‹ Recherches sur la faune littorale de Belgique (volume 3)Chapitre 63 sur 103 · PUS UE PSS IN · texte numérisé non relu

PUS UE PSS IN

(fouc )

le côté par lequel ils se touchent est droit, et ils se meuvent comme s'ils étaient réunis par une charnière; en se rapprochant, ces auneaux forment la pince, et le Ver peut se fixer. Ces organes ne sont donc nullement disposés comme Nordmann les a représentés ; ils sont semblables à ceux que M. Rathke à observés dans l’Octobothriun digitatum.

Le vitellogene occupe presque tout le corps. Il consiste en de nombreuses vésicules, de forme ovale, situées le long du tube digestif, depuis l’endroit de la bifurcation jusqu'à la base des huit appendices postérieurs. On les voit partout entremélés au milieu des cœcums digestifs avec lesquels on pourrait les confondre.

Les vitelloductes se réunissent à la hauteur et vers le milieu du germigene, où on les reconnait facilement dans la plupart des individus. Ce vitelloducte se dilate souvent en avant pour constituer un vitellosac qui envoie une branche au-dessous du testicule antérieur.

Le germigène consiste dans une vésicule assez grande, transparente, et que l’on distingue aisément chez tous les individus à travers l'épaisseur de la peau. Nous en avons parlé déja plus baut. On voit la portion terminale du vitelloducte, sous la forme d’un cordon noir, diviser cet organe en deux moitiés à peu près égales. Les vésicules sont plus développées du côté gauche que du côté droit, mais c’est toutefois vers le milieu qu'elles ont acquis le plus grand volume. C’est cette partie moyenne qui sert de réservoir. On voit naître en effet de sa partie antérieure le germiducte qui va à la rencontre du vitelloducte. Cette glande dépasse le volume du testicule.

Vers le milieu, surtout à la partie postérieure, cette vésicule présente un aspect différent, comme si une autre glande lui disputait la place dans cet endroit. Il n’est pas impossible que ce soit le second testicule, d'autant plus que nous croyons avoir vu un canal excréteur en avant, qui croise le vitellosac.

La glande, arrondie et blanche, située au devant du germigene, est probablement le testicule antérieur. Nous n'avons cependant pas vu les spermatozoïdes. Elle est située tantôt un peu au devant, tantôt au-dessous du germigene. C’est d'apres son aspect et la consistance de son enveloppe que nous la regardons surtout comme testicule.

Le testicule, postérieur s’il y en a un, est situé à la hauteur du germigene, et son contour sembie se confondre avec celui du germigene, quand on comprime fortement ces Vers.

OEufs. — Les œufs sont tres-volumineux et ressemblent à ceux de l'Octobothrium lanceolatum. Hs sont de forme ovale, pourvus d’une coque

Je

(52) terminée aux deux bouts par un filament assé court et massif. Il ny a

qu'un seul œuf à la fois dans l’oviducte.

Genre AXINE.

Caractères. — Deux ventouses buccales ; prolongement ptéroide unique sur la partie postérieure du corps qui est garnie d’une soixantaine de ventouses à boucles; le pore génital est entouré d’une double couronne de crochets et de deux lames cordées.

AXINE (1) BELLONES, Abildgaard.

Si ce Ver n’a été vu que par peu de naturalistes, c’est que l'Esox bellone n’est pas un Poisson tres-commun sur les marchés et que sur le Poisson même on ne le trouve pas communément.

Abildgaard l’a observé le premier vers la fin du siècle dernier ; malgré les détails incomplets qu’il en a donnés, Otto et Leuckaert soupconnérent cependant déjà que l’Æxine bellones est un Trématode ; Diesing a étudié des exemplaires recueillis par Kollar sur les branchies de Poissons conservés dans la liqueur ; Diesing avait cru devoir les partager en deux espèces, mais lui-même les a réunies dans son système helminthologique, tout en conservant le nom générique d’Heteracanthus. Enfin, M. Creplin à eu l'occasion d'étudier ce singulier Ver, mais ses observations ne s'accordent guère, dit-il, avec celles de Diesing; et nous approuvons complétement sa critique. M. Creplin a promis, en 1839, de publier ses observations, mais jusqu'ici il ne paraît pas avoir tenu parole.

Oken, de Blainville, MM. Dujardin et Moquin-Tandon ont fait mention de ce parasite, mais ils ne semblent l'avoir connu que par les recherches de leurs prédécesseurs.

Oken a rangé ce genre parmi les Lernées, confondant l’appendice ptéroide avec un tube ovifere. M. Moquin-Tandon le comprend dans sa dernière division des Hirudinées, sous le nom d’Hirudinées planériennes ; Diesing est un des premiers qui ait reconnu ses véritables affinités.

(1) Ce nom d’Axine a été donné par Kirby à un genre particulier de Coléoptères clavicornes. Latreille l’a adopté et le place entre les Priocères et les Eurypes (Cuvier, Régne animal, t. IV, p. 477). Le nom d’Abildgaard donné à ce parasite a la priorité et doit rester: Ce même nom d’Axine a été aussi donné à un bivalve fossile.

SyxonymiE. Axine bellones, Abildgaard, Skift. of raturhist. selskab., t. III, 59, tab. VI, 3a,b, 1794. ’ Heteracanthus pedatus et sagittatus, Diesing, Nov. Act. nat. cur., XVIII, 1, 310, tab. XVII, 1836.

