‹ Recherches sur la faune de Madagascar et de ses dépendancesChapitre 16 sur 61 · ALAUDA HO VA · texte numérisé non relu

ALAUDA HO VA

Mirafra hova, Hartlaub, Madagascar, p. 57.

Il paraît que cette petite espèce à formes trapues est répandue dans toute l’île de Mada- ‘gascar, puisque le professeur Peters l’a rapportée de la baie de St. Augustin, M. Lantz de Tintingue à la Côte Est, et nos voyageurs de différents points de la Côte Ouest.

Nous en avons examiné une dizaine d'individus. Il ne paraît pas exister, dans cette espèce, des différences notables suivant l’âge et le sexe.

Nos individus présentent les dimensions suivantes. Aïle 2 pouces 7 lignes à 2 pouces 9 lignes; queue 18 à 20 lignes; bec 5 lignes; tarse 9 à 10 lignes; doigt du milieu 5 lignes.

Cette petite alouette est assez commune dans les plaines de Madagascar, de Nossi-bé et de Nossi-falie. Elle vit par petites bandes de 6 à 8 individus, ou par couples, dans les hautes herbes connues dans ces pays sous le nom de fatac. (Chez les Antancars et les Sakalaves cet oiseau porte le nom de Koulou-Koulou-Tany. Sa manière de vivre et ses habitudes ont beaucoup de rapport avec celles de notre alouette. On le voit comme celle-ci monter dans l'air à une grande hauteur et en chantant, pour se laisser tomber ensuite soudainement dans l'herbe. Son chant est agréable et fort, mais court et monotone. Le cri qu'il fait entendre est à peu près le même que celui de notre bergeronnette. (Ces oiseaux se nourrissent de grains eb d'insectes et se régalent de petites sauterelles. Îls ne sont nullement farouches, mais très difficiles à tuer parce qu'ils se lèvent à chaque instant, pour se fourrer de rechef dans l'herbe. On sait que M. le professeur W. Peters a découvert cette espèce dans les environs de la baie de Saint

Augustin.

SPERMESTES NANA.

Bonaparte, Conspectus, 1, p. 454; Hartlaub, Madagascar, p. 56. — Pyrrhula nana, Pucheran, Revue z0ol., VII, p. 52 et Magaz. de Zool., 1845, Oiseaux, pl. 58.

Cette petite espèce de l’île de Madagascar se trouve aussi à Mayotte.

Voici les mesures des principales parties, empruntées à une dizaine d'individus de cet oiseau.

Aile 20 lignes; queue 14 à 16 lignes; bec 3 lignes et demie à 4 lignes; tarse 5 lignes; doigt du milieu 5 lignes à 5 lignes et trois quarts.

Iris de l'oeil brun; pieds couleur de chair; mandibule supérieure noire, inférieure

couleur de rose blanchâtre.

Ce charmant petit oiseau porte dans la partie Nord-Ouest de Madagascar le nom de Cipritici. Il vit par bandes de 6 à 20 individus, dans les arbustes et les broussailles qui se trouvent en abondance dans les plaines cultivées à Madagascar. On voit, pendant toute la journée, des bandes de ces oiseaux parcourir, au vol léger, les champs de riz qu'ils visitent principalement pendant qu'on sème et récolte ces céréales. Ils se nourrissent cependant aussi de toutes sortes de grains d'herbe notamment de la semence de la camomille. Le cri sifflant de cet oiseau consiste dans les syllabes spiti-spiti; de là leur nom malgache. Les plaines où les femmes malgaches pilent le riz sont encore visitées journellement par ces petits oiseaux, afin de s’y régaler des grains qu'on a vannés. Dans ces endroits, ils ne sont nullement farouches et faciles à prendre avec de la glue. Souvent on en voit une vingtaine réunis sur une tige d'un arbuste, et ils se tiennent tellement serrés l'un contre l’autre qu'on les croirait collés ensemble. Nous avons encore observé ces oiseaux dans les environs de la baie de Jongony à Mayotte.

PLOCGEUS PENSILIS.

