PT ES CE
ts AE D USE
rameaux assez importants qui viennent s'aboucher dans celui-ci; les principaux sont situés à la hauteur du germigene. Là tous apportent leur contenu d'avant en arrière et d’arrière en avant pour le verser dans un canal transverse qui forme avec eux un angle droit. Le calibre de ces tubes est très-variable, selon la quantité de globules vitellins qu'ils contiennent. C'est par ces deux derniers canaux que tout le produit du vitellogène est versé sur un point unique, dans une vésicule qui est placée au devant et un peu à gauche du germigène; si les canaux précédents méritent le nom de vitelloducte, cette dernière poche mérite le nom de vitellosac.
Avant d’avoir pu nous faire une idée nette du rapport qui existe entre tous ces organes, idée que nous n'avons pu acquérir qu'après de longues et pénibles recherches, nous avions cru voir plus d’une fois une communication entre le vitelloducte antérieur et le large sinus du canal excréteur latéral; nous nous sommes assuré positivement que le vitelloducte ne fait que traverser ce sinus sans avoir rien d'autre de commun avec lui. On distingue souvent fort bien une partie du vitelloducte à la loupe à travers l’épaisseur de la peau.
Le réservoir vitellin ou vitellosac consiste dans une poche dont les parois sont très-élastiques et qui occupe toujours la même place, en avant et un peu à gauche, comme nous venons de le dire plus haut, du germigène; il n’occupe donc pas la ligne médiane. Nous l'avons longtemps pris pour la matrice, et nous avions cru observer, sur des individus conservés, des œufs complets dans son intérieur. Chez les individus conservés, sa couleur le distingue de tous les organes qui l’entourent ; il est d’un jaune sale ou légerement brunûtre.
Quels sont les rapports entre le vitellosac et les autres organes qui lentourent? Nous avons éprouvé de grandes difficultés pour résoudre cette question : l'observation est très-difficile. Au devant du vitellosac, on voit un canal assez large, très-flexueux, qui se rend en avant un peu à gauche, puis finit à la hauteur du canal déférent où il se perd dans la direction du pénis.
De ce même vitellosac, nous croyons avoir vu naitre un conduit étroit qui se rend directement à l’oviducte ; nous n’avons pu le voir que difficilement quand le Ver est placé sur le dos, mais nous avons cru plusieurs fois le voir sur ceux qui sont couchés sur le ventre; il est situé un peu en arrière du canal déférent. On voit rarement des globules vitellins dans son intérieur.
Le germigène, ou la glande qui produit les vésicules germinatives, est formé d’une vésicule unique, située au devant des testicules, avec lesquels on l’a toujours confondu. Cet organe est arrondi, transparent, à parois assez résistantes, et l’on peut aisément l’isoler de tous les autres visceres.
Vers le milieu, un peu à droite et en avant, on voit couchée sur ce germigene une petite vésicule comme la vésicule du fiel dans un lobe du foie ; elle est assez étroite en avant et un peu dilatée vers le milieu.
Dans le germigene, on voit des vésicules transparentes emboïtées et de diverses grandeurs, tandis que dans cette vésicule elles sont toutes parfaitement sphériques et de même volume; il y a tout juste l’espace en avant pour le passage d’une vésicule à la fois. On dirait une poche remplie de perles. C’est aussi un organe de dépôt ou le germisac.
De ce germisac naît en avant un conduit assez long et fort grèle, qui aboutit à un organe situé au devant d'elle, c'est le germiducte. Les parois sont d’une extrême ténuité, et il est difficile à découvrir ; il faut, comme pour l'organe suivant, l’observer sur des Vers tres-vivants.
Dans chaque œuf du germisac, on trouve deux vésicules emboitées l'une dans l’autre, et dont celle du milieu est un peu moins claire; ces vésicules sont enveloppées d’un liquide limpide autour duquel on aperçoit une troisième membrane qui sert d’enveloppe. Voilà tout un œuf sans le vitellus. Si l’on ne savait que celui-ci vient du dehors, on dirait certainement que le liquide qui enveloppe les vésicules germinatives correspond au vitellus, et qu’il change de couleur et de consistance dans le cours du développement.
L'organe auquel aboutit le germiducte est situé à droite, un peu en avant du germigène, entre la branche postérieure du canal déférent et le vitellogene; il se compose de cinq ou six vésicules, de grandeur inégale, formant une guirlande. Ces vésicules sont, les unes remplies de spermatozoïdes, les autres vides; on voit distinctement ces spermatozoïdes grouiller dans l'intérieur de ces cavités : c’est la vésicule copulative. On ne la voit bien que dans les individus très-vivants.
Du milieu de cette vésicule copulative naït, en avant, un conduit tres-délicat, grêle et transparent, que l’on ne distingue, surtout à son origine, que trés-difficilement ; il se fait remarquer par sa ténuité à côté du gros canal déférent : il passe au-dessus de ce dernier qu'il coupe deux fois à angle droit pour aboutir, après avoir fait quelques circonvolutions, à un organe d’une
(33) forme toute particuliére qui nous avait complétement échappé pendant nos premieres recherches.
