‹ Recherches sur la faune littorale de Belgique (volume 3)Chapitre 60 sur 103 · LOTO TS TT · texte numérisé non relu

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(29) parcourir ; il forme un repli à gauche qui fait croire d’abord à l'existence d’une vésicule, mais cette erreur est vite dissipée par l'examen de Vers vivants.

Tout ce canal est encore tres-distinct chez les individus conservés dans la liqueur; et pendant la vie du Ver il n’est pas difficile de voir les flocons de spermatozoïdes se mouvoir dans l'intérieur.

Derrière le bulbe buccal on voit distinctement deux vésicules de couleur blanche comme le spermiducte, et entre lesquelles se termine ce canal : ce sont deux vésicules séminales qui sont ordinairement remplies. On les reconnait aussi très-facilement à l’extérieur, sur les individus frais comme sur ceux qui sont conservés. Elles ont à peu près le même volume, mais elles different l’une de l’autre par leur forme. Elles sont liées entre elles par un conduit assez grêle. Quand on examine ces vésicules vides, on voit dans le fond des fibres musculaires entre-croisées et doublant l'intérieur de colonnes charnues.

Tout autour de la vésicule antérieure est placé un organe qui a la forme d’un sabre : il est creux, montre quelque consistance et souvent il est plein de liqueur mâle; c’est le pénis. Nous ne l’avons jamais vu sortir de la gaine membraneuse qui l'entoure.

En exerçant une légère pression, on fait sortir la liqueur mäle par un conduit membraneux qui va s'ouvrir dans une échancrure sur le bord, derrière la ventouse céphalique du côté gauche. Ce conduit membraneux est terminé par une papille très-mobile qui peut se dérouler comme un doigt de gant. Ainsi l’orifice sexuel mâle s'ouvre en avant sur le bord libre. On voit très-facilement les spermatozoïdes encore contenus dans les testicules en voie de développement ; ils consistent généralement en faisceaux, terminés à l’un des bouts par des vésicules et ressemblant à des têtes de pavots liés ensemble par leurs tiges. On voit aussi des faisceaux uniquement formés de filaments, et on voit enfin ces spermatozoïdes sous la forme de vésicules agglomérées prenant l'aspect d’une framboise. Nous avons donc là les trois formes sous lesquelles ces organes se présentent, en général, dans le cours de leur développement.

Ces spermatozoïdes n'acquièrent leurs mouvements ondulatoires que dans le spermiducte. Ceux qui sont évacués par la compression forment une masse blanche, floconneuse comme de l’amidon délayé; à un fort grossissement, de 300 à 500, on voit cette masse floconneuse, composée de longs filaments doués d’un mouvement ondulatoire, mais dont on ne peut

(30) + guere reconnaître ni le commencement ni la fin. On voit la réalisation de ces furies, que l’on représente sous la forme d’une tête dont tous les cheveux sont transformés en serpents; la tête et la queue des serpents échappent à la vue, mais ces mouvements continuent dans l'eau pendant tout le temps qu'on les observe.

Existe-t-il, comme V. Siebold l’admet pour le Dist. globiporum, une communication directe entre les testicules et la matrice? Nous n'avons rien vu de pareil dans aucun Trématode que nous avons eu l’occasion d'étudier, et il ne nous semble pas probable que le canal déférent, si volumineux et toujours si rempli dans les Vers qui nous occupent ici, puisse offrir une ramification quelconque qui échappe à un examen minutieux. Ce canal se poursuit à la loupe, à travers la peau, sans aucune difficulté, et depuis les testicules jusqu’au pénis, il se détache toujours nettement par sa couleur blanche. Il y a cependant ici aussi une vésicule séminale interne ou copulative remplie de spermatozoïdes dans le voisinage du germigène.

Appareil sexuel femelle. — L'appareil sexuel femelle est très-compliqué, comme on va le voir; dans tous les Trématodes et Cestoïdes, la division du travail organique est portée à un très-haut degré; des glandes spéciales sont chargées de produire les divers éléments qui doivent constituer l'œuf.

Un des organes les plus importants par son étendue est celui qui produit le vitellus ou le vitelloyène. H est répandu dans tout le corps, occupe tout l’espace laissé par les autres organes depuis les ventouses céphaliques Jjusqu’au pédicule de la ventouse postérieure qui est la seule partie du corps qui n’en loge pas. Ainsi, non-seulement les deux côtés du Ver dans toute sa longueur, mais l’espace laissé entre les testicules, le germigène, les circonvolutions du canal déférent et le tube digestif, tout est envahi par ces organes ; c'est lui qui cache complétement ce dernier appareil. Le vitellogene consiste en toutes petites vésicules qui ont à peu près le même volume partout et qui sont situées en forme de grappes le long de leur canal excréteur.

Dans chaque vitellogène ou dans chacune des vésicules de cet organe, on trouve plusieurs vésicules plus petites, qui à leur tour contiennent les globules vitellins. Ces derniers ne sont pas toujours libres dans le canal excréteur, et nous en avons vu charrier dans son intérieur qui étaient encore enveloppés de leur vésicule.

Les tiges de toutes ces grappes se rendent dans des tiges plus fortes, et celles-ci se rendent toutes à deux longs conduits qui marchent parallèlement au tube digestif et aux canaux excréteurs latéraux; on compte plusieurs

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