Loxia pensilis, Gmelin. — Loxia nelicourvi, Scopoli. — Ploceus nelicourvi, G. R. Gray. — Nelicurvius pensilis, Bonaparte; Hartlaub, Madagascar, p. 54.

Cette espèce est propre à l’île de Madagascar. M. Hartlaub a décrit une autre espèce de cette île: c'est son Ploceus sakalava, observé depuis dans les parties Sud-Ouest. Il y rapporte, suivant les manuscrits de J. Verreaux, le Sou-di-Seye des sakalaves habitant la partie septentrionale de Madagascar: Sou-di-Seye, cependant, est corrompu de Foudicé, nom Sakalave du Ploceus pensilis.

- Aile 2 pouces 8 lignes à 2 pouces 11 lignes; queue 1 pouce 9 lignes à 4 pouce 14 lignes; bec 7 lignes à 7 lignes et demie; tarse 9 à 40 lignes; doigt du milieu 5 lignes et demie à 6 lignes et demie.

Cette espèce fut tuée par nous, pour la première fois, à Ambany-alla situé dans la baie de Passandava à la Côte Nord-Ouest de Madagascar, où elle est connue sous le nom de Foudicé. Son nid, construit de fils d’une espèce de lianes a la forme d’une retorte chimique dont la poche se trouve en haut et le bras en bas. La première est destinée à recevoir les petits, tandis que le bras forme une tunnel qui y conduit et par l’extrémité duquel les oiseaux entrent et sortent du nid. Il est suspendu au moyen de trois fines lianes, à une branche penchant le plus souvent sur l’eau de manière à pendre libre dans l'air. On trouve ordinairement jusqu'à quatre ou six petits dans le nid. La ponte a lieu dans les derniers jours du mois d'Octobre. On rencontre cette espèce presque toujours en société d’autres oiseaux, tels que l’Artamia bicolor, le Lanius madagascariensis etc.; mais elle est très rare dans les contrées que nous avons parcourues. Leur mouvement dans les arbres est très leste.

PLOCEUS ALGONDAE.

Pollen, in litteris.

Cette espèce, à ce qu'il paraît nouvelle pour la science, habite l'ile de Mayotte. Elle se rattache en général, par la distribution de ses teintes, au Ploceus erythrocephalus de Mauritius; mais elle est d’une taille plus forte, son bec est plus robuste, et les teintes présentent des modifications sensibles.

Aile 2 pouces 8 lignes; queue 22 lignes; bec 7 lignes; tarse 10 lignes; doigt du milieu 7 lignes.

Pieds couleur de chair. Bec brun-noir. Iris de l'oeil brun.

Mâle adulte. Tour emplumé de l'oeil noir. Tête, cou, jabot et croupion d’un rouge de minium. Les autres parties supérieures noirâtres; mais les plumes du manteau et du dos ainsi que les scapulaires largement bordées de vert-brun, les barbes externes des rémiges ornées d’un liséré olivâtre, les grandes couvertures alaires largement bordées de blanc rougeätre et les petites avec de très larges bords d’un rouge de minium. Les autres parbes inférieures et les couvertures inférieures de l’aile d’un jaune pâle tirant à l'olivâtre sur les flancs. Plumes des jambes rougeûtres.

Le mâle dans la livrée de passage a le jabot et la gorge jaunâtres.

Cette nouvelle espèce que j'ai dédiée à ma chère soeur Algonda, a été découverte par nous dans l'île de Mayotte. Elle y porte le nom de Cardinal, à cause de sa ressemblance avec le Foudi de Madagascar, qui porte ce nom dans l'ile de la Réunion. Ces oiseaux se liennent de préférence dans les casuarinas. Ils font entendre un petit cri sifflant, vivent de grains d'arbre ainsi que de riz, et sont plus farouches que les Foudis, du reste ils ont à peu près les mêmes habitudes. J'ai rencontré ces oiseaux par couples près du village de Montsamparé, mais jamais je ne les ai vu dans les autres parties de cette île que J'ai visitées, ni dans l’île Malgache. Reste à savoir, si le Foudia madagascariensis de Scelater, rapporté par M. Kirk des îles Anjouan et de Mohéli, n'appartient pas plutôt à notre oiseau qu'à celui de Madagascar.

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