Les parois de ce canal sont très-minces à leur origine; elles changent brusquement de consistance au point de prendre l'aspect d'un conduit cartila- gineux.
L'organe auquel aboutit le canal précédent est une sorte de matrice ; l'œuf se fabrique dans son intérieur, par la réunion des vésicules germinatives avec le vitellus et l'apparition d’une coque cornée solide. Cet organe est véritablement le moule de l'œuf. Il est ovale, déprimé, d’une forme tressymétrique et pourvu d’un canal qui naît précisément à l'extrémité opposée où vient aboutir le canal précédent; son orifice est situé à côté de celui du pénis.
Nous avons donc là un canal extrémement allongé, qui prend son origine à la vésicule copulative, forme diverses circonvolutions sur son trajet, se dilate régulièrement pour former le moule de l'œuf et s'ouvre à côté de l'organe mâle.
Ces derniers organes sont curieux à voir fonctionner; c'est un atelier qu'on a sous les yeux : on assiste à la formation des œufs. Les vésicules germinatives arrivent par le long canal dont nous venons de parler, et s’arrètent dans l’intérieur de l’organe qui sert de moule; puis arrivent successivement des bols vitellins, qui enveloppent les vésicules germinatives et s’entassent dans l’intérieur de cet organe, jusqu’à ce qu'il soit entièrement rempli. Cette opération terminée, une coque cornée, pourvue d’un très-long filament, se forme tout autour du vitellus, et l'œuf, immédiatement après, est pondu ; il va rejoindre ceux qui sont évacués avant lui et ils se réunissent ensemble à l’aide de leurs longs filaments cornés. Aussitôt que cet œuf est évacué, un autre germe est apporté dans le moule, des globules vitellins arrivent en masse, et il s’en forme un second, puis un troisième, et ainsi de suite. On ne voit donc dans le corps de ces Vers qu’un seul œuf à la fois, tandis que d’autres Trématodes en portent un nombre si prodigieux.
Cette machine continue à fonctionner quelque temps quand même elle n'est pas alimentée, c'est-à-dire quand les autres organes ne lui fournissent pas régulièrement leurs produits. Il se forme encore des œufs ou des enveloppes cornées avec des filaments, mais qui ne sont que de faux œufs, si l'on peut s'exprimer ainsi.
Ainsi l’œuf s’élabore dans le germigène, puis dans le germisac; il s'entoure ensuite de vitellus dans l'organe correspondant à la matrice, et enfin il est complété par la formation de son enveloppe cornée.
Supp. aux Comptes rendus, ©. I 5
L'organe dans lequel l'œuf se forme est désigné sous le nom d’ootype.
On trouve les œufs réunis en tas dans le voisinage des Vers sur le même animal sur lequel ils vivent. On les reconnait facilement à leur couleur d'un
jaune doré. On les sépare difficilement les uns des autres ; ils tiennent ensemble par leurs longs appendices qui sont mélés d'une maniere inextricable.
Ces œufs ont une forme ovale; quelquefois tronqués en avant où même déprimés, ils sont toujours pourvus d’un tres-long filament qui n’est que la continuation de la coque.
Nous avons trouvé à diverses reprises des individus pondant des œufs sur le corps des huitres sur lesquelles nous les tenions en vie.
Un organe que nous avons cru longtemps en rapport avec le vitellosac, et dont nous ignorons complétement l'usage et la signification, est situé en avant du vitellosac et longe le canal déférent dans une partie de sa longueur pour se perdre au devant de la vésicule pulsatile. Cet organe consiste dans un boyau tortueux, un peu élargi vers la base et montrant des circonvolutions sur son trajet. Son aspect est légèrement jaunâtre; au fond on trouve des corps arrondis, tandis que vers le bout il n’existe dans l'interieur qu'une gaine repliée sur elle-même et remplie d'une matière granuleuse. Nous l'avons représenté dans ses rapports avec les organes voisins chez un individu vivant qui n’a acquis encore que la moitié de sa taille.
Dans l’Epibdelle de la sciène, cet organe est encore plus distinct: on voit au fond un sac d'apparence glandulaire que le contenu rend opaque, et une gaine en avant qui marche parallèlement aux deux conduits excréteurs des organes sexuels. Nous croyons avoir vu cet organe s'ouvrir à l'extérieur à côté des orifices sexuels.
Système nerveux. — En arrière du bulbe de la bouche et à sa face supérieure on voit une masse blanchätre intimement unie à cet organe ; on distingue de chaque côté un faisceau de cordons blancs très-reconnaissables dans l'animal vivant aussi bien que dans celui qui est conservé. Cette masse blanche est située d’une manière à peu près symétrique; en avant, au milieu, elle montre un tubercule pointu et souvent une légère échancrure du côté opposé. A droite et à gauche on dirait deux ganglions intimement unis par coalescence, et qui se terminent en dehors par un grand nombre de filets nerveux que l'on peut poursuivre encore jusqu'à une certaine distance de leur origine. Nous avons remarqué qu'il y a généralement un nombre plus grand de divisions du côté droit que du côté gauche et que par contre les deux ga glions gauches sont plus nettement séparés que ceux du côté droit.
sn L'Fas:
tite, ré SSSR Éd dd nt nt ue nine dm + sé à *
Aucun filet nerveux ne mérite une mention spéciale, sauf celui qui se rend de chaque côté en arriere, parallèlement aux tubes digestifs, et qui fournit d’autres branches sur son trajet; nous n'avons pas observé de collier.
