‹ Recherches sur la faune malacologique de l'Afrique équatorialeChapitre 13 sur 24 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La faune malacologique africaine dans ses rapports avec le reste du monde.

Lorsque l’on compare la faune malacologique de l’Afrique, équatoriale avec celle du reste du monde, on est de suite frappé des affinités qu’elle présente, d’une part avec la faune de l’Inde et des régions voisines, d’autre part et surtout avec la faune de l’Amérique tropicale. Je vais essayer, dans ce chapitre, de préciser ces affinités et de montrer les conclusions qu’on est en droit d’en déduire.

A. — Rapports entre les faunes malacologiques de l’Afrique et de l’Inde. — Les rapports entre les faunes de l’Afrique, de Madagascar, des îles Mascareignes et de l’Inde ont déjà fait l’objet d’un grand nombre de travaux parmi lequels je me contenterai de citer ceux de Blanford [1876, 1890] ; de Blyth [1875] sur les Mammifères et les Oiseaux; de Elwes [1873], Pelzeln [1875], Stoliczka [1870 ], Hartlaub [1877a, 1877&] sur les Oiseaux ; de Pellegrin [1903 ] sur les Poissons ; de Beddard [1895] sur les Lombriciens ; de Stoliczka [1869 ] sur les Arachnides ; etc. D’une manière générale, en ce qui concerne les Mollusques terrestres et fluviatiles, la faune de l’Inde présente des affinités plus grandes, d’une part avec la faune des Iles Mascareignes qu’avec celle de Madagascar, d’autre part avec la faune de Madagascar qu’avec celle de l’Afrique, Ce fait important qui a été constaté non seulement chez les Mollusques, mais encore chez les Vers [Beddard, 1895, p. 180-181 ] et surtout chez les Oiseaux [Hart-

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laub, 1877, 1877a] (1), a été mis en lumière par Blanford [1890, p. 92-93].

En ce qui concerne les Mollusques, il faut tout d’abord signaler la présence, dans la région orientale d’Afrique — et principalement dans la zone côtière — d’une importante série de Pulmonés ojDerculés appartenant aux genres Cyclostoma , Rochebrunia (2), Otopoma, Georgia (3), Cyclophorus (4), dont les équivalents se retrouvent à Madagascar, aux Comores, aux Seychelles, aux Mascareignes et dans l’Inde (5).

En dehors de ces Operculés terrestres, l’Inde et l’Afrique tropicale nourrissent des séries de Streptaxidœ, dCEnnœidæ et de Stenogyrinœ parallèles. Dans cette dernière sous-famille notamment, le genre indien Bacillum (type : Bacillum cassiacum Benson] est extrêmement voisin du genre africain Homorus [type : Homorus cyinostoma Ruppell ] dont il ne se distingue que par la sculpture plus accentuée de son test ; les Curvella , les Opeas se retrouvent dans les deux régions et quelques Subulines sont communes aux deux faunes. Parmi les Helixirionidce, on peut citer les Sitala, les Zingis et les Kalielia, représentés, en Afrique et dans l’Inde, par des espèces comparables. Enfin la faune fluviatile présente également des affinités : si quelques

(1) Pour Hartlaub [1877 a, p. 334], les Oiseaux de Madagascar et des îles Mascareignes ont seuls des affinités très étroites avec ceux de la péninsule indienne.

(2) Genre créé par Bourguignat [1889, p. 145] aux dépens des Cyclostoma.

(3) Genre créé par Bourguignat [1889, p. 143] aux dépens des Otopoma.

(4) Parmi ces operculés, on peut citer : Cyclostoma anceps Dnnker, Cycl. Crepliai Bunker, Cycl. insu lare Pfeiffer, Cycl. lineatum Pfeiffer, Cycl. ealcareum Sowerby, etc...; Rochebrunia guillainopsis Bourguignat, Roch. zanguebaricensis Petit, etc... ; Otopoma obtusa Pfeiffer, etc... ; Georgia Guillaini Petit, Geor. Perrieri Bourguignat, Georg. naticdpsis, Bourguignat, etc... ; Cyclophorus intermedius Martens, Cycl. Volkensi Martens, Cycl. papillaris Martens, Cycl. Wahlbergi Jvrauss, etc...

