C. Pseudophry les
Les bothridies manquent ou sont modifiées au point qu'on les reconnait à peine; la tête du Scolex a perdu par là sa grande mobilité; quelques-uns de ces Vers sont encore pourvus de crochets, le plus grand nombre est inerme; la tête du Scolex est peu distincte et semble même manquer chez quelques-uns, ce qui fait que le Strobila n’est pas modifié en avant.
Aucun de ces Cestoides n’habite un Poisson plagiostome.
TRICUSPIDARIA NONULOSA.
Cet Helminthe est un des plus anciennement connus et un de ceux sur lesquels on a le plus écrit; son histoire, toutefois, est loin d’être complete ; on est même loin d’avoir déterminé ses véritables affinités zoologiques.
Sxvonxmie. Tenia nodulosa, Pallas, Diss. de Intest. Elench. Zooph., p. 415; Nordmann,
Mikr. Beytr., t. I, p. 00, tab. IIT, fg. 32.
Tenia tricuspidata, Bloch, Beschaft. d. Berl., N., fr. IV, p.451, tab. XP, fig.\ Fe
Tenia nodosa, Batsch, Bardw., p. 148, n° 15, fég. 76 à 70.
Rhytelminthus luch , Zeder, Nachtrag., p. 217.
Rhytis luch, Zeder, Naturg., p. 291, part. I, tab. IV, fig. 4.
Tricuspidaria nodutosa, Rud., Entoz., vol. XI, PI. XI, p. 32.
Triænophorus, Rud., Synopsis, p. 135 et 147.
Botrioc. tricuspis, Leuckaert, Zoo!. Bruschst., PI. XI, fig. 34 à 36.
Triænophorus rodulosus, Bremser, Icon. Helminth., PI. XII, fig. 4 à 16.
Tricuspidaria nodulosa, Lamarck, Anim. s. Vertéb.
Triænophorus nodulosus, de Blainv, Dict. Sc. rat., art. Vers, p. 596.
Triænophorus nodulosus, Creplin, Allg. Enc., t. XXXII, p. 295.
Triænophorus nodulosus, Dujardin, Hist. nat. Helm., p. 625.
Tricusp. nodulosa, Cuvier, Règre animal illustré, Zooph., PL XXXTIX, fol. 3.
Suppl. aux Comptes rendus, T. IL. 18
Il est très-commun dans le brochet; on ne peut guëre ouvrir un de ces Poissons sans en trouver. x
Au milieu du Ver adulte, entre la matrice et le réservoir spermatique, se trouve un organe glandulaire, étranglé vers le milieu, dans lequel on observe des corpuscules immobiles; nous pensons que c’est le germigène.
Le vitellogène est répandu dans tout le corps sous la forme de petites taches noires.
Nous avons reconnu aussi le vitelloducte; on voit par-ci par-là des corpuscules arrondis semblables à des œufs et dont nous avons longtemps méconnu la nature; ce sont les amas de vitellus dans leur canal excréteur cheminant vers le germigène ; le canal du vitellus n’est pas visible quand il est vide.
Nous avons vu les œufs se former par la réunion du germe avec le vitellus, au devant du long canal provenant de la vésicule spermatozoïdale.
Nous avons donc dans les Tricuspidaires le vitellogène avec son canal aboutissant vers le milieu du corps; le germigène, formé d’une glande unique échancrée vers le milieu, d’un réservoir d'œufs ou d’une matrice, d'une vésicule spermatique interne, d’un réservoir spermatique sous la forme d’un cordon entortillé, d’un pénis et de sa poche.
Il n’y a pas d'orifice naturel au milieu des Proglottis comme l’indiquent quelques figures ; comme dans les autres Cestoides, les parois crèvent pour laisser échapper les œufs.
Il existe aussi un point au delà duquel les œufs sont complétement formés et vont se loger dans la matrice.
Genre LIGULA.
Ce sont, parmi les Vers cestoïdes, les moins bien connus et ceux au sujet desquels il y a le plus d'idées erronées répandues.
Ils ont été observés, à commencer depuis Ruysch, par la plupart des auteurs qui se sont occupés de l'étude des Helminthes.
A l’occasion d’un fragment de Ténia qui a traversé une tumeur du basventre, Sparing écrivit, vers le milieu du siècle dernier, une Notice curieuse dans laquelle il est question des Ligules des Poissons, qui mettent au monde des petits vivants. Ce passage, reproduit par Goeze, a souvent attiré l’attention, mais sans produire d’autre effet que de l’étonnement.
Vers 1780, Bloch, en faisant connaitre ses belles et laborieuses recherches, exprime le sentiment que les Ligules des Poissons vivent aussi dans les Oiseaux. Cela résulte des lettres qu'il envoyait à Goeze. Dans son ouvrage,
couronné par l’Académie de Berlin, il n’en est cependant rien dit; c'est que Goeze n'osait se mettre en opposition avec l'opinion dominante, et il ne craignit pas d'écrire que les Vers parasites ne viennent pas du dehors, qu'ils naissent au contraire dans le corps de l'animal qui les héberge. En secret, Bloch fait des expériences : il nourrit des oies, des canards et des brochets avec des Ligules vivantes; il les ouvre et ne trouve rien; Bloch semble en éprouver de la satisfaction.
Goeze, dont le Mémoire a été couronné en même temps que le précédent, reconnait que les Ligules des Oiseaux (harles) vivent dans les intestins, tandis que celles des Poissons vivent dans le péritoine ; ces Vers ne perforent pas les intestins des Oiseaux, mais bien ceux des Poissons, dit-il, et comme il observe encore d’autres différences, surtout d'organisation, il en conclut que ce ne sont pas les mêmes parasites.
Rudolphi revient, trente ans plus tard, à l'opinion de Bloch ; ik admet par hypothèse ce passage des Ligules des Poissons aux Oiseaux, en ajoutant que ces Vers acquiérent dans les Oiseaux leurs organes sexuels. Je sais bien, dit Rudolphi, que Bremser m’accuse de soutenir une hérésie; mais pourquoi, ajoute-t-il, renoncer à une hypothèse que je regarde comme probable!
Peu de temps après, l'hypothèse de Rudolphi se confirme par les recherches de Creplin, qui trouve deux espèces de Ligules dans les plongeons. Celui qui a vu comme moi le passage de la Liqula simplicissima des Poissons en Liqula sparsa, ne peut plus douter de la réalité de ces émigrations, dit Creplin (r).
Depuis lors, la porte est largement ouverte pour les nouvelles observations helminthologiques, mais l’attention des naturalistes semble portée ailleurs.
LIGULA SIMPLICISSIMA.
Ce Ver habite la cavité abdominale de plusieurs espèces de cyprins; il n'est jamais logé dans la cavité digestive de ces Poissons.
On en trouve quelquefois de grands et de petits, les uns à côté des autres, creusant et perforant les replis du péritoine.
Les petites sont d’une simplicité d'organisation remarquable ; on ne voit aucun organe particulier, et rien n'indique de quel côté est la tête ou la queue. On ne distingue qu'une enveloppe assez mince et des globules dans tout l’intérieur.
(1) Obs. nov. de Entoz. p. 91. Ces Ligules vivent-elles accidentellement dans les Oiseaux où y vivent-elles comme dans leur véritable milieu ?