Nous n'avons pas trouvé non plus de corpuscules nerveux dans les reuflements ganglionnaires; aussi la différence de ces ganglions avec ceux de quelques Hirudinées est si grande sous le rapport microscopique, que nous avons éprouvé quelque hésitation à regarder cette bande blanche comme nerveuse.
Développement. — Nous avons trouvé sur le corps des flétans des individus assez jeunes pour nous faire supposer que les Epibdelles comme les Udonelles ne subissent pas de métamorphoses importantes; les œufs restent adhérents à la peau de leur hôte, et les embryons s’y attachent directement à la sortie de l'œuf. Nous avons vu souvent des Epibdelles pondre pendant une nuit une vingtaine d'œufs.
Observations sur l'anatomie de l'EPIRDELLA SCIÆNÆ. — L'appareil sexuel présente au fond les mêmes dispositions : vers le milieu on voit les deux testicules, mais au point de réunion de leur canal excréteur il y a une vésicule de dépôt qui manque dans la premiere espèce. Le canal déférent suit la même direction, contourne le vitellosac et se dirige, en formant des anses, vers le pénis.
La glande du pénis, ou la vésicule séminale, est formée d’un seul lobe; il est creux, demi-transparent, et on voit le canal excréteur à travers les parois, pour s'ouvrir dans la gaine qui conduit le produit du sexe mâle au dehors.
Les orifices sexuels sont les mêmes; celui de l'organe mâle s'ouvre à côté de celui de l’organe femelle.
Le vitellogène est répandu dans tout le corps et envahit tous les organes, à l'exception des ventouses.
Deux conduits versent le produit de cette glande dans le vitellosac, qui est situé en avant des testicules sur la ligne médiane.
Le second vitelloducte est peu distinct, et on ne voit pas, comme dans l'espèce précédente, cette grande poche séminale pleine de spermatozoïdes.
Le germigène est situé aussi au devant des testicules; il a presque le même volume. Nous ne voyons pas aussi distinctement le réservoir des germes murs.
Le conduit excréteur commun des vésicules germinatives et du vitellus croise le spermiducte, se rend à la base de la glande du pénis, forme là un
GP
( 36) renflement dans lequel se forme l'œuf qui efévacué comme dans l'espece précédente.
A côté de cet appareil, il existe un organe de nature glandulaire, qui s'ouvre à côté des orifices des organes sexuels. Il est moins distinct dans l'Epibdelle du flétan que dans cette espèce; nous ignorons la nature de cet organe qui nous a paru longtemps avoir des rapports avec les organes sexuels, mais qui en est complétement séparé.
Comparaison entre l'EPIBDELLA HIPPOGLOSSIT et l'EPIBDELLA SCIÆNÆ. — La forme diffère d’abord dans la partie antérieure du corps par la présence de deux ventouses circulaires antérieures qui n'existent dans l'espèce du flétan qu’à l’état rudimentaire.
Le premier est incolore des deux côtés du corps; celle de la sciène est couverte, à la face supérieure, de petites taches de pigment assez semblables à celles qu’on voit sur le corps des caliges. Il est à remarquer que dans l'espèce du flétan, ces Vers ne se trouvent que du côté blanc du Poisson, tandis qu'ici on en trouve sur toutes les parties du corps indistinctement depuis la tête jusqu’à la queue, sur le ventre, sur le dos et sur les nageoires.
La taille et la ventouse postérieure sont semblables, sauf les crochets qui garnissent cette dernière.
En effet, ces pièces solides diffèrent notablement dans leur forme, tout en se montrant en nombre égal. 11 existe dans l'espèce de la sciène une grosse pièce en avant, terminée en coin comme une dent canine, et dont la pointe est libre. En arriere, dans la partie logée entre les chairs, ces pièces sont bifurquées. Derrière et pres du bord libre, il existe deux pièces plus petites placées l'une à côté de l’autre et différant à peine en forme. Les pointes saillent en arrière, tandis qu’elles saillent en avant dans la premiére pièce dont nous parlons plus haut. La forme de ces organes est très-diffèrente dans les deux espèces.
La cavité buccale diffère sensiblement ; souvent les parois affectent un aspect festonné.
Le commencement du canal déférent, immédiatement après la réunion de deux canaux excréteurs venant des testicules, est renflé en une vésicule de dépôt dans l'espèce de la sciène, pas dans l'autre.
La poche du pénis est toujours double dans l’ancienne espèce; ici elle est simple. On voit une glande comme le testicule des Céphalopodes , et un canal excréteur semblable qui verse son produit dans le conduit du pénis, à côté du canal déférent.