(5) Tels sont notamment, à Madagascar : Cyclostoma Deshayesi Petit, Cycl. lineatum Pfeiffer, Cycl. eampanulatum Pfeiffer, etc. ; Otopoma Coquandi Petit, Ot. multilineatum Jay, etc. ; Cyclophorus alternons Pfeiffer ; Cycloph. œqaivocus Pfeiffer, etc... ; — aux Iles Comores : Cyclostoma deliciosum Férussac, Cycl. Uildebrandti Martens, Cycl. Sowerbyi Pfeiffer, etc... ; Otopoma comoriensis Pfeiffer, Otop. multilineatum Jay, etc., — aux Seychelles: Cyclostoma pulchrum Wood. Cyathopoma Blanfordi H. Adams, Leptopoma seychellcnsis Pfeiffer, etc...; à l’île Socotora : Otopoina Balfouri Godwin-Austen, Otop. naticoides Recluz, Cyclotopsis ornatus Godwin-Austen ; etc. ; — aux îles Mascareignes : Cyclostoma fimbiiatum Lamarck, Cacl. mauritianum, H. A.lams, Cycl. scabrum H. A larns, etc...; Cyclotopsis conoidea Pfeiffer, etc... ; — enfin dans l'Inde : Cyclophorus aurora Benson, Cycl. tryblium Benson, Cycl. ravidus Benson, etc...; Leptopoma apicatum Benson, Lept. semiclausum Pfeiffer, etc., etc.

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Limnées de l’est africain (Limnœi Gravieri Bourguignat, Limn. D baizei Bourguignat) rappellent le Limnœa acuminata Lamarck, de l’Inde, le fait de beaucoup le plus intéressant est la présence simultanée, dans les deux régions, de la famille des Ætheridœ (1). Il est impossible de ne pas rappeler ici, à titre de comparaison, que les Poissons de la famille des Cxclilidœ habitent également les cours d’eau de l’Inde et ceux de l’Afrique tropicale,

La faune de Madagascar présente, avec celle de l’Inde, des rapports encore plus étroits. En dehors des rapprochements que je viens d’établir avec la faune africaine et qui se retrouvent ici, l’ensemble des Helicidœ de Madagascar rappelle ceux de l’Inde : VHélix ( KalieUa) barrai:porensis Pfeiffer et VH. (Kal) signrensis Godwin-Austen, habitent à la fois Madagascar, l’Inde et Ceylan ; les Helicophanta et Ampelita de la grande île africaine sont voisins des Acavus de Ceylan, etc. Parmi les Mollusques fluviatiles, les Mélaniens sont d’un type très répandu dans la Malaisie et les espèces spéciales à Madagascar ont leurs formes les plus voisines dans l’Inde et à Ceylan. Les Planorbis crassilabris Morelet, et PI trivialis Morelet, sont des formes asiatiques voisines du Planorbis orientalis Olivier, de l’Inde (2).

Enfin, la faune des îles Mascareignes, surtout caractérisée par l’abondance des Ennœidœ et des Operculés terrestres de type indien offre, pour ces derniers Mollusques, des analogies tout à fait saisissantes. Je ne ferai que citer le genre Cyclotopsis qui ne vit que dans l’Inde ( Gyclotopsis semistriata Sowerby ], à l’île Maurice {Cyclotopsis conoidea Pfeiffer ], aux Comores [i Gyclotopsis filicum Morelet, Cycl. Nevillei Morelet], aux îles Seychelles [Cyclotopsis conoidea Pfeiffer] et à Socotora [ Cyclotopsis ornatus Godwin-Austen]; et le genre Omphalotropis qui, bien représenté à la Réunion (3), très développé à l’île

(1) Genre Mtheria dans l’Afrique tropicale, genre Mulleriu dans l’Inde péninsulaire.

(2) Les poissons montrent des faits analogues : le genre Paretroplopus, de la famille des Cichlidæ, est intermédiaire entre les Hemichromis de l’Afrique et les Etrop.us de l’Inde.

