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marquer par la grosseur de leur bec, G, R. Gray a cru devoir les séparer spécifiquement des Eudyptes chrysocomes, et il leur donne le nom d’Æwdyptes pachyrhyncha (4); mais aujourd’hui la plupart des ornithologistes qui se sont occupés spécialement de l’étude des Oiseaux de cette famille, les considèrent comme étant en réalité des Chrysocomes, et je partage complètement cette opinion : car en étudiant les Chrysocomes de Campbell dont j'ai parlé plus haut, j'ai constaté que les proportions du bec sont loin d’avoir la fixité que lon y attribue d'ordinaire, et je suis porté à croire que l’âge des individus exerce une grande influence sur les particularités de cetordre, A tion avis, les Eudyptes pachyrhynques ne constituent donc qu'une forme particulière de l’espèce à laquelle s'applique le
(1) G. R. Gray fit connaître celte variété ou espèce prétendue, dans son ouvrage sur la partie ornithologique des collections formées dans les mers antarctiques par l'expédition de « l’EREBUS » et du « TERROR » sous le commandement de Ross, et il la caractérise de la manière suivante :
« Eudyptes pachyrhyncha. — La partie médiane de chaque plume d’un bleu foncé et luisant bordé latéralément de noir, base blanche. Côtés dé la tète et gorge d’un noir obscur; partie antérieure du cou et face ventrale du corps d'un blanc jaunâtre. Unelarge ligne d’un jaune pâle partant de chaque narine, passant au-dessus des yeux et s'étendant un peu au delà. Aïlés d’un bleu pâle à leur face supériéure ét én majeure partie blanches ëh dessous. Bec et pieds rouges. Longueur, { pied 8 pouces. Longueur du bec, depuis la commissure, 2 pouces 1/2. Ailes, 7 pouces 1/2; tarse, 1 pouce 1/2. Le spécimen décrit diffère des autres en ce que le bec est plus court et plus élevé; les crêtes sourcilières commencent aux narines et ne sé prolongent pas beaucoup en arrière des yeux, comme chéz VE, chrysocoma. Get Oiseau est rare à Waikowaiti ét ÿ est connu sous le nom de Tanake. » (The Zoology of the Voyage of H. M. S. ErEBuS and TERROR, Birds, p. 17.) Plus tard G.R. Gray fit représenter cet Oiseau dans son Genera of Birds.
M. Sharpe, qui a donné récemment un Appendice au travail de G. R. Gray sur les Oiseaux du Voyage de l'ERÈPE, n'accepte pas cette espèce, et il considère l'Oiseau en question comme un Eudyptes chrysocoma. M. Elliott Goues le regarde aussi comme étant identique au Chrysocome proprement dit. M. Finsch, au contraire, maintient la distinction spécifique faite par G. R. Gray.
Voyez à ce sujet Sharpe, Appendix to Gray's Zoology of the Voyage of H. M. S. Entpus and TerRhon, Birds, 1875.
Elliott Coues, op. cit. (Procéed. Philadelphia Acad. of Se.; 1872, p. 202),
Linsch, Revision der Vogel Nouseelands (Journal für Ornilliologie, 1872, p. 261, et 1874, p. 217).
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nom d'Zudyptes chrysocoma, mais son mode de distribution géographique mérite d’être étudié.
Effectivement ces Ghrysocomes à gros bec n’ont été trouvés que dans les parties de l'Océan antarctique comprises entre le 60° et le 173° degré de longitude O0, du méridien de Paris, c’est-à-dire dans la partie de la zone australe correspondant au continent antarctique, et ils constituent deux variétés appartenant à des stations différentes.
L'une de ces variétés (1) a été observée sur les côtes de la Nouvelle-Zélande, où elle est connue des Maoris sous le nom de Tawaki, mais on ignore où elle niche. La bande sourailière est, chez cet Oiseau, très large en avant de l’œil, tandis que les aigrettes auriculaires sont au contraire très grèles et fort courtes. Enfin elle se fait remarquer par la teinte bleu pâle de la face externe des ailes (2).
