FALCO GRACILIS
Lesson, Traité d'Ornithologie, p. 93. — Desmurs, Iconographie, pl. 25. — Tinnunculus gracilis, G. R. Gray.
Cette espèce propre, à ce qu'il paraît, aux îles Seychelles, se distingue, par sa petite taille, de toutes les autres de l'Ancien Monde et rappelle, sous ce rapport, la cresserelle d'Amérique. Elle est très différente de celle de Madagascar et de celle de Mauritius, et se reconnaît facilement, outre sa petitesse, à ses parties inférieures teintes de roux vineux et nullement tachetées dans l'oiseau adulte qui a, en outre, du moins dans l'individu examiné par nous, tout le dessus de la tête ainsi que la nuque ornés d’un gris d’ardoise foncé.
M. Alfred Newton a bien voulu nous en communiquer les deux individus recueillis par son frère Edward aux îles Seychelles.
Voici les dimensions de ces deux individus.
Adulte. Aïle 5 pouces 7 lignes; pointe de l'aile 22 lignes. Queue 4 pouces. Tarse 13 lignes. Doigt du milieu 10 lignes et demie.
Individu au plumage imparfait. Aïle 5 pouces 7 lignes. Queue 3 pouces 10 lignes.
Adulte en mue. Nuque et dessus de la tête, à l'exception du front, d’un gris ardoisé foncé, avec les baguettes des plumes noires. Plumes en moustache et région des oreilles également couleur de schiste, mais interrompu par du blanc roussâtre. Manteau, scapulaires, couvertures des ailes et rémiges du second ordre d’un brun-rouge, interrompu par des taches noires plus ou moins en coeur et passablement petites, mais affectant, sur les rémiges, la forme de bandes transversales. (Croupion, suscaudales et dessus des pennes de la queue d’un gris assez pur. Ces pennes sont pourvues de cinq à six bandes noires, dont la dernière est large et en outre largement terminée de gris blanchâtre. La teinte du fond de la face inférieure des pennes caudales est d’un blanc gristre. Grandes rémiges d’un noir brunâtre et ornées, à leur barbe interne, de taches en bandes, brun-rouges à la face supérieure des ailes, blanchätres à l'inférieure. Couvertures infé-
rieures de l’aile d'un blanc légèrement lavé de roussâtre. Front et toutes les parties inférieures de l’oiseau couleur lie de vin päle, et passant au blanc sur les plumes souscaudales.
L'individu au plumage imparfait diffère de l'adulte par la teinte brun-rouge du plumage moins vive et celle du dessous de l'oiseau tirant au roux; par les plumes de la tête et de la nuque à larges bords d’un roux rougeâtre, tandis que leur centre est orné d’une tache longitudinale noire, par les flancs ornés de taches en larmes; par le gris du croupion mêlé de roux; par les taches du manteau, des scapulaires et des couvertures des ailes plus larges et plüs ou moins transversales ou en bandes; enfin par les couvertures externes de la face inférieure des ailes ornées, chacune, d’une tache noire.
SPIZAËTUS OCCIPITALIS.
Nous n'avons observé cet oiseau de proie qu’une seule fois dans une forêt de paletuviers le long de la mer près de Sjammanore, situé à une lieue et demie de Nossifalie.
NISUS LANTZIT.
Accipiter Lantzi, Verreaux, Rev. et Mag. de Zool., 1866, p. 353, pl. 18 (fem. jun.).
On verra, en lisant les notices suivantes sur les éperviers de Madagascar et de ses dépendances, combien peu ces êtres sont connus des naturalistes et combien il faut user de circonspection en étudiant les oiseaux de ce genre. Avant de se risquer sur ce terrain glissant, j'invite les naturalistes de méditer les données que j'ai fournies sur les oiseaux de proie, notamment celles sur les Nisus cruentus et les autres espèces Indiennes (voir mes Oiseaux des Indes Néerlandaises, ainsi que mes notices sur les Nisus unduliventer, badius etc. dans le Nederl. Tijdschr. voor Dierkunde, vol. 8).
