‹ Recherches sur la faune des eaux douces des AçoresChapitre 11 sur 63 · RÉGION OCCIDENTALE DE L'ILE DE SAN-MIGUEL · texte numérisé non relu

RÉGION OCCIDENTALE DE L'ILE DE SAN-MIGUEL

Lorsqu'on jette les veux sur la carte du capitaine Vidal, qui représente l’île de S. Miguel à grande échelle, l’attention est attirée surtout par la disposition particulière de l’immense Caldeira das Sete-Cidades. Au fond, sont les grands lacs, le Lagoa grande et le Lagoa azul; quatre cratères secondaires figurent en outre dans la cuvette du volcan éteint, deux par deux, de chaque côté de la nappe liquide: ceux de la partie occidentale seulement sont portés comme abritant chacun un lac (2).

Au Sud-Est de la Caldeira das Sete-Cidades, entre le Pico da Cruz et le Pico do Carväo (3), on remarque sur la carte

(1) Fouqué: Voyages yeologiques aux Açores. Rovue des Deux-Mondes. LXII année, 2m pér.. t. 104, p. 829, 1873.

(2) Nous verrons plus loin qu'il s'agit ici du Lawoa de la Caldeira grande et du Layoa Raza I.

(3) Seuls les Laguas do Cedro, du Peixe, do Cavallo et das Cannas sont situés un peu en dehors de cette réxion, au Sud-Est du Pico do Carväo.

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du capitaine anglais une série de lacs, sans appellation, comme on peut le voir sur la reproduction ci-jointe (Fig. }). Je les ai désignés chacun par une lettre pour plus de commodité. Il est assez difficile de dire au juste combien Vidal a eu l'intention de figurer de lacs sur sa carte : pour &, b,c, d,e,ilny a point d'hésitation possible, mais nous n’oserions affirmer que les deux petits cratères f et g se rapportent bien à des lacs.

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l’admettant, Vidal aurait signalé en tout, dans cette région (la Cal-

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deira de Sete- É& Cidades n’est 4 à "1 naturellement te, RE . Ÿ M, Se = pas comprise), Wen ms à | \ , LP9), hs = = sept lacs, Sans ù ne RS. A se À . p j Fil fr \ | Ed T1 DR endésigner un NN cdeprioll Me EM g di Pico seul par son Le 7 I pes pe ais nom. Guidé KZ Se NZ.

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pellation locale, sur la carte Î qui accompagne cel ouvrage: Cette carte,

que nous avons dressée de compagnie — en Ce qui concerne les Lagoas, naturellement (1) — n’a pas d'autre prétention

(4) L'ensemble a été établi d'après la carte du capitaine Vidal, grossie trois

fois.

que de donner à vol d’oiseau la position et les dimensions approximatives de tous les petits lacs que nous avons visités.

Dès qu’on veut entrer dans les détails, l’orographie de l'ile S. Miguel, sur la carte de Vidal, laisse beaucoup à désirer ; nous avons dû nous en contenter puisque c’est encore le meilleur document qui existe jusqu’à ce Jour ntais — nous insistons sur ce point — cette insuffisance nous a empêché de figurer ces lacs avec toute l'exactitude désirable.

En voiciles noms avec les altitudes.

Lagoa do Canario. . . . . . . 163"

Lagoa do Junco. . . . . . . . 7195" Lagoa do Pao-Pique . . . . . . 719" Lagoa Raza IT. . . . . . . 795" Lagoa do Carväo . . . . . . . 698" Lagoa do Cedro . . . . . . . 518" 2 Lagoas empadadas. . . . 162" 2 Caldeirôes (1) do Pico das Eguas . 828" Caldeiräo da Vacca-Branca. . 169" 2 Caldeirôes da Lagoa Raza. . 193 et 196" Lagoa do Peixe . . : ss 1023" Lagoa do Cavallo, ou da An . 992" Lagoa das Cannas |

Il est aisé d'identifier les lacs figurés nettement par Vidal avec quelques-uns de ceux que je viens de citer:

a se rapporte au Lagoa do Canario.

b au Lagoa Raza IT.

c au Lagoa empadada (de baixo).

d au Lagoa empadada (de cima).

e au Lagoa do Carväo.

Pour f'et 4, ilest difficile de rien affirmer, mais je pense qu’on ne saurait guère les assimiler qu'aux Caldeirôes do Pico das Eguas, à moins que 4 ne s’entende du Lagoa do Junco, ce qui semble peu probable.

(1) Diminutif de Caldeira. Caldeiräo au singulier, et Caldeirôes au pluriel.

CALDEIRA DAS SETE-CIDADES.

Parmi les nombreuses Caldeiras açoréennes, celle de Sete-Cidades est de beaucoup la plus vaste et la plus pittoresque ; nul voyageur n’a relâché à S. Miguel sans faire les deux excursions classiques du Valle das F'urnas et de la Caldeira das Sete-Cidades : les descriptions en ont été reproduites dans tous les traités de géographie quelque peu complets. Je me bornerai donc, si tentante que puisse être la pensée d'évoquer sous ma plume le souvenir de ces sites merveilleux, à rapporter 1c1 les renseignements physiques et géographiques nécessaires au but que je me propose.

