Tome XXV
d0 RECHERCHES
Rudolphi exprime déjà l'opinion, dans ses beaux livres sur les Helminthes, que ces vers ont un canal digestif, M. Nordmann est du même avis ; l'appareil de nutrition se compose, daus la plupart des Ténias, de deux à quatre canaux principaux, dit-il, qui parcourent toutes les articulations du corps, et qui, au-dessous du renflement céphalique, sont liés entre eux par une grande quantité d’anastomoses, lesquelles forment comme les mailles d’un filet !.
Creplin et Laurer démontrent que le foramen caudale ne peut pas être regardé comme un anus ?.
Dans ces derniers temps, M. Von Siebold 5 dit aussi que ce système de vaisseaux des Cestoïdes pourrait être considéré comme un appareil digestif; cependant, comme ils ont des parois complètes qui, nulle part, n’ont des ouvertures, ajoute-t-il, ces vaisseaux servent plutôt à la circulation. Ne connaissant pas la terminaison de ces organes, M. Von Siebold n’a pas songé à leur analogie avec les canaux des Trématodes.
M. Blanchard partage entièrement l'avis de Rudolphi et de M. Nordmann, et il place même la présence d’un appareil digestif parmi les caractères de ces vers.
En un mot, le foramen caudale est regardé comme un anus par Nardo et Baer, comme un organe respiratoire par Dujardin; il correspond à louverture de l'appareil femelle et son contenu renferme des œufs, d’après MM. Ehrenberg et Nordmann. Les canaux représentent l'appareil digestif dans les Cestoïdes, suivant Rudolphi et Blanchard, et ils sont sécréteurs dans les Trématodes pour M. Von Siebold.
Les canaux longitudinaux ou digestifs des Cestoïdes sont analogues au prétendu système vasculaire des Trématodes. Ces canaux naissent en avant ou dans l'épaisseur du corps de fines ramifications; ils parcourent toute la longueur du corps et aboutissent postérieurement à une vésicule contractile qui s'ouvre au dehors; ils charrient quelquefois un liquide chargé de globules et qui se meut toujours d’avant en arrière; et si ces différentes
1 Nordmann, dans Lamarck, Anim. s. vert., TENIA, p. 598.
? Creplin, Observ. de Entoz., pp. 65-64; Laurer, L. e., pp. 11-12. 5 Vergl. Anat., p. 127.
SUR LES VERS CESTOIDES. d1
dispositicns se reproduisent exactement de la même manière dans les Cestoides et les Trématodes, peut-on douter un instant que ce ne soit le même appareil qui a été diversement interprété ?
Ceci établi, je me demande ce que peut être l'appareil circulatoire signalé dans les Cestoïdes, en dehors des canaux dont je viens de parler et qui avaient été regardés comme analogues du système vasculaire des Trématodes. Après un examen minutieux, je pense que le système circulatoire, que l’on a cru remarquer dans quelques Cestoïdes, n’est autre chose que des branches isolées des prétendus canaux digestifs. En fait de canaux ou de vaisseaux, il n'existe, à mon avis, que des troncs, des branches et des anastomoses d’un seul et même appareil dans tous les Cestoïdes.
Cette similitude reconnue dans ces deux sortes de vers, la question de la détermination se simplifie beaucoup.
Un tube digestif, pour mériter ce nom, devrait communiquer directement au dehors par une ouverture; cette communication n’existe pas dans ces vers, de l’aveu même de ceux qui regardent cet appareil comme alimentaire. La communication qui se trouve à la partie postérieure du corps ne sert qu'à l'évacuation et non à l’introduction. Du reste, s’il pouvait rester du doute à ce sujet, les Trématodes le lèveraient complétement. Nous avons vu que les canaux sont les mêmes dans les deux ordres; or, à côté de ces mêmes canaux, les Trématodes ont un appareil digestif; donc les canaux longitudinaux ne remplissent pas cette fonction.
Est-ce un appareil circulatoire, comme M. Von Siebold le suppose dans les Cestoïdes? Cela ne peut pas être non plus. D'abord, il existe une communication au dehors par laquelle s'échappe un liquide chargé de globules, et le mouvement du liquide contenu dans les troncs a lieu toujours dans le même sens, du moins chez les différentes espèces que j'ai étudiées sous ce rapport. Du reste, on a vu dans les Trématodes, les branches de la partie antérieure, comme de la partie postérieure du corps, se terminer sous la peau par de petites lacunes ovoïdes, et ce n’est pas là un caractère de tronc vasculaire.
Cet appareil n’est pas non plus respiratoire, l’eau ou le milieu dans lequel vit le ver, ne saurait pénétrer dans l’intérieur, et sa situation au