p.e.ruosa
CAMPANULAniA GELATINOSA.
Les auleurs ne désignent évidemmenl pas la même espèce sous ce nom , el on peut dire qu'il règne une certaine confusion dans les livres.
Nous avons remonté aux sources pour débrouiller celte synonymie.
Linné adopte le nom de Gelalimsa de Pallas, et, pour ce grand observateur, (pii a visité lui-même nos côtes, la Campamilaria gelatinosa y est une espèce commune, ayant jusqu'à un demi-pied de longueur, portant de grandes branches autour de la lige, naissant la plupart au même point, les inférieures souvent les pins longues el diminuant insensiblement vers le somme! ; ce polypier forme un buisson. Les grandes branches forment presqu'un angle droit avec la tige et montrent des rameaux alternes qui sont souveni fourchus.
Il nous semble que cette description est évidemment faite d'après la grande espèce médusipare de nos côtes, et non d'après la Campamilaria dichototna des auteurs anglais.
Il peul y avoir du doute au sujet de différentes espèces; celle que nous appelons C. (/elatinosa, est-ce bien elle qui mérite ce nom?
M. Ellis a vu la Sea thrcad carolline, représentée de grandeur naturelle et grossie, pi. XXXVIII, fig. 3, produire de jeunes polypes vivants, se développer dans des vésicules et déployer dans un ordre circulaire les griffes qui parlaient de leurs têtes. Il a en vue la Campanidaire dicholome des auleurs; ces polypes, en effet, se rapprochent seulement de la forme méduse et ne se détachent pas de leur mère. Ce caractère permet aisément de distinguer cette espèce. Si M. Ellis a vu la C. cjekuinosa, ce n'est évidemmenl pas celle qu'il a représentée ici.
M. Kirchenpauer, qui a fait une étude spéciale des campanulaires (|iii recouvrent les bouées à l'entrée de l'Elbe, fait remarquer que l'espèce (|ui nous occupe affecte trois formes différentes, qu'il considère comme trois variétés : la première est celle figurée par M. Johnslon, pi, XXVI I, fig. i ; la seconde variété est celle que j'ai figurée dans mon Mémoire, pi. I, iig. 1 ; la troisième variété, rumosissima , est représentée par 1\L Ellis, pi. XXWIII, fig. 3.
Le savant sénateur de Hambourg fait remarquer en même temps que le polv|)ier de cette espèce est toujours plus foncé en couleur, quand il vient des profondeurs que quand il s'est développé près de la surface.
C'est en observant un autre animal, que la toute petite méduse, la Médusa marina, est tombée sous les yeux de Slabber '. Il avait, sans aucun doute, des campanulaires dans son bocal, et il ne s'est pas douté de l'origine de ces méduses; c'est de la même manière que je les ai vues la première fois en 1842.
Pallas cite déjà cette espèce comme abondante sur la côte, en Hollande, formant des bottes roulées ensemble et qui sont devenues inextricables. Il n'est personne qui, après avoir visité Ostende, ne se rappelle ces paquets de polypiers entremêlés comme des crins que les vagues roulent sur la plage.
Celle abondance de la Campanularia (jelaùnosa a été signalée non-seulement par Pallas en Hollande, mais également par Johnston, sur les côtes d'Ecosse. Les filets des pêcheurs, qui vont le long des côtes, en sont souvent remplis. M. Kirchenpauer l'a trouvée tout aussi abondamment à l'embouchure de l'Elbe, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des bouées.
Medlsa marina, Slabber, Xat. veriusl., \t. 70, pi. IX, (ig. 5-8. — Encyclopédie méthodique ,
pi. XCII.
Rcv. Tliom. Ilincks, On tlie reproduclion of thc campuindariades , An.n. |mag. \at. hist. ; aug.
Ellis, Corail., lab. 12, fig. u, A.
Sertlt.aria i.oxGissiMA , Zcedrued , Pallas, Eleiiih. -oopli., Ili), trailiict. de Boddaerl, not. I,
vol. l, p. 149.
L'espèce que Pallas a désignée sous le nom de Campanularia longissinia , et dont les auteurs ont fait la Campanularia dicholoma, n'est vraisemblablement qu'une Campanularia gelatinosa mutilée. M. Aider la considère toutefois comme une espèce distincte.