Je n'ai pas vu des œufs complets dans cette espèce.
Le germigène ne montre pas ce réservoir de germes murs et prêts à être évacués.
On ne voit pas cet organe à spermatozoïdes si distinct dans l'ancienne espèce.
Dans tous les individus de la seconde éspèce, on voit très-distinctement une glande en dehors de l’appareil sexuel et qui s'ouvre à côté des orifices de cet appareil.
L'appareil sécréteur est disposé au fond de même, sauf qu'on ne voit pas ces canaux toujours opaques, en fer à cheval, qu'on trouve constamment dans l'espèce du flétan.
Quelles sont les affinités de ces parasites? — Ces Vers, appréciés si diversement par les naturalistes, appartiennent-ils au genre Tristome, comme quelques helminthologistes le pensent ?
Le genre Tristome, créé par Cuvier pour une espèce colorée en rouge vif ( Trist. coccineum) et qui habite, selon Cuvier, divers Poissons de la Mediterranée, comprend aujourd’hui plusieurs espèces : la premiere à été recueillie par Lamartinière dans le voyage autour du monde de La Peyrouse ; les dernières ont été observées par MM. Diesing, Blanchard et Valenciennes.
S'il s’agissait de conserver au mot genre la même valeur que Linné lui accordait, nul doute qu'il ne s'agisse ici d’un Tristome ; mais il y a aujourd’hui une tribu de Tristomiens, et l’Epibdelle forme dans cette tribu une coupe générique.
Cette opinion est fondée sur l’état rudimentaire des ventouses antérieures qui ne sont jamais protractiles ; sur la disposition des testicules qui, au lieu d'être formés de plusieurs lobes comme dans les Tristomes, sont formés de deux vésicules sphériques; sur la disposition de la ventouse postérieure qui termine le corps postérieurement et qui porte dans l'épaisseur de ses parois six crochets cornés; enfin sur l'absence complète d'alvéoles ou de rayons à la ventouse postérieure.
Ces caractères nous paraissent justifier suffisamment à l’Hirudo hippoglossü son rang de genre.
Il n’en reste pas moins vrai que Rathke, en plaçant cet animal dans le genre Tristome, a le premier indiqué ses véritables affinités.
Parmi les divers noms génériques proposés, nous avons cru devoir choisir celui de de Blainville. Il n’y a jusqu’à présent que deux espèces connues
dans ce genre.
Genre TRISTOMA.
Une espece de ce genre, le Tristoma papillatum , a été l'objet de recherches particulieres et suivies de la part de M. Kôlliker (1). Les principaux appareils sont suffisamment connus sous le rapport anatomique pour nous dispenser d’en donner une description. Les Tristomes présentent en somme la plus grande ressemblance anatomique et embryogénique avec les Epibdelles.
Les genres Capsala, Trochopus et Nitzchia nous semblent devoir se rapporter aux Tristomes.
Genre DIPLOZOON.
C'est M. Nordmann qui a fait connaître le premier ce singulier Ver trématode, que l’on n’est parvenu à bien comprendre que dans ces derniers temps. Plusieurs helminthologistes ont écrit depuis sur ce parasite, mais il n’y à pas un genre au sujet duquel on ait commis autant d'erreurs.
M. Nordmann a ditavec raison que c’est un animal double, et c’est à tort que M.Steenstrup s'élève contre cette assertion. Le Diplozoon est réellement formé de deux animaux, et cette découverte restera une des plus belles faites sur les Vers. M. Creplin s’est au reste élevé avec force contre cette singulière interprétation de M. Steenstrup dans des observations qu'il a jointes à la traduction de l'ouvrage publié en danois par ce savant (2).
M. Dujardin a observé des Vers de tres-petite taille, vivant séparément dans les mêmes conditions que les Diplozoons, et qui ne sont pas sans quelque analogie avec ces Vers doubles; il les place à côté d'eux sous le nom de Diporpa, et tout récemment ces Diporpa ont été reconnus par M. V. Siebold pour de jeunes Diplozoons, qui se réunissent deux à deux, à l’âge adulte, pour devenir Diplozoon. C'est ce que nos observations confirment pleinement.
M. Von Siebold admet trois espèces de Diplozoons : une espèce trèsgrande ; une autre plus petite est celle que Nordmann a observée, et une troisième, plus petite encore, du Gobius fluviatilis et du Phoxinus lœvis.
L’espece que nous allons décrire est, à n’en pas douter, celle que Nordmann a décrite sous le nom de paradoxum.
(1) KGnigl. Zootom Austalt zu Würzburg, 1849, p. 21, PI. II. (2) Hermaphroditismus, p.63, et Obsere. de Creplin, p. rog.
(39) DIPLOZOON PARADOXUM, Nordm. (PI. IF.)
SxNonxmie.— Diplozoon paradozum , Nordmann, Mikrogr. Beiträge, vol. 1, p. 56, et
Ann. Sc. nat.,t. XXX, p. 373, PI. XX.
