V. Siehold, Zeit. fïir Wiss. Zool., 1830, tab. XIV
Nous adoptons sans dillicullé le nom spécifique de Echtnalu , non pas à cause du principe que ce nom a été donné avant les autres, mais parce que
' Faami liltoralis Norvegiae, ["' Lief., pi. 1. (ig. II-IG, et pi. II, %. 3-M.
SUR L'HISTOIRE NATURELLE DES POLYPES. LirJ
les noms donnés depuis sont moins propres. Il esl impossiljle de consej'ver loHJonrs el avec justice le nom le plus ancien. Celui qui, le premier, a bien reconnu cl bien délerminé les affinités d'une espèce ou d'un genre, peut seul prétendre à voir conserver le nom qu'il lui a donné.
Hydractinia lactea.
L'bisloire du développement des hydractinies est très-instructive pour l'intelligence des animaux de cette classe.
On voit d'abord que cha(|ue colonie, comme on l'a reconnu généralemeni aujourd'hui, est mâle ou femelle, et que les individus préposés à la généralion médusipare diffèrent des autres par l'absence de bouche et l'état rudimentaire des tentacules.
Nous ferons remarquer toutefois que l'espèce méditerranéenne que Sars a nommée Fuckola, a des tentacules, mais ils sont moins nombreux, el Gegenbaur donne même une figure qui représente les deux sortes de polypules médusiparcs et neutres avec des tentacules.
La méduse est frappée d'un arrêt de développement; elle reste à l'état d'ovisac ou de spermisac comme dans les hydres, et ne montre même aucune apparence de cirrhes. C'est un atrophion complet. Nous pouvons citer cependant la Carnea de Sars, dont la femelle est complètement atrophiée, tandis que le mâle prend la forme d'une méduse complète.
Les colonies portent, les unes des individus dont la progéniture médusaire est rougeâtre el déteint sur toute la masse; ce sont les femelles. C'est le vitellus rouge des œufs qui donne cette couleur.
D'autres colonies portent des gemmes médusaires jaunes : ce sont des mâles. La masse spermalozoïdale est d'un blanc mat comme toujours; la couleur jaune provient du diverlicule stomacal qui le pénètre.
Nous avions cru d'abord que ces différences de couleur, qui se répétaient régulièrement et dans des conditions absolument identiques, que ces différences, disons-nous, étaient spécifiques.
La méduse ainsi est réduite à sa plus simple expression. Elle reste sous sa première forme embryonnaire de sac. Nonobstant, les œufs se forment dans
son inlérieur cl retendue des sacs méduses varie selon leur dimension. Dans chaque sac on trouve une demi-douzaine d'reufs.
Ces œufs sont fort intéressants. L'enveloppe externe est fort mince et délicate; en dessous on voit une masse énorme de vitelius rouge et au centre de ce vitelius loge une vésicule de Purkinje, qui en renferme très-distinctement deux autres. C'est ce que nous avions signalé, quand nous avons parlé pour la première fois de ces polypes.
Les méduses mâles ne renferment qu'une poche unique pleine de liqueur .spcrmalozoïdale.
M. Sars, dans ses recherches sur la faune littorale de la Méditerranée, signale celte espèce dans le golfe de Naples; elle affecte exactement les mêmes caraclères qu'il lui a reconnus dans le Nord '.
On voit quelquefois les actinies se scinder, et un seul animal porter en apparence deux bouches et deux couronnes de tentacules. Voici un exemple analogue : Nous avons vu un polypule neutre, au milieu de toute une colonie étendue sur la coquille d'un buccin, fendu vers le milieu du corps et divisé en deux tètes à couronne, exactement semblables l'une à l'autre.
HVDRACTINIA SOLITARIA VaU BcU.
(PI. XI, Og. 9-11 )
Ne connaissant point la phase médusoïde , nous ne pouvons chercher les caraclères génériques que dans le polype. Nous ne voulons pas créer un nom générique nouveau; quoique l'animal ne rentre complètement dans aucune coupe génériipie connue, il est voisin des hydraclinies, tout en vivant à peu près solitaire; et il ne peut se placei" convenablement dans les Eudendriwn, dont il a cependant les tentacules; il ne possède qu'un rudiment de polypier mou. Du reste, il est probable qu'entre les hydraclinies elles Eiulen- (Irium, il doit y avoir des passages insensibles. Ce n'est qu'à l'aide d'uhe forte loupe qu'on peut distinguer cet intéressant polype. Les hydraclinies ordinaires
, ' Sars, Bidrag lil Kitndskuben om Middclhavcls HlloraJ-Faiina,... iVvr Macazyn.... \o\. !J; ('tu isliimia, 184G, pag. 7)5. cl Gcgcnbaiir, Inc. rit.
s'observent à fd'il nu, et ont ini plateau hérissé de pointes qui manque ici.
VHydracliniu solilaria est d'un blanc mal. Quand le corps et les tentacules sont entièrement épanouis, ils sont l'un et l'autre d'une délicatesse extrême: à la loupe, les tentacules font l'effet de chapelets de verre, dont les grains tiennent ensemble par un fd invisible. Pour bien les représenter à un faible grossissement, il faut seulement quelques amas pointillés de distance en dislance.