Heteracanthus pedatus, Creplin, Encyclop. de Ersch et Grube, t. XXXII,

Heteracanthus pedatus, Dujardin, Hist. rat. Helm., p. 317. Axine bellones, Diesing, Syst. Helminth., vol. 1, p. 425; 1850.

Habitation. — Sur les branchies de l'£sox bellone. W n’est pas commun.

Description. — Le corps est long et étroit comme celui de l’Octobothrium lanceolatum de l'alose; sa couleur est aussi d’un jaune grisâtre; il est très-effilé et se termine en arrière par un appendice unique sous forme d’aile ; le bord libre de cet appendice est garni, sur toute la longueur, de ventouses en crochets ou à boucles plutôt, toutes semblables entre elles et conformées comme celles des Diplozoon paradoxum. Nous en avons compté soixante; M. Creplin dit avoir vu varier ce nombre depuis cinquante jusqu'à soixante-dix.

Le tube digestif est en tout semblable à celui de l’Octobothrium lanceol«tum, avec cette différence, toutefois, que nous n'avons pas vu de bulbe buccal. La bouche est presque terminale; il existe un court œsophage entre les deux ventouses, puis un tube unique, qui, à la hauteur du pore génital. se bifurque et se réunit de nouveau à la partie postérieure du corps.

Nous n'avons étudié de l’appareil sexuel que le pore génital ; les Vers que nous avons eus sous les yeux étaient morts. Cependant nous en avons pu voir assez, pour oser dire, sans crainte de nous tromper, que tout cet a Ppareil est conformé comme celui de l'Octobothrium lanceolatum. Le pore génital diffère toutefois notablement. Diesing ne l’a pas connu.

Nous trouvons d’abord un cercle de crochets à la base et un second cercle plus petit, formé de crochets semblables, autour de la même gaine membraneuse ; ces crochets sont au nombre de vingt-cinq à peu près dans le premier cercle à la base de la gaine, de la moitié seulement ou de douze dans le second cercle; ils sont tous d’une forme semblable, légèrement recourbés à leur extrémité libre.

A la hauteur du cercle supérieur, on voit à droite et à gauche de nombreux crochets groupés ensemble sur deux lames isolées et qui ont l'aspect d'une carde. Ces crochets sont plus gréles que les premiers et serrés comme les soies d’une brosse.

À une certaine distance du pore génital on aperçoit, d’un côté du corps

(54) seulement, un orifice auquel aboutit un condüit, dont les parois internes semblent tapissées de petites plaques en forme de dents. C’est peut-être l'appareil glandulaire qui s'ouvre à côté des organes sexuels dans les Épibdeiles et d’autres genres et dont la signification ne nous est pas connue. Nous n’avons pas encore eu l’occasion d'observer ces Vers en vie.

Les ventouses qui bordent l’appendice ailé ont la plus grande ressemblance avec celle des Diplozoons sous le rapport des boucles. Ces boucles consistent, en effet, en deux demi-cercles réunis par les bouts, avec une pièce au milieu, et un crochet de chaque côté dirigé d'avant en arriere pour pénétrer dans les chairs. Ces organes d'adhésion sont tres-petits.

Genre ONCHOCOTYLE.

Ce genre a été créé avec raison par Diesing pour le Polystoma appendiculata des auteurs, qui ne pouvait plus rester avec le Polystoma integerrima des grenouilles. Nous avons eu récemment l’occasion d'étudier une seconde espèce du même genre, confondue jusqu'à présent avec la première et vivant sur le Scimnus glacialis, si commun dans les parages du Groënland.

Les Vers de ce genre se distinguent par un corps d’une mobilité extraordinaire, une bouche sans ventouses latérales, le corps bifurqué en arriere et portant à une certaine distance du bout six fortes ventouses charnues soutenues par une lame solide.

Ils vivent sur les branchies des squales.

ONCHOCOTYLE APPENDICULATA, Kuhn. (PI. VI.)

Cette espèce a été trouvée d’abord par Kubn sur les branchies de la roussette (Scillium catulus).

Ce naturaliste ne fait que mentionner ce Ver dans sa Notice sur les Octostomes de l’alose et du maquereau. Nordmann a eu l’occasion depuis d’étudier quelques exemplaires, conservés dans la liqueur, que Kubn avait envoyés à Rudolphi. Ce parasite n'était done connu que sous le rapport de sa forme extérieure, et peu de genres de la division des Vers réclamaient plus impérieusement des observations. Tout restait à faire.

Nous avons heureusement trouvé ce parasite en abondance sur les branchies du Mustelus vulgaris, et nous en avons profité pour en donner une anatomie aussi détaillée que le temps et les circonstances l'ont permis. Ces recherches étaient faites depuis longtemps déjà, lorsque nous reçümes un Mémoire du plus haut intérét et plein de détails intéressants sur de méme Ver provenant du Mustelus vulgaris, de PAdriatique. Ce Mémoire

+ ho tèss

(6 ) est fait avec soin et dû à M. Alb. Thaer. Il contient la description et la figure des divers appareils. Nous ne croyons pas moins devoir publier le résultat de nos observations telles qu’elles se trouvaient dans notre portefeuille,

Ce Ver a été désigné par Kuhn sous le nom générique de Polystome; Nordmann, Dujardin, Blanchard ét Thaër, enfin tous ceux qui en ont fait mention, le désignent sous le même nom; mais M. Diesing, considérant, comme type de ce genre, le Polystome de la grenouille, et ce Ver offrant assez de différence, il a créé pour le Polystome en question le nom de Onchocotyle que nous conserverons. Voici la synonymie de cette espece :

Sxxonymie. Polystoma apperdiculatum, Kubhn, Mém. du Mus. d'Hist. nat., XVII, p. 362 ;

Ann. des Sc. dobservat., t. I, 1829, p. 460, PL. 11, fig. 1-3.

