‹ Recherches sur la destruction des microbes par les cellules amiboïdes dans l'inflammationChapitre 7 sur 9 · Nature, avril · texte numérisé non relu

Nature, avril

de charbon ou de tournesol, les particules sont absorbées par l’intermédiaire des leucocytes, mais nullement avec rapidité. En injectant par exemple une goutte de solution saline, contenant du tournesol finement pulvérisé, dans le sac lymphatique de la grenouille, je retrouvais facilement la poudre le lendemain. Une partie en était contenue dans les leucocytes et une autre étak libre entre les cellules. On trouve donc dans le sac lymphatique de la grenouille des leucocytes prêts pour la lutte. De plus les particules solides ne sont pas absorbées aussi rapidement que le suppose M. Klein.

Plus loin on lit le passage suivant : « Il a été abondamment prouvé que dans certains cas les bacilles entrent réellement dans la circulation sanguine, mais qu’ils y sont détruits non pas par les leucocytes, mais par la partie liquide du sang, le plasma; il a aussi été prouvé que les parties liquides du sang et de la lymphe en général ont une action bactéricide très marquée, indépendamment des éléments cellulaires, leucocytes ou autres cellules. »

Le Dr Klein ne fait aucune différence entre l’action du sérum vivant et celle du sérum mort, et comme il ne cite pas les faits sur lesquels il base ses conclusions, je ne puis les discuter. Mais il me semble pourtant que tous les travaux faits sur ce sujet pendant ces dernières années, mettent hors de doute l’action des éléments cellulaires du sang.

D’après M. Klein, on peut donner l’explication suivante des faits avancés par MetchnikofF : « Les bacilles ne peuvent exister dans le liquide lymphatique et sanguin; ils y sont détruits, mais ils se réfugient dans les leucocytes et les cellules lymphatiques où ils peuvent vivre. » Mais après un certain temps, « la substance des cellules lymphatiques suspendues dans la lymphe ou le plasma sanguin s’imprègne de la substance bactéricide des humeurs et alors les microbes meurent bientôt, même dans les cellules ». Et pour corroborer son point de vue, M. Klein continue : « L’action bactéricide du sang d’un animal envers une maladie donnée est grande quand l’animal est réfractaire pour le microbe pathogène qui la produit, mais elle est faible si l’animal n’est pas réfractaire à ce microbe. »

On peut pourtant objecter à ceci, que MetchnikofF a vu que les humeurs vivantes des pigeons, des rats et des chiens, animaux plus ou moins réfractaires envers le charbon, étaient

ANNALES DE L’INSTITUT PASTEUR

d’excellents milieux de culture pour la bactéridie charbonneuse. On peut dire aussi d’autre part que le sang mort des animaux qui ne sont point réfractaires pour un microbe donné, est souvent un mauvais milieu de culture pour ce dernier, comme l’ont démontré les travaux de MM. Charrin et Roger. La dernière partie de l'objection de M. Klein doit être basée sur une interprétation erronée des faits.

Néanmoins la première partie de ses arguments demande à être soigneusement discutée.

M. Klein admet que les bacilles périssent au dedans des leucocytes, mais il croit que la substance bactéricide, dont il admet la présence dans le sang et la lymphe, pénètre dans les leucocytes et exerce alors son effet curatif.

Pourtant il n’est nullement prouvé que les leucocytes se laissent pénétrer par toutes les substances chimiques qui les entourent.

On sait que si l’on injecte dans la circulation des particules solides comme le carmin, le vermillon ou une auti’e poudre quelconque, certaines cellules englobent la poudre jusqu’à éclater taudis que d’autres refusent d’y toucher. De même il a été nettement établi que les cellules des reins, du foie, des intestins, etc. absorbent certaines substances chimiques, tandis qu’elles en rejettent d’autres. L’expérience suivante prouve que certaines cellules amiboides, celles de la rate, par exemple, ont un pouvoir de sélection analogue. On injecta dans la veine latérale de l’oreille d’un lapin vivant une solution saturée de sulfindigotate de soude, jusqu’à ce que toutes les muqueuses fussent colorées en bleu foncé, dette injection ne nuisit nullement à la santé de l’animal, ce sel n’ayant aucun effet toxique. 4 heures après on sacrifia l’animal par le chloroforme.

A l’autopsie le foie et les reins étaient d’un bleu foncé. L’intestin, au-dessous de l'ouverture du conduit biliaire, contenait une grande quantité de sel de soude, mais la rate était parfaitement normale. Des morceaux de poumon, de foie, de rein et de rate furent placés dans de l’alcool absolu, qu’on changea une heure après et le lendemain. A l’examen des coupes on trouva le sel bleu dans les cellules épithéliales des reins et du foie, mais on n’en trouva pas trace dans les leucocytes de la rate, du foie etdu poumon. On voit donc que les leucocytes ne laissent

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