Diplozoon paradozum, Nordmann-Lamarck, Anim. s. Wertèbres, 2° éd., 1840, vol. IT, p. 599.
Diplozoon paradozum, Vogt, Muller's Archiv., 1841, p. 33.
Diplozoor paradozum, Von Siebold, Erichson's Archiv., 1442. Compte rendu, p. 359.
Diplozoon paradozum , Dujardin, Hist. nat. des Helminth., page 316.
Diplozoonr paradoxzum , Diesing, vol. I, p. 423.
Diplozoon paradozum , Von Siebold, Ueber die Conjugation der Diplozoon paradoxum. Zefts. f. wiss. Zoologie, Bd. IE, b. 1, 1850, p. 62.
Il vit ici tres-communément sur la brême ; nous n'avons pas trouvé l'espèce du goujon.
Description. — Les deux Vers sont parfaitement semblables, tant sous le rapport de leur conformation que de leur structure anatomique. Ils sont allongés, aplatis, ridés dans toute leur longueur et terminés en avant en pointe. La partie postérieure du corps est moins aplatie, et quand où examine ce Ver non comprimé, on voit que le corps se creuse presque en forme de ventouse à sa partie postérieure du côté interne ; c’est dans cette excavation que sont logés les singuliers appareils d’adhérence. Il existe un rebord à cette partie du corps qui ressemble, par la forme, à un chenil que des soldats portent en guise d’épaulettes.
Le Ver est assez transparent en avant autour du bulbe buccal, et en arrière en dessous du point d'union. En exerçant une légère pression, on peut parfaitement distinguer tout l'appareil sexuel des deux individus.
En comprimant légèrement la partie antérieure du corps, on voit distinctement apparaitre le tube digestif avec son contenu noirâtre et qui n'est pas accompagné de glandes vitellogènes comme dans la partie postérieure.
Comment la réunion des Vers a-t-elle lieu? sont-ils réunis comme les frères Siamois, ou bien sont-ils croisés comme les deux jambes d’un X ?
C’est évidemment cette dernière disposition qui a lieu et qui nous explique toutes les particularités.
Appareil digestif. — Cet appareil diffère de celui de plusieursgenres voisins, parce qu'il se compose d’un tube médian unique qui parcourt le corps dans toute sa longueur. Il est fermé de toute part, et c’est par erreur que l’on aadmis une communication entre le tube digestif des deux individus accolés (1).
(1) Wiegmann's Archiv., 1836, p. 114.
La bouche s'ouvre pres du bord antérietr un peu en dessous. Elle est suivie d’un canal qui passe au milieu des deux ventouses et qui s’abouche dans un bulbe charnu à parois très-épaisses : c’est le bulbe æsophagien ou buccal.
Derrière cet organe on aperçoit l'œsophage proprement dit; il est court et montre bientôt des cœcums ramifiés, serrés les uns contre les autres et remplissant tout le corps jusqu’au point de rénnion des deux Vers; le tube digestif du corps droit antérieur passe dans le corps postérieur gauche, et se croise avec celui du partner, sans qu'il s’établisse entre eux aucune communication. Chacun conserve son canal digestif entier.
A l'endroit où les deux corps s'unissent, les cœcums digestifs semblent atraphiés, mais en dessous de l'appareil générateur, dans le bout postérieur du corps, chaque tube présente de nouveau ses ramifications régulières et complétement séparées, comme dans la partie antérieure.
Tout cet appareil présente dans sa longueur des points noirs qui le font aisément reconnaitre, et, dans quelques cœcums un peu renflés, on aperçoit un liquide jaunâtre ; en exerçant une légère pression, on voit le liquide jaune s’évacuer par la bouche ou s’accumuler autour du bulbe œsophagien.
Appareil excréleur. — Cet appareil est tres-développé dans ces Vers, et depuis longtemps on a observé des canaux avec leurs fouets vibratiles; et plusieurs naturalistes ont même vu une teinte rougeàtre dans les fines ramifications, mais on n’a pu se faire une idée de l’ensemble; il faut, du reste, une patience à toute épreuve pour rapporter toutes les observations isolées de chaque région du corps.
Il est reconnu que la couleur rougeûtre de quelques canaux est due à un effet optique. Le liquide qu'ils contiennent est complétement incolore. On voit du reste dans plusieurs autres Vers se produire ce phénomène de coloration, quand on observe des canaux très-déliés.
A la partie postérieure du corps entre les deux organes d'adhésion, se trouve une grande poche à laquelle aboutissent toutes ies ramifications de cet appareil. Cette poche est arrondie en arrière, échancrée au contraire en avant, par suite des deux confluents latéraux qui viennent y aboutir.
Dans toute la longueur du Ver, de chaque côté, on peut poursuivre deux canaux latéraux dont le calibre est peu différent; ils se juxtaposent et se croisent différentes fois sur leur trajet : tous les deux portent des fouets vibratiles, mais ces fouets sont placés d'avant en arrière dans le canal principal et d’arrière en avant dans l’autre.