Polystoma apperdiculatum, Nordmann, Mikrogr. Beiträge, 1832, t. I, p. 80, PI. F, fig. 6-7.

Polystoma apperdiculatum , Dujardin , Helminthes, p. 321.

Polystoma appendiculatum, Blanchard, Ann. Sc. rat., 1847, vol. VII, p. 336.

Polystoma apperdiculatum , Alb. Thaer, Dissert. inaug. Berolini, 1851.

Onchocotyle apperdiculata, Diesing, Syst. Helminth., vol. I, p. 419.

Longueur. — Ce Ver à 9-12 millimètres de long sur 1 millimetre de large, dans son état habituel, quand il n’est ni allongé ni raccourei. Il peut s’allonger d’une maniere extraordinaire et se gonfler comme une sangsue en avant ou sur la longueur du corps.

Habitation. — W habite les branchies du Mustelus vulgaris, de la mer du Nord et de l’Adriatique (1); nous l’avons trouvé aussi sur les branchies du Galeus canis. I vit encore sur le Scillium catulus, de a Méditerranée, et sur les branchies du Læmargus borealis, de la côte de Groënland, d’après Kroyer (2). Ayant recu, par l'extrême obligeance de M. le professeur Eschricht, de Copenhague, un de ces Vers du Groënland, sans indication de l'animal sur lequel il a été recueilli, nous avons pu nous assurer que ce Ver appartient à l'espèce suivante.

La couleur de ce Ver est d’un noir sale comme certaines sangsues ; il se contracte et s’allonge avec une vivacité extraordinaire, s’arrondit ou s'étend en largeur, et peut prendre jusqu'à trois fois la longueur ordinaire. En l'ob-

(1} Nous avons déjà vu ailleurs que les Cestoïdes de ce Poisson de l’Adriatique et de nos côtes sont aussi les mêmes.

(2) M. Kroyer a probablement confondu cette espece avec la suivante.

( 56) servant en vie, il n’est personne qui ne lui ouve la plus grande ressemblance avec les sangsues.

Tout le corps est couvert de stries fines, comme on eu trouve dans les Hirudinées.

L'appendice postérieur donne au Ver, placé la tête en bas, l'aspect d'un marteau de tonnelier où le fer dépasse beaucoup plus d’un côté que de l’autre; on voit six ventouses au milieu de ce prolongement; elles sont placées sur deux rangs; leur forme est arrondie, et chacune d'elles peut s'ouvrir comme un vase ou s’arrondir comme certains fruits. La cavité augmente ou diminue par invagination comme un bonnet de nuit. Quand elle est ouverte, on voit d’un côté un prolongement ou une lèvre soutenue par une pièce cornée; ces ventouses s'ouvrent un peu obliquement en dehors. Nous en avons représenté une de profil et deux autres vues de face. La pièce cornée est recourbée comme un sabre ; elle est arrondie à un bout, crochue de l’autre. On trouve une piéce semblable dans chacun de ces organes d'attache.

Derrière les ventouses, un peu avant la bifurcation, se trouvent deux autres crochets cornés engagés dans les chairs et qui doivent servir également de moyen d’attache. Ces pièces sont fourchues du côté du corps et terminées en erochet du côté opposé. Ces crochets forment le côté libre. Elles ont la forme d’un Y, dont la queue serait recourbée au bout.

Description anatomique. — La bouche est située en avant près de l’extrémité antérieure du corps; elle s'ouvre en dessous et se dispose comme un entonnoir. Il n’y a aucun organe particulier qui l'arme ou qui l’environne : il n’y a ni crochets, ni ventouses.

Le bulbe buccal ou œsophagien est situé immédiatement derrière l'entrée ; il occupe toute la largueur du corps. En dessous du bulbe, on voit un court œsophage, tres-légérement renflé et qui se divise bientôt en deux branches qui représentent la cavité de l'estomac. Chacune d'elles s'étend dans toute la longueur du corps, et, arrivés à l’appendice postérieur, qui porte les ventouses, ces deux estomacs se réunissent, et deux prolongements, sous forme de cœcums, s'étendent en avant et en arrière à la base des ventouses.

Sur toute la longueur de la cavité digestive apparaissent des troncs anfractueux et terminés par des culs-de-sac. Ils donnent un aspect glandulaire à cet organe. Cette cavité est remplie d’une substance granuleuse, de couleur foncée, qui permet d’en suivre facilement tout le contour.

L'appareil sécréteur présente des dispositions trés-curieuses ; Kubn avait déjà vu une ouverture au bout de chacun des appendices et cru reconnaitre

1 à dd

(57) deux anus dans ces Vers. Nordmann n’en fait pas mention puisqu'il n’a pas vu ces animaux en vie; ces ouvertures existent en effet, mais au lieu d’anus elles représentent un double foramen caudale.