13) Omphclotropis Moreleti Deshayes, Omph. Rangi Potiez et ilichaud.

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Maurice (1), se retrouve sous la forme des Realia , aux îles Andanam et Nicobar, et sous celle des Atropis , Scalinella et Cyclomorpha , jusque dans les îles polynésiennes (2).

B. Rapports entre les faunes malacologiques de l’Afrique ÉQUATORIALE ET DE i/AmÉRIQUE TROPICALE. — Ull grand nombre de naturalistes ont déjà montré les étroites affinités qui rapprochent ces deux faunes. Je ne ferai que rappeler les travaux de Lydekker [1896 ] sur les Mammifères ; de Pfeffer [1905 ] sur les Reptiles et les Batraciens ; de Pellegrin [1903 ] et Pfeffer [1905] sur les Poissons, d’ÛRTMANN [1902] sur les Décapodes d’eau douce, etc. ; ceux de Hooker [1845 ] et de Engler [1905 ] sur la flore ; enfin les mémoires d’AMEghino [1903, 1906, etc. ] sur les mammifères fossiles. Les résultats auxquels sont parvenus ces différents auteurs ne sont pas toujours concordants ; ils soulignent néanmoins suffisamment les rapports qui unissent les deux faunes, rapports que je vais préciser pour la classe des Mollusques. Une distinction fondamentale est ici nécessaire : l’Amérique du Sud actuelle est la réunion de deux aires continentales originairement différentes, habitées primitivement par des faunes très dissemblables : l’une, à laquelle von Ihering [1891, 1892, 1893, 1900, 1907 ] a donné le nom d ’Archiplata, comprenait le Chili, le sud du Brésil, la République Argentine et la Patagonie ; l’autre appelée Archamazonia , également par von Ihering [mêmes références ] était formée du Vénézuela, des Guyanes et de la plus grande partie du Brésil actuel. Von Ihering [1900, p. 858] avait tout d’abord admis que les échanges de faunes entre ces deux régions ne remontaient pas au delà du tertiaire moyen ou même du pliocène. Il est revenu dernièrement sur cette hypothèse et pense maintenant (Ihering, 1907a, chap. XV-XVI] qu’au tertiaire l’Archamazonia et

(1) Omphalotropis pi et unit a H. Adams, Omph . globosa Benson, Omph. major Morelet, Omph. rubens Quov et Gaimard, Omph. variegata Morelet, etc...

(2) Les Realia Gray 1840, Atropis Pease 1871, Scalinella Pease 1867, et Cyclomorphi . Pease 1871, sont des soits-genres d 'Omphalotropis L. Pfeiffer 1851.

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PArchiplata faisaient partie d'un même continent et que, par suite, les migrations de la seconde de ces régions vers la première ont été antétertiaires. Quant à la faune primitive de PArchiplata, ses relations s’établissent nettement avec celle de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande (1), ainsi que de nombreux auteurs Pont montré (2). Dans les comparaisons que j"établirai par la suite, il ne sera donc question que de l’ancien Archamazonia , c’est-à-dire de la vaste région arrosée par l’Orénoque et par l’Amazone et ses affluents (3).

a) Faune fluvio-lacustre. — Les grands cours d’eau de l’Amérique et de l’Afrique nourrissent des séries d’espèces absolument comparables. En ce qui concerne les Pulmonés fluviatiles, les deux provinces sont remarquables par Y abondance des individus unie à la rareté relative des espèces. J’ai déjà insisté sur ce point à propos des Limnées et Planorbes d’Afrique (4). Au Brésil, nous trouvons une série de Planorbes appartenant au groupe du Planorbis olivaceus Spix, dont les espèces, toutes voisines les unes des autres [Planorbis bahiensis Dunker, PL Beeki Dunker, PL ferrugineus d’Orbigny, etc. ] ne sont que des modifications locales dérivées d’un même type ancestral. La série homologue est représentée, dans l’Afrique tropicale, par le groupe du Planorbis sudanicus von Martens : Planorbis Boissyi Potiez et Michaud, PL tetragonostoma Germain, PL tanganyikanus Bourguignat, PL Bozasi de Rochebrune et Germain, PL Ruppelli Dunker, PL Herbini Bourguignat,