L'oiseau que M. J. Verreaux a fait connaître sous le nom de Nisus Lantzii, appartient au nombre de ceux qui se rattachent à l’épervier commun par leur petite tête, par leur tarses passablement minces, par leurs doigts grêles et très allongés, ainsi que par la distribution des teintes.
Quant à l’épervier commun, on sait qu'il a été observé dans presque toutes les parties de l’Europe, dans l’Asie froide et tempérée jusqu'au Japon et au Nipaul, enfin le long du bord septentrional de l'Afrique, et qu'il est remplacé dans les parties plus méridionales de l'Afrique, depuis l’Abyssinie jusqu’au Cap de Bonne Espérance, par l'oiseau portant les épithètes de rufventris, Smith, exilis, Temminck, et perspicillaris, Rüppell : oiseau ne différant de l’épervier commun que par ses parties inférieures fortement lavées de roux ou à taches moins nombreuses et d'un roux intense: c'est mon Nisus fringillarius rufiventer, Muséum, Astures, p. 30.
L'oiseau de Madagascar, auquel M. J. Verreaux a attribué l’épithète de Lantzü, n'est
malheureusement fondé que sur deux individus, savoir notre femelle adulte, et le jeune décrit par M. J. Verreaux. Cet oiseau est très voisin de l'épervier commun, mais il s'en distingue d’une manière tranchante par le nombre beaucoup plus considérable des bandes claires caudales: on lui en compte en effet 8 à 9, dont 5 en arrière des suscaudales, tandis qu'il n’y en a que 6 à 7 dans l’épervier commun. Quant aux teintes de notre individu adulte de Madagascar, le brun-noir des parties supérieures est beaucoup plus foncé, il n'existe pas de raie surciliaire blanche et les bandes des parties inférieures sont beaucoup plus serrées et couleur de schiste foncée.
Aile 8 pouces 2 lignes; pointe de l'aile 17 lignes; queue 6 pouces 9 lignes; tarse 28 lignes; doigt du milieu 18 lignes.
Le jeune décrit et figuré par M. J. Verreaux porte une de ces livrées communes, dans le jeune âge, à un grand nombre d’espèces et très peu faites pour fournir des caractères, notamment lorsqu'on se voit obligé de les emprunter d’un seul individu.
Notez que M. Grandidier vient de rapporter de Madagascar un jeune mâle de cette espèce remarquable par sa taille aussi petite que celle du mâle de notre épervier commun.
Nous avons observé cette espèce dans les mêmes lieux qu'habite le Nisus Francesii. Elle porte comme celui-ci, chez les indigènes qui habitent le fond de la baie de Passandava, le nom de Vandrao-kibou. Elle est cependant plus rare que le Nisus Francesu.
NISUS FRANCESIL
Accipiter Francesüi, A. Smith, South Afr. Journ., 1832 (mas ad.). — Nisus (Scelospiza) Francesii, Kaup, Isis, 1847, p. 178 (mas ad.). — Nisus Francesüi, Hartlaub, Madagascar, p.20 (mas ad.). — Accipiter Francesiü, Sclater, Ibis, 1864, p. 298, pl. 7 (mas ad.). — Accipiter madagascariensis, d. Verreaux, South Afr. Journ., 1833, p. 80 (fem.). — Nisus madagascariensis, Hartlaub, Madag., p. 20 (fem. et mas juv.).
Cette espèce n’a été observée jusqu’à présent qu'à Madagascar et dans l’île d'Anjouan (Ibis, L. c.). Elle est remarquable parce que le mâle adulte a les parties inférieures orné de bandelettes roussâtres plus ou moins complètement effacées. Elle offre, du reste, beaucoup d’aflimté avec le Nisus badius, mais il paraît que les individus au plumage imparfait ont tout le dessous du corps constamment orné de bandes foncées, tandis que la gorge et le jabot offrent des taches longitudinales dans le jeune badius.
On a pu voir par la synonymie attribuée à cette espèce que le Nisus madagascariensis de Verreaux ne repose que sur des individus au plumage imparfait du Nisus Francesii.