Dans toute la longueur du corps on distingue, de chaque côté, plusieurs canaux qui marchent les uns à côté des autres et qui présentent entre eux denombreuses anastomoses. Nous en avons compté jusqu’à quatre de chaque côté. Ils naissent en avant par de fines ramifications tout autour du bulbe œsophagien, et par de nombreuses branches qui viennent s’insérer sur leur trajet : tout le corps en est pénétré comme il le serait d’un tronc artériel ou veineux. Postérieurement, ces vaisseaux se rendent à deux grandes vésicules qui remplissent l'extrémité bifurquée de l’appendice à ventouse, et s’abouchent dans leur intérieur ; ces vaisseaux ou canaux y versent leur contenu, et celui-ci se répand au dehors par le double orifice dont nous venons de parler.

L'appareil sexuel est assez compliqué et les organes qui le composent sont difficiles à déterminer. La peau n’est pas assez mince pour suivre aisément ces appareils jusqu’à leur terminaison.

Vers le milieu du corps on distingue deux glandes arrondies, de forme ovale, dont l'une est un peu plus grande que l’autre; ces glandes donnent naissance à un canal excréteur qui se dilate non loin de son origine et dans lequel nous avons trouvé des œufs non complets. Ces glandes, que nous avions prises d’abord pour les testicules, appartiennent donc plutôt à l’appareil femelle et représentent l’une le germigène, l’autre le commencement de l’oviducte. Le vitellogène est très-volumineux et s'étend dans toute la longueur du corps comme le tube digestif dont il a du reste l'aspect; son canal excréteur nous a longtemps échappé. Les deux vitelloductes se réunissent au devant du germigene et forment une barre au milieu du corps.

Nous avons trouvé des œufs arrondis, mais sans coque, à partir du premier renflement de l'oviducte ; plus loin, dans la partie que l’on peut considérer comme la matrice, nous avons vu une vingtaine d'œufs entièrement formés et prêts à être pondus. C’est le nombre le plus élevé d'œufs que nous ayons rencontré dans ces Trématodes.

Lorifice de l'appareil sexuel n’est pas difficile à découvrir. Un peu en dessous de l'endroit où commence la bifurcation du canal digestif, on voit, à peu près sur la ligne médiane, deux ouvertures assez rapprochées l’une de l’autre, dont l'antérieure correspond à l’orifice femelle, l’autre à l'orifice mâle. Nous avons vu l'appareil femelle aboutir à la premiere ouverture.

Le testicule est conformé comme dans les Calceostoma et V Octobothrium ; il est unique et logé au milieu entre les deux tubes digestifs.

Suppl. aux Comptes rendus, T. LL. 8

Les œufs sont assez volumineux quand ils ont complets; ils sont entourés d’une enveloppe cornée, terminée aux deux bouts par un assez long filament. L'embryon est en voie de développement avant la ponte. Au milieu des jeunes œufs on distingue encore les vésicules germinatives.

Il existe à côté du tube digestif, à l'endroit où l'œsophage se bifurque, deux organes singuliers dont la nature nous est inconnue. Nous les ayons trouvés encore dans d’autres genres. Ils ont la forme d'une bouteille dont le goulot, légèrement courbé, est tourné vers la partie postérieure du corps.

ONCHOGOTYLE BOREALIS, Van Ben.

Cette espèce a été confondue avec la précédente par les divers naturalistes qui ont eu l’occasion de l’étudier. Nous-même, nous avons commis d’abord cette erreur et nous l'avons reconnue seulement en comparant les Onchocotyles d’un Scimnus, pris sur nos côtes, avec ceux du Mustelus vulgaris. Il y a, comme nous allons le voir, des différences fondamentales entre ces deux Vers.

SxNonymie. Polystoma appendiculata ; Kr. Ms.

Onchocotyle borealis, Van Ben., Bullet. de l’ Acad. de Bruxelles, t. XX ,n° 9; 1853, vol. III, p. 59.

Il est long de 25 à 30 millimètres, et large de 3 à 4 millimètres.

Nous l'avons trouvé sur les branchies du Scinnus glacialis.

Ce Ver est long, légérement déprimé, un peu plus‘large vers le milieu qu'aux extrémités, ayant une grande ressemblance avec nne sangsue. La surface du corps est régulièrement ridée ou annelée, surtout pendant la contraction. Il est d'un gris sale.

La bouche est entourée d’une grande ventouse en forme d’entonnoir dont la forme et le volume varient beaucoup à cause de la grande contractilité de la lèvre circulaire.

Le corps se termine en arrière par une languette bifurquée et six ventouses semblables pour la forme et le volume.

Chaque ventouse à son bord libre garni d’un bourrelet à tissu très-contractile, et, dans l'épaisseur des parois, un crochet demi-circulaire, terminé par un onglet, qui s'enfonce dans les chairs de l’animal sur lequel il s’attache.

La languette postérieure est terminée par des expansions foliacées.

On voit très-distinctement le système nerveux dans cette espèce, et il est

étonnant de trouver sous ce rapport dans deux espèces voisines des diffé- ‘rences aussi notables. Il se compose de deux gros ganglions, en forme de poire, rapprochés l’un de l’autre, couchés sur les parois de l'œsophage, immédiatement sous le bulbe de la bouche. Au lieu d’une queue unique de la poire, on voit de chaque côté quatre ou cinq filaments ondulés, nettement séparés des leur origine et que l’on peut poursuivre jusqu’à une certaine distance. Ces ganglions comme ces nerfs sont d’un blanc mat et se voient distinctement à travers l'épaisseur de la peau.

L'orifice de la bouche est suivi d’un bulbe buccal, et d’un œsophage qui se bifurque non loin de son origine, à la hauteur ou un peu au devant du pore génital.