Celte espèce se trouve souvent sur la plage à Ostende, entremêlée d'aulres campanulaires, de sertulaires et de plumulaires qui ont roulé ensemble poussés par la marée. Ces amas de polypiers sont souvent entremêlés de débris de coquillages.
' \uluurk. Verhist., \i. 70.
CaMPANULARIA GELATINOSA.
(PI. XIV, ny. Il-li.)
Celte espèce se distingue :
1" Par la colonie à l'étal de scolex , qui atteint jusqu'à un pied de hauteur; 2° par la longueur des branches relativement au t^jnc; 3° par la grandeur, la forme et la terminaison des cloches qui n'ont pas de dentelure; 4" par le polype, dont les tentacules seuls et la trompe sortent de la cloche; 5° par le nombre de tentacules, qui est de vingt, et qui sont longs et forts; 6° enfin par le développement plus ou moins complet de la méduse dans l'intérieur de la loge.
Nous renvoyons à notre Mémoire sur les Campanulaires ', dont les deux premières planches ainsi f|ue les figures 2 et 6 de la planche II se rapportent à celte espèce.
Des méduses de cette espèce , abandonnées dans mon petit aquarium , ont donné naissance, en moins de quinze jours, à de nouvelles colonies de polypes.
Le calice ou l'hydrothèque, pour me servir de l'expression de M. Huxley, a-l-il les bords découpés ou les bords unis? Nous l'avons toujours trouvé uni chaque fois que notre attention a été fixée sur ce point. Nous savons fort bien qu'il règne une diversité d'opinions à cet égard; selon quelques-uns, les calices peuvent être tantôt découpés, tantôt unis et, dans diverses circonstances, il peut être difficile de distinguer les bords; nous croyons en tout cas devoir les considérer comme positivement unis.
M. Kirchenpauer a fait des observations fort intéressantes sur ce sujet, dans son Mémoire sur les Seetonnen de l'embouchure de l'Elbe. Et si dans une seule et même espèce on trouve des variations assez grandes dans les calices, comme dans leur pédicule , les variations dans les capsules à téléons ou à atrophions ne varient pas moins, d'après les observations de M. Kirchenpauer.
Les tentacules ne forment qu'un cercle uni(pie, mais ils sont toujours
' Académie roijulv de Bruxelles, I. XVII . 1845.
iU
placés sur une double rangée et allernent entre eux. Le polype étant complètement épanoui et en repos, les deux rangs s'étalent dans une direction
différente : les internes sont droits el forment un entonnoir, tandis que les externes, plus courts, se recourbent en deliors et dirigent leurs bouts libres en sens opposé des premiers. Cette disposition produit l'effet d'une double couronne tenlaculaire.
M. Tb. Hincks dit avoir trouvé toujours les méduses avec seize tentacules ' ; nous les trouvons, au contraire, au nombre de vingt.
Les capsules médusipares se développentelles pendant toute Tannée, ou bien exislet-il , dans ces polypes comme dans les plantes, une époque pour la floraison? A en juger par les serlulariens, la formation des capsules prolifères n'a lieu qu'au printemps, et pour quelques espèces peut-être pendant l'été.
31. Coste a eu l'occasion de mettre cette campanulaire vivante sous les yeux de l'Académie des sciences. Voici comment il s'est exprimé :
« J'ai pensé, dit le savant académicien (séance du 12 avril 1848), que l'Académie ne verrait pas sans intérêt un fait curieux, bien connu des naturalistes, mais qui prouve combien il sera facile, par des moyens artificiels, de se procurer dans les laboratoires des sujets d'étude sans être obligé d'aller les cbercber sur les bords de la mer.
» Les naturalistes savent que certaines espèces de polypiers marins , les campanularidées, par exemple, produisent des larves dont l'organisation est analogue à celle des méduses. Voici, dans un bocal, un rameau vivant de Laomedea dichotoina (Johnslon) , qui m'a été expédié de Bruxelles par
M. Scbram, secrétaire De ce rameau se délacbeni, par milliers, des
embryons médusiformes, qui nagent par bancs dans l'eau de mer où ils sont
Campanulaxia gclaliiwsa épanoui.
