‹ Recherches sur la faune de Madagascar et de ses dépendancesChapitre 5 sur 61 · TT IE · texte numérisé non relu

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Ardea atricapilla, Afzelius. — Se trouve dans tout le rayon de la faune Malgache.

Ardea podiceps, Bonaparte. — C'est mon Ardea minuta australis.

Nycticorax griseus (Linné). — Le même que partout ailleurs.

Scopus umbretta, Linné. — Observé à la Côte Sud-Ouest.

Anastomus lamelligerus, Temminck. — Peu rare à la Côte Ouest.

Platalea Telfairi, Nigors. — Observé à la Côle Ouest.

Lophotibis cristata (Gmelin). — Répandu par toute l’île.

Ibis religiosa, Savigny. — A Madagascar le même qu’en Afrique.

Ibis falcinellus (Linné). — Des deux Côtes de Madagascar.

Numenius madagascariensis, Brisson. — C'est notre Numenius major. Peu Numenius phacopus (Linné). — Commun à Madagascar.

Tringa hypoleucos (Linné). — Commun à Madagascar, aux Comores et aux Himantopus minor, Natterer. — Ne diffère pas de Himantopus melanopterus. Gallinago Bernieri, Bonaparte. — C'est évidemment le Gallinago aequatorialis. Rhynchaea capensis (Linné). — Abonde à Madagascar.

Parra albinucha, Geoffr. S. Hil. — Répandu par toute l’île.

Parra africana, Gmelin. — Observé à la Côte Nord-Ouest.

Biensis madagascariensis, J. Verreaux. — Très rare.

Rougetius Bernieri, Bonaparte. — Peu rare.

Canirallus Kioloides, Pucheran. — Rare.

Porzana pygmaea (Naumann). — Observé à la Côte Nord-Est.

Porphyrio madagascariensis. — Ne paraît se trouver que dans certaines localités.

Gallinula chloropus, Linné. — Absolument le même à Madagascar qu’en Europe. Fulica cristata, Gmelin. — Observé à la Côte Nord-Est.

Phoenicopterus erythraeus, 3. Nerreaux. — Identique avec le Ph. commun. Sarkidiornis africana, Eyton. — C’est pour nous Anas melanota. Nettapus auritus, Boddaert, — Commun à Madagascar.

Querquedula Bernieri, 3. Nerreaux. — M. Grandidier ayant apporté à Leyde

des individus de cet oiseau, nous avons reconnu qu'il appartient à l’Anas gibberifrons de S. Müller, espèce très commune à Célèbes et dans d’autres îles de l’Archipel Indien.

P. 82. Dafila erythrorhyncha (Gmelin). — A Madagascar la même que dans l’Afrique méridionale,

P. 83. Dendrocygna viduata (Linné). — Commun.

P. 83. Thalassornis leuconota (Gmelin). — Observé à la Côte Est et Sud-Ouest.

P. 83. Podiceps minor, Linné. — Il s’agit de savoir si les individus tués de Madagascar n’appartiennent pas plutôt au Podiceps Pelzelni.

P. 83. Podiceps Pelzelni, Hartlaub. — Rare dans les collections. Récemment rapporté par M. Grandidier.

P. 84 Petrodroma atlantica (Gould). — Identique avec la Proc. fuliginosa.

P. 84. Petrodroma aterrima, Nerreaux. — Observé à la Réunion.

P. 84 Nectris gama, Bonaparte. — Identique avec le Puflinus obscurus.

P. 84. Puffinus obscurus, Gmelin. — Paraît plus particulièrement se trouver dans les mers orientales de Madagascar.

P. 84. Pufiinus Bailloni, Bonaparte. — Ne paraît pas différer de l’obscurus.

P. 84. Puffinus sp. — Indéterminable.

P. 85. Diomedea chlororhynchos, Gmelin. — Côte orientale.

P. 85. Sfercorarius antarcticus (Lesson). — Identique avec le Stercorarius cataractes. P. 85. Gelastes Hartlaubi, Bruch. — Identique avec le Larus cirrocephalus du Brésil,

lequel ne diffère pas lui-même du Larus brunneicephalus de l'Inde continentale. Nous

venons d’en recevoir la dépouille de l'adulte tué à la Côte de Benguela.

P. 85. Dromus ardeola, Paykull. — Commun à Madagascar.

P. 85. Sferna caspia, Pallas. — Observé à la Côte Est.

P. 86. Sterna velox, Rüppell. — C'est la Sterna galericulata de Lichtenstein.

P. 86. Anous tenuirostris, Temminck. — Observé à Mauritius.

P. 86. Anous Rousseaui, Hartlaub. — Identique avec la Sterna stolida.

P. 86. Haliplana panayensis (Gmelin). — Observée à Madagascar.

P. 86 Gygis candida (Forster). — Observé dans les mers à l'Est de Madagascar.

P. 86. Phaëton phoenicurus (Linné). — Indiqué par M. Grandidier comme provenant de la Côte Sud-Est.

P. 86. Phaëton flavirostris (Brisson). — C’est l’aethereus.

P. 86. Haliaeus africanus (Gmelin). — Commun à Madagascar.

P. 87. Tachipetes minor (Gmelin).— Paraît se trouver dans les mers à l'Est de Madagascar.

P. 87. Sula piscator (Linné). — Indiqué sans certificat d'origine.

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MAMMIFÈRES

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LEMUR MACACO.

Linné, Syst. nat., I, p. 44 (except. cit. Petiver et Brisson). — Edwards, Gleanures, pl. 247 (nec auct. rec., qui Lemur varius): Lemur niger, Geoffr. Annales du Mus., vol. 19, 1812, p. 159 (mas). — Lemur leucomystax, Bartlett, Proc. Zool. Soc. London,

1862, p.347, pl. 4 (fem.). — Lemur macaco, Schlegel, Contributions à la Faune de Madagascar, dans le Nederl. Tijdschrift v. d. Dierkunde, vol. 8, p.77 (mas et fem.).

J'avais, dans mes Contributions, démontré que le Lemur leucomystax de Bartlett ne doit être considéré que comme la femelle du Lemur macaco. La série d'individus de ce maki, recueillie depuis à Madagascar, vient de confirmer cette assertion, et prouver que les diverses teintes que portent les deux sexes de cette espèce leur sont propres dès leur naissance.

Ces teintes offrent, toutefois, certaines modifications individuelles que nous allons faire connaître.

Le noir des mâles tire quelquefois plus ou moins au brun-rouge, et nous possédons un très vieux mâle, où ce brun-rouge est fort prononcé, notamment sur les flancs et les extrémités, et qui présente en outre cela de particulier que les poils noirs de la queue sont entremélés de poils blanchâtres et que les pieds de derrière offrent de larges taches blanches ou rousses. Notre très jeune mâle a le noir de son pelage lavé de gris blanchâtre sur le dessous du tronc, et interrompu, de chaque côté de la tête, par une bande mal déterminée d’un gris blanchâtre longeant le bord supérieur de la base des oreilles et le bord postérieur des joues. Les couleurs du pelage des femelles est sujette à des variations individuelles très sensibles. Le blanc du dessus de la tête est souvent mêlé de gris et de noirâtre, et quelquefois de la sorte que cette dernière teinte prend le dessus; la large tache occipitale noire est, quelquefois, presque totalement remplacée par du roux

jaunâtre; la teinte rousse du dessus du corps est tantôt claire, tantôt plus foncée et

vive, tantôt, du moins sur le dos, d’un roux-rouge très foncé et pourpré; les favoris, les pieds et la queue, enfin, sont blanchâtres dans les uns, roux dans d’autres.