Les deux tubes digestifs sont remplis de corpuscules noirs et brunâtres, et sur toute leur longueur on voit des cœcums sans anastomoses entre eux. En arrière, ces deux tubes s’anastomosent, et le tube unique qui en résulte se divise de nouveau; une branche pénètre au milieu des ventouses et s’y termine, l’autre se termine dans la languette. Le vitellogène, qui accompagne les deux tubes digestifs dans toute la longueur du corps, ne pénètre pas dans l'appendice caudal.

Les orifices des appareils mâle et femelle s'ouvrent à côté l’un de l’autre sur la ligne médiane; il n’y à aucune apparence de crochets ni au pore génital, ni au pénis.

Les œufs sont semblables à ceux de l’espèce précédente.

Comparaison des deux espèces. — 1 Onchocotyle borealis a la bouche entourée d'une ventouse largement ouverte et que l’on distingue encore aussi bien dans les individus conservés dans la liqueur que dans les vivants. L'Onchocotyle appendiculata n’a pas de ventouse à la bouche.

La partie postérieure du corps, au lieu d’avoir une languette terminée par deux mamelons arrondis, est terminée, au contraire, par des expansions foliacées tres-contractiles.

Fofin, sur cette languette, la premiere espèce porte deux crochets en forme d'y dont il n'existe pas de traces ici. Les expansions membraneuses semblent les remplacer.

Genre CALCEOSTOMA, Van Ben.

La premiere fois que nous avons trouvé ces Vers, nous n’avons pu les étudier avec tout le soin nécessaire ; le temps nous a manqué, et le lendemain du jour où nous en avions fait la découverte, les individus n'étaient plus en assez bon état; malgré l'examen superficiel auquel nous avions dû

; Col

( 60 ) nous borner, leur parenté ne nous avait Cependant pas échappé. Une seconde Sciæna aquila vivante nous a procuré trois nouveaux exemplaires en vie qui nous permettent de compléter la première description et de donner leur anatomie.

Caractères. — Ce Ver se distingue par une expansion foliacée en avant, qui n’est pas sans analogie, au premier abord, avec la partie antérieure du corps des Caryophilleus de nos Poissons d'eau douce; en arrière, le corps est terminé par un ventouse unique qui ressemble beaucoup à la ventouse postérieure des Udonelles ; appareil sexuel est conformé, si nous ne nous trompons, comme dans ces dernières.

Le bord de la ventouse postérieure est armé de pièces solides qui, au premier abord, ressemblent beaucoup à une paire de ciseaux ; ces pièces solides permettent de distinguer facilement ces Vers de tous ceux avec lesquels on pourrait les confondre au premier aspect.

CALCEOSTOMA ELEGANS, Van Ben. ( PI. VII.)

Description. — 11 vit sur les branchies du Sciæna aquila.

Le Ver est assez long, arrondi, montrant peu de consistance et n'ayant qu'un dixième de millimètre de longueur.

Il est tout blanc.

Il se divise en diverses régions : la première, en avant, consiste dans une expansion foliacée ; la seconde, c’est le corps du Ver qui est légèrement rétréci vers le milieu ; la troisième est formée de la ventouse postérieure.

La cavité buccale est située en dessous de l'expansion foliacée céphalique, et assez loin du bord antérieur.

Par cette expansion antérieure ce Ver s'éloigne considérablement de tous ceux que nous connaissons ; cette partie de la tête est d’une mobilité comparable seulement aux Bothridies des Cestoïdes. Quand le Ver est trèsvivant, on aperçoit deux prolongements foliacés régulièrement repliés en dedans et à bords légèrement frangés ; ils forment deux lobes à la base, et ils donnent à la tête la forme d’un sabot de voiture. Nous avons représenté cette partie du corps sous trois aspects différents. Il n’y a pas de ventouses ni de canaux dans cette région.

Le corps est légèrement étranglé en dessous de ce renflement, de manière qu'il existe un cou.

Si l'expansion céphalique est variable dans sa forme, la ventouse postérieure ne l’est pas moins chez le Ver vivant, et il est même plus difficile de s'en faire une bonne idée. La contractilité des parois est plus grande

(61) encore; le tissu le plus délicat, chiffonné autant que possible, ne donne que faiblement l’idée des plis que l’on observe dans toute son étendue. En somme, toutefois, ce prolongement peut être considéré comme ayant la forme d’une ventouse.

La ventouse postérieure ressemble à un bonnet de coton dont le corps du Ver formerait la floche. Cette ressemblance est surtout assez grande chez le Ver conservé dans la liqueur.

Sur le bord de cette même ventouse on voit en arrière un appareil à crochets, composé de diverses pièces solides ; la pièce principale est située sur la ligne médiane : on la dirait formée de deux pièces réunies, qui ressemblent à des lames de ciseaux un peu élargies vers le milieu et réunies à leur extrémité. En arriere, ces lames s’écartent l’une de l’autre et se terminent par deux corps irrégulièrement arrondis, qui s'engagent dans les chairs : ce sont pour ainsi dire des oreilles de ciseaux; chacune de ces oreilles présente ensuite une longue pièce en poinçon qui se dirige en arrière et en dehors, et dont la pointe libre s'engage dans les chairs des Poissons sur lesquels ces Vers vivent. Ces deux pièces sont-elles juxtaposées ou réunies entre elles ? C’est ce que nous ne saurions décider.

A l’angle formé par les deux prolongements des lames en arriere, on voit encore deux autres pièces à peu près de forme semblable et dont la pointe est dirigée en avant et en dehors.