Je n’ai pas eu l’occasion de voir le Manchot de la Nouvelle- Zélande décrit récemment par M. Finsch sous le nom d’£udyptes vittata (3), mais je suis disposé à croire que cet Oiseau,
(1) Voy. fig. 2 et fig. 5
(2) Le Muséum d'histoire naturelle possède un exemplaire de cette variété de Chrysocome à gros bec, rapporté en 1846, de la Nouvelle-Zélarde, par M. Arnoux, chirurgien de la corvette le Rhin, que commandait le capitaine Bérard. La description que G.R. Gray donne de son Eudyptes pachyrhyncha s’y applique parfaitement ; mais il n’en est pas de même pour la figure que cet auteur à jointe à son Genera of Birds, sous le même nom spécifique (t. Hi, p.176), ni pour la figure donnée plus récemment par M. Buller (A History of the Birds of New-Zeuland, planche correspondante à la page 845). Sur l’une ei
’autre de ces représentations, les crètes auriculaires se prolongent beaucoup plus loin vers la nuque et sont plus retombantes, ce qui dépend prohebienieg d’une erreur du dessinateur,
Le Muséum a reçu de M. M. Filhol un autre exemplaire de Tawaki qui provient de l'ile Stewart et dont le bec est beaucoup plus robuste que chez aucun autre Manchot connu (fig. 5). La tête de cet Oiseau se fait aussi remarquer par sa coloration noire, et les plumes grêles et raides de ses aigrettes auriculaires sont moins courtes. Mais ces particularités ne me semblent pas avoir assez d’impor: tance pour caractériser une race spéciale. Peut-être sont-elles dues à l’âge.
(3) O. Finsch, On two apparently new Species of Pinguins from New-Zealand (Ibis, 3° série, 1875, t. V, p. 112).
La courte description donnée par M. Finsch lui a été communiquée par M. le capitaine Hutton, directeur du musée de Dunedin; elle n’est pas accompagnée de ligure ; et si cet ornithologiste à cru devoir distinguer spécifiquement cet Oiseau.
1InDARV
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dont un seul exemplaire a été trouvé à Dunedin, ne diffère pas notablement du Chrysocome précédent. Lesraigrettes auriculaires sont peut-être un peu plus courtes, mais la large bande sourcillière qui, d’après cet auteur, le distinguerait de tous les autres Chrysocomiens, existe aussi chez l’exemplaire du Tawaki conservé dans notre galerie ornithologique.
J’ajouterai que les Chrysocomes à gros bec visitent aussi l’île Chatham, qui est située vers l’est, à environ 450 milles de a Nouvelle-Zélande; mais l'individu unique qui y à été capturé était jeune eten mue, de sorte qu’on ne le connait qu’imparfaitement (1).
M. Hutton a donné le nom d’Eudyptes atrata à un Chrysocome également pachyrhynchien dont tout le corps est noir en dessous aussi bien qu’en dessus, mais 1l n’a observé cette coloration anormale que sur un seul individu pris sur la côte de la Nouvelle-Zélande, et il me paraît probable qu’elle était due à un cas de mélanisme exceptionnel (2). Le musée de Leyde possède un Chrysocome de l'ile Beauchêne (8), qui est entièrement blanc; mais M. Schlegel a jugé avec raison que cet individu ne devait pas recevoir un nom spécifique particulier, et n’était qu'une variété albine de l’espèce ordinaire (4).
Enfin on trouve à l’île Tristan-d’Acunha une autre variété de l’'Eudyptes chrysocoma qui ressemble beaucoup à celle de Kerguelen désignée par M. Sharpe sous le nom de saltator,
c'est probablement parce qu’il Pa comparé aux figures de l’Eudyptes pachyrhyncha, données par Gray, et non à la description due à cet auteur et citée plus haut.
S'appuyant sur l'autorité de M. Hutton et de M. Finsch, M. Sharpe admet l'Eudyptes vittata comme une espèce particulière, mais il ne l’a pas vue et n’a rien ajouté au sujet de ses caractères distinctifs (EREBUS and TERROR, Birds, Appendix, p. 95).
(1) Travers, On the Birds of Chatham island (Transactions of the New-Zealand Institute for 1872, t. V, p. 221).
(2) La description succincte de ce Chrysocome nouveau a été publiée par M.Finsch dans le journal Jbis, 1875, p. 114.
(3) L'une des îles Falkland.
(4) Je rappellerai que M. Schlegel désigne à tort ces Manchots à front noir, de même que les autres Eudyptes chrysocomiens, sous le nom de Spheniscus chrysolophus (Musée des Pays-Bas, Urinatores, p. 7).
mais dont le plumage est beaucoup plus clair. Je n'ai pas eu l’occasion de voir cet Oiseau; mais M. Pelzeln en a parlé d’après un individu conservé dans la collection impériale de Vienne, et cet auteur ajoute qu’au lieu d’être noir au dessus, il est d’une teinte isabelle (1).
