H. ÉTUDES. — SC. NAT. | XXV. 16. — ART. N
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étendue. Cette petite espèce, dont le manteau est d’un gris pâle, habite la région qui comprend la Tasmanie (1), la Nouvelle-Zélande (2) et les iles adjacentes, notamment Ghatham(3) et Auckland (4). Elle parait aussi se trouver à la Nouvelle- Calédonie (5). De même que le Larus dominicanus, cette Mouette à été considérée par quelques auteurs comme constituant, suivant les localités qu’elle habite, plusieurs espèces ; mais ces distinctions ne reposent que sur des particularités dont la valeur est des plus minimes. Ainsi Bruck désigne sous le nom de Gavia Andersoni les individus provenant de la Nouvelle-Zélande (6), et il réserve le nom de Gavia Jamesoni à ceux de la Tasmanie (7).
Dans la partie nord du littoral australien et à la Nouvelle- Calédonie on trouve une Mouette analogue, mais un peu plus grande. Forster la désignait aussi sous le nom de Larus scopulinus (8), mais des ornithologistes plus récents l’appellent Larus Pomare (9) et Larus Gouldii (10).
(1) Xema Jamesoni, Gould. Birds of Australia, t. VIT. Larus Scopulinus. Schlegel, Larus, p. 28, Muséum des Pays-Bas.
(2) Forster, Descripliones animalium, p. 106.
— Gray, in Diffenbach’s Tre:als in New-Zealand, t. II, p. 200.
— Schlegel, op. cit.
— Buller, Birds of New-Zealand, p. 273.
(3) Hutton, op. cit. (the Ibis, 1872, p. 248). f
(4) Larus Novæ hollandiæ, Gray, Voyage of the Erebus and Terror. Birds, p. 18.
— Larus scopulinus, Gray, Listof the Birds of New-Zealand and the adjacent islands (the Ibis, 1862, p. 248).
— Larus Jamesoni, Pelzeln. Novara, Vogel, p. 151.
(5) Schlegel, op. cit., p. 30.
(6) Bruch, Monographische ubersicht der Gattung Larus (Journal für Ornithologie, 1853, t. 1, p. 102, pl. 2, fig. 28).
(7) Bruch, loc. cit., pl. 2, fig. 27. Dans l’ouvrage de Gould, cette Mouette prend le nom de Xema Jamesoni (Birds of Australia, t. VIH).
(8) Larus scopulinus, var. major, Forster, op. cit., p. 106.
— Schlegel, op. cit., p. 29.
(9) Bruch, op. cit. (Journ. für Ornithologie, 1853, t. I, p. 103, pl. 2, fig. 29).
— Bruchigavia Pomare, Ch. Bonaparte, Conspectus, t. If, p. 229.
(10) Gelastes Gouldii, Ch. Bonaparte, Notes sur les Larides (Revue et Magasin de Zoologie, 1853, série 2, t. VII, p. 18). — Brachigavia Gouldii, Ch. Bonaparle, Conspectus, t. H, p. #18.
M. Buller à nommé Larus melanorhynchus (1) une autre Mouette à manteau grisâtre el dont le bec est noir, tandis que chez le Larus scopulinus cet organe est d’un rouge vif, mais ce caractère parait n'être pas constant (2).
Les divergences d'opinion qui règnent parmi les ornithologistes les plus éminents relativement au Goéland à bec rouge, qui habite la partie américaine de la région antarctique, viennent à l'appui de ce qui a été dit précédemment au sujet de labus excessif des distinctions spécifiques et mème génériques parmi les Larides. En effet, cet oiseau, observé isolément à des âges différents, a été considéré comme constituant deux espèces, et celles-ci ont été rangées dans deux genres appartenant à des sous-familles distinctes. Il a été décrit d’abord sous les noms de Larus Scoresbi par Traill (3) et de L. hæmatorhynchus par King (4); puis, le prince Ch. Bonaparte crut devoir le séparer génériquement des Larus, ‘pour le ranger dans son genre Leucophæus (5), et le même auteur forma dans une autre section de la famille des Goélands un second genre nouveau pour un Laridien, qu’il appela Procellarus neglectus (6); or, il résulte des observations récentes de M. Saunders que l'oiseau placé de la sorte très loin du Larus Scoresbii
(1) Buller, Jbis, 1869, p. 43. Bruchigavia melanoryncha. Gette désignation spécifique ayant été appliquée précédemment à june autre espèce du même genre, elle a été remplacée par le nom de Larus Bulleri (Hutton, Catalogue of Birds of New-Zealand, Ibis, 1871, p. A1). — Notes on some Birds (Ibis, 1872, p. 38).