Ces quatre pointes engagées dans les tissus fixent solidement ce parasite sur les branchies qui le nourrissent.

Appareil digestif. — Au milieu de la base de l'expansion céphalique se trouve l’orifice de la bouche. Les bords ou les levres sont très-contractiles et en modifient constamment la forme. Le plus souvent la bouche est ouverte transversalement.

Derrière l’orifice on voit le bulbe buccal, qui est assez volumineux, et dont l’intérieur est garni de cordons semblables à ceux que nous trouvons dans d’autres genres, par exemple dans l’Epibdella.

L'œsophage est très-court; les deux tubes digestifs naissent immédiatement en dessous du tube, longent à droite et à gauche le vitelloducte avec lequel ils se confondent même en partie. Comme le contenu n’a pas de couleur propre, il est même difficile de distinguer nettement les parois. On le reconnait seulement par le mouvement de son contenu. Le long de leur trajet les deux tubes présentent des sinus ou anfractuosités semblables à ce que l’on voit dans la plupart de ces genres. On les voit se terminer à la base de la ventouse postérieure.

Appareil excréteur. — On voit dans les différentes parties du corps, sauf toutefois les deux extrémités, un lacis vasculaire ou plutôt sécréteur, extraordinairement compliqué et à teinte rougeàtre; au lieu d’un vaisseau latéral principal, il existe plusieurs vaisseaux de chaque côté du Ver et qui s’anastomosent entre eux. C’est vers la partie postérieure et latérale du corps que ces canaux sont les plus distincts.

Nous n'avons pas vu de foramen caudale ni de fouets vibratiles.

Appareil sexuel. — Nous avons été assez heureux de déchiffrer complétement cet appareil et de nous assurer des rapports qui existent dans les divers organes qui le constituent.

Le testicule est unique; il est tres-volumineux et occupe tout l’espace laissé par le germigène dans la moitié postérieure du corps, depuis le vitelloducte qui forme une barre jusqu’à la base de la ventouse postérieure. Nous n'avons rien pu voir de particulier dans sa composition.

Le spermiducte naît vers le milieu du testicule; il est ordinairement rempli de spermatozoïdes ; on suit aisément son trajet. Il se rend d’arrière en avant, passe en dessous du vitelloducte, forme une anse à gauche, puis revient de nouveau à droite, longe l’oviducte et forme enfin comme un demicercle autour de la pointe du pénis, quand celui-ci est en repos. Vers son extrémité, ce spermiducte offre trois renflements distincts sur son trajet, mais quelquefois on n’en voit que deux. Ce canal, avec son contenu, à un aspect jaunâtre.

Pénis. — Le pénis est trés-distinct et facile à reconnaitre à travers les parois du corps; il est logé dans une gaine membraneuse très-délicate ; deux parties distinctes le composent : une postérieure à droite et assez forte ; une autre plus mince et légèrement recourbée. Nous n'avons vu qu'un seul orifice pour l'appareil sexuel.

A côté du pénis il existe encore une autre poche distincte du spermiducte, mais dont nous ignorons l’usage.

Vitellogéne. — Il occupe de chaque côté toute la longueur du corps, depuis la base de l'expansion céphalique jusqu'à la ventouse. Il présente l’aspect ordinaire et se compose des lobules de forme variable qui sont réunis le long d’un canal excréteur commun. Le contenu rend cet organe noir et opaque.

Les canaux excréteurs se réunissent vers le milieu du corps et versent leur produit dans un réservoir commun qui est situé en travers; ce réservoir commun est formé de plusieurs lobes de grandeur différente, réunisentre eux.

Germigène.— On voit distinctement cet organe, qui est situé vers le milieu

(65 ) du corps; il se compose de plusieurs lobes réunis qui aboutissent à un canal excréteur commun, situé à côté du réservoir du vitellus. On voit distinctement les germes dans l’intérieur, et dans chaque germe on aperçoit les deux vésicules centrales. Ces germes sont toujours transparents,

Comme dans les germes voisins, les deux canaux du vitellus et des germes aboutissent à un conduit commun qui ue laisse passer le contenu qu’à de certains intervalles.

Au bout de ce canal commun commence l’oviducte; on voit les globules vitellins s’y accumuler et former l'œuf; les parois sont tres-contractiles et donnent, par leurs contractions régulières, une forme à ce produit Toutefois uous n'avons pu voir un œuf complet; les globules vitellins ont été évacués sans être agrégés et se sont séparés après la sortie. Est-ce l'effet de la compression du Ver ? Nous avons vu une partie de l’oviducte se contracter pendant une heure entière sur le porte-objet du microscope, et battre de manière à représenter les pulsations d’un cœur. C’est l'ootype.

Genre GYRODACTYLUS, Nordmann.

Sous ce nom, M. Nordmann a désigné des Vers bien singuliers, vivant sur les branchies des Poissons fluviatiles et dont il a été difficile jusqu’à présent de se faire une bonne idée; il en a fait connaître deux espèces.

M. Diesing a conservé ce nom de Gyrodactylus pour une espece, et il à créé un genre nouveau sous le nom de Dactylogyrus pour l'autre. Le peu d'importance des caractères sur lesquels M. Diesing base l'établissement du nouveau genre fait croire que le savant helminthologiste de Vienne n’a pas vu ces Vers en nature.

M. Dujardin en a connu trois espèces et il fait sous-entendre que M. Nordmann pourrait bien avoir représenté sur ses planches plus qu'il n’en a vu.