' Th. Ilincks, A un. Mag. Nat. Iiixl., 18"J:2, p. 8u.
SIR LHISTOIRE NATURELLE DES POLYPES. im
susptMulus. Le phénomène de la roprodiiclion , commencé en Belgicpie dans les aquariums de la Société d'horlicullurc, se poursuit à Paris dans les viviers salés du collège de France, où l'on peut en suivre toutes les phases. »
Il résulte de ce passage, qu'aux yeux de M, Coste ces petites méduses ne sont que des larves , qui ressemblent seulement aux méduses par leur organisation. C'était l'opinion que Nordmann avait exprimée et que j'avais également défendue dans mon Mémoire sur le Campanulaires de la côté d'Oslende. Si celte question de la nature de ces méduses paraît encore douteuse pour quelques naturalistes, les nouveaux faits décident définitivement ce point en litige. Les petites méduses engendrées par les campanulaires et les tubulaires sont de véritables méduses, comme les rhizostomes, les océanides, etc.; el, ce qui le prouve, c'est qu'elles ont les organes sexuels développés comme les grandes , et que les sexes sont répartis sur deux individus distincts. Ces petites campanulaires, en eft'et, sont mâles ou femelles. J'ai eu déjà plusieurs fois l'occasion de m'en assurer, el j'ai vu les organes sexuels déjà développés sur des méduses avant leur mise en liberté. J'ai pu m'assurer aussi que toutes les méduses provenant d'une colonie sont du même sexe, de manière qu'il y a des colonies mâles et des colonies femelles, comme il y a des plantes à fleurs mâles sur un pied et des fleurs femelles sur l'autre.
Aussi la séparation de polypes et de méduses ou acalèphes n'est plus possible, el, depuis 1847, nous avons proposé de fondre ces deux classes en une seule , en lui conservant le nom de polypes.
M. Coste pourra avoir dans son aquarium, quand il le voudra, des scyphyslomes ou scolex de méduses véritables , et il pourra s'assurer que ces animaux croissent et se développent comme les polypes en général.
H résulte de l'observation de Sars, <|ue le scyphystome se segmente, se désagrège, et, par une sorte de fissiparité, se divise en segments médusaires. Nos observations s'accordent parfaitement avec celles du célèbre Norwégien. Nous avons vu des polypes (scyphystomes) donner des méduses, et ces méduses se sont détachées exactement comme dans les campanulaires. Depuis, de nouveaux polypes ont paru par voie de stolons, pour engendrer de nouveaux téléons. Cette formation de stolons de polypes (homogénésie)
a lieu par l'extérieur, comme dans les hydres , tandis que la génération de méduses (hétérogénésie) a lieu par strobilation. Les tentacules du polype scyphistonie ne tombent donc pas avec le segment supérieur médusaire du slrobile, mais disparaissent par absorption.
Entre ces polypes il n'y a de diiïérence que la présence ou l'absence d'un polypier, et quelques légères nuances dans l'agrégation des individus polypes, puisque, dans les campanulaires et les tubulaires, ces individus restent agrégés pour former des colonies, tandis ipie, dans les méduses véritables, les polypes, tout en provenant de stolons, se détachent de l'individu mère pour aller vivre librement.
M. Coste paraît étonné que le phénomène de la reproduction ait commencé en Belgique dans les aquariums de la Société d'horticulture; ce phénomène de la reproduction a commencé à Ostende et a continué à Louvain, à Bruxelles et à Paris.
Campanularia dichotoma.
(PI. XV, llg. 1-4.)
Linné, si je ne me trompe, a introduit le nom dichotome, qui a été cause de bien des erreurs; c'est d'après des polypiers incomplets el sans comparaison suffisante avec les espèces entre elles, qu'il a cru pouvoir se servir de ce nom trop significatif.