JD,
Tout autour de l'œsophage et du bulhe buccal, il y a un réseau assez compliqué; et les canaux des deux côtés du corps sont en communication par une forte anastomose que l’on aperçoit au devant du bulbe œsophagien.
Dans cette partie antérieure du corps, un peu en arrière et sur le côté, deux gros canaux se replient brusquement sur eux-mêmes, et dans leur intérieur on ne distingue aucune apparence de cils. C’est par leur canal que les fines ramifications vibratiles communiquent avec la poche pulsatile postérieure.
Si nous ne nous trompons, il y aurait donc de chaque côté d’abord un courant d’arriére en avant par un canal recevant la plupart des ramifications de la partie postérieure du corps; puis un courant en sens inverse par un canal principal ayant à peu près le même calibre et qui reçoit, tout en s’anastomosant en avant avec les canaux du côté opposé, toutes les ramifications de la région céphalique. Le second se replie de nouveau en arrière, s’élargit, perd ses cils vibratiles, arrive à une courte distance de l'œsophage, se contourne une dernière fois, et se rend ensuite directement au sinus postérieur.
On comprend toutes les difficultés que l’on a de poursuivre ainsi quatre canaux longitudinaux de chaque côté du corps dans les deux Vers qui se soudent ensemble sur une partie de leur trajet en se croisant comme les deux jambes d’un X.
Appareils d'adhésion. — A la partie postérieure du corps de chaque Ver se trouve, dans une excavation plus ou moins profonde, selon le degré de contraction, deux organes qui tiennent au corps par un pédicule et qui jouissent d’une assez grande mobilité.
Chacun de ces organes est formé de quatre ventouses conformées de la même manière, dont l’antérieure est la plus grande, la postérieure la plus petite. Chacune de ces ventouses montre un double faisceau musculaire qui préside à ses mouvements, indépendamment des couches musculaires qui déterminent le mouvement général de cet organe.
Nordmann n’a pas fidelement représenté ces ventouses, à moins que nous n'ayons des espèces différentes sous les yeux.
Chaque ventouse est composée de plusieurs pièces solides et mobiles qui forment par leur réunion un 8 de chiffre; sur chaque rond, on voit un fort crochet dont la pointe est dirigée de dehors en dedans. C’est absolument la dent mobile d’une boucle. Une pièce médiane occupe le milieu; de chaque côté, deux pièces forment un demi-cercle et sont doublées par deux autres pièces semblables.
Suppl. aux Comptes rendus, VU. A. 6
Outre ces huit ventouses, il se trouve encgre prés du bord quatrefpièces solides, dont deux sont en forme d’hamecon; les autres sont droites : ces dernieres sont plus grêles et ont le double de la longueur des précédentes. Ces organes n'ont pas été vus par M. Nordmann ; M. Von Siebold a découvert la première paire; nous avons reconnu l'autre.
M. Von Siebold n'ayant pas accompagné sa description d’une figure, nous avons trouvé beaucoup de difficulté à retrouver ces parties à cause de leur extrême petitesse. C’est sur les Diporpa ou jeunes Diplozoons que M. Von Siebold les à découvertes.
Appareil sexuel. — Cet appareil a été apprécié bien diversement par les naturalistes qui l’ont étudié, et l'on comprend aisément qu’à l’époque où Nordmann a publié ses observations sur ce singulier parasite, il était impossible de ne pas commettre de graves erreurs dans cette appréciation.
Nordmann n’a connu qu’une partie de l’appareil de reproduction ; par la pression, il a crevé les parois du germigène et de la peau, et comme il prenait naturellement le germe pour tout l'œuf, il a placé l’orifice sexuel en dedans et en arrière du lieu de conjugaison. Il a pris l’œuf avec son énorme filament pour un pénis. M. Nordmann n’a pas été plus heureux dans l'appréciation des autres organes; le vitellogène est pour lui l'ovaire, et le vitelloducte est pris pour l’oviducte et la matrice.
M. Vogt n’a guère mieux déterminé ces organes; dans sa Lettre à M. J. Muller au sujet de ces parasites, tout en exprimant quelque doute, M. Vogt regarde encore l'œuf comme un pénis, et son contenu comme des spermatozoïdes sans queue; une partie de la matrice est regardée comme ovaire, et le vitellogene est pris pour un foie.
M. Von Siebold, dans son compte rendu sur les travaux faits en Helminthologie pendant 1841, signale avec raison les erreurs de détermination de Vogt, et nos observations s'accordent parfaitement avec celles de V. Siebold pour autant au moins que l’on peut en juger par une description sans figure.
M. Steenstrup se prévaut des erreurs qui ont été commises dans la détermination des divers organes de cet appareil, pour prouver que ces Vers ne sont pas hermaphrodites.
Le vitellogène est logé dans toute la partie antérieure du corps, depuis les premiers cœcums digestifs jusqu'à l’endroit de la réunion des deux Vers. Il consiste dans de larges et nombreux cœcums arrondis, pleins de corpuscules arrondis qui s’abouchent dans un double canal excréteur ou vitelloducte. Comme nous l'avons vu plus haut, c’est le foie d’après M. Vogt, et le canal excréteur est un cœcum de l'ovaire. Vers la partie inférieure, les
(43) deux vitelloductes se réunissent en un seul canal, comme Nordmann l'avait vu, et, en se dilatant un peu, il forme un réservoir où un vitellosac, qui tient les globules vitellins en réserve et prêts à servir d’enveloppes.