Nous croyons avoir trouvé les deux espèces décrites par M. Nordmann; nous les conservons dans le même genre. Il y a quelque différence entre nos figures et les dessins de M. Nordmann; mais ces différences proviennent probablement de la position des organes sous l'effet de la compression. Nous avons préféré montrer les organes comme ils se sont présentés, que de corriger leur situation. Il faut bien connaître un animal pour se permettre ces rectifications.

M. Creplin a étudié ces Vers, et il suppose qu'ils pourraient bien ne pas appartenir au groupe des Trématodes; ce ne sont peut-être pas même des Helminthes, dit-il.

M. Dujardin a aussi quelques doutes sur la nature des Gyrodactyles ;

( 64 ) aussi sont-ils placés par ce savant entre les Peltogaster el les Myzostomes dans un second appendice des Trématodes. M. Dujardin a eu cependant l’occasion de les étudier en vie.

Jusqu'en 1849 on ne possédait ainsi que des notions vagues sur ces parasites microscopiques; dans le courant de cette année, M. Von Siebold à publié sur ce sujet un travail fort remarquable : il décide divers points importants, tout en laissant plusieurs questions d’un haut intérêt encore indécises. Aux yeux de M. Von Siebold, les Gyrodactyles sont des animaux incomplets dont la forme définitive est encore à chercher. Si donc la science a gagné d’un côté plusieurs faits nouveaux sous le rapport de l’organisation, d'un autre côté un nouveau doute a surgi, et la partie zoologique a fait un pas en arrière. Le titre seul de la Notice de M. Von Siebold doit faire hésiter le zoologiste (1).

Les faits acquis par les travaux de M. Von Siebold sont les suivants :

Les Gyrodactyles ont un tube digestif semblable à celui des Trématodes en général ; !

Ils ont un appareil excréteur [aquifere selon l’auteur) dont l'orifice à echappé;

M. Von Siebold a vu les fouets vibratiles dans les canaux principaux ;

La grande ventouse postérieure ne présente pas, malgré sa mobilité, un appareil musculaire semblable à celui des Polystomes ; elle porte cependant des crochets analogues.

De ces derniers faits, le savant professeur de Breslau conclut, contrairement à l’avis de M. Creplin, que les Gyrodactyles appartiennent à l'ordre des Trématodes. 1! n’y a plus de doute aujourd’hui sur cette question.

M. Von Siebold fait remarquer ensuite que les deux crochets observés par M. Nordmann sur le ventre du Gyrodactylus elegans n’appartiennent pas à ce Ver, mais sont les crochets d’un jeune Ver renfermé encore dans le sein de sa mère; c’est donc une mère vivipare, qui a engendré une fille munie déjà de longs crochets avant sa naissance! Sur ces points nos observations s'accordent complétement avec celles de M. Von Siebold, mais nous ne pouvons en dire autant de ce qui va suivre.

Von Siebold a vu, dans le sein de la fille, qui est encore portée par la mère (il est toujours question du Gyrodactylus auriculatus), une nouvelle progéniture, de manière que trois générations se succèdent de la même ma-

(1) Gyrodactylus, ein ammenartiges Wesen, Zeits. f. w. Zool., 1849.

(65) mére et se trouvent emboitées l’une dans l’autre; la mere porte sa fille, et celle-ci, avant de naître, porte déjà la petite-fille.

D'après nos recherches, il y a ici une fausse interprétation; la petite-fille est logée à côté de sa prétendue mère et non pas dans son intérieur; au lieu de sa mère, c’est sa sœur; il y a différence de taille, parce qu'il y a différence d’âge : les Gyrodactyles sont vivipares, et, comme chez les Trématodes supérieurs, les œufs se forment un à un; un embryon est à peine formé, qu'un autre commence son évolution, et la ponte s'effectue à mesure qu'ils se forment.

Les Gyrodactyles sont donc des Vers vivipares qui engendrent un seul embryon à la fois, comme les Vers du groupe des Trématodes, auquel ils appartiennent, engendrent un seul œuf à la fois, et, avant que le premier embryon soit expulsé, un autre est déjà en partie développé.

Voilà, croyons-nous, la véritable interprétation de ce phénomène ; au lieu d’un gemme, c’est un embryon sorti d’un œuf.

Il n’y a donc pas ici un phénomène de génération alternante ou de digénèse, comme le pense M. Von Siebold, mais une simple reproduction vivipare.

M. Von Siebold à assisté trois fois à la naissance du jeune; celui-ci ressemble à la mère par son aspect, par son organisation, par ses mouvements, et même ne diffère presque pas par la taille.

Partant de l’idée que les Gyrodactyles sont des Vers incomplets, que fille et petite-fille naissent ici, sous les yeux, par génération agame, M. Von Siebold à cherché à confirmer ces vues par l’étude de l'appareil sexuel; toutefois ce savant distingué pourrait bien avoir été induit en erreur : il a vu un organe qu'il prendrait pour un ovaire, si le reste de l'appareil sexuel ne manquait pas, dit-il, et qu’il regarde comme un organe propre à la formation des gemmes.

A la fin de sa Notice, ce savant fait mention d'une observation d’une haute importance, et qui aurait dû, ce nous semble, modifier sa première interprétation : il a vu deux fois, mais seulement deux fois, sur des centaines de Vers, derrière l'organe qu'il regarde comme un gemmigène, des corpuscules vermiformes, qu'il regarderait comme des spermatozoïdes, s’il les avait vus moins rarement.

Le premier organe, ou le gemmigène, est bien l'ovaire ou plutôt le germigene, et le second le testicule.