Les auteurs citent comme synonymes la Serlularia longisshna de Pallas et Ia5ea tliread coralline d'Ellis; Pallas et Ellis sont probablement les premiers auteurs qui ont observé ces polypes. iMaintenanl s'il est vrai aussi que tous les auteurs rapportent à la même espèce celle dont il est question ici, les figures d'Ellis, pi. XII, n" 18 a, A, ainsi que pi. XVHI, fig. 3, cette dernière surtout, renfermant des méduses incomplètes attachées à leur pédicule, il est évident que le mot spécifique de dichotoma doit rester à Tespèce non médusipare.
Elle est figurée dans notre Mémoire sur les Campanulaires, pi. H, fig. 1 m b' , sous le nom de Camp, geniculala.
Capsules de Campanularia dichotoma.
Nous reproduisons ici iino ligure nouvelle de la capsule à méduses.
Cavolini a étudié deux espèces de campanulaires, qu'il nouime à lorl dichotoma et geniculata. Ces espèces de la côte de Naples sont probablement différentes des noires.
Quoiqu'il traite de chimérique ce que Ellis dit de l'ovaire, il représente cet organe dans sa seconde espèce, flg. 3, pi. VIII, pourvu de jeunes médusiformes. Les tentacules sont rudimenlaires et seulement indiqués, c'est pourquoi il n'a pas aperçu la mobilité des embryons.
Dans sa première espèce, les unifs étaient agglomérés dans un ovaire d'une colonie dont tous les individus avaient péri. Il n'y aurait rien d'étonnant qu'il eût eu sous les yeux tout autre chose que de jeunes campanulaires. Aussi la grande différence qui existe entre les recherches de ces deux bons observateurs disparaît complètement, et ne se trouve que dans l'interprétation des phénomènes, que chacun a donnée conformément à ses vues.
Si/nonymie. — Laomedea dichotoma, Th. Sti-et. Wright, Ediiib. new phil. .Juiunal; janvier Laomedea dichotoma, Alman, Addit. observations on tlie Morphologij of tlie reproductive Organs in tite hydroid Polypes.
Cette espèce se distingue : 1" parla colonie qui ne dépasse pas un demipied de hauteur; 2" par les nombreuses ramifications qui rendent la colonie touffue et la font ressembler, non à du crin, comme l'espèce précédente, mais à de la laine; 3" par chaque pédoncule qui est annelé à sa base et à .son sommet, élargi et un peu courbé au milieu; 4-° par les calices qui ont un quart de moins que dans l'espèce précédente, et par le bord qui est régu-
lièrement découpé; S" par le polype qui a de vingt à trente tentacules, dont les inférieurs sont les plus courts, et qui ne sort pas de sa loge; 6° par la méduse qui ne devient jamais complète, et les organes sexuels mâles et femelles qui apparaissent avant leur séparation.
Nous avons vu deux colonies. Tune mâle l'autre femelle, placées dans deux aquariums différents, projeter du bout des branches des jets semblables à des stolons, et qui donnent à la colonie un aspect chevelu. Il y a des jets du tiers de la longueur de la colonie sans aucune ramification. Là, où ses jets atteignent un corps solide, même le verre, ils s'attachent et semblent vouloir former de nouvelles colonies indépendantes de la colonie mère. C'est vers le milieu de mai que nous avons observé cette particularité. Nous ne l'avons pas vue dans une autre espèce.
Nous représentons ici une tige rampant le long des parois du bocal.
Capsule isolée.
\AlliA
Une branche qui esl ilevcnue lampaiile le loni; des parois du vase.
On trouve fréquemment dans les flaques d'eau , au milieu des brise-lames qu'on appelle kaleyen, des campanulaires sur les pierres et les coquilles qui tapissent le fond, lesquelles ont l'aspect d'une conferve et se couvrent souvent d'une quantité innombrable de diatomées : ce sont des colonies de cette espèce, qui n'atteignent pas les dimensions ordinaires de l'espèce. Ces flaques d'eau sont de précieux réservoirs pour les naturalistes qui veulent étudier ces intéressants polypes. On y trouve ordinairement des colonies de deux espèces distinctes, celle qui nous occupe et la suivante.
CaMPANULARIA GENICUr.ATA.
Celle espèce, que Ellis et Pallas avaient remarquée d'abord, nous parail parfailomenl dislincle. Nous avions cru dans le principe que les polypes décrits sous ce nom n'étaient que de jeunes campanulaircs dichotomes; nous sommes convaincu du contraire aujourd'hui.