Cette espèce, qui paraît exclusivement habiter la partie Nord-Ouest de Madagascar, y a été plusieurs fois tuée par nous lors de nos excursions dans cette grande terre. Les Antancars et Sakalaves la désignent sous le nom d'Acoumba. Ayant été à même d’en recueillir une belle série d'individus, nous avons pu constater à l'évidence que, dans cette espèce, les deux sexes se distinguent entre eux, constamment et dans tous les âges, par la teinte de leur pelage. En effet, tous les mâles que nous avons observés étaient d’un noir uniforme, tandis que les femelles avaient le pelage d’un roux plus ou moins jaunâtre, tantôt clair, tantôt foncé. Parmi celles-ci, il y en avait une portant son petit sur le dos. Ce petit était un mâle et offrait le pelage d’un noi uniforme, quoique beaucoup moins lustré que chez les mâles adultes. Le petit, cramponné au dos de la mère, tombait avec elle, et ce n'était qu'avec difficulté qu’on parvint à l'en séparer. Le pauvre animal ne cessait de pousser des hurlements craintifs. Je le fis conduire tout de suite vers notre tente où il mourût de chagrin au bout de quelques jours. (Cette espèce habite les forêts qui s'étendent entre la baie de Diego-Juarez et la baie de Bombetoc, ainsi que la forêt de Loucoubé dans l’île de Nossi-bé. Ces animaux vivent par bandes et se tiennent sur les arbres les plus élevés des forêts impénétrables. On les voit ordinairement vers le soir, et c’est alors qu'ils font entendre un bruit vraiment effrayant, produit par leurs cris unanimes. Quelquefois ces cris sont interrompus par une espèce de grondement, ce qui a plus particulièrement lieu à l’approche d’un danger quelconque. L'agilité qu'ils déployent en sautant d'un tronc d'arbre à l’autre est vraiment incroyable; on ne peut guère les suivre des yeux, et il est plus facile d’abattre un oiseau au vol rapide que ces animaux dans leurs sauts. Ils ont encore l'habitude, lorsqu'on les poursuit, de se faire tomber soudainement du haut des arbres dans les broussailles; mais le chasseur, les croyant morts, est bien vite détrompé en les voyant reparaître à une distance considérable, sur d'autres arbres, ce qui rend leur chasse très difficile. Élevés, depuis le jeune âge, en domisticité, ces animaux se montrent doux el familiers. Perchés sur l'épaule de leur maître, ils mangent toute sorte de nourriture qu'on leur offre. Ils sont friands de fruits, surtout de bananes qui sont, du reste, leur nourriture ordinaire à l'état sauvage. Ils sont encore friands du cerveau d'oiseaux qu'ils mangent en suçant, après leur avoir brisé le crâne à l’aide de leurs molaires, pour jeter ensuite le reste de l'oiseau. Dans certaines contrées de Madagascar, il est défendu de tuer des makis et même de les garder vivants ou morts. Chaque fois que je visitais l’île de Nossi-falie, on avait bien soin de s'assurer si je n’introduisais pas des Makis, qui, au dire des habitants, profaneraient l’île. Une fois 1l m'est arrivé, en retournant de la chasse aux makis, que les habitants de l’île me forçaient d'apporter mon butin dans un village situé à Madagascar même, et cela avant de descendre dans

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l’île de Nossi-Falie, afin de ne pas porter malheur aux habitants de l’île sacrée, nom qu’elle porte dans leur langage. Nous avons vu, dans le jardin zoologique de la Société Impériale d’acclimatation de: l’île de la Réunion, un mâle et une femelle adultes de cette espèce avec leur petit du sexe masculin: ce petit portait également la livrée noire du mâle adulte. Du reste, cette différence des teintes des deux sexes est un fait connu même des indigènes. L'iris de l'oeil de ces animaux est d’un brun orange et la pupille est noire et très petite.

LEMUR MAYOTTENSIS.

Schlegel, Contributions, L. c., p. 74.

Nous répétons ici ce que nous avons publié sur le Lémur de Mayotte, dans l'ouvrage cité plus haut.

Ce Maki habite l'ile de Mayotte, la plus orientale des Comores. On sait que cet Archipel se compose de quatres îles, très-peu explorées jusqu'à ce jour, et que l'existence de Lémurs dans ce groupe n'a été constatée jusqu'ici que par deux individus provenant de l’île centrale, appelée Anjouan. L’un de ces individus se trouve figuré dans Petiver, Gazophyl., pl. 17, fig. 5, sous le nom de Simia-sciurus lanuginosus fuseus ex Johannae insula; mais cette figure, reproduite dans Schreber, pl. 42, ne peut guère servir pour se former une idée précise de l'espèce qu'elle est destinée à représenter et dont le pelage serait d’un brun clair uniforme interrompu seulement par le noir de la face. L'autre individu originaire d’Anjouan a donné lieu à l'établissement du Lemur anjuanensis de Geoffroy, Tabl. des quadr., 1812, nom changé en celui de Prosimia bugi par Lesson, Species, 1840, p.227. Comparé à l'individu de Petiver, il présente des teintes assez différentes, puisque Isid. Geoffroy, Catal., 1851, p. 78, dit que cet individu du Lemur anjuanensis est gris en dessus et en dessous jusqu'aux épaules; roux en dessus et en dessous dans tout le reste du corps, queue et cuisses roussâtres’”. Ces données de Petiver et de Geoffroy sur le Lemur d'Anjuan ne suffisant pas pour l'identifier avec celui de Mayotte, je me suis mis à comparer ce dernier aux différentes espèces indiquées comme habitant l'île de Madagascar. Voici le résultat de ces recherches.

On peut généraliser, chez les Lemurs, les caractères suivants. Il n’y a qu'une seule espèce dont la queue offre, au lieu de teintes uniformes, des anneaux alternes clairs et noirs, et c'est le Lemur catta.

On peut démembrer des espèces à queue teinte uniformément, celles dont les oreilles se trouvent comme cachées sous les poils touffus et allongés dont elles sont pourvues de toute part. À ce petit groupe appartiennent 1) le Lemur varius de Geoffroy ou macaco

des auteurs postérieurs à Linné (mais non pas le macaco de Linné): espèce surpassant 1°

toutes les autres par rapport à sa taille, à gorge nue, à système de coloration très variable et dont le Lemur ruber n'est peut-être que la femelle ou une variété; 2) le véritable Lemur macaco de Linné, dont nous avons déjà parlé.

