THÉORIES CHIMIQUES
La célèbre théorie de RoBEerTson (1921 et suiv.) qu’il faut maintenant citer a été principalement appliquée par son auteur à la
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croissance des métazoaires. Mais RoBERTsoN lui-même, et d’autres, inspirés par ses travaux, en ont étendu le domaine d'application aux populations de micro-organismes. L'idée essentielle de ROBERTSON (inspirée du reste par certains travaux de LoEB) est que les processus de croissance sont en tous points comparables à un phénomène d’autocatalyse, ou plus exactement qu’ils sont sous la dépendance d’une réaction autocatalytique qui les gouverne entièrement. Et c’est pourquoi la croissance s’exprime par une formule qui est aussi celle des réactions «monomoléculaires autocatalytiques » :
dx
a Kx (a — x).
Cette équation, on le voit, est identique à la logistique de VernuLsT. Mais le raisonnement par lequel ROBERTSON a été amené à employer cette formule, l’interprétation mécaniste des phénomènes de croissance qu’il croit pouvoir en tirer, n’ont aucun point commun avec les arguments de simple logique qui ont conduit VEerHuLsT au même résultat. L’extrême fragilité des conceptions de ROBERTSON qui, d’une simple analogie formelle entre la marche de certaines réactions chimiques et l’évolution de la croissance, croit pouvoir conclure à une identité des mécanismes sous-jacents et ne craint pas pour cela d’assimiler la croissance d’un métazoaire à une « réaction monomoléculaire autocatalytique », a été souvent soulignée et 1l est inutile de revenir sur les nombreuses discussions que ces conceptions ont eu au moins le mérite de soulever. Mais si la tendance à un « mécanicisme outrancier et naïf » (TEissrer, 1936) dont témoignent ces interprétations est particulièrement apparente dans leur application à la croissance des métazoaires, elle l’est moins, et a soulevé moins d’objections, lorsqu'il ne s’agit plus que de la croissance des cultures de microorganismes. Dans ce domaine, les idées de RoBERTSsON l’ont conduit à la conception de « l’allélocatalyse » dont il a été question à propos de la phase de latence (p. 11). Contentons-nous de rappeler à ce sujet que les expériences sur lesquelles ROBERTSON se basait n’ont pu être répétées par d’autres auteurs. La théorie de l’allélocatalyse n’a done ni support expérimental, ni même de raison d’être bien sérieuse, puisqu'elle est applicable à une phase de la croissance dont l’existence même apparaîit comme tout à fait contingente (chap. I, p. 15). La conception « catalytique » de la croissance conduit à des explications purement.
verbales, dénuées de tout sens physiologique intelligible. On peut sans crainte d’erreur la considérer comme aussi périmée dans son application aux populations de microorganismes, qu'aux êtres vivants plus complexes. Ce qui n'empêche pas que l'équation de ROBERTSON ne puisse assez souvent conduire à des ajustements satisfaisants, tout comme la logistique de VERHuLsT, et pour les mêmes raisons, qui n’ont absolument rien à voir avec l’autocatalyse ou l’allélocatalyse.