(2) M. Buller, qui à donné une bonne figure du Larus Bulleri, rapporte que chez quelques individus le bec est d’un brun noirâtre vers le bout, tandis que vers sa base il est d’un rouge pâle (Birds of New-Zealand, p. 271).
(3) Traill, Description of a new species of Larus (Mem. of the Wernerian Society, 1823, t. IV, p. 514, pl. 16, üg. 1).
(4) On the animals of the straits of Magellan (The Zoological journa!, 1328, t. IV, 103).
(5) Ch. Bonaparte, Conspectus Avium, 1. I, p. 231.
(6) Le genre Procellarus de Ch. Bonaparte ne contient que le Procellarus neglectus, et prend place dans la section des Larinæ, à côté du petit groupe que cet auteur appelle le genre Blasipus (Conspectus Aviwm, 1. IL, p. 211)
tandis que son genre Leucophœus est classé dans la division des Xemeæ (op. cit, 1. IE, p. 231).
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n’est qu'un jeune individu de cette dernière espèce ; de plus, le Larus Scoresbii ne différerait pas assez du Larus dominicanus pour motiver son classement dans une section spéciale (4).
Le Larus Scoresbii ne se trouve pas dans les mers du Nord, comme on aurait pu le supposer d’après le nom du voyageur auquel cette espèce a été dédiée ; 1l habite exclusivement le petit archipel antarctique des Nouvelles-Shetland (2) et les parties adjacentes de l’Amérique australe, notamment les îles Falkland (3), le détroit de Magellan (4), la côte orientale de la Patagonie (5) et de l’autre côté de l’Amérique du Sud, Pile Chiloé (6), ainsi que d’autres stations jusqu’au Pérou (7). Aux iles Falkland, il niche souvent dans les mêmes localités que le Larus dominicanus (8).
Des considérations fondées sur le mode de distribution géographique du Larus Belcheri (9) me portent à croire que cette Mouette, tout en fréquentant l’extrémité sud de PAmérique, n’est pas aborigène de cette partie du nouveau continent et appartient à la faune Ghilo-Péruvienne plutôt qu’à la faune Magellanique. En effet, elle fréquente la côte occidentale de
(4) Saunders, op. cit. (Proceedings of the Zoological Society, 1878, p. 185).
(2) Traill, op. cit. (Mem. of the Wernerian Society, t. IV, p. 514).
(5) Abbott, Birds of the Falkland islands (the Ibis, 1861, p. 165).
= Schlegel, Muséum des Pays-Bas, Laridæ, p. 34.
(4) King, op. cit., Zool. journal, t. IV, p. 103.
(5) Gould, Voyage of the Beagle, Birds, t. NI, p. 142).
(6) Pelzeln, Novara, Vogel, p. 151.
(7) Peale, United states explormg expedition. Ornithology, p. 337.
(8) Abbott, op. cit., p. 169.
(9) Le Goéland enregistré sous ce nom par Vigors (Sketches in Ornithology, Zoolog. journal, 1829, t. IV, p. 358. — Beechey’s, Voyage of the Blossom Ornithol., p. 39) a été décrit ultérieurement par Philippi et Landbeck comme une espèce nouvelle, sous le nom de Larus Froebeni (Neue Wirbelthiere von Chile. Archiv für Naturgeschichte, 1861, t. I, p. 292). II a ensuite été confondu par Cassin avec le Larus fuliginosus de Gould (Voyage of the Beagle, t. WE, p. 441), maïs cette dernière espèce ou race locale, qui se trouve aux îles Galapagos, parait devoir en être distinguée (Selater and Salvin, on Neotropical Laride Proceed. of the Zoolog. Soc., 1871, p. 573 et 575), — Salvin, On the Avifauna of the Galapagos archipelago (Trans. of the Zool. Soc., t. IX, p. 505, pl. 87). — Saunders, 0p. cit. (Proceedings of the Zool. Soc., 1878, p. 182).
FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. 33 l’Amérique depuis le Pérou jusqu'aux environs du cap Horn (1), et elle se montre aussi dans le détroit de Magellan (2), mais son existence n’a été signalée n1 aux iles Falkland ni sur la côte est de la Patagonie, et, si son extension s’était faite progressivement du sud vers le nord, on ne concevrait pas pourquoi cet oiseau serait descendu si bas sur le littoral américain du côté occidental, sans se répandre dans la partie correspondante de l’océan Atlantique ; tandis qu’en attribuant à ses migrations une direction inverse, on comprendrait comment, en partant des iles Chinchas ou de quelque autre station analogue, 1l ait pu gagner les terres Magellaniques sans les dépasser du côté de l’est.
Cette étude montre que les Goélands et les Mouettes de la région antarctique ne présentent rien qui puisse caractériser la faune de cette partie du globe, et que les espèces ou races qui y vivent sont probablement des dérivés des oiseaux du même genre qui abondent dans l'hémisphère nord.
Les Sternes ou Hirondelles de mer, dont le mode d’organisation est encore plus favorable à la rapidité du vol, sont aussi des oiseaux cosmopolites qui se montrent dans les deux hémisphères et qui font le tour du globe. Les ornithologistes classificateurs en distinguent près de 80 espèces; mais en réalité elles ne diffèrent que fort peu entre elles et leur distribution géographique ne jette aucune lumière nouvelle sur les questions dont j'ai à m'occuper ici; je me bornerai donc à dire que ces oiseaux, tout en appartenant principalement aux régions chaudes et tempérées, s’avancent très loin vers les deux pôles. Ainsi on les voit d’une part dans les mers du nord et sur les côtes du Kamchatka, d’autre part au cap Hornet jusque dans le voisinage de la terre Louis-Philippe (3).
(1) Larus fuliginosus, Cassin, United states exploring expédition. Ornithology, p. 378.
(2) Saunders, loc. cit., p. 182.
(3) Ross, op. cit., t. Il, p. 420.
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Deux de ces grands voiliers se reproduisent à Kerguelen. L'un, la Sterna viltata (1) se trouve aussi à l’ile Saint-Paul (2) et a été rencontré également dans l'océan Atlantique à Tristan d’Acunha (3) et même près de l’île Sainte-Hélène (4). 1 ne diffère que très peu de l'Hirondelle de mer qui est désignée sous le nom de Sferna anturctica (3) et qui fréquente Pile de la Réunion et les mers de l'Inde (6) ainsi que les attérages de la Nouvelle-Zélande (7), où elle est même fort commune. Le second de ces oiseaux est la S£erna virquta (8), et il est à noter qu’à l’est de l’océan Pacifique ces Hirondelles de mer sont représentées par la Sterna Hirundinacea (9) qui fréquente non seulement les côtes du Chili(10) et le détroit de Magellan (11), mais aussi les îles Falkland (12) et la côte orientale de P'Amé-
(4) Wreathed Tern, Latham.
— Sterna vittata, Gmélin, Systema nature, t.F, p. 609. — Saunders, On Sterninæ (Proceedings of the Zoological Society, 1876, p. 647). — Sharpe, op. cit. (Philosophical transactions, t. CLXVIIT, p. 113).
(2) Pelzeln, Novara, p.152. — Muséum d'histoire naturelle, collection formée par M. Lantz.
(3) Saunders, Laridæ collected by the Challenger exped. Zoo!., t. M, p. 194.
(4) Saunders, loc. cit., p. 647.
(5) Wagler, Neue Sippen und Gattunger der Sangethiere nun Vogel (Isis, 1832, p. 1223).
(6) Pucheran, Études sur les types peu connus du Musée de Paris (Revue et Magasin de Zoologie, 1850, p. 541).
(1) Sterna antarctica, Forster, Descriptio animalium, p. 107. — Gray. Voyage of the Erebus and Terror, Birds, p. 19.
— Buller, Birds of New-Zealand, p. 283.
(8) Cabanis, Journal für Ornithologie, 1815, p. 449. — Saunders, loc. cit, p. 646.
— Elliott-Coues, op. cit. (United states national Museum, n° 2, p. 17).
— Sterna virgata, Sharpe, op. cit. (Philosophical Transactions, t. CLXVIHT, p. 112).
(9) Cuvier, Muséum de Paris, n° 14 711. — Lesson, Traité d'Ornithologie p. 621. — Sierna meridionalis, Peale, Cassin, op. cit., p. 385.