Les autres Lemurs offrent entre eux beaucoup d’analogie; mais on peut les subdiviser, suivant la couleur du museau, en deux groupes. Dans les espèces du premier groupe, le museau offre une teinte très claire, c’est-à-dire blanchâtre: ce sont 1) le Lemur coronatus de Gray, dont le Lemur chrysampyx de Schuurman n'est qu'un individu à coloration imparfaite; 2) le véritable Lemur mongoz de Linné, établi d’après le Mongooz d'Edwards, vol. V, Gleamings, pl. 216, p. 12, figure reproduite par Schreber, pl. 39 B, et dont le Lemur nigrifrons de Geoffroy (nec Fr. Cuvier) n’est qu'une variété: c'est encore Prosimia albimana et collaris de Gray, 1. c. (nec Geoffroy); mais non pas le Mongos de Buffon, Gray et de la plupart des auteurs. Les espèces du deuxième groupe ont toutes le museau d’un noir plus ou moins profond ou tirant, quoique rarement, sur le brun. L'une d’entre elles, le Lemur rubriventer ou flaviventer d’Isidore Geoffroy parait se distinguer de toutes les autres du groupe par ses oreilles velues jusqu'à leur bord même. Dans les autres, ce bord est dégarni de poils sur une bande assez large. (Ce sont 1) Lemur albifrons de Geoffroy; 2) Lemur rufifrons de Bennett, et 3) l'espèce presque constamment confondue avec le Lemur mongoz de Linné et dont Buffon a le premier, donné une figure très reconnaissable sous le nom Mongous (voir son Hist. nat., tome 15, pl. 26). Cette espèce, assez variable par les teintes, a été décrite sous plusieurs noms: il paraît, en effet, qu'il faut y rapporter les Lemur collaris, fulvus (épithète changée par van der Hoeven en celle de brunneus), rufus et albimanus de Geoffroy; puis les Prosimia xanthomystax et melanocephala de Gray, Proc. Zool. Soc. London, 1863, pl. 17 et 18; peut-être aussi la Prosimia anjuanensis de Gray (nec Geoffroy)); enfin le Lemur nigrifrons de Fr. Cuvier (nec Geoffroy) et le grand mongous de Buffon, Suppl, VI, p.118, pl.33. Elle est reconnaissable à la teinte foncée du vertex, ainsi qu'à une raie foncée parcourant la ligne médiane du front et réunissant le noir du vertex à celui du museau, tandis que le front est occupé en entier, de chaque côté de cette raie, par une très large bande grisâtre ou roussâtre et descendant sur les joues; le noir cependant se répand plus ou moins souvent sur cette bande claire, toutefois sans l’effacer complètement, et les favoris sont tantôt roussätres, tantôt blanchâtres. C’est à cette espèce, à laquelle on peut réserver l’épithète de collaris, que se rattache le Lemur de Mayotte. Ce dernier offre la-même distribution des teintes de la tête, mais ces teintes sont en général beaucoup plus prononcées et plus tranchées et il a le croupion pourvu d’une tache noirâtre, semblable à la tache brune que l'on voit souvent, à la même place, dans le véritable mongoz. Sans insister sur la différence spécifique de notre Lemur d'avec le Lemur collaris de Madagascar, nous nous permettons de l’introduire sous le nom de Lemur mayottensis, dans le seul but d'indiquer et son origine et les variations, soit

locales, soit individuelles qu'il présente, en comparaison de celles du Lemur collaris de Madagascar. On verra que ces variations sont aussi nombreuses que remarquables, et que leur étude nous a dû démontrer que la plupart des caractères assignés, par les auteurs, à ces animaux, comme spécifiques, ne sont que purement individuels.

J'ai devant les yeux, de ce Lemur de Mayotte, une série composée de 10 individus, dont les No. 1 à 7 sont des mâles et les No. 8 à 10 des femelles. Tous ces individus ont été tués à l’île de Mayotte, pendant les mois de Mai et de Juin 1864. Le caractère . commun à tous réside dans la tache noire du croupion et dans la distribution des teintes du dessus de la tête. Le dessus et les côtés du museau sont, dans tous, d’un noir profond; ce noir se prolonge de là, entre les yeux, sur le devant du front, puis il se rétrécit en une raie qui suit la ligne médiane du front et celle du devant du vertex, où elle se perd ou se confond avec le noir qui occupe le plus souvent cette partie. Le front offre, de chaque côté de la raie noire médiane, une teinte plus ou moins claire et qui forme un large bandeau descendant sur les joues. Ce dessin de la tête est très saillant dans les vieux mâles, moins prononcé dans d’autres mâles et dans les femelles. Dans notre mâle N°. 4 le noir occupe tout le vertex, la raie médiane noire du front est très large et les bandeaux frontaux clairs sont d’un roux grisâtre; ce noir du vertex et de la raie médiane offre un peu moins détendue dans notre mâle N°. 2, il est moins prononcé dans les N°. 8 et 7, et dans les autres individus le vertex n’est guère plus foncé que les autres parties supérieures de l'animal, en sorte que la ligne noire reste visible sur le milieu du vertex. Quant aux bandeaux fronteaux, ils sont d’un roux grisätre dans les N%. 1, 2, 3 et 4, gris dans les N°. 5, 8 et 9, gris noirâtre dans le No. 6, d'un gris tirant au jaune verdâtre dans le N°. 10 et brun dans le N°. 7. Les favoris sont d’un roux vif dans le N°. 3, roux brunâtre dans les N°. 1, 2 et 10, roux pâle dans les N°. 5 et 6; roux jaunâtre dans les N° 8 et 9, roux blanchâtre dans le No. 4 et grisâätres dans le N°. 7. L'ensemble de la coloration des parties supérieures se présente comme une teinte d’un brun grisâtre tiqueté de gris-jaune roussâtre; mais ces teintes générales tirent plus ou moins fortement au roux-brun dans les N%. 10, 5 et 6 et au roux jaunâtre dans les N°. 8 et 9. Sur la plante des pieds et notamment sur le talon, la teinte générale passe plus ou moins au roux-brun; quelquefois ces parties offrent un beau roux Jjaunâtre clair comme dans les N%. 7 et 8, quelquefois un brun rouge foncé, ce qui a notamment lieu dans le N°. 3. La teinte brune de la queue tire souvent au roux; dans d’autres, comme dans les N%.1, 2, 7 et 10, elle tire au contraire fortement au noir. Les parties inférieures du corps sont d’un blanc roussâtre, mais cette teinte n’est pure que dans les N%.8 et 9, dans tous les autres individus elle est plus ou moins fortement lavée de roux.

Cette espèce a été découverte par nous, en 1864, durant notre séjour à Mayotte, dans la partie Ouest de la baie de Gongonie. Ces animaux vivent par bandes composées de

six à vingt individus, dans les forêts vierges de l’île. On les y observe, soit au grand jour, soit pendant la nuit. Ils se tiennent de préférence sur les arbres, quoiqu'ils descendent de temps en temps à terre, pour y chercher les fruits tombés. Le soleil à peine couché, ils font entendre leurs cris unanimes et plaintifs. Poursuivis par des chiens, ils se réfugient sur les branches les plus élevées des arbres, fixant leur ennemi des yeux, balançant leur queue, hurlant et grondant. Ce n'est que lorsqu'ils aperçoivent le chasseur que toute la bande se sauve, en faisant des sauts vraiment incroyables, au fond de la forêt, où il est très difficile de les poursuivre et tirer. On les tire ordinairement avec du plomb de grandeur moyenne. Quand ces makis sont blessés, ils se défendent en enragés contre les chiens. J'ai même vu qu'ils leur sautaient sur le dos, les mordant dans les oreilles et le cou. A Mayotte, on employe pour la chasse de ces animaux des roquets de vilaine race, qui aboyent continuellement quand ils aperçoivent un de ces animaux, appuyant en même temps leurs pattes de devant contre le tronc de l'arbre, où se trouve un maki. Celui-ci fait plus d’attention aux chiens qu'au chasseur qui peut alors l’approcher à portée de fusil. Cette manière de chasser les makis, est assez agréable, quoique très fatiguante. Les makis de Mayotte sont friands des fruits du dattier sauvage, et ils font quelquefois de longues excursions pour les découvrir dans les forêts. La chair de ces animaux est excellente et a le goût de celle des laperaux. Il n'existe qu'une seule espèce de maki dans l’île de Mayotte. La couleur des mâles est toujours plus vive que celle des femelles, et ils ont la tache noire de la tête et du cou plus foncée et plus large; les favoris enfin et les canines sont plus longs dans ce sexe. Du reste, la couleur de leur pelage ne diffère pas de celle de la femelle. Les yeux de cette espèce sont d’un brun d'orange clair.

HAPALEMUR GRISEUS.