Mâles: aile 5 pouces 9 lignes à 5 pouces 11 lignes; pointe de l’aile 16 lignes; queue 4 pouces 9 lignes à 5 pouces 2 lignes; tarse 23 à 24 lignes; doigt du milieu 11 lignes et demie. — Femelles: aile 6 pouces 6 lignes à 6 pouces 7 lignes; pointe de l'aile 15 à 18 lignes; queue 5 pouces 5 lignes à 5 pouces 6 lignes; tarse 24 à 25 lignes; doigt du milieu 12 lignes et demie.
Mäles adultes. Toutes les plumes des parties inférieures d’un blane légèrement lavé de grisâtre sur le jabot, et interrompu, sur cette partie, la poitrine, le ventre et les plumes des Jambes, de bandelettes plus ou moins effacées d'un brun roussätre. On voit, en outre, une fine raie grisâtre sur la ligne médiane de la gorge. (Cûtés de la tête d’un gris plus ou moins clair passant au blanc sur les freins. Toutes les parties supérieures de l'oiseau d’un gris de schiste ‘tantôt plus clair, tantôt plus foncé. Plumes de la nuque blanches à leur partie basale. Partie basale des rémiges tertiaires blanche avec des bandes noires. Rectrices ornées de bandes noires peu larges et dont on en compte six en arrière des suscaudales; mais ces bandes sont très indistinctes sur la paire mitoyenne et la paire extérieure des rectrices. Teinte du fond de la face inférieure des rectrices grisâtre. Couvertures inférieures des ailes d’un blanc relevé, sur les grandes couvertures, de fines bandelettes noirâtres. Face inférieure des barbes internes des rémiges, à l’exception de leur partie terminale, d’un blanc interrompu par des bandes noirâtres. ris de l’oeil jaune. Pieds jaunes. Bec bleu-noir.
Femelle au premier plumage. Dessous d’un blanc peu pur et interrompu, sur la ligne médiane de la gorge, par une raie noirâtre passablement large, sur toutes les autres parties inférieures par des bandes, brunes vers leurs bords, d’un roux rougeûtre vers leur centre: ces bandes sont étroites sur les plumes des jambes et souscaudales et, en outre, clair-semées sur ces dernières plumes; elles sont par contre larges depuis la gorge jusqu’à l’anus. Toutes les parties supérieures de l'oiseau et les côtés de la tête sont d’un brun roussätre peu foncé. Bandes foncées des pennes des ailes et de la queue comme dans les mâles adultes; mais la teinte du fond de la face inférieure des ailes et de la queue roussâtre, et toutes les plumes sousalaires avec des bandelettes foncées.
Trois autres individus femelles, évidemment adultes, se distinguent de celle que nous venons de décrire, par les bandes des parties inférieures beaucoup plus étroites et plus nombreuses, par la teinte dominante du dessus tirant beaucoup moins au roux, et par celle de la face inférieure des ailes qui est blanchâtre. L'un de ces individus a les souscaudales d’un blanc umiforme; dans les autres elles offrent de fines bandelettes brunes. La raie médiane de la gorge est peu prononcée.
Cet épervier porte, chez les Sakalaves du Nord de Madagascar, le nom de Vandrao- Kibou, ce qui signifie mangeur de cailles. Il aime, comme le Nisus brutus, à se percher sur les branches mortes des arbres qui se trouvent le long de la lisière des forêts. Il est cependant beaucoup plus farouche et plus difficile à tuer que le Nisus brutus. Il fait la chasse aux petits oiseaux tels que les foudis et les cailles, mais il se contente aussi, faute de mieux, de petits lézards, ainsi. que de Sauterelles et autres insectes qu'il prend au vol. Nous avons trouvé cet oiseau presque toujours par couples, c’est à dire le mâle et la femelle en compagnie l’un de l’autre. Cet épervier a été observé par nous dans la partie Nord-Ouest de Madagascar et notre ami Lantz l’a rencontré
dans la partie orientale de cette île; nous ne l'avons jamais vu à Mayotte où vit le Nisus brutus. M. Sclater dit par contre que le voyageur Kirk à trouvé le Nisus Fran- cesii dans l’île d’Anjuan située à peu de distance de Mayotte.