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modifications dans leurs appendices marginaux '. Il pense, comme Forbes, que cette méduse est une Lizzia ^.
La figure que M. Gegenbaur a publiée dans le grand atlas de Carus et dans son analomie comparée' complètent sa description. Nous y voyons une colonie médusipare qui ressemble en effet, sous plusieurs rapports, à notre espèce, mais que nous croyons cependant ditïérente surtout par les polypules. Il a représenté un polype agame complètement épanoui , avec une couronne de tentacules entièrement renversée, comme nous n'en avons jamais vu dans la mer du Nord. Nous n'avons pas vu non plus d'individus ayant comme celui de M. Gegenbaur un aussi grand nombre de tentacules.
M. Gegenbaur a raison de croire que cette méduse n'est pas complète en se détachant de la colonie; elle continue régulièrement son évolution, et en prenant des cirrhes et des palpes elle se présente sous un nouvel aspect. Notre confrère M. d'Udekem m'avait signalé une méduse, que je croyais nouvelle pour notre faune, mais d'après les recherches de M. Stret. Wright celte petite méduse n'est autre chose que VEudendrium ramosum des auteurs. En effet, d'après M. Stret. Wright, la méduse présente, au bout de quelque temps, tous les caractères des Bougainvillia , et, au lieu de deux cirrhes à chaque anastomose du canal gastrovasculaire avec le canal circulaire , il s'en développerait bientôt six qui ont chacun leur tache oculaire.
M. le professeur Allman a observé cette espèce in the harbour of Derryquin, on the kenmare River, county Kerry , au mois de septembre. Il l'a étudiée avec soin à ses deux phases de développement, polype et méduse, et ajoute une note dans laquelle il annonce que M. Stret. Wright a vu cette méduse se transformer en BougainviUea et qu'elle a montré ses organes sexuels.
Il y a quelques années, étant sur le point de publier ce travail, feu J. d'Udekem, notre regretté confrère, m'écrivit qu'il avait trouvé le polype de la petite méduse qui avait paru si inopinément dans son aquarium. Vous voyez
• Zur Lehrev. Generationswechsel , p. 13.
2 A Monograph ofthe British naked- eyed Meihisue, 1848, p. !ïl.
^ Vict. Carus, Icônes Zootomicue. Leipzig, 1857, et Cari Gegenbaur, Griiml Ziigc d. Vergleiclienden Analomie. Leipzig, 1839, p. 94, fig. 14.
par la figure, dit-il, que mon polype est probablement le même que celui que vous désignez sous le nom (ÏEuclendrium ramosum; M. Stret. Wright pourrait donc bien avoir raison, ajoutait-il.
Smionijinie. — Eudendrium iumosu.v , Vaii Benedcn, ftecli. sur l'cmhr. des tiibiilaires , \A. Vil. p. 98. — Strct. Wriglit, Observations on Britisli Zooplujles, Tue Edinb. new. PHiL. JOURN. July 4837, vol. VI, pi. II, fig. 8-9. Atractvlis uepeins, Slrct. Wright, Observai, on British Zoophytes, The Eoinb. NEW PHILOS. jouuNAL. Janv. ISol), pi. I, llg. 4-3.
B0UGA^NVILLEA BlUTANIVICA, ForbcS.
Médusa acilia, Dalycll.
EuDE.NDRiuM HAMosL'M , pfol'. Allmaii , Addïlioiial observalions on llie AJurpliology
of ihe reproductive organs in Ihe hydroid polypes. EuD. RAMOSUM, Johnston, Brit. Zooph., 2" éd., p. 4G, pi. V, fig. 1-3. TuBULARiA TRicuoÏDEs, Pallas , Lizzici Forbes Monogruphy of tlie naked-eyed
medusae, 1848, p. 31.
M. Hincks ^ admet aussi le genre Alractylis comme synonyme de Eudendrium ramosum. Ce genre est placé à côté des Eudendriiim nimosum Linné, Capillare Aider et Insigne Hincks.
Habitat. — On trouve les colonies sur toutes sortes de corps solides du fond de la mer qui ne viennent pas d'une très-grande profondeur. On en voit sur les coquilles abandonnées, sur des carapaces de crabes, mais plus communément sur des colonies de bryozoaires, particulièrement les halodactyles qui sont si communs.
Nous voyons avec élonnement que M. Kirchenpauer n'a jamais rencontré ce polype sur les bouées à Tenlrée de l'Elbe. Il se développe partout avec une abondance extrême le long de nos côtes. Nous croyons que, dans plus d'une circonstance , cet Eudendrium a été pris pour la Tubidaria larynx.
Description. — Les polypes agames présentent tous les caractères des Dinema : leurs tentacules occupent un seul verlicille et varient en nombre et en longueur dans leur attitude ordinaire. Nous en comptons communément de huit à douze. Les tiges qui les portent, au lieu d'être lisses et unies, sont
" A7in. ol ma. hisl., vol. VIll, p. 159, 1861.
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plus ou moins anneléesà leur origine comme dans les campanulaires, mais moins régulièrement.
La méduse, en se délachant, a huit cirrhes placés sur quatre mamelons marginaux , et à la base de chaque cirrhe se trouve un organe de sens. La bouche est entourée de quatre palpes simples, terminés en pelotes spiculifères. On aperçoit distinctement les quatre canaux gaslrovasculaires.
Celle méduse continue son développement et change complètement sa physionomie dans le cours de son évolution : chaque faisceau de tentacules , au lieu de deux, présente à la fin six cirrhes, et chaque cirrhe a son point oculaire; les palpes se ramifient de même, de manière que la bouche est entourée, à la fin, de quatre palpes restées simples à leur base, mais ramifiées en quatre à leur extrémité.