Isid. Geoffroy, Catalogue, Primates, p. 74. — Lemur griseus, Geoffroy, S. H., Mém. s. L Makis, 1796. — Hapalemur olivaceus, Isid. Geoffroy, L. c.

Nous avons devant les yeux un des types du véritable Lemur griseus rapporté de Madagascar par Bernier, et sept individus, dont l'un très petit, de cette variété que feu Isid. Geoffroy a indiqué sous le nom d'Hapalemur olivaceus. La comparaison la plus exacte et la plus minutieuse que nous avons faite entre ces différents mdividus, nous à démontré que le Lemur olivaceus ne diffère du griseus que par des nuances légères dans les teintes, et que cette différence ne peut d'autant moins servir de caractère spécifique que nos individus de l’olivaceus s’éloignent encore, sous ce rapport, plus ou moins sensiblement l’un de l’autre, et que l'individu du griseus conservé au Musée de Paris offre le ventre jaunâtre et les autres parties inférieures blanchâtres, tandis que ioutes ces parties sont d’un gris jaunâtre uniforme dans notre individu du griseus.

Reste à savoir, en combien la différence des nuances des teintes doit être attribuée au changement de poil ayant lieu à une certaine époque de l’année.

Teinte générale des parties supérieures d’un brun olivâtre passablement clair tirant, dans les uns, au jaunâtre, dans d’autres au roux, et plus vif sur le dessus de la tête qu'ailleurs. Les autres parties de la tête d'un gris, tirant au blanchâtre sur la gorge, le dessous du cou et quelquefois même sur les joues. Poitrine, ventre et face inférieure des pieds d’un roux jaunâtre tirant, suivant les individus, plus ou moins au blanchätre. Queue ordinairement un peu plus foncée que le dos.

Le crâne avec ses dents ne s'éloigne en aucune manière de celui du soi-disant Lemur griseus; mais cette partie présente, suivant les individus, des différences très sensibles par la forme des orbites, tantôt orbiculaires, tantôt un peu elliptiques, par les nasaux tantôt saillants, tantôt rentrants, par le manque ou l’existence d’incisives à la mâchoire supérieure, et par d’autres traits de moindre importance.

Iris de l'oeil brun. Oreilles beaucoup plus larges que hautes, fortement velues à leurs double face et par cela peu saillantes et comme cachées dans la fourrure.

Longueur totale 24 pouces, dont la queue occupe 13 pouces et demi. Jambe 3 pouces 11 lignes. Pied depuis le talon jusqu’à l'extrémité des doigts 8 pouces. Avant-bras 2 pouces 7 lignes. Main 93 lignes. Oreilles 6 lignes. Grosseur de la queue avec des poils 12 lignes.

Cette petite espèce que les malgaches de la partie Nord-Ouest de Madagascar désignent du nom de Bokomboule habite de préférence les forêts de bambou. Je lai trouvée à quelques journées de distance de la côte, au bord du fleuve Ambassuana. Les indigènes m'avaient tant de fois parlé de ces animaux que je ne püûs résister au désir d'aller les observer moi-même. Les Antancars qui devaient me servir de guide, faisaient cependant mille difficultés, disant que ce serait trop difficile pour un blanc de chasser dans les forêts de bambou, qu'il déchirerait ses habits à chaque pas, qu'il se blesserait continuellement les membres aux épines et aux feuilles de bambou, que c’était trop loin pour y aller et que je tomberais malade en route: enfin que le voyage serait impratiquable pour un blanc. Je réussis enfin à les persuader de me conduire sur les lieux fréquentés par ces animaux, en leur donnant de petits cadeaux. Je me mis en route le 2 Novembre 1864, au grand matin, accompagné de deux Antancars d’Ambatourangene, pour Tanimalandy, contrée où se trouvent les forêts de bambous habités par ces petits makis. Après une marche difficile de quelques heures, nous arrivämes dans une forêt épaisse de bambous dans laquelle je parvins à tuer plusieurs de ces animaux. Cette chasse est, toutefois, accompagnée de grandes difficultés. J'étais obligé de ramper le long du sol, ce qui me donnait un mal aux reins affreux, tout en me blessant aux feuilles tranchantes des bambous.

Ces animaux restent pendant toute la journée endormis sur les tiges les plus élevées des bambous, le dos courbé, la tête placée entre les cuisses, et la queue couronnant

le dos. Ils ont la vie absolument nocturne, ce qui, toutefois, ne les empêche pas d'apercevoir leurs ennemis et de se sauver à l'approche du chasseur. Leur nourriture consiste en feuilles ‘de bambous: du moins, j'ai toujours trouvé leur estomac rempli de cette substance. (Ces animaux sont très paresseux pendant le jour, mais pendant la nuit ils déployent une agilité et une activité incroyables. Leur cri consiste en un petit grondement semblable à celui du porc, mais beaucoup moins prononcé. Il paraît que cette espèce met bas leurs petits vers le mois de Décembre ou Janvier. J'ai eu ce petit animal quelque mois en captivité. Je le nourrissais de bananes, de manga's et de riz cuit, mais il n’attaquait le riz que forcé par la faim. Il avait la mauvaise habitude de ronger sa queue comme font quelquefois les singes en captivité. Quand on lui montrait le doigt, il se mettait en colère, en montrant ses dents et en faisant entendre un grondement précipité. |

CHEIROGALEUS FURCIFER.

Isid. Geoffroy, St. Hil., Catalogue, Primates, p. 77. — Lepilemur furcifer, G. R. Gray, Proc. Zool. Soc. London, 1863, p. 145. — Microcebus furcifer, Mivart, Proc. Zool. Soc. London, 1864, p. 621.

On voit par la synonymie de cette espèce, combien peu les naturalistes sont d'accord sur la signification des genres qu'ils se sont empressés d'établir dans la famille des Lémurs, avant de connaître les relations exactes qui existent entre les différentes espèces de ces animaux. Cette incertitude ne cessera, en effet, que lorsque, se dépouillant des vues étroites inspirées par la manie de faire des échafaudages à l’aide d’une nomenelature artificielle, on ira s'appliquer aux recherches de la véritable valeur des caractères et des affinités qui existent entre les espèces. Du reste, il s'agit avant tout de rassembler des matériaux bien plus considérables que les pièces isolées que l’on trouve éparpillées dans quelques unes des soi-disantes grandes collections d'histoire naturelle. En attendant, nous ne discuterons pas les vues que les naturalistes ont émises sur cette espèce, et nous sommes allé jusqu’à conserver pour elle le nom de Cheïrogaleus, quoiqu'on ne sache jusqu'à ce jour, si les Cheirogales figurés par Commerson ont les oreilles nues ou velues; à juger de ces figures, on dirait même que les oreilles sont velues dans le Cheirogaleus major, nues dans le medius et le minor. Nous nous bornons simplement à faire observer que notre espèce a les oreilles nues comme le Lepilemur mustelinus, mais qu'elle s'éloigne tout à fait de cette espèce par ses dents et la forme de son crâne.

Nous avons pu examiner cinq individus des deux sexes du Cheirogaleus furcifer. Ils se ressemblent tous par leur système de coloration, mais deux d'entre eux présentent

la pointe de la queue blanche, phénomène qu'il convient de ranger parmi les variations accidentelles si fréquentes dans certains Mammifères, par exemple les Petaurus. Ces individus nous ont présenté les détails suivants:

Longueur totale 24 à 25 pouces, dont la queue occupe 14 ou 15 pouces. Jambe 2 pouces 10 lignes. Pied depuis le talon jusqu'à l'extrémité du quatrième doigt 2 pouces 3 lignes. Avant-bras 20 lignes. Main 21 lignes. La plus grande grosseur de la queue avec ses poils 16 lignes. Oreille 8 lignes.