Le germigène est situé à la hauteur du vitellosac; il est replié sur luimême de manière que le cul-de-sac ou le fond est situé à côté de l'orifice; par ce moyen, on voit des germes en voie de développement à côté d’autres qui sont entièrement formés.
Ces germes, étudiés après leur sortie, montrent diverses couches qui les feraient prendre sans aucun doute pour des œufs mûrs et complets, si Fon ne savait que le vitellus manque encore. On reconnaît deux vésicules centrales emboîtées l’une dans l’autre, comparables aux vésicules germinatives, une couche qui les enveloppe et qui ressemble au vitellus avec la membrane vitelline, et enfin une couche d’albumen et un chorion.
Dans les germes un peu moins avancés, on voit une enveloppe de moins; dans ceux qui se rapprochent encore plus du cul-de-sac et qui sont encore moins developpés, on distingue deux enveloppes, et puis en se rapprochant au fond de cet organe, on reconnaît un amas de granules dont quelquesuns montrent évidemment une vésicule emboiïitée dans une autre vésicule de la même grandeur à peu près que celles qui sont logées dans les germes complets.
Est-ce que le germe débute par cette vésicule centrale, et les autres vienwent-elles successivement se développer autour d’elle? Les apparences sont évidemment en faveur de cette supposition. Le germiducte s'abouche par un canal assez court dans un conduit qui reçoit en même temps le vitellus. Il y a à l’origine de ce conduit, qui est l’oviducte, une sorte de pylore qui s'ouvre seulement de temps en temps pour livrer passage à un germe. Ce germe ensuite s'arrête, s’enveloppe de vitellus, puis de coque, et l'œuf avec son immense appendice est évacué un peu en dedans et au devant du lieu de conjugaison.
Nous n’avons pas vu de poche copulative ni une communication directe entre l'appareil màle et femelle.
Le testicule est situé derrière le germigène; il consiste aussi dans un organe unique pour chaque Ver, de forme arrondie, et dans lequel on ne distingue pas de spermatozoïdes en mouvement. Le spermiducte est tres-difficile à découvrir; nous croyons l'avoir observé en dedans du germigène. Mais s'ouvre-t-il à côté de l’orifice femelle? C’est ce que nous ignorons.
Au mois de mai, il n’y a guère d’individu dans lequel nous ne trouvions des œufs plus ou moins développés; souvent il n’y en a qu'un seul, quelque-
fois deux, et rarement nous en avons vu un tFoisième, mais encore peu développé. Ce que nous avons remarqué avec étonnement, c’est que les œufs des deux Vers accolés sont toujours au même degré de développement; ils sont toujours semblables dans l’un et l’autre Ver; si l’un en a deux, l’autre en a deux aussi; si l'un n’en a qu'un très-complet, l’autre en a un dans le même état, et il en est de même quand les œufs sont en voie de développement.
Cet œuf est terminé à l’un des bouts par un filament excessivement allongé et enroulé en spirale, sans former toutefois une spirale aussi régulière que M. Nordmann l'avait figuré.
Observations. — Comme d’autres Vers se réunissent par couples et vivent quelquefois cloitrés à deux dans un kyste, les Diplozoons sont toujours soudés deux à deux à l’état adulte, avant que les organes sexuels entrent en activité, et ils restent accouplés le restant de leur vie. Les deux individus sont parfaitement semblables et ils produisent tous les deux des œufs.
C’est à tort que des naturalistes se sont élevés contre cette opinion de Nordmann, en prétendant que les Diplozoons sont des Vers simples; nous ne comprenons pas que M. Steenstrup ait pu sérieusement soutenir cette erreur (1).
Les Diporpa, en devenant adultes, se réunissent deux à deux; les deux corps se croisent et les derniers appareils se juxtaposent; le tube digestif, l'appareil excréteur et tous les autres appareils de la moitié antérieure droite, se continuent dans la moitié postérieure gauche, sans se confondre.
Genre OCTOBOTHRIUM.
Deux Vers assez voisins l’un de l’autre, mais un peu différents par la forme, sont placés par M. Diesing dans deux genres distincts, tout en ayant été réunis déja sous un nom générique commun par Kuhn; ce naturaliste a admis l’Octostoma alosæ et l'Octostoma merlangi, et il avait parfaitement jugé leurs affinités. M. Diesing, posant quelques principes absolus et les appliquant rigoureusement, comme si les Vers étaient connus dans tous leurs détails, a fait du premier l’Octocotyle lanceolata et du second le Diclidophora longicollis. Nous reprenons le nom générique d’Octobothrium qui est généralement reçu, et, comme on le verra dans la description, c’est à tort que M. Diesing en fait deux genres distincts. La différence qu'il a cru observer ne provient que de ce que plusieurs organes reconnus chez l’un,
(1) Hermaphroditisme, page 63.
shit -
(45) ont complétement échappé chez l'autre. Ces deux Vers ne peuvent être placés dans des genres différents.
