaction puisse imposer sa vitesse à une chaîne même très courte, il faut qu’elle soit considérablement plus lente que toutes les autres réactions de la chaîne, et cela d’autant plus que la chaîne est plus longue. La vitesse des transformations le long d’une chaïne de réactions dépend à la fois de la vitesse de toutes les réac-

tions de la chaine, et de leurs constantes d’équilibre. Il est fort possible que la température agisse en particulier par la modification des constantes d'équilibre.

En résumé, si l’on peut admettre que l’activité des actions enzymatiques joue un rôle important dans la fixation du taux de croissance, il est impossible de croire qu’elle puisse imposer sa vitesse propre à toute la chaîne des réactions de synthèses. Il n’y a pas à proprement parler de « master reaction ». Lorsque l’on passe d’un substrat ternaire à un autre, la vitesse d’un certain nombre de réactions de la chaine, et principalement de la première, se trouve modifiée et l’on observe une modification corrélative, mais non proportionnelle, de la vitesse de l’ensemble, c’est-à-dire du taux de croissance.

Notons enfin que, tout au moins dans l’échelle de température étudiée, on n’observe pas de « « point-critique » correspondant à une modification brusque des coefficients.

Résumé du chapitre VII.

1° Le rendement de la croissance des bactéries sur différents aliments ternaires diminue dans une certaine mesure avec la température. Cette variation ne saurait être attribuée, comme le pense GRAY, à une modification de l’importance relative de la ration d’entretien et de la ration de croissance. C’est bien le rendement des synthèses lui-même qui est modiñé.

20 Le taux de croissance augmente avec la température suivant une loi qui satisfait à peu près, jusque vers 370, la relation d’ARRHÉnIus. Il faut se garder cependant d’en conclure que le taux de croissance est déterminé par la vitesse d’une réaction unique.

LT

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