La colonie est formée de tiges rampantes, faiblement ramifiées, desquelles s'élève, de distance en dislance, une lige en zig-zag, ordinairement d'un pouce de hauteur, qui est quelquefois bifurquée. Les clochettes sont assez courtes et larges; elles alternent régulièrement; le pédoncule qui les porte est court et se compose d'un petit nombre d'anneaux; le polype porte à peu près vingt-quatre cirrhes. Les loges médusipares sont placées à l'aisselle des pédoncules. Les méduses sont incomplètes.
La Campanulaire (jénicnlée , figurée dans \ Allas du règne animal illuslrê, pi. LXVl, fig. 2, nous semble devoir se rapporter à une autre espèce trèsvoisine.
Cette espèce a vingt-quatre tentacules. Le calice est très-large au sommet et court. La tige est forte et beaucoup plus large que celle des autres; elle est aussi plus régulièrement fléchie. On pourrait encore prendre pour caractère spécifique le repli que montre la tige.
Laomedea gemculata, Th. Strct. Wright, Observations on Biil. Zoophijlcs, Ediinb. new philos.
jouRN.; janvier, 1859, pi. II, fig. 15. Laomedea genicdlata and gelatinosa, Th. Hinks, Ann. and mug. nul. hisl.; aug. I8.'>2, ]). 85.
Cette campanulaire est commune sur nos côtes; on la trouve sur des pierres, dans des flaques d'eau, au milieu des kaleyen, à Ostende; elle est très-répandue dans la Baltique; c'est elle que MM. Lovèn ' et Schuitze ont étudiée ^.
Campanularia lacerata Johnston.
(PI. XV, fig. 0-13.)
Nous avions déjà depuis quelques années désigné cette campanulaire sous le nom de C. probosddea, mais nous ne doutons pas, depuis (|ue nous
' Wieçjman's Arcliiv, 1837.
•■' Muller's Arcliiv, 1830.
avons pu comparer quelques espèces que M. Aider a eu Tobligeance de nous envoyer, nous ne doutons pas, disons-nous, que ce ne soit Tespèce décrite par M. Hincks sous le nom de Laomedea lacerata , et avant lui par Jolinston, sous le nom de Campanularia lacerata '.
Nous ferons remarquer en passant que la figure de M. Hincks ne représente cependant guère, avec une évidence suffisante, les particularités distinctives de ce curieux polype. C'est plutôt le polypier qu'il a observé.
La tige principale, sans être vraiment rampante, n'est pas non plus érigée, et l'auteur des genres à tige droite ou grimpante serait fort embarrassé sans doute, s'il était appelé à choisir pour cette espèce les Laomedea ou les Clylhia. Ce qui caractérise surtout ce polype agame, c'est que la campanule est portée sur un pétiole très-court, formé de cinq ou six anneaux, et qu'elle se termine par une espèce de Camp, lacerata. couverclc cu cutonnoir qui protège le corps du polype.
Caractères. — Hydrier simple; campanules étroites et petites, portées sur un pédoncule très-court, formé de cinq ou six anneaux, terminées en avant
non par un bord libre , mais par une bordure qui entoure et protège le corps du polype pendant l'élal d'épanouissement. Vingt - quatre bras. Planules se formant dans les capsules et arrêt de développement du téléon. La forme particulière de la campanule s'observe à tout âge.
Synonymie.— CKUPxminRiii lacerata Jolinston, Bn'tisli Zoo-
plnjtes, 2" édition.
Laojiedea laceuata Thom. Hincks, Ann. and Miig.
hist.; aug. 1832, p. 86.
Laomedea laceuata Stret. Wright, Observations
OH Britisli Zoophytes; Edinburgli, 1859, Edinb.
NEW PHiL. Joi'RN.; janv. 18o9, pi. III.
M. Slrel. Wright a donné une jolie et intéressante campaimiana laccraïa. planclic dc ccttc bcIlc cspèce; elle représente un h\-
» A)in. and mag. ofnal. hist., 1852, p. 85.
ilriei- màie avec de» capsules à divers degrés de maturité et des capsules femelles isolées avec leurs embryons.
