SION A RON GARE ARE
Fic. 56. — Croissance du B. subtilis sur dextrine (I) et sur dextrine additionnée de saccharose au moment indiqué par la flèche (II).
sucre À une fois la croissance sur le sucre B commencée. Si cette expérience est positive, elle montrera définitivement que l’adaptation ne suffit pas à expliquer le phénomène de diauxie.
19 Expériences avec B. subtilis. — L'expérience est faite dans les mêmes conditions que les précédentes : la souche, entretenue sur
gélose, subit plusieurs repiquages sur milieu synthétique, additionné de dextrine comme seul aliment carboné. Au moment où l’ensemencement est pratiqué, le milieu dans la fiole d'expérience ne contient également que de la dextrine. Une fois la croissance nettement amorcée on aspire aseptiquement par l’effilure de la pipette, une quantité convenable d’une solution de saccharose, stérilisée à part, et contenue dans un petit tube à hémolyse. Tenant compte du nombre de ce. de milieu déjà retiré pour les mesures de densité optique, on peut connaître approximativement la concentration de saccharose ainsi réalisée,
La figure 56 exprime les résultats d’une telle expérience. La souche ensemencée avait subi quatre passages sur milieu $ + dextrine. Le milieu des fioles d'expériences contenait environ 150 mg. par litre de dextrine. Le saccharose a été ajouté 5 heures après l’ensemencement, la concentration réalisée était de 50 mg. par litre environ. La courbe I correspond à la croissance sur dextrine seule. Elle sert de témoin à l’expérience proprement dite, représentée par la courbe II. La flèche indique le moment ou le saccharose a été
Fic. 57. — Croissance du B. coli dans un mélange glucose-sorbite, après passage sur sorbite seule : I) le glucose est ajouté avant l’ensemencement ; II et II!) le glucose est ajouté après l’ensemencement, au moment indiqué par la flèche.
introduit dans le milieu. À ce moment la densité de la culture était de 14 environ, elle avait par conséquent déjà accompli plus du quart de sa croissance totale sur dextrine. On voit que la courbe I est normale, alors que dans la courbe II la diauxie se manifeste, sous une forme très atténuée, mais qui ne laisse pas de place au doute.
[as
20 Expériences avec B. coli. — L’expérience donne les mêmes résultats avec B. coli. La figure 57 résume une expérience concernant le couple glucose-sorbite. La souche avait subi 4 passages préalables sur sorbite seule. Dans le premier cas (courbe I) le glucose a été ajouté avant l’ensemencement. Dans le second lorsque la croissance sur sorbite seule avait déjà commencé. La densité de la culture était alors de 8,5. Dans le troisième la densité déjà atteinte était de 12,5. Dans les trois cas la diauxie est très nette, quoiqu’elle paraisse être d'autant moins accentuée que le glucose est ajouté plus tard.
Il est donc impossible de supprimer complètement la diauxie par une adaptation préalable au sucre B. Il semble qu’une souche ayant subi plusieurs passages sur un sucre B, comme seul aliment carboné, et en voie de prolifération active aux dépens de ce sucre, cesse de l’utiliser lorsque son milieu est additionné d’un sucre À. Elle ne peut l'utiliser à nouveau qu’une fois le sucre À épuisé. Du moins est-ce la seule explication possible des faits qui viennent d’être rapportés.
ADAPTATION ET DIAUXIE.
On doit donc admettre que l’hypothèse « adaptative » est à elle seule impuissante à expliquer l’ensemble des faits que nous connaissons maintenant concernant la diauxie. C’est ce que montrent très clairement les expériences précédentes. Mais il faut prendre garde que si ces expériences prouvent que cette hypothèse est insuffisante, elles ne prouvent nullement que le phénomène d’adaptation ne joue pas un rôle dans la diauxie. Au contraire : on constate que l’adaptation modifie très nettement la forme des courbes diauxiques. Le phénomène est visiblement moins accentué lorsque la souche a subi une adaptation préalable, dont elle paraît conserver un «souvenir ». Si l'adaptation au sucre B ne paraît pas pouvoir supprimer complètement la diauxie, encore est-il possible que par adaptation on puisse provoquer la diauxie dans un mélange ou normalement il ne se produit pas, et cette possibilité doit être contrôlée : nous savons en effet que dans un mélange de deux sucres B la diauxie ne se produit pas, tout au moins lorsque l’ensemencement a été pratiqué avec une souche qui n’a pas au préalable subi de passage sur un milieu contenant l’un ou l’autre de ces sucres (expériences relatées au chapitre I). Mais peut-être est-il possible de provoquer un phénomène
de diauxie dans un mélange de sucres B, en adaptant au préalable la souche à l’un des deux constituants qui jouerait alors le rôle de sucre À.
La figure 58 indique les résultats d’une telle expérience. Elle exprime la croissance de trois cultures de B. coli sur un mélange (en proportion 1/2) de maltose et de sorbite. Dans le premier cas
NELSON SIMPLE 2 6 F1G. 58. — Croissance du B. coli dans un mélange maltose-sorbite, après passage sur glucose (I), sorbite (II) et maltose (III).
(courbe I) l’ensemencement a été pratiqué avec une souche ayant subi plusieurs repiquages sur sucre À (glucose). Cette courbe sert de témoin aux deux autres : dans le second cas, la souche ensemencée avait subi 8 passages préalables sur maltose, dans le dernier 7 passages préalables sur sorbite. Cependant les trois courbes sont identiques et ne manifestent pas trace de diauxie. Celle-ci ne peut donc être n1 supprimée, ni provoquée par une adaptation préalable.