La seconde variété de Chrysocome à gros bec, dont le Muséum de Paris possède un exemplaire provenant des îles Falkland (2), correspond très bien à la description du Manchot de cette localité, que M. Gould à décrit sous le nom d’'Eudyptes nigrivestis (3). Get Oiseau est un peu moins grand que le précédent. La portion antérieure de la bande sourcilière est moins développée que chez celui-ci; son plumage est beaucoup plus noir, la face externe des ailes est d’un ton presque aussi foncé que le dessus de la tête. Ce me parait être l’une des variétés ou espèces secondaires des Manchots appelés jadis Manchots sauteurs, mais il est probable que les naturalistes du dix-huitième siècle ne distinguaient pas cet Eudypte à frontnoir d’un Eudypte chrysolophe qui fréquente le même archipel, quoique maintenant les habitants de Falkland appliquent à ce dernier le nom de Macaroni, tandis qu'ils appellent les Chrysocomiens des Rockhoppers, ou sauteurs de rochers (4).
En résumé, il paraît y avoir parmi les Euwdyptes chrysocomes presque autant de variétés qu’il y a de stations dans lesquelles ces Oiseaux se reproduisent; mais les particularités qui les caractérisent n’ont ni assez d'importance, ni assez de constance pour motiver des distinctions spécifiques. Elles n’impliquent entre ces Manchots aucune différence primordiale, et elles peuvent être attribuées aux modifications que ceux-ci semblent susceptibles d’éprouver sous l’influence de conditions biologiques diverses.
Les EUDYPTES CHRYSOLOPHES de Brandt, c’est-à-dire les
(1) Pelzeln, Novarra, Vügel, p. 141, note n° 2.
(2) Voy. fig. 6.
(3) Gould, Exhibition of a series of P-nguins, and Description of two new Species (Proceed. of the Zool. Soc., 1860, p. 418).
(4) Abbott, the Pinguins of the Falkland islands (Ibis, 1860, t. If, p. 338).
Manchots empanachés à front jaune (1), sont beaucoup moins répandus que les £udyptes chrysocomes; on vn’en trouve ni à l'ile Saint-Paul, ni à Kerguelen, et leur existence n’a été con statée d’une manière certaine que sur des iles appartenant d’une part au groupe atlantique austral, d’autre part à la région océanienne antarctique, mais ils ne sont pas complètement semblables entre eux dans les diverses localités où on les rencontre.
Les Chrysolophes des îles Falkland ont les côtés de la face, ainsi que la gorge, d’un brun noirâtre (2), et c’est d'après un bel exemplaire de cette variété que M. Gould a cru reconnaitre une espèce nouvelle qu'il a désignée sous le nom d'Eudyptes diademata (3), désignation que quelques auteurs ont appliquée récemment à tous les Manchots empanachés à front jaune (4). À l'ile Macquarie, située vers le 09° degré de latitude S., un peu à l’est du méridien de la Nouvelle-Zélande, on trouve des ÆEudyptes chrysolopha qui ont le tour des yeux, les joues et la gorge d’un blanc grisätre et presque semblable au reste de la partie inférieure du cou, Cette variété parait ne pas y être rare, car le Muséum d'histoire naturelle de Paris en possède un exemplaire (5); un autre individu se trouve dans le musée de Leyde (6); enfin un troisième individu exactement semblable est conservé dans le
(1) Voy. fig. 1.
(2) Le Muséum de Paris possède de beaux exemplaires de l'Eudyptes chryso lopha des Falkland.
(3) M. Gould à décrit son Eudyptes diademata d’après un Manchot provenant de la collection formée à Falkland par M. Abbott, et ce voyageur nous dit que l’Oiseau en question était un exemplaire unique choisi par lui au milieu de toute une troupe d’'Eudyptes sauteurs dans la rookery d'Eagle-point; il ajoute qu’il n’en à jamais vu de semblables, D’après des renseignements qu'il a recueillis de la bouche d’un marin de Falkland, il y en aurait au contraire beaucoup à la Nouvelle-Géorgie, où les matelots les désignent sous le nom de tufted Pinquins, c'est-à-dire de Manchols à touffes. (Abbott, On the Birds of the Falkland islands, dans Ibis, 1861, t. IL, p. 163.)
(4) Schlegel, op. cut, Urinatores, p. 8. — Elliott Coues, op. cit, (Praceed. Philadelphia Acad., 1872, p. 206).
(5) Voy. fig. 8.
(6) Spheniscus diadematus, n° 3 (Schlegel, Urinatores, p. 8).
AUTICLE N° 4.
FAUNE DES RÉGIONS AUSTRALES. a
musée de l'Académie de Philadelphie (1), Je ne connais aucun Chrysolophe de Macquarie qui n'ait pas la gorge noirâtre comme les représentants falklandiens de cette espèce, et pour mieux appeler l'attention des ornithologistes sur cette particularité,