C'est un exemple curieux de l'influence qu'une idée préconçue exerce sur

Suppl. aux Comptes rendus, T. U- 9

l'esprit de l'observateur, même sur un observateur aussi habile et d’une si grande sagacité.

Ces organes se rapportent parfaitement, l'un à l'appareil femelle, et l'autre à l'appareil mâle, et les Gyrodactyles rentrent dans la catégorie des Trématodes pourvus de ventouses à crochets à la partie postérieure du corps.

Il n’a été question, pour tout ce qui concerne cette reproduction, que du Gyrodactylus elegans; cette espèce seule est vivipare. On n’a vu, jusqu'à présent, ni les embryons, ni les œufs de l’autre. Cette différence entre deux espèces du même genre ne doit pas étonner ! N'avons-nous pas le Monostoma mutabile vivipare et ses congénères ovipares?

GYRODACTYLUS AURICULATUS, Nordmann. (PI. VII.)

SxNonxmie. Gyrodactylus auriculatus, Nordmann, Mik. Beitr., p. 108, PL. X, fig. 4-6. Gyrodactylus auriculatus, Dujardin, Hist. Helm., p. 480. Dactylogyrus auriculatus, Diesing, Syst. Helm , vol. 1, p. 433. Dactylogyrus auriculatus, Von Siebold, Zeits. fur wiss. zoolog. , 1848, vol. I,

Il est long de 20 à 25 millimètres.

Il n’est pas rare sur les branchies de Cyprinus brama ; la première fois que nous l'avons aperçu, il était attaché à la grande ventouse d’un Diplozoon paradoxum .

Description. — La ventouse postérieure est armée de deux grands crochets placés dos à dos et attachés, par leur base, à une pièce médiane placée en travers.

Outre ces deux grands crochets il en existe encore douze autres beaucoup plus grêles et tout autrement disposés qu'on ne les à représentés; tous les douze occupent le bord de la ventouse, et, autant que nous avons pu voir, ils sont groupés deux par deux et sur un seul rang.

La membrane qui unit les crochets entre eux n'est pas régulièrement découpée et ressemble, par son aspect, à la ventouse des Calcéostomes.

On voit distinctement les quatre points oculaires ; les postérieurs sont un peu plus grands que les antérieurs.

Quand le Ver est étendu, la tête est armée de quatre appendices tentaculaires qui disparaissent plus ou moins pendant la contraction.

Le tube digestif ressemble à celui de tous les Trématodes; la bouche s'ouvre en dessous; un grand bulbe œsophagien, qui fait quelquefois saillie et dont les parois sont fort épaisses, s'ouvre dans un court œsophage; cet

(67 ) œsophage se divise bientôt en deux tubes digestifs ; les paroïs en sont excessivement minces et contractiles.

On voit une masse de granulations de chaque côté le long du tube digestif; nous ne savons s'ils appartiennent au vitellogène.

Sur le côté du corps, on remarque des canaux de l'appareil excréteur.

L'appareil sexuel est très-difficile à reconnaître, sauf le pénis.

Nous regardons comme germigene l'organe situé vers le milieu du corps, un peu en dessous du pénis; nous avons dit plus haut ce que nous pensons du vitellogene.

Y a-t-il un ou deux testicules ? Nous l’ignorons; mais, comme nous avons un organe bien limité et de forme ovale, situé à la base du pénis, et que nous ne pouvons rapporter à un autre appareil, nous le regardons comme le testicule.

Le pénis est un organe en apparence de nature cornée, dont il est tresdifhcile de se faire une idée, parce que, dans chaque individu, il se place d'une maniere différente.

Nous n'avons jamais vu de jeune vivant dans l’intérieur du corps; c’est l'espèce suivante qui est vivipare.

GYRODACTYLUS ELEGANS, Nordm. (PI. VII.)

SxNonywre. Gyrodactylus elegans, Nordmann, Mik. Beiträge, 1, 10€, tab. X, fég. 1-3. Gyrodactylus elegans , Creplin, Ersch et Grub. Encyclop., XXXII, p. 301. Gyrodactylus elegans, Froriep's neue Notizen, Band VII, 1838, p. 84. Gyrodactylus elegans, Dujardin, Hist. nat. Helm., p. 480.

Gyrodactylus elegans , Diesing, Syst. Helm., vol. I, p. 432.

Habitation. — Sur les branchies de Cyprinus brama.

Description. — La ventouse postérieure porte deux grands crochets comme l'espèce précédente, mais ils sont moins grands et ils sont courbés à angle droit; le bord de cet organe est armé de seize crochets plus petits que dans le Gyrodactyle auriculaire et d’une forme différente.

Il n'y à pas de points oculaires, et nous ne trouvons pas ces granulations dans l'intérieur du corps qui cachent en partie les organes dans l'espèce précédente ; cette espèce étant vivipare, si ces granules correspondent au vitellogène, comme nous le pensons, on ne doit pas s'étonner ici de leur absence.

Ce que l’on voit le mieux dans ce Ver, c’est le germigene, qui est situé au milieu du corps en arriere, et le bulbe œsophagien. Dans la plupart des individus que nous avons étudiés, la cavité du corps est en grande partie

occupée par un embryon, en voie de développement, montrant déjà ses principaux organes. M. Von Siebold à vu deux embryons d’un àäge différent dans la même mere, mais, comme nous l'avons déjà dit, ces deux derniers sont des sœurs et non pas une mère avec sa fille.

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