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A l'extrémité postérieure du corps, on distingue de chaque côté quatre prolongements, qui portent chacun, au bout, un organe labié d’une forme particulière ; ce ne sont pas des ventouses, mais plutôt des pinces. Dans chacun de ces organes, on voit deux lèvres mobiles articulées entre elles comme la mâchoire des Poissons plagiostomes. Dans les individus vivants, on voit les Vers allonger considérablement le pédicule de ces pinces, puis les retirer brasquement. On distingue aisément à travers la peau les cordons musculaires qui mettent ces organes en jeu ; on en reconnait surtout deux qui se disposent en V. Nous n'avons vu que six ventouses dans les jeunes individus.
Tout au bout, entre les deux dernières pinces, on reconnait encore deux paires de pièces solides, toutes les deux en forme de crochets.
Les crochets antérieurs, qui forment la paire antérieure, vus de profil, ont exactement la forme d’un sabot de voiture ; ils sont assez gros à l’un des bouts; vers le milieu, il existe une apophyse; l’autre bout est beaucoup plus grêle et se recourbe en dehors ou en dessous selon la position.
Les deux stylets postérieurs peuvent se diviser en une tige droite terminée par un crochet en forme d’hamecon qui est libre et dirigé tantôt en avant, tantôt en arrière.
A en croire Leuckaert, il semblerait que ces crochets ne sont pas constants (1); nous les avons cependant observés chaque fois que nous les avons cherchés. Il arrive quelquefois qu’ils se cachent dans la peau ; d’autres fois ils se placent en travers : peut-être la différence de position est-elle cause de ce qu'ils n’ont pas toujours été aperçus.
L'appareil digestif montre derrière l’orifice buccal un bulbe œsophagien, très-consistant et d’une forme ovale; il n’est pas protractile. Derrière ce bulbe, on voit un œsophage assez long qui s'étend jusqu’en dessous de la plaque génitale; il se divise ensuite en deux branches, après quoi il se répand dans toute la longueur du corps.
Les parois sont d’une grande ténuité, et si parfois elles se contractent, pour produire le mouvement ordinaire, à peine peut-on distinguer par moment leur contour. C’est surtout par la présence des aliments que l’on peut observer sa conformation. Les deux tubes s'ouvrent au bout du corps, l’un dans l’autre.
L’aliment a souvent une couleur noire et quelquefois une teinte verte. Le contenu de cet appareil présente souvent un mouvement oscillatoire.
(x) Leucrarrr, loco cit., p. 21, et V. Sresouo, Zeitschrift für Wissent. 0ol., vol. 1,
Appareil excréteur. — On voit assez facilement des vaisseaux tres-tortueux dans la partie postérieure du corps où ils sont très-nombreux. Ils présentent entre eux de nombreuses anastomoses. Les parois sont d’une ténuité excessive. Il faut un grossissement de 300 fois au moins pour les distinguer.
Ces canaux ont une teinte rougeûtre ou un peu pourpre; sur le côté du corps on voit d’autres vaisseaux qui appartiennent au même système, et qui s'étendent jusqu’en avant près de la cavité de la bouche.
Il existe deux vaisseaux principaux qui accompagnent les deux tubes digestifs dans toute la longueur, avec des fouets vibratiles dans leur intérieur. D'autres canaux moins gros les accompagnent et s’anastomosent avec eux, surtout aux deux extrémités du corps.
Sur leur trajet on voit dans leur intérieur de longs cils vibratiles de distance en distance, comme Schultze en a signalé dans les Planaires. Les cils se voient très-facilement dans les vaisseaux latéraux et mieux encore dans les vaisseaux anastomosés de la partie postérieure du corps. Nous n’avous pas vu de foramen caudale ni de vésicule pulsatile,. Nous ne doutons cependant pas de leur existence.
Appareil sexuel. — Te vitellogène est répandu dans tout le corps et entoure presque partout le tube digestif. On pourrait le confondre avee lui.
Les vitelloductes se réunissent en un canal commun à une certaine distance au devant du germigene; le vitellus s’agglomère sous forme d'œufs dans. un tube unique où il est tenu à la disposition de l'appareil.
Le germigène est très-remarquable; on voit vers le milieu de cet organe les germes les plus volumineux ; ils diminuent de volume à mesure que l’on s'approche du fond. Cet organe est replié sur lui-même et a l'apparence d’être formé de divers compartiments.
Les plus simples montrent à peine une vésicule centrale, les plus complets ont jusqu'à quatre contours parfaitement distincts.
Le canal excréteur va s'unir au canal du vitelloducte, et tous les deux ont la surface interne garnie de cils vibratiles; de temps en temps une vésicule germinative passe, et bientôt elle est suivie de plusieurs amas de globules vitellins qui l'enveloppent et qui constituent l'œuf. Dans le même canal, la coque se forme ensuite avec ses deux filaments.