OCTOBOTHRIUM LANCEOLATUM. (PL. F.)
Le premier qui semble avoir découvert ce Ver est Hermann; il le décrit dans le Naturforscher (1782), mais, comme on l’a fait encore longtemps après lui, il place la bouche entre les huit ventouses. En 1828, Leuckaert, ne ‘connaissant pas les recherches de Hermann, a décrit de nouveau ce Ver et lui à donné un autre nom ; il place avec raison les huit ventouses à la partie postérieure du corps. Kubhn retrouve ce même Ver deux ans plus tard, et, ne connaissant pas à son tour les écrits précédents, lui donne un troisième nom ; comme le fait remarquer Nordmann, Kuhn a pris l'œsophage pour le rectum et la bouche pour l’anus. Il désigne les deux ventouses antérieures sous le nom de pores postérieurs.
M. Mayer, en 1841, étudie ce même Ver sous le point de vue anatomique; il fait connaitre l'appareil digestif et l'appareil générateur; mais M. Von Siebold, jugeant ces Vers par analogie, signale diverses erreurs qui ont été commises par lui; ces erreurs ont surtout leur source dans la division de l'ovaire en germigène et vitellogène, division que M. Mayer n'avait pas reconnue.
Depuis M. Mayer, on n'a plus rien publié d’important sur ces parasites, si ce n’est que M. Blanchard parle de recherches qu'il a faites sur les prétendus vaisseaux. Nous y reviendrons plus loin.
Nous sommes bien loin d'offrir ici une anatomie complète ; nous croyons toutefois que nos observations, jointes à celles de Mayer, feront suffisamment connaître ces Vers, d'autant plus que Von Siebold n’a pas craint, comme nous venons de le dire, de juger par analogie les observations anatomiques du professeur de Bonn.
Les dispositions anatomiques des divers genres doivent être étudiées avec soin, surtout quand il y a doute sur le degré d'affinité et sur la parenté. Il est souvent inutile de faire l’anatomie de deux genres voisins, quand cette parenté est établie.
Sxnowymie, — Mazocraes alosæ , Hermann, Naturforscher, 15 st.,1782, p. 182, tab. IV,
fig. 13 et 14.
Octobothrium alosæ, Leuckaert, Brev. anim. descript., 1828. Zool. Brucht. ; p- 29, 1842.
Octostoma alosæ, Kuhn , Mém. Mus. d'Hist. nat., 1830, t. XVIII, p. 358.
Octobothrium alosæ, Mayer, Beitr. zur anatomie der Entoz. Bonn, 1841, P- 19, PL. II1, fig. 1-8.
Octobothrium alosæ, Muller's Archio., Jahresbericht, 1842, p. 195.
Octobothrium alosæ, Erichson’s Archiv., 1842, p. 358.
Octobothrium lanceolatum , Dujardin , Helm., 1841, p. 313.
Octobothrium alosæ, Blanchard, Ann. Sc. nat., vol. VIII, p. 334.
Octocotyle lanceolata , Diesing , Syst. Helmint., vol. 1, p. 421.
Ils ont de 10 à 12 millimètres de long.
Habitation. — On les trouve en abondance sur les branchies des aloses; ils se logent surtout entre les deux lames. Il y a peu de Poissons qui n’en nourrissent ; aussi c'est un des parasites les plus communs, un de ceux que l'on peut le plus facilement se procurer. On les trouve également sur les aloses prises en mer et celles pêchées dans l'eau douce; les Poissons qui n'ont que le tiers ou le quart de leur développement, portent déjà des Vers adultes chargés d'œufs.
Description. — Le corps est allongé et ressemble, quant à la forme, à la linguatule du chien; la partie antérieure est très-effilée; le milieu est déprimé et élargi comme une feuille; en arriére, il est élargi comme une pointe de flèche. On conçoit aisément que les premiers observateurs aient pu prendre la tête pour la queue. |
Ce Ver est d'un gris légèrement jaunâtre.
La tête, vue à un certain grossissement, montre deux ventouses assez petites, situées à droite et à gauche de la bouche. Cette bouche s'ouvre uon loin de l'extrémité antérieure du corps, en dessous; elle est circulaire; la tête est fort mobile, s’allonge ou se raccourcit, et se termine en avant par un globule médian, comme dans l'Épibdelle de l'hippoglosse.
A peu de distance de la bouche, juste à l'endroit où la cavité digestive se bifurque, il existe à la face inférieure du corps un organe particulier sous la forme d’une plaque, et qui porte dix crochets : quatre en dessus, quatre en dessous et deux autres sur le côté. L’orifice que l’on voit au centre est le pore génital. Les deux crochets latéraux sont un peu plus grands que les autres, qui sont tous les huit semblables. 1ls se composent de deux parties : l’une est logée dans les chairs, l’autre est libre et recourbée à la pointe.