Les tentacules sont placés sur un seul rang, mais ils alternent comme dans tous ces polypes. Les supérieurs forment une couronne de bras très-longs, tandis que les inférieurs constituent un cercle de bras courts. Il faut les étudier avec beaucoup de soin pour reconnaître une différence dans leur insertion.
Nous avons vu des tentacules en nombre variable et, comme on le comprend bien, puisqu'ils sont séparément contractiles, chacun d'eux a une longueur très-variable. Nous en avons vu dont le nombre de tentacules s'élevait à six, sept ou huit, d'autres à dix et onze; nous n'en avons pu compter au delà.
Au milieu de la couronne tentaculaire, le corps s'allonge en pyramide, et la bouche se montre au sommet. Cette pyramide est fort mobile et prend comme dans l'hydractinie la forme d'un pain en anneau.' La cavité digestive fait Un prolapsus et la surface interne devient en partie extérieure.
Nous n'avons pas vu d'organes sexuels; autour du corps linéaire on voit des mucosités qu'on peut considérer comme un polypier rudimentaire.
Nous l'avons trouvé sur une huître et une ascidie attachée à celle-ci.
Hydractinia tenuissima Van Ben.
Ce polype, dont nous ne connaissons également pas la forme médusoïde, vil isolé sur des huîtres et des ascidies, et se fait remarquer par la longueur extraordinaire comme par la ténuité de ses tentacules. Ils sont placés sur un seul rang. Nous en avons compté dix.
Nous avons perdu ce charmant polype pendant les chaleurs , avant d'avoir complété nos observations.
Hydkactinia inceuta Van Ben.
Sans pouvoir dire par quels caractères celte espèce se distingue de VHydractinia ienuissima, nous ne doutons point cependant qu'elle ne soit distincte. — Ceux qui éiudierontavec le soin nécessaire les phases complètes de leur évolution trouveront sans doute facilement les différences dans la forme méduse.
Nous en avons trouvé sur des huîtres, qui portaient en même temps des corynes.
CLADONEMA.
Nous avons été assez heureux de découvrir cette superbe espèce sur nos côtes et de suivre pas à pas le mode de formation des singuliers cirrhes qui garnissent le bord des ombrelles des téléons.
C'est le 12 mai 1842 que Dujardin a vu la première fois ces cladonèmes
Sl]R L'HISTOIRE NATURELLE DES POLYPES. I.ID
dans un vase d'eau de nier rapportée de Sainl-Malo, dans lequel depuis huit mois il observait des stauridies '.
iM. Krolin a retrouvé ces polypes à Messine en très-grande quantité : il a mis des mâles et des femelles en présence, il a vu des embryons ciliés sortir des œufs, et de ceux-ci il a vu naître les stauridies qui engendrent à leur tour les méduses ^.
Gegenbaur décrit la Cladonema de Sicile, et, à en juger par les cirrhes ( cin siarkeres Nesselknopfdien silzl am ende jedcs Tentaheldslehens ) , la couleur jaune de la partie inférieure du corps et par la taille qui n'est que de trois lignes, ces cladonèmes ne sont probablement pas les mêmes; les nôtres n'ont qu'un millimètre ^.
MM. Keferstein et Elilers paraissent avoir observé déjà que les cirrhes des cladonèmes sont d'abord simples et indivis , et que les ramifications ne paraissent qu'à la fin de leur développement *.
Cladonema radiatum Duj.
(Planche XU.)
Caractères. — Le polype agame a une seule rangée de tentacules inégalement développés comme dans les hydractinies. Le corps est nu et sans polypier.
Le téléon est sphérique, avec huit faisceaux de cirrhes, dont deux sont droits et terminés par une ventouse et le troisième fort long, ramifié sur son trajet, complètement noueux , et effilé aux bouts. Les organes sexuels se développent dans les parois de l'estomac; il y a cinq appendices simples, globuleux et spiculifères au bout entourant la bouche.
Stjnomjmiv. — Cladonema radiatum, Dujardin, Sur un nouveau genre de Médusaires , Ann. DES se. NAT., vol. XX, 184Ô, p. 370. — Développement des méduses et des polypes Injdraires , Ann. des se. nat., 3° sér., t. IV, novembre 184S. — Comptes rendus del'Acad. des se., t. XVI, 1843, p. 1 152, Institut, XI, 1843, p. 17t, Froriep's Notizcn, vol. 37, 1846, p. 49.
' Uujardin, Ann. se. nat., 1843, vol.X.X, p. 371.
' Krohn, IJeher die Brut des Cladonema radiatum, und dereu Erilmckelung zuni Slauridiiiin, Muli.er's Ancmv, 1833, p. 422.
■"■ Gegenbaur, Vers, ein Syst. d. Medusen, Zeits. fub Wiss. Zoolog., vol. VllI, 1856, p. 230. * Krohn, Beobacht. iiher den Buu der FAeutheria, Troschel's Archiv, 1861, p. 170.