Iris de l'oeil noir.

Extrémité du nez nue. Oreilles complètement nues, ovales, plus hautes que larges. Poil doux, presque laineux sur le dessus, bien fourni, ras sur le museau, passablement long sur la queue.

Parties inférieures de la tête et du cou, poitrine, ventre et dedans des extrémités d'un blanc tirant plus ou moins sensiblement au jaune roussâtre. Teinte générale des autres parties d’un gris jaunâtre ou roussâtre, passant insensiblement au noir à mesure qu'on approche de la moitié terminale de la queue, et interrompue, sur le dessus, par une large raie noire longeant la ligne médiane du dos et du cou et se bifurquant sur le vertex pour aboutir au noirâtre qui entoure les parties supérieure et antérieure de la région des oreilles. Ces teintes foncées encadrent la large raie claire et en massue qui occupe le dessus du museau, l’entre-deux des yeux et le milieu du vertex. Nous rappelons enfin que l’extrémité de la queue est quelquefois blanche.

Quant à la forme du crâne, elle rappelle celle des Microcthes; il est encore armé du même nombre de dents, mais ces dents présentent les modifications suivantes. La paire des incisives intérieures est beaucoup plus grande et plus fortement dirigée vers le devant. Les canines sont plus grandes et celles de la mâchoire inférieure ne sont pas dirigées vers-le devant. Les deux premières molaires de chaque mâchoire prennent la forme de canines, et l’antérieure de la mâchoire supérieure est très grande et surpasse même, sous ce rapport, d’un peu la canine de la mâchoire inférieure, Les autres canines de la mâchoire supérieure sont en général petites. L’arc zygomatique et des orbites est presque aussi mince que dans le Microcebus Coquereli.

Cette jolie espèce se trouve en abondance dans les forêts de la partie occidentale de Madagascar. Elle parait également habiter la partie orientale de l’île, d’où M. Goudot en a envoyé un individu au Musée de Paris.

C'est vers la nuit que ces animaux sortent de leur gîte dans lequel ils dorment pendant toute la journée. À cet effet, ils choisissent de préférence des creux d'arbre, qui sont pourvus de deux ouvertures. Il arrive souvent que ces creux sont en même temps habités par des abeilles; dans ce cas, le Walouvy, nom que l'animal porte dans le pays, sépare l’asile de ces insectes, de son nid, par une petite toulfe de paille et de feuilles sèches. Les indigènes prétendent qu'il cherche de préférence la société des abeilles, afin

de leur voler le miel dont il est très friand. J'ai observé ces gentils makis pendant la nuit, mais leur chasse est extrêmement difficile. Ces animaux sont beaucoup plus lestes et plus agiles que les Lemurs ordinaires, et ils font des sauts incroyables. Les cris qu'ils font entendre continuellement, pendant la nuit, sont très précipités; ils rappellent les syllabes Ka-ka-ka-ka, et offrent de l’analogie avec le chant perçant des pintades (Numidia tiarata). Comme je l'ai déjà dit, la chasse aux Walouvy’s est des plus pénibles. Un soir, je me proposais de faire, au clair de lune, la chasse de ces animaux. Je me dirigeais à cet effet, accompagné de mon bon Antancare Zoudze, avant le crépuscule, vers une clairière de la forêt voisine de notre campement. Mon malgache ne faisait ces chasses qu'à contrecoeur, parce que ces lieux abondent en mousquites, dont les piqures sont suivies de tortures effrayantes. Quant à moi, je m'en garantissais en partie par le gros paletot que j'avais l'habitude de porter lors de ces excursions. Chemin faisant, cet excellent serviteur ne cessait de crier » Antivit’s Walouvy, si saravazu; Misi moco marou vaza”, ce qui veut dire: chasser le Walouvy (est) mauvais, blanc. Il y a, en effet, beaucoup de mousquites blancs, dans ces lieux, mais j'étais trop désireux de posséder ces animaux et d'étudier leurs moeurs, pour qu'il pût me faire rebrousser chemin. La lune brillait déjà au ciel, lorsque nous arrivâmes sur les lieux, où nous restions pendant une heure attendant sous un arbre avant que l’un de ces animaux allât décéler sa présence. D'abord je n'en entendais que les cris perçants sortant au dessus de ma tête, sans pouvoir distinguer l'animal qui les produisait. Mon Antancare qui, ‘à l'instar des chevaux, frappait des pieds par suite des tortures occassionnées par les piqures des mousquites, me disait tout d’un coup: Zao mahita (je le vois). Ce qu'il voyait ne fut cependant que la queue du crieur, que j'avais également aperçue depuis quelques minutes; la prenant, toutefois, pour une branche de liane balancée par l'air, je n’y avais guère fait attention. C'était cependant peine perdue de coucher en joue cet animal, puisqu'il se lança, en apercevant mon mouvement, sur un autre arbre voisin. Le suivant continuellement des yeux, je le perdais tout à coup de vue et il ne me restait que de lacher mon coup dans la touffe de feuilles dans laquelle je l'avais vu disparaître. Entendant cependant mon Antancare exclamer ”Ambani”’ (à terre), j'étais sûr de l'avoir tué. Les tortures occassionées par les piqures des mousquites ne permettent guère de vaquer plus d’une heure à cette sorte de chasse: aussi en revient-on souvent sans avoir pu

attraper un seul de ces animaux.

LEPILEMUR MUSTELINUS.

Isid. Geoffroy de St. Hilaire, Catalogue des Mamnnfères, Mus. Paris, 1851, p. 76. Le sous-genre Lepilemur a été établi par M. Isid. Geoffroy en faveur de l'espèce du présent article, caractérisée par le manque total d’incisives à la mâchoire supérieure.

M. J. E. Gray, Proc. Zool. Soc. London, 1868, p. 143, a rangé dans ce sous-genre trois autres espèces; mais comme elles ont la mâchoire supérieure pourvue de quatre incisives, et qu’elles s’éloignent encore par d’autres caractères du sous-genre Lepilemur, elles ne peuvent en faire partie, sans violer, soit les lois naturelles, soit celles posées par les naturalistes modernes. C’est plutôt aux Hapalemur que se rapproche le Lepilemur mustelinus, quoique les Hapalemur aient quatre petites incisives à la mâchoire supérieure, et que leurs oreilles soient velues et non pas nues.

Nous ne possédons de cette espèce que trois individus, savoir le mâle et la femelle adultes et leur petit. Voici les détails que nous ont offerts ces individus.

Longueur totale de la femelle adulte 22 pouces, dont la queue occupe la moitié. Jambe 3 pouces 8 lignes. Plante du pied depuis le talon jusqu'à l'extrémité du doigt mitoyen 2 pouces 3 lignes. Avant-bras 3 pouces 2 lignes. Main 2 pouces { ligne. Oreille 6 lignes. Grosseur de la queue avec ses poils environ de 18 lignes.

Iris de l’oeil brun. |

Devant du nez et de la lèvre supérieure nus. (Côtés du museau couverts de poil ras et clair-semé. Oreilles arrondies, un peu plus larges que hautes, nues, à l'exception de la base de sa face externe qui est revêtue de poils semblables à ceux du dessus de la tête. Poil doux, sur les parties supérieures très touffu, un peu laineux, et d'un gris foncé à sa partie basale.

