Archives de physiologie, octobre
ANNALES DE L’INSTITUT PASTEUR
d'attraction. En répétant la dernière expérience et en ino culant en même temps le bacille pyocyanique dans l’oreille, je trouvais, 6 heures après, le point d’inoculation du bacille pyocyanique envahi par les leucocytes. Ces cellules amiboïdes émigrées étaient extrêmement actives et voraces, tandis qu’on n’en voyait point du tout au point d’inoculation du bacille du charbon symptomatique.
Dans mon premier article j’avais émis l’opinion que de ce que les humeurs mortes d’un animal étaient bactéricides, il n’en fallait pas conclure qu’il en était de même pour les humeurs vivantes. J’aurais alors pu ajouter que le sang mort d’un animal a une influence extrêmement toxique pour l’animal même duquel il a été retiré.
Dans une leçon remarquable faite à l’Institution Royale de Londres le professeur Klein1 a fait une étude critique de toute la question des phagocytes, et attribue l’immunité de certains animaux contre certaines maladies infectieuses à l’action bactéricide des humeurs.
Après avoir cité la description que Metchnikoff a donnée de la destruction des bacilles du charbon par les leucocytes quand le virus est introduit dans la cavité lymphatique de la grenouille, le docteur Klein poursuit ainsi : « Il paraît très étrange de chercher là une explication suflisante de l’état réfractaire de la grenouille envers le charbon, car il faut considérer que les bacilles, comme les autres corps minuscules, injectés dans le sac lymphatique, doivent être absorbés et entraînés dans la circulation sanguine en quelques minutes, même en quelques secondes, dans tous les cas des heures avant que les phagocytes aient eu le temps de se rassembler en quantité suffisante dans le sac lymphatique pour engager une lutte avec les bacilles. »
Cet argument ne me semble pas avoir le poids que M. Klein semble lui attribuer. En premier lieu, quand on examine l’humeur du sac lymphatique de la grenouille on y trouve toujours de nombreux phagocytes.
Secondement, quand on injecte dans le sac lymphatique d’une grenouille des poudres fines, de vermillon par exemple,