(10) Schlegel, Muséum d'histoire naturelle des Pays-Bas. Sternæ, p. 15. — Pelzeln, Novara, p. 155.
(11) Sterna Cassini, Sclater, Catalogue of the Birds of Falkland Islands (Proceedings of the Zoological Society, 1860, p. 391).
(12) Pucheran, op. cit. (Revue et Magasin de Zoologie, 1850, p. 559).
rique du Sud jusque dans le voisinage de Rio-de-Janeiro (1). La Sterne à front blane ou Sferna frontalis (2) niche en très grand nombre aux abords de la Nouvelle-Zélande (3), et le Muséum d'histoire naturelle en a reçu des individus, non seulement de cette localité (4), mais aussi de l’île Saint- Paul (5) et de l'ile Campbell (6).
Une Hirondelle de mer qui ne parait différer en rien de la Sterna caspia des mers d'Europe et d’Asie (7) se multiplie à la Nouvelle-Zélande (8) et s’étend sur presque tout le globe, car on la trouve en Australie (9), en Cochinchine (10), à Madagascar (11), sur les côtes de la mer Rouge (12) et même en Amérique (15).
Quelques autres représentants du même type avien fréquentent aussi diverses autres parties de la région antarctique ou des terres voisines, mais ils sont plus abondants ailleurs et ils ne peuvent être considérés comme appartenant réellement à la faune dont l'étude m’oceupe ici. Telle est la petite Sterne à tête noire que plusieurs ornithologistes rangent dans un sous-genre particulier, désigné sous le nom de Sternula. Cet oiseau se montre sur les côtes néo-zélandaises (14) et il est
(4) Saunders, Loc. cit. (Voyage of the Challenger, Zool., t. LI, p. 135).
(2) Gray, Voyage of the Erebus and Terror, Birds, p. 19.
__ Peale, United states Exploring Éxpedition. Birds, p. 279.
(3) Buller, Birds of New-Zealand p. 281.
(4) Voyage de Belligny, 1843, n° 14638 de la collection du Muséum.
(5) Voyage de M. Lantz.
(6) Voyage de M. Filhol.
(7) Pallas, Nova Comment. Petrop., 1769, t. XIV, p. 582. — Gould, Birds of Europa, p. 414.
(8) Buller, Birds of New-Zealand, p. 979.
(9) Sylochelidon strenuus, Gould, Birds of Australia, t. VII, p. 22. — Schlegel, op. cit., p. 14.
(10) Collection du Muséum d’histoire naturelle, n° 14626,
(41) Gray, Handlist, 1. IN, p. 120. — Schlegel, op. cit., p. 14.
(12) Schlegei, op. cit., p. 14.
(13) Thalasseus caspius où Th. imperator, Coues, Birds of North America (Proceedings of the Acad. of Philadelphia, 1862, p. 537).
(44) Sterna nereis, Buller, Birds of New-Zealand, p. 284.
— Sterna alba, Potts, Birds of New-Zealand (Transactions of the N. Zeuland Institute, 1810, t. UE, p. 106).
commun sur celles de l'Australie méridionale (1); maus il est également commun au sud de l'Afrique, dans Inde, sur les mers de la Chine (2) et sur celles de l’Europe (3).
Enfin la Sterna fissipes de Pallas (4) ou Hydrochelidon leucoptera (>) visite aussi les côtes de la Nouvelle-Hollande et celles de la Nouvelle-Zélande (6), qui sont si éloignées du centre où elle se reproduit d'ordinaire.
En résumé, les Hirondelles de mer, tout en constituant une fraction notable dela faune avienne antaretique, ne présentent aucune particularité importante qui soit de nature à Jeter quelque lumière sur l’origine de cette faune.
(1) Sternula nereis, Gould, on Australian Birds (Proceedings of the Zoological Society, 1842, p. 140).
(2) Gray, Handlist, t. II, p. 121.
— Schlegel, op. cit., Sternæ, p. 21.
(3) Sterna minuta, Linn.
(4) Pallas, Zoologia Rosso-Asiatica, t. HE, p. 358.
(5) Sterna leucoptera, Meisner et Schinz, Vogel der Schweiz, p. 264.
— Hydrochelidon leucoptera, Boie (Isis, 1822, p. 563).
(6) Buller, Birds of New-Zealand, p. 287.
(La suite paraitra dans une prochaine livraison.)