La traduction littérale de Sete-Cidades est Sept-Cités ; quant à l’origine de cette dénomination, elle reste absolument nébuleuse, et 1l faut regarder comme des légendes fabriquées par des touristes à l’imagination féconde les explications qui enont été généralement données. Le seul inconvénient de ces poétiques interprétations est qu'elles arrivent à être imprimées comme des réalités et à se glisser dans certains ouvrages scientitiques. On en jugera par cet extrait de l’intéressant volume de M. Edm. Perrier, Zes explorations sous-marines (Paris, 1886, p. 86): « A S. Miguel les éruptions volcaniques ne remontent pas à une date très ancienne. La dernière eut lieu en 1652, et l’on garde le souvenir de l’effondrement subit d’un plateau dans lequel sept villages furent engloutis d’un seul coup, laissant à leur place un lac nommé le lac de Sete-Cidade (sic) ou des Sept-Villes..…. »

Comme on le verra plus loin le cratère de Sete-Cidades devait ètre à peu près dans les condilions actuelles à l'époque où eut lieu, aux environs de 1444 (?), la dernière éruption que l’histoire ait enregistrée en cet endroit. C’était l’année même où Velho Cabral, retournant en Portugal, laissa sur les rives de S. Miguel quelques Maures que les cataclysmes plutoniques maintinrent éloignés de Sete-Cidades et qui

n'avaient certes paseu la moindre velléité d'y édifier sept villes, ou même sept villages !

La seule explication plausible est la suivante : le cratère a de si vastes proportions que sept cités y tiendraient à l'aise. Et encore n'est-ce là qu’une pure hypothèse.

Située à l’extrémité N.-0. de l'ile de S. Miguel, l'immense Caldeira das Sete-Cidades est presque régulièrement circulaire, mesurant un peu plus de à kilomètres dans son plus grand diamètre, c’est-à-dire de l’E.-S.-E. à l’'O.-N.-0. En admettant (ce qui est bien près de la vérité) que le diamètre moyen soit de » kilomètres, le développement de la crête (Cumieira, en portugais) s’étend sur une longueur d'environ 15*5. Le point culminant de l’enceinte est le Pico da Cruz, au S.-E., dont la cime s’élève à 846 mètres ; la route de Zomba da Cruz pénètre dans le cratère à la côte 558, celle de Mosteiros à la côte 443. Les flancs intérieurs de la caldeira sont merveilleusement boisés d’esseucesdiverses,en particulier de Pins etdeCryptomerias, sous les ombrages desquels le sentier descend en serpentant, bordé à droite et à gauche d’épais buissons où les Pinsons, les Fauvettes (Syloia atricapilla) et les Merles chantent et sifflent Joyeusement.

Au fond du cratère éteint dorment deux lacs, séparés seulement par une étroite chaussée, et communiquant d’ailleurs entre eux. Ces deux lacs sont orientés du Nord au Sud; le plus grand, qui est en même temps le plus septentrional, s'appelle Zagoa grande, le plus petit porte le nom de Lagoa azul (lac bleu). Comme dans la plupart des volcans refroidis d’une certaine importance, le cratère principal a vu se former sur ses flancs plusieurs cratères secondaires, dont quatre offrent la configuration de véritables caldeïras ; ce sont: la Caldeira secca et la Caldeïra do Alferesà l'Ouest; la Caldeira grande (appelée aussi Caldeira do Peixe) et la Caldeira da Lagoa raza à V'Est. Comme son nom l'indique, la C'aldeñra secca demeure toujours à sec ; le fond des trois autres au contraire est occupé par une nappe

d’eau dont la profondeur varie beaucoup suivant les pluies et suivant les saisons.

Le reste du cratère est cultivé par les habitants d’un petit village dont les misérables maisons et la modeste église jettent une note claire et riante malgré tout, sur le fond sombre des taillis et des champs de maïs. La végétation est merveilleusement riche dans la cuvette de Sete-Cidades, en raison de la grande humidité qui y règne : le psychromètre y marque en moyenne 10p. ‘/,en plus qu’à Ponte-Delgada, et il n’est pas rare de voir l’index s’élever jusqu’à 93 et 94 (la saturation étant à 100)! La température y est au contraire plus basse de 2 à 3 degrés, mais elle est moins uniforme, et le capitaine Chaves y a observé dans la même journée une différence de 13° entre des températures extrèmes prises à l'ombre (par exemple le 22 Juillet 1895, le thermomètre, à l'ombre, marquait 10° à 5 heures du matin et 23° à midi).

Si l’on en croit la légende établie par Fructuoso (1), le cratère de Sete-Cidades aurait brusquement pris naissance durant l’éruption qui, en 1444 (?), l’année même de la découverte, secoua toute la partie Nord-Ouest de l’île de S. Miguel. Cette tradition a été adoptée par nombre

d’auteurs et, récemment encore, de Guerne faisait ressortir

(2) tout l'intérêt que présente pour le zoologiste la connaissance de la date mr'esque certaine de la formation du cratère de Sete-Cidades. Ladite date est pourtant bien sujette à caution, comme nous allons le voir:

Voici tout d’abord le résumé du texte de Graspar Fructuoso, extrait d’un très intéressant article publié dans A7rchivo dos Açores (3):

« Après la découverte de S. Miguel (4), les explorateurs

(4) GaAspar FRUCTUOSO, écrivain açoréen du XVIe siècle, a laissé un ouvrage intitulé : Saudades da Terra e do Ceo (Souvenirs de la terre et du ciel). Il était originaire de Ribeira-Grande (île de S. Miguel), où il est mort le 24 Avril 1591.

(2) Juces DE GUERNE : Excursions soologiques, etc..., p. 10.

(3) Voir: Anno de 1444 (?) dans « Archivo dos Açores », segunda ediçäo, vol. primeiro, n° III, 1885, p. 269 et suivantes.

(4) Fr. Gonçallo Cabral avait débarqué pour la première fois à S. Miguel le 8

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