Cette campanulaire est évidemment distincte des deux autres : 4" Par la colonie qui n'est pas arborescente comme dans les précédentes; 2" par les pédoncules qui sont très-courts; 3° par les loges qui sont étroites, petites et terminées en avant par une longue poche; 4" par le polype, qui, bien épanoui, sort presque entièrement de la loge, ce qui Téloigne considérablement de tous les autres; 3° par les tentacules qui sont au nombre de vingt-quatre; 6° par le développement des organes sexuels dans la méduse avant la ponte.
.Nous n'avons jamais vu ses cirrhes. La méduse reste à Tétai d'ovisac.
M. Stret. W right ne leur accorde que quatorze ou seize tentacules; le corps, dit-il, s'étend le double de la largeur de la campanule, et le polype ressemble à celui de la C. syringa.
Nous avons trouvé plusieurs branches de cette espèce , tlottant librement dans l'eau au mois de mai.
La forme médusaire est sautée comme dans les précédents, et les embryons se développent avant la séparation ou avant la naissance de la mère. Nous avons vu se former plusieurs colonies de celte espèce, provenant de larves ciliées. Nous avons très-bien pu suivre tout ce développement.
Les colonies femelles montrent des loges dans lesquelles les méduses sont frappées d'arrêt de développement tout au début de leur apparition, de manière que le proglottis ne dépasse pas la forme d'un sac. Il n'y a aucun rudiment de cirrhe à apercevoir.
Après qu'elles eurent séjourné pendant quelques jours dans un aquarium, nous avons vu les larves ciliées et infusoriformes quitter leur berceau-mère el nager librement comme un infusoire , puis choisir un gite pour faire la base de la future colonie.
A mesure que les cils se flétrissent, la forme ovale et régulière change, et le jeune animal s'étale à un de ses pôles, d'abord en s'élargissant sous forme de disque, puis bientôt en se découpant en languettes qui s'attachent comme des racines au corps solide qui les porte. En même temps qu'il s'étale ainsi à l'un des pôles et élève le corps resté libre, une mince pellicule surgit à la surface, le jeune animal semble logé dans une cage vitrée, et le polypier existe.
C'est ainsi que l'aspect du polype agame est entièrement changé.
Le côté libre du corps s'élève, en même temps que les racines en languettes, qui doivent iixer la colonie, s'étendent, pour élargir la base; le sommet s'arrondit, grandit de plus en plus, et le caraclère du polype surgit presque immédiatement.
Le boulon de l'extrémité du corps augmente encore, le polypier devient plus distinct, un certain espace se montre même entre la masse charnue et l'étui, et cette nouvelle génération couvre les corps solides comme des bougies microscopiques dont le bout libre est terminé en bouton. ^
Puis une première séparation se montre : on commence à apercevoir le corps du polype et la tige qui le porte ; on distingue même déjà un commencement d'anneaux.
Le bouton se fractionne à son tour; l'extrémité s'effile, le bouton se sépare en une partie grêle et une partie arrondie qui forme le sommet, et tous les caractères du polype campanulaire se trahissent avant même l'apparition des tentacules.
Sur le bord du bouton s'élèvent maintenant des tubercules qui s'allongent, grandissent, ne sont encore qu'au nombre de douze, mais qui se multiplieront à mesure qu'ils s'étendront en longueur.
Le corps du polype s'est séparé de la tige charnue, en même temps que le bout de l'étui polypiaire a pris une forme ovale, puis s'est ensuite élargi à son sommet pour devenir une clochette qui a valu à tout le groupe le nom de campanulaire.
Voilà la mère agame de la communauté.
Campanclaria vERMicuLAKis Vau Bcu.
Cetle espèce ressemble assez à la C. yeniculata , mais elle est en tout plus robuste, le calice est plus large, les anneaux pins nombreux et ses tiges rampantes et serrées sur les feuilles de Fucus vesiculosus, ne sont pas sans ressemblance avec un amas de vers qui auraient envahi la feuille. Le polype agame porte de quarante à quarante-quatre tentacules.
Nous en avons eu en vie pendant trois semaines. A leur arrivée, aucune lige ne portait un animal vivant.