EUDENDRIUM PUDICUM.
(PI. VIII, lîg. l-"2.) '
synonymie. — Trichydra pudica, Slret. Wright, Observ. on Brit. Zouph., Edinb. new peulosoph. journal; ncw séries. Juny 1838, p. C, pi. III, fig. 1.
Nous décrivons ici un polype bien remarquable, que nous avons vu apparaître brusquement dans nos aquariums, recouvrant des Ulva ou des coquilles abandonnées, et qui a disparu tout d'un coup.
11 est d'une extrême ténuité et ses longs lenlacules, qu'il tend comme des piquants, le font aisément distinguer de tous ses congénères.
La colonie est étalée très-irrégulièrement à la surface de diverses plantes ou coquilles, et de dislance en dislance s'élèvent des polypes à des intervalles Irès-irréguliers. La communauté a sous ce rapport beaucoup de ressemblance avec les Campanularia.
Le corps du polype est d'une ténuité excessive quand il est complètement épanoui; il n'y a qu'une très-légère différence entre le corps du polype et la lige qui le porte, et la ligne de démarcation entre eux serait souvent difiicile à établir. Il est en général assez transparent et complètement incolore.
Les tentacules ne sont coinparativcmenl pas moins grêles que le corps; ils dépassent celui-ci en longueur; pendant le repos, ils se tiennent roides comme des soies. Les tentacules de droite et de gauche sont placés dans le même plan que le corps et lui donnent l'aspect d'une croix. Il n'y a (ju'un seul cercle de tentacules, mais ils alternent de manière qu'une moitié se dirige surtout en avant, l'autre au contraire en dehors ou un peu en arrière.
Le nombre de ces organes varie dans divers individus, mais ils sont en tout cas peu nombreux; nous en avons le plus communément compté cinq.
Les tentacules se contractent, non à la manière des hydres, comme on pourrait le supposer au premier abord, mais à la manière des campanulaires et des tubulaires , c'est-à-dire en se rétrécissant sans se fondre dans la masse du corps.
Comme dans ces derniers polypes, les tentacules sont pleins, contrairement à ce qui se voit chez les hydres, qui les ont régulièrement cloisonnés et armés de distance en distance de spicules meurtriers.
Le bulbe buccal s'élève encore au milieu des tentacules, et ne présente de remarquable que les spicules qui garnissent toute sa surface.
Nous n'avons rien pu distinguer dans le contenu de la cavité digestive.
Au premier aspect, on croirait ces polypes entièrement nus, mais en les examinant avec soin, on finit par découvrir autour des tiges rampantes une gaine mince et transparente, qui s'étend même en grande partie autour du corps du polype, comme on peut le voir dans notre dessin. Il y a donc un véritable polypier, mais le polype n'occupe tout au plus que la moitié de la loge quand il est complètement épanoui.
Malgré toute la patience que nous avons mise à les poursuivre, il ne nous a pas été donné de découvrir des loges à méduses ou des individus sexués. Nous ignorons donc les caractères de leur forme adulte.
•Cet animal, en tant que nous le connaissons, appartient -il à quelque genre connu? Malgré sa singulière physionomie, il doit se rapporler ou aux hydractinies ou aux eudendrium, par la disposition de ses tentacules; mais, comme la colonie est formée de tiges rampanles et irrégulières, donnant dos branches à polypes, et que ceux-ci occupent une loge en entonnoir qui les
niel plus ou moins à Tabri, c'est des eudendriuni qu'ils se rapprochent le plus.
Ces observations étaient faites depuis longtemps, quand nous avons reçu, par rexlrême obligeance de 31. Aider, une notice de M. T. Stret. Wright, d'Edimbourg, ayant pour titre : Observations on Bnlish Zoophyles , et dans laquelle nous avons trouvé la description de la Trichydra pudica que nous croyons identique avec notre tubularide.
M. Stret. Wright lui trouve une grande ressemblance avec les hydres d'eau douce. Il a compté de quatre à douze bras, selon leur âge, et formant un seul cercle. Il a connu leur polypier, mais pas plus que nous il n'a eu l'occasion d'observer la forme médusaire. Enfin M. Slret. Wright, après en avoir fait d'abord une campanulaire, a érigé ce polype en genre nouveau , à cause de la disposition de ses tentacules , et il le place sous le nom de Trichydra, dans les Corynides de Johnston.
Nos observations s'accordent fort bien avec celles de notre confrère d'Edimbourg, sauf sur le point principal, qui lui a fait ériger ce polype en genre. A notre avis, les tentacules se disposent exactement comme dans les campanulaires, les serlulaires et tant d'autres, en étalant une moitié en avant sous forme d'entonnoir et une autre moitié sous la même forme, s'adossant au précédent.
ftlais si nous n'adoptons pas le genre, il est de toute justice que le nom spécifi(|ue que iM. Stret. Wright lui a donné soit conservé, puisqu'il a publié sa notice avant nous.
J'avais depuis longtemps sous les yeux deux lubulaires peu faciles à distinguer l'une de l'autre, et qui ressemblaient beaucoup à VEudendriiim racemosiim. En les observant avec soin , nous avons vu que l'un et l'autre produisent des téléons médusaires, mais les téléons de l'un ont huit cirrhes, sont excessivement petits, tandis que les téléons de l'autre n'ont que deux cirrhes très-longs et que la taille a au moins le double.
SUR L'HISTOIRE NATURELLE DES POLYPES. 4fî>
Genre SYNCORYNA.