(1) On en a conclu à l'existence d’un grand continent antarctique qui, au Crétacé et à l'Eocène, unissait l’Archiplata, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Je ne fais qu’indiquer ces connections qui ne sont pas acceptées par tous les géologue?, mais je ferai remarquer que les genres de Mollusques tout à fait caractéristiques de VArchiphita, comme les Strophocheihis et les Diplodon , existaient déjà au Crétacé supérieur, ainsi qu’en témoignent les dépôts de l’Argentine [Ameghisc* 1903, p. 35, 1906, p. 93; von Iherixg, 1907, p. 463].

(2) On trouvera le résumé et la bibliographie principale du sujet dans le travail d‘H El» LE Y [ 1895. p. 208] et la Zoogeography de BEDDARD [1895, p. 60 et siiiv.].

(3) Les deux bassins de l’Orénoque et de l’Amazone ne sont pas nettement séparés. Suivant les saisons, quelques affluents coulent soit vers le premier, soit vers le second de ces fleuves ; tel est le cas, par exemple, du Rio Guianla dont une branche, le Casiquiare,unit directement l’Ortnoqne avec le Rio Xcgro, affluent de l’Amazone. Ces conditions sont absolument identiques à celles que j'ai indiquées (2 e partie,chap. II) à propos des grands fleuves de l’Afrique équqtorjale,

(4) Chapitre IV, p 107,

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ete. (l).Dans les deux cas, nous observons le même aspect général de la coquille, le même mode d’enroulement de la spire en dessus, les mêmes caractères de l’ombilie en dessous, les espèces de la série africaine restant, toutefois, constamment de taille plus faible que celles de la série américaine.

Le docteur E. von M a R te x s a déjà fait remarquer [1897. p. 149] les caractères morphologiques qui rapprochent le Planorbis anchcolus d’Orbigny, de l’Amérique du Sud, de la petite espèce du lae Oukéréwé qu’il a décrite sous le nom de Planorbis choanomphalus (2). Ici encore les-deux coquilles ont le même mode d’enroulement des tours de spire et une disposition absolument comparable des carènes qui ornent le dernier tour. J’ajouterai que les mêmes analogies se retrouvent, bien qu'à un degré moins prononcé, entre le Planorbis andecolus et les esj^èces africaines de la série du Planorbis Brhlouxi Bourguignat (3).

Les fleuves des deux provinces nourrissent de nombreux Ampullariidœ. Aux grandes espèces de l’Amérique du Sud, appartenant au groupe de V Ampullaria gigas Spix (4), correspondent les esjnèces africaines de la série de l 'Ampullaria speciosa Philippi (5). Iei encore, la taille des individus reste constamment plus petite chez les espèces africaines. J’ai cependant décrit, sous le nom d 'Ampullaria Chevalieri Germain [1907, p. 52G, fîg. 89], une coquille dont la taille se rapproche davantage des grandes Ampullaires brésiliennes. U Ampullaria Chevalieri est, en outre, intéressante par les caractères très particuliers de son ouverture qui rappellent ceux de l 'Ampullaria clolium Philippi, de la Guyane.

(1) Comme dans la série du Planorbis olivaeeus Spix, les espèces sont ici très affines. J’ai indiqué leur filiation probable dans une note antérieure [Germain, 1904, p. 349].

(2) Cette espèce a été retrouvée depuis dans le lac Tanganyika par le voyageur français Ed. Foi [Germain, 1908, p. 637j.

(3) Cette dernière espèce est particulièrement répandue dans le lac Tchad où elle est parfaite* ment caractérisée et où elle atteint sa taille maximum,

(4) Ampullaria gigas Spix; Amp. urceus Müller, Ampull. insitlnram d’Orbiguy; Ampull. zonata Wagner, Ampull. eximia Dunker, Ampull. guyanensis Lamarck, etc...

(5) Ampullaria speeiosx Philippi, Ampull. kordofana Parreyss ; Ampull. ovata Olivier, Ampull. grailata Smith; Ampull. Chevalieri Germaiu, etc...