Teinte générale du dessus de la tête, du cou et du tronc d’un roux-gris. Pieds de derrière, croupion et queue d’un roux-gris plus clair. Queue offrant cette dernière teinte, mais elle passe, soit vers le derrière, soit dans toute l'étendue de la queue, au roux-brun. Une raie mal déterminée et en général peu sensible s'étend depuis la ligne médiane du vertex et du dos Jusque sur le croupion. Dessous du cou, ventre et dedans des quatre pieds d’un roux jaunâtre plus ou moins pâle. Gorge et commissure des lèvres blanchâtres.

Crâne petit pour la taille de l'animal et à vertex bombé. Orbites très spacieuses. Bord de la mâchoire supérieure un peu montant vers le devant. Intermaxillare mince, à bords libres presque tranchants, sans traces de dents. Canines de la mächoire supérieure assez développées et à bords tranchants. Canines de la mâchoire inférieure en général semblables à celles de la supérieure; mais plus comprimées, à bord antérieur un peu évasé, et dirigées obliquement vers le devant. Les trois premières molaires de la mâchoire supérieure et les deux premières molaires de l’inférieure pourvues, chacune, d'une seule pointe; les autres molaires pourvues de deux pointes. Les six incisives de la mâchoire inférieure ne présentent rien de particulier.

Ce maki auquel les indigènes de la partie Nord-Ouest de Madagascar donnent le nom de Fitili-ki, offre beaucoup de rapport, quant à ses formes et ses habitudes, avec le Cheirogaleus furcifer; aussi voit-on le plus souvent ces animaux en compagnie les uns des

pe

autres. [ls sont très stupides et plus paresseux que les Bokomboutes (Hapalemur griseus). Les malgaches m'ont assuré qu'ils les tuent quelquefois pendant le jour, à coups de batons. Ils en mangent la chair. Ce sont des animaux nocturnes dont la nourriture consiste en bourgeons et feuilles d'arbres, ainsi qu'en certains fruits.

MICROCEBUS COQUERELT.

Otolemur Coquereli, Pollen, in litteris.

Cette espèce nouvelle se rattache, par la structure de son crâne, aux Microcèbes de Madagascar et s'éloigne, sous ce rapport, des Otolemur qui paraissent être propres au Continént Africain. Elle est plus voisine du Mycrocebus typicus de Smith que des autres espèces. M. le professeur Peters de Berlin, qui a bien voulu comparer notre Microcebus Coquerel avec l'individu type du Microcebus typicus conservé au Musée Brittannique, nous mande que notre espèce, tout en offrant la même taille que le Microcebus typicus, s’en distingue par sa queue lavée de noir, par le manque de cercles noirs entourant l'oeil, et plus particulièrement par ses oreilles qui sont d’un tiers plus longues que dans le Microcebus typicus.

Voici la description succinte de notre espèce.

Longueur totale de l'animal 20 pouces, dont la queue occupe 11 pouces et demi. Jambe 26 lignes. Plante du pied, depuis le talon jusqu’à l'extrémité du doigt mitoyen, 27 lignes. Avant-bras 20 lignes. Main 15 lignes. Oreille 10 lignes. Grosseur de la queue avec ses poils environ de 10 lignes.

Muffle nu. Oreilles ovalaires, nues. Poil de la face et des quatre mains passablement ras. Poil des autres parties touffu, notamment sur le dessus de l'animal, plus long et moims doux sur la queue que sur le dessous du corps, très doux sur le dessus du corps.

Région des yeux et côtés du museau d’un roux-brun. Entre-deux des yeux et dessus du museau grisätre. Poil des parties supérieures du corps et des quatre pieds d’un gris, foncé à sa base, d’un roux-brun grisätre dans le reste de sa longueur. Joues, dessous de la tête, ainsi que les parties inférieures du corps et des quatre pieds d’un blane tirant au jaune roussätre. Queue d’un roux jaunâtre passant au brun-noir un peu pourpré vers l'extrémité des poils; mais cette dernière teinte se développant successivement, vers le derrière, aux dépens de la première, il arrive que celle-ci disparait totalement sur le dernier quart de la queue.

Quant au crâne, les figures que nous en avons donné sufliront pour se faire une idée de sa forme et des caractères qu'il présente.

Cette espèce, nouvelle pour la science, a été découverte par nous dans la partie Nord- Ouest de la grande île Africaine. Je l’ai dédiée à mon excellent ami le docteur Ch. Coquerel, décédé depuis, en souvenir des bontés qu'il a eues pour moi lors de mon séjour

dans l’île de la Réunion. Ce petit animal habite les forêts les plus impénétrables. Il à l'habitude de se faire un nid d’un pied et demi de diamètre, construit de paille et de feuilles mortes et dans lequel il repose pendant la journée. Il n’en sort que vers le soir, afin d'aller chercher sa nourriture, qui est la même que celle du Cheirogaleus furcifer et du Lepilemur mustelinus. L’individu unique que j'aie pu m'en procurer, avait été tué dans les forêts de Congony dans l'intérieur de la baie de Passandava, où 1l était connu des naturels sous le nom de Sietui.

CRYPTOPROCTA FEROX.

Bennett, Trans. Zool. Soc. London, I, pl. 14.

On sait que ce carnassier a été établi d’après un jeune individu et qu'il a donné lieu à des discussions réitérées sur la place qu'il doit occuper dans le système.

L'examen d’un mâle adulte que nous regardons comme identique avec le Cryptoprocta ferox de Bennett nous a démontré que cette espèce n’est, en effet, qu'un chat, modifié il est vrai, mais non pas d'une manière très extraordinaire.

Voici, en peu de mots, à quoi se réduisent ces modifications. Comparé aux chats, le Cryptoprocta rappelle ces animaux en général par sa physionomie, par l’ensemble de ses formes, son système dentaire et ses ongles passablement rétractiles, et il se rattache plus particulièrement, par rapport à ses formes, au Jagouarondi, par son système de coloration, au Pouma, Felis concolor. Le Cryptoprocta s'éloigne, par contre, des chats en général, par la forme un peu plus allongée de toutes ses parties, y compris le cräne; parce qu'il est moins haut sur jambes; par sa poche anale assez développée; par une molaire de plus de chaque côté de la mâchoire inférieure, et par la nudité de la plante des quatre pieds plus étendue et non pas divisée, par des bandes de poils, en un certain nombre de compartiments.

Voici quelques données plus détaillées sur notre individu.

Longueur totale de 4 pieds 8 pouces, dont la queue occupe 2 pieds 2 pouces. Jambe » pouces 8 lignes. Pieds depuis le talon jusqu'à son extrémité 4 pouces et demi. Os du femur 5 pouces 5 lignes. Avant-bras 4 pouces. Main 3 pouces. Os du bras 4 pouces 7 lignes. Oreille 20 lignes. Grosseur de la queue, y compris le poil: près de la base de 15 lignes, à la partie postérieure de 11 lignes. Nudité de la plante des pieds de derrière, sans la partie libre des doigts, longue de 24 lignes; cette même partie dans les pieds de devant de 21 lignes.

Ongles moins parfaitement rétractiles que dans les chats, et de couleur de corne blanchätre. Toute la face inférieure des doigts et la moitié antérieure de la plante des quatre pieds revêtues d’une peau calleuse, parfaitement nue et non pas divisée, comme cela

a lieu dans les chats, au moyen de bandes velues, en un certain nombre de compartiments

lris de l'oeil d’un gris-vert jaunâtre, semblable à ce que l’on voit à l'oeil du chat domestique. |

Nez nu. De très longues soies, en partie noires, en parties blanches, ou noires et blanches sur les côtés du museau, les joues et au dessus de l'oeil. Oreilles un peu ovalaires, presque aussi larges que hautes et couvertes, sur leurs deux faces, de poils ras et clair-semés. Pelage bien fourni, mais aux poils passablement courts, un peu rudes au toucher, et plus ou moins ras sur la tête et les pieds. On voit à la base inférieure des oreilles des poils assez longs disposés en rayon autour de l'entrée de l'organe de l’ouie.