Le testicule est unique; il est extraordinairement développé : il remplit tout l’espace compris entre les deux tubes digestifs dans la moitié postérieure du corps. Toute sa surface est striée, et il présente quelque apparence de cœcums. En avant et du côté droit, naît un canal déférent unique, très-
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large, ondulé, et qui semble être la continuation de l’organe mâle. Ce canal déférent forme des circonvolutions lorsque le Ver est contracté ;fil se rend à droite du germigène, longe l’oviducte et s'étend entre les deux branches du canal digestif à la plaque génitale, qu’il contourne du même côté. Au devant de cette plaque ce canal se dilate, forme une vésicule dans laquelle les spermatozoïdes se meuvent avec vivacité ; c’est la vésicule séminale.
Les spermatozoïdes consistent dans des filaments très-longs et ondulés ; on ne les voit se mouvoir que dans la vésicule séminale.
Nous n'avons pas vu de pénis, à moins de considérer comme tel la plaque à crochets dont nous avons parlé plus haut ; l’'analogie se prononce du reste hautement en faveur de cette détermination.
Nous avons vu des Octobothriums très-jeunes affectant déjà la mème forme que les adultes. Nous ne doutons pas qu'ils ne se développent directement comme les Udonelles.
OCTOBOTHRIUM MERLANGI, Kuhn.
Ce parasite du merlan a été vu d’abord par Kubn et décrit dans les Mémoires du Muséum (1830). Nordmann l’a étudié quelques années plus tard, mais il ne semble avoir eu à sa disposition que des individus de la collection de Rudolphi, et, par conséquent, conservés dans la liqueur. Il ne paraît pas que ce Ver ait été étudié par d’autres. Trouvant régulierement ce parasite sur les merlans de nos côtes, on ne sera pas surpris si nous ajoutons quelques détails importants sur son organisation.
Diesing, comme nous l'avons déjà dit, a fait un genre nouveau pour ce parasite; le peu de données positives que l’on possédait sur son organisation aurait dù cependant engager ce savant à attendre de nouvelles recherches. Tous les caractères des Octobothriums se retrouvent dans ces Vers jusqu'aux ventouses antérieures, la plaque à crochets, etc.
Sxnonxmie. Octostoma merlangi, Kuhn, Mém. du Muséum d’Hist. nat. ; 1830. Octobothrium? merlangi, Nordmann , Mikrog. Beiträge, I, p.98, tab. VII, fig. 1-5.
Octobothrium ? merlangi, Dujardin, Hist. nat. des Helm., p. 314. Diclidophora longicollis, Diesing, Syst. Helm., p. 417.
Longueur. — 14 à 15 millimètres.
Habitation. — Sur les branchies des merlans ({Gadus merlangus); sur
quinze merlans, J'ai trouvé au mois de décembre trois individus; en janvier, j en ai trouvé un sur six.
Suppl. aux Comptes rendus, T. I. 7
La couleur est d’un brun grisätre; Nordmann l’a représentée trop rouge, si nous en jugeons par les Vers que nous avons vus vivants.
Le nom spécifique de merlangi doit évidemment rester à cette espèce ; c'est le plus ancien.
La bouche s'ouvre tout près de l'extrémité antérieure du corps, à la face inférieure ; elle est suivie de près par le bulbe œsophagien que l’on distingue dans tous ces genres. Ce bulbe est suivi de l’œsophage, qui est assez court et qui bientôt s'ouvre dans les deux troncs du tube digestif. Chacun dé ces troncs présente des branches ramifiées qui donnent un aspect arborescent à cet appareil. Chaque tronc s'étend jusqu'à la base des pédicules qui portent les pinces. La couleur de tout l'appareil est d’un rouge de brique.
Cette description correspond avec celle que Nordmann a déjà donnée de cet appareil et que M. Rathke a reconnue exacte.
On n’a pas décrit les ventouses qui sont situées à côté de la bouche; mais, comme on en à trouvé dans d’autres espèces placées dans le même genre, on sest demandé si ces ventouses n'avaient pas échappé à l'examen. Ce doute est même exprimé par ceux qui n’ont pas observé ces Vers en nature. À côté de la bouche, on voit en effet les deux ventouses, que l’on à observées depuis longtemps dans l’Octobothrium lanceolatum, et qui sont disposées exactement comme dans cette espece.
L’Octobothrium merlangi et l'espèce que Rathke a trouvée sur l'hippoglosse ( Octoboth. digit.) sont sous ce rapport voisines l’une de l’autre.
L'orifice génital se trouve non loin de la bouche sur la ligne médiane, à la hauteur de la bifurcation du tube digestif. On voit, comme dans l’Octobothrium de l’alose, une plaque cornée, en forme de disque, qui a échappé jusqu'ici aux recherches. Elle est parfaitement arrondie et montre à sa surface quinze crochets de même grandeur et de mème forme, disposés en cercle et laissant seulement un peu d'intervalle en dessous.
Vers le milieu du corps on distingue, à travers les parois, une glande arrondie, assez volumineuse, de couleur blanche,;.et sur laquelle est couché un petit canal tortueux ; une autre glande, de forme ovale, de la même couleur, est située au devant de la premiere et la recouvre même en partie; ces organes appartiennent évidemment à l'appareil sexuel, comme nous le verrons tout à l'heure.
Le corps est terminé en arrière de chaque côté par quatre appendices, et au bout de chacun d’eux on voit un appareil corné particulier, propre à renforcer les ventouses.
Cet appareil consiste dans deux anneaux placés à côté l'un de l'autre;
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