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Les Lanistes (1) sont des Ampullaires sénestres dont la distribution est rigoureusement limitée à l’Afrique tropicale (2). On les retrouve au Brésil sous la forme moins évoluée des espèces du genre Ccmtodes (3). [Exemple : Ceratodes corme arietis Linné ].

La famille des J lutelidœ imprime, dans les deux régions, un cachet particulier à la faune des Pélécypodes. Il existe, de chaque côté de l’Atlantique, des genres homologues, dont les espèces constituent des séries parallèles. Tel est le cas du genre Mycetopoda (4) représentant, dans les fleuves du Brésil, les Mutela et Mutelina d’Afrique. Quelques exemples particuliers feront ressortir ces analogies. Le Mycetopoda siliquosa Spix,et le Mutela nilotica Sowerby, ont le même aspect général ovalaire-allongé, nettement cunéiforme, la même position très antérieure des sommets (5), la même charnière édentulée (6) et, enfin, chacun une crête dorsale également saillante qui, partant des sommets, se dirige vers le rostre en suivant une direction identique dans les deux cas. Bien mieux, le polymorphisme de ces espèces est comparable : le plus ou moins de divergence des bords supérieur et inférieur donne à la coquille une allure plus ou moins cunéiforme aboutissant, en Amérique au Mycetopoda Staudingeri von Ihering, en Afrique aux Mutela angustata Sowerby, et Mutela Chevalieri Germain.

(1) Le nom de Meladomus Swainson 1840, doit être rejeté, celui de Lanistes Deuys cle Montfort 1810, ayant incontestablement la priorité.

(2) Le Lanistis Grasseti Morelet, de Madagascar, est une espèce d’introduction récente (voir cliap. VI, p. 162).

(3) Les Cératodes sont, en effet, des Ampullaires complètement aplaties, à spire planorbique. Si la spire s’enfonce davantage, elle reparaît du côté opposé où était primitivement l’ombilic, et la coquille est devenue un Lanistes. Lang [1898, p. 178, fig. 140] a figuré, en partant des Ampullaires vraies,une série d'espèces indiquant très nettement cette transformation; mais il n’indique aucun intermédiaire entre les Ceratodes brésiliens et le Lanistes Boltenianus Chemnitz, de la vallée du Xil. Il est facile de combler cette lacune ; certaines variétés du Lanistes libyeus Morelet, mais surtout le Lanistes Foai Germain, présentant une spire sénestre tout à fait aplatie.

(4) Je reprends le nom de Mycetopoda tout d’abord proposé par d’Orbigny lui-même en 1835. Ce n’est qu'en 1847 que cet auteur adopta le vocable de Mycetopus.

(5) Les sommets deviennent submédians dans le Mycetopoda soleniformis d’Orbigny.

(6) Simpson [1900, p. 933] fait remarquer qu’il existe, dans quelques exemplaires de Mycc fopoda des traces de denticulations à la charnière. Ce fait est particulièrement intéressant, car il constitue un point de contact de plus entre les Mycetopoda et les Mutela.

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Il serait facile de multiplier les exemples en comparant les Mycetopoda pygmœa Huppé et Myc.W eddelii Huppé, au Mutelina rostrata Rang ; le M ycetopoda longina Spix ( l),au Mutelina Joubini Germain, etc. (2).