Poils des parties supérieures annelés de brun et de jaune roussâtre pâle. Parties inférieures de la tête et du tronc, ainsi que le dedans des pieds d’un jaune roussâtre uniforme, prenant une forte teinte ferrugineuse vers le centre de toutes ces parties, à l'exception de la tête.

Longueur totale du crâne de 5 pouces; dans sa plus grande largeur de 2 pouces 10 lignes. Crâne rappelant par ses formes celui des chats, mais montrant les différences suivantes. Il présente en général des formes plus allongées et est, dans toutes ses parties, moins large. L’apophyse postorbitaire est moins développée, et l’apophyse zygomatique n’est que faiblement indiquée; les nasaux sont très larges et en pentagone; le trou sousorbitaire est très spacieux et orbiculaire; les branches de la mâchoire inférieure sont moins robustes; l’espace entre la canine de la mandibule supérieure et la première molaire est plus considérable; cette première molaire est plus grande; enfin, les trois molaires ordinaires de la mâchoire inférieure sont un peu plus petites et précédées par une quatrième molaire qui, à l’état normal, n'existe pas dans les chats. Toutes les autres dents du Cryptoprocta ne présentent pas des différences sensibles d'avec celles des chats.

L'espèce offre, en conséquence six incisives dans chaque mâchoire, quatre canines en tout et, de chaque côté des deux mâchoires, 4 molaires, dont la dernière de la mâchoire supérieure est petite et placée transversalement comme dans les chats. Du reste, on sait que le système dentaire des chats présente, comme celui de tous les animaux, des modifications individuelles: telles sont, par exemple, que la première molaire de la mandibule supérieure manque assez souvent; que la première molaire de l'inférieure est quelquefois remplacée par deux molaires séparées l’une de l’autre, et que l’on voit alors quatre molaires de chaque côté de cette branche; qu'il existe même quelquefois, dans cette même mâchoire, une petite molaire postérieure surnuméraire, ete.

L'animal qui porte chez les malgaches le nom de Fossa est le Cryptoprocta ferox de Bennett et non pas la Viverra fossa de Gmelin. Le mot de fossa” indiqué pour la première fois par Flacourt pour désigner un animal de la forme du blaireau (voir Histoire de la grande Isle de Madagascar p.152), a été appliqué par Buffon et les natura-

listes postérieurs, à une espèce de genette originaire de Madagascar; voir Buffon: Fossan et Viverra fossa. Les malgaches donnent cependant le nom de Sabady aux espèces de genettes, tandis qu'ils appliquent constamment le nom de Fossa au Cryptoprocta ferox. Cet animal est très carnassier et doué d’une grande force, eu égard à sa taille peu considérable. Il n’est dangereux pour l’homme que quand il est blessé ou dans le temps du rut. A cette époque, il est, au dire des indigènes, très féroce et ne craint pas l’homme, tandis que, hors du temps des amours, il le fuit constamment. Les indigènes m'ont encore assuré que chez ces animaux l’accouplement a lieu de la même manière que dans le chien. Ils demeurent collés ensemble pendant un certain espace de temps, espace prolongé, suivant les communications évidemment fort exagérées des indigènes, jusqu'à la fin du deuxième jour. A cette époque, on les voit souvent rassemblés en petites bandes de quatre à huit individus. L'époque du rut du fossa est désigné par les malgaches sous le nom de Volamposa, mot composé de Volana (lune) et fossa, nom de cet animal. Les malgaches racontent nombre de fables au sujet de ces animaux. On dit entre autres que le fossa éteint les feux nocturnes des habitants, en y grattant avec les pieds; que, pour tuer les poules, il fait le tour des poulaillers, tout en répandant des odeurs fétides, qui, à l'instant même, font mourir les poules; qu'il fait jouer ses moustaches quand il aperçoit un homme etc. On dit encore qu'il grimpe sur les arbres en poursuivant les makis de la chair desquels ils est friand. L’individu que nous avons tué était un beau mâle adulte, et comme on disait, massacreur de première classe. En peu de temps il avait emporté deux dindes, trois oies et une vingtaine de poules. Il avait saisi les premiers en sautant sur la case du propriétaire, qui m'a assuré qu'il enlève aussi les jeunes pores et d’autres animaux domestiques. Aussi, quand ils ont le bonheur d'attraper un fossa, les indigènes ne manquent-ils pas de le tuer sans pitié avec leurs sagayes, et de le massacrer de la manière la plus barbare, après lui avoir brulé les moustaches, afin de le déshonorer comme ils disent. La chasse de cet animal ne présente guère de grandes diflicultés. Me trouvant dans les environs d'Ambatorangene, je me proposais d'aller, accompagné de plusieurs bons chasseurs indigènes, à la recherche d’un fossa qui avait volé des poules dans le village. La lune levée, nous nous rendîmes dans une touffe d'arbres à quelque distance du village. Un des Antancars avait eu soin d'emporter un coq, crieur par excellence que l'on attacha, au moyen d’une corde, à un piquet fiché en terre à peu de distance de notre cachette. En remuant continuellement la corde, le coq ne cessait de faire entendre sa voix, qui finissait par attirer un couple de Fossas. Nous entendîmes, en effet, après une demieheure d’attente, de loin, une espèce de hurlement dans le genre de celui des chiens. Ce bruit, tout en se rapprochant, se fit entendre de temps en temps et, à la fin, nous vimes, à la distance de deux portées de fusil, dans l'ombre des gros arbres, comme deux silhouettes qui glissaient dans l'herbe. Sans faire le moindre bruit ils demeuraient

un instant presque immobiles, probablement pour s'orienter dans cet endroit ou pour épier s’il y avait un danger quelconque. Ne s’approchant plus du coq qui, cependant, ne cessa de crier, les malgaches me conseillaient de m'approcher, à mon tour, des fossa’s, en rampant. de parvins, en effet, d'atteindre une petite touffe de broussailles, située à une trentaine de pas de notre cachette. De ce lieu, j'étais à même de distinouer leurs yeux ardents et dès lors je crus le moment venu pour leur tirer un coup de fusil. Le coup parti, les malgaches se mirent tous à la poursuite de ces animaux, dont l’un était sain et sauf, tandis qu'ayant cassé la jambe à l’autre, il s'était trainé dans la forêt sur ses trois autres pieds. On chercha longtemps ce dernier, mais en vain. Le lendemain on allait encore avec des chiens à la recherche du blessé; mais on ne réussissait pas non plus de retrouver sa trace.

Les indigènes craignent effectivement ces animaux. Un jour, mon chasseur Zoudze, S'adonnant à la chasse des Makis dans le voisinage de notre bivouac, aperçoit tout d'un coup, en montant un ravin, un fossa s'approcher de lui en soufflant. Le pauvre homme tremblait de peur, jeta son fusil et se sauva en grimpant sur un arbre où il demeurait jusqu'à ce que l’animal avait disparu dans les broussailles.

Les malgaches prétendent qu'il existe dans leur pays une autre espèce de Fossa dont le pelage est d’un noir uniforme.

Il paraît que la chair du fossa est bonne à manger; les malgaches du moins se régalaient de beafsteaks de cet animal qu'ils disaient être excellents.

VIVERRA SCHLEGELT.

Pollen, in littenis; Schlegel, Contributions, 1. e., p. 78.