Le genre Spatha (3),si magnifiquement développé dans l'Afrique tropicale est, dans l’Amérique du Sud, représenté par les genres Glabaris et Leila longtemps classés dans les Unio— nidœ mais qui sont, ainsi que Fa montré von Ihering [1893, p. 52,et suiv. ] de véritables Mutelidæ par leurs caractères anatomiques et leur mode de développement. La morphologie confirme l’exactitude de ce rapprochement. Les Glabaris , avec leur coquille solide, épaisse, pesante, d’une coloration sombre, ordinairement marron ou noire, leurs valves souvent excoriées près des sommets, intérieurement garnies d’une nacre très irisée, rappellent absolument les Leptos[Kitha et les Sjxitha du groupe du Sp. Chaiziana Rang. C’est ainsi que l’on peut rapprocher les Spatha (Leptospaiku) dahomeyensis Lea, Sp. (Lept.) Bourguignati Ancey, Sp. (LepL) Stuhlmanni Martens, Sp. (Lept.) cryptoradicita Putzeys, Sp. (Lept.) Droueti Chaper, etc., des Glabaris solenefonnis d’Orbigny, Gl. napoensis Lea (4), Gl. Holtonis Lea, GL amazonensis Lea, Gl. elongatus Swainson, etc. Mais, à côté de ces Glabaris de taille relativement petite et de forme allongée, il en est d’autres, comme ceux appartenant au groupe du Glabaris trapezialis Lamarek (5) qui, par leur coquille de grande taille et de forme elliptico-ovalaire très haute, passent directement aux espèces du genre Leila qui remplacent au Brésil les Spatha africains de forte taille (Spatha rubens

(1) C’est le M ycetopoda subsinuata rie Sowerby.

(2) J’ai déjà indiqué [Germain, 1907, p. 573] les caractères qui rapprochaient cette espèce du Mutelina plicuta , espèce décrite par Sowerby comme appartenant au genre Mycetopoda. J'ajouterai qu’entre Mycetopoda lonyina Spix, et Mutelina Joubini Germain, il y a presque similitude de taille : la première de ces espèces atteint, en effet, 120 millimètres de longueur et la seconde 117 millimètres.

(3) En y eomprenaut les Leptospatka et Aspatharia qui ne sont que des sous-genres de Spatha (voir ehap. II, p, 50).

(4) Au point de vue des caractères de la coquille, le Glabaris napoensis Lea, rappelle tout à fait le Spatha (Leptospatha) Droueti Chaper.

(5) Notamment les Glabaris ex oticus Lamarek, Gl, script us Sowerby, GU rioplatensis Sowerby, etc., etc.

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Cailliaud,et espèces voisines). Il est ainsi facile d'observer, en partant du Glabciris soleneformis par exemple, une chaîne continue d’espèces aboutissant aux grandes formes comme les Leila Blainvillei Lea, Leila esula d’Orbigny, etc., chaîne constituant une série absolument comparable à celle des Spatha dont j’ai étudié l’évolution au chapitre II.

Sous le nom cVUnio ( Metaptera) Johnstoni , Smith [1893, p. 640, pl. lix, fig. 18-20) a fait connaître une espèce iVUnionidœ du lac Mweru (Afrique équatoriale) pour laquelle Simpson [1900, p. 860] a créé, avec raison, le genre Pseudavicula. Si l’on compare cette coquille aux Unionulœ sud-américains du genre Prisodon (1), on sera frappé des analogies évidentes que l’espèce de Smith présente avec le Prisodon obliquas Schumacher (2). Mieux qu’une longue description, l’examen des figures 57 et 58 justifie le rapprochement que je propose; aussi me bornerai-je à faire remarquer que, là encore, l’espèce d'Afrique est de taille beaucoup plus faible que ses congénères d’Amérique (3) (4).

La figure 54 donne la distribution géographique des Ætheri dœ ; elle montre que cette famille a son maximum d’épanouis-

FlG. 37. Psetulavicula Johnstoni Smith. Lac Mweru. Grandeur naturelle. (D’après Smith.)

(1) Comme les Prisodon syrmatophorus Menschen, Pr, complanatus Huppé, Pr. alutus Sowerby

etc., etc. ^

(2) C’est YUnio caudatus de Wagner, le Diplodon furcatus de Spix, le Triquctm elongata, des frères Adams, YHyria elongata de Swainson, Yllyria obliqua de Paétel, YHyria avicularis de Lauiarck et d’un grand nombre d’auteurs [Delessert, Hanley, Oatlow, Reeve, Sowerby, Trosehel, etc., etc.].

(3) Le Pseudavicula Johnstoni Smith, a 33 millimètres de longueur ; un exemplaire normal de Prisodon obliquus Schumacher, atteint facilement 140 millimètres.

(4) Il serait facile de multiplier les exemples. C’est ainsi que Dautzenberg [1890, p. 572, Pl. I, fig. 7-10 ; 1901, p. 6, Pl. I, fig. 3-4] a décrit deux espèees du Congo, Unio stagnorum et Vuio Briarti qui sont de véritables Diplodon très voisins des Diplodon ( Cyclomya) gratusLea, Dipl. ( Cycl .) patelloides Lea, Dipl. (Cycl.) Fontainei d’Orbigny, etc... de l’Amérique du Sud. Simpson a créé [1900, p. 894] le nouveau sous*genre Lœvirostris pour l’ünio stagnorum; YUnio Briarti appartient évidemment au même groupe dans lequel je fais également entrer quelques

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sement dans l’Afrique tropicale où le genre Ætlieria est exclusivement cantonné, et qu’elle est représentée dans l’Amérique équinoxiale, par le genre Ba tlettia et par une section du genre Mulleria à laquelle Anthony [1907, p. 407] a donné le nom d’Eumulleria (1).

J’indiquerai enfin la remarquable concordance générale qui existe entre la faune du bassin du Congo d’une part, et celle du

bassin de l’Amazone d’autre part. Ces deux réseaux fluviaux, que l’on doit considérer comme homologues (2), nourrissent des séries malacologiques parallèles et sont tous deux caracté-

espèces inédites recueillies par >1. Roubaud dans le Stanlcy-Pool. Je décrirai ces espèces dans un travail ultérieur.''

(1) Une seule espèce est décrite : le Mulleria üivolii Deshayes ; son anatomie est entièrement inconnue; mais il est certain qu’il s’agit d’un Ætheridœ, car l’autre Mulleria connu, le Mulleria Dalyi Smith, de l’Inde, possède, ainsi que l’a montré Woodward [1898, p. 87], la même organisation que les Ætheries.

(2) J’ai déjà indiqué (p. 123, note 3) que les deux bassins présentaient des connexions avec les fleuves voisins. J’ajouterai que le réseau de l’Amazone est absolument symétrique de celui du Congo. Les principaux affluents de l’Amazone, ceux qni roulent le plus fort volume d’eau, coulent de l’ouest à l’est et sont situés au sud du fictive , comme dans le bassin du Congo; au contraire, les connexions avec les fleuves voisins ont lieu par les affluents situés au nord. [Avec l’Orénoque pour l’Ainazone, avec le Chari pour le Congo], Enfin le Parana est, au sud du système de l’Amazone, l’homologue du Zambèse au sud du réseau du Congo.

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risés par l’abondance des Ampullariidœ et des Melomiidæ parmi les Prosobranches, par celle des Mutelidœ parmi les Pélécypodes. Le tableau suivant indique ces affinités.

Bassin du Congo

Planorbis Physa Physopsis Melania (1)

Ampullaria

Lanistes

Cleopatra

Mutela

Mutelina

Spatka s.st.

Spatha (Leptospatha)

Pliodon

Unio

Diplodon [Lævirostis Simps.]

Pseudavicula

Ætkeria

Corbicula

Spkærium

Eupera

Bassin de l’Amazone

Planorbis

Physa

Ancylus

Melania

Hemisinus

Ampullaria

Ceratodes

Mycetopoda

Leila

Glabaris

Aplodon

Castalia

Unio

Diplodon [Cyclomia Simps. ]

Prisodon (= Hyria]

Mulleria

Bartlettia

Corbicula

Spkærium

Eupera

p) Faune terrestre. — Quelques traits généraux sont communs aux faunes terrestres des deux régions considérées. A l’absence

(1) Les Mélaniens paraissent, dans l’état actuel de noâ connaissances,plus répandus en Amé* tique. Cependant les explorations du lieutenant belge P. Dupuis ont amené la découverte d’une série d’espèces congolaises [Melania ponthiervillensis „ Met. nyangtveensis , Mel. depramta , Mel. nsendweensisy Mel. soror , etc... toutes de Dupuis et Putzeys ; Mel. Liebrechlsi Dautzenberg] dont quelques-unes offrent de réelles analogies avec les espèces brésiliennes»

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