Cette genette offre beaucoup d’analogie avec la Viverra indica, espèce commune sur le Continent de l'Inde et à Java. - Toutefois, elle s'en distingue constamment et dans tous les âges, par les traits suivants. Les caractères les plus saillants de ces deux animaux résident dans le dessin du dessus de la tête el dans les proportions de la queue. Dans l'espèce Indienne, le dessus du museau est d’un brun plus ou moins uniforme, cette teinte se prolonge entre les yeux sur le front, et elle est accompagnée, de chaque côté, d’une raie blanchâtre occupant la région surciliaire; dans l'espèce de Madagascar, les poils du dessus du museau et de la tête sont toujours fortement annelés de grisblanc roussâtre, en sorte que cette teinte claire y domine, et que les raies surcilaires ne sont pas visibles. L'espèce des Indes a la queue longue de 10 à 11 pouces (ancien pied de Paris); dans l'espèce de Madagascar, elle est longue de 12 à 14 pouces. On ne compte à la queue de cette première espèce le plus souvent que 7 anneaux noirs; dans celle de Madagascar, il y en a ordinairement 8 et ils sont presque constamment plus larges. La teinte du fond du pelage est plus claire dans l'espèce de Madagascar,

les taches au contraire sont plus foncées et plus tranchées. Enfin, le brun des pieds est, dans notre espèce, souvent interrompu par une teinte claire occupant la pointe des poils, tandis que la poitrine n'offre jamais du brun, comme cela a ordinairement lieu dans l’espèce Indienne.

Cette espèce a été observée par nous à Mayotte et à Madagascar, où elle est commune et connue des naturels sous le nom de Sabady. Elle se nourrit de jeunes oiseaux, petits mammifères et des fruits du bananier. C’est, du reste, un animal très rapace qui saisit chaque occasion opportune pour faire des irruptions dans les basse-cours. La nypitié des imdividus tués par nous à Mayotte, muaient de poil: celui de la queue particulièrement était très court et ras. Les indigènes de Mayotte prennent ces animaux dans des piéges faits de raflia, y mettant comme appât des bananes. Cette espèce se trouve aussi dans les plaines de Nossi-bé et à Nossi-falie, où on la chasse quelquefois avec des chiens. Il est fort probable que la genette de l’île d’Anjuan appartient à cette même espèce.

PTEROPUS DUPREANUS.

Pollen, in htteris.

L'île de Madagascar nourrit, outre le Pteropus Edwardsüi, identique peut-être avec le medius du Continent de l'Inde, une autre espèce appartenant au sous-genre Pterocyon, et à laquelle Mr. Pollen à conféré l’épithète de Dupreanus.

M. le professeur Peters de Berlin, ayant bien voulu examiner l'individu femelle qui a servi d'établissement à cette espèce, nous en a donné la notice suivante. Elle est très voisine du Pterocyon stramineus, Geoffroy, des Indes orientales et du Pterocyon paleaceus, Peters, du Continent Africain”. Ces trois espèces s'accordent entre elles par la forme de la tête, des oreilles, de la membrane des jambes, des éperons et des pieds, par les poils de l’arrière-dos disposés sur un espace étroit, et par la teinte jaune de paille sale. L'espèce de Madagascar se distingue, par contre, des deux autres, 4) par un pelage beaucoup plus doux, plus laineux, et composé, sur le devant des extrémités jusqu’au genou et au milieu de l’avant-bras, de poils plus longs et beaucoup mieux fournis; 2) par une taille un peu plus forte, et 3) par des proportions différentes des phalanges des extrémités, notamment celles du deuxième doigt, qui dépasse sensiblement la phalange carpale du troisième doigt, tandis qu'il est, dans les deux autres espèces, d’égale longueur avec cette phalange ou même plus court.

Dents comme dans les autres espèces.

Longueur totale environ de 8 pouces 5 lignes. Tête 2 pouces 2 lignes. Oreille 1 pouce 1 ligne. Queue 40 lignes. Avyant-bras 4 pouces 8 lignes. Premier doigt 4 pouce

8 lignes et demie. Deuxième doigt 3 pouces 6 lignes. Troisième doigt 8 pouces 6 lignes. Quatrième doigt 6 pouces 9 lignes. Cinquième doigt 5 pouces 9 lignes et demie. Tibia 2 pouces 2 lignes. Pied avec les ongles À pouce 6 lignes. Éperon 8 lignes.

On voit par ces détails que les caractères dont on vient de lire l’énumération ne sont guère de nature à définir d'une manière tranchée ce Cheiroptère de Madagascar, et à le distinguer du Pteropus stramineus de l'Inde, qui, lui-même, ne paraît pas différer du Pteropus paleaceus de l'Afrique. Je ferai observer en passant qu’une pareille réduction d'espèces ne paraîtra nullement étrange à ceux qui ont été à même d'étudier les différentes espèces du genre Pteropus et leur variabilité sur de grandes séries d'individus. Il suffira, pour prouver cette assertion, de citer quelques exemples empruntés aux trois grandes espèces habitant les groupes de Halmahéra, de Céram et d’Arou.

L'espèce du groupe de Halmahéra, Pteropus chrysauchen de Peters, habite toutes les iles composant ce groupe, savoir Morotaï, Halmahéra, Ternate, Batjan, Obi et en outre l’île de Guebéh, mais non pas celle de Waaighéou, où commence la Faune des îles Papous et de la Nouvelle-Guinée, terres qui ne paraissent pas nourrir de grands Cheïroptères. (Cette espèce offre ordinairement un pelage assez foncé et orné d’un collier fauve, mais ces couleurs présentent toutes sortes de modifications suivant les individus, dont plusieurs ont même toutes les parties inférieures teintes de fauve, ce qui a lieu, par exemple, dans notre femelle de Guebéh, dans un de nos mâles de Morotay, et dans deux tiers de nos individus de Ternate, lesquels sont, en outre, en général d’une taille un peu moins forte que d'ordinaire.

L'espèce du groupe de Céram, Pteropus melampogon de Müller (manuscrit), a été observée par nos voyageurs à Céram, Amboine, Boano, Bourou et dans le sous-groupe de Céram-lawout. Elle offre cela de particulier que la teinte générale des mâles est ordinairement d’un roussâtre très clair, celle des femelles d’un roux-rouge très foncé; mais le contraire ayant quelquefois lieu, c'est à dire que l’on rencontre des mâles à teintes foncées et des femelles à teintes claires, il est évident que ces différences, quoique excessivement sensibles, ne sont que purement accidentelles.

La troisième espèce, notre Pteropus aruensis, est en général caractérisé par son dos teint de blanc jaunâtre; mais il existe aussi des individus où cette teinte est remplacée par du noirâtre. Elle habite les groupes d’Arou et de Key; mais les individus de ce premier groupe ont la teinte générale du pelage d’un brun passant au roux doré sur le dessus du cou et des épaules, tandis que cette teinte est, dans les individus du groupe de Key, d'un jaune-roux, passant au roux sur la poitrine, ainsi que sur le dessus du cou et des épaules.

Le Pteropus Dupreanus paraît être très rare à Madagascar: nous ne l’avons, en effet, observé qu’une seule fois. Les indigènes me voulaient faire croire que cet animal n’était qu'un jeune individu du Pteropus Edwardsii, ce qui prouve qu'ils ne connaissent que

très imparfaitement ces êtres. Il avait du reste les mêmes habitudes que cette espèce, mais son vol était plus rapide. Je lui ai conféré le nom spécifique de Dupreanus, en honneur de M. le Gouverneur de l'île de la Réunion, M. Jules Dupré, bien connu des voyageurs de Madagascar, qui nous a comblé sans cesse de ses bontés en facilitant nos

recherches scientifiques de tous les moyens dont il était à même de disposer.

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