‹ Recherches sur la fixation de l'iodeChapitre 10 sur 22 · NS RE · texte numérisé non relu

NS RE

sujet l’ont aidé à trouver le procédé suivant pour déterminer dans un temps relativement court la proportion d’un amidon en amidon pur. Voici quel est ce procédé que nous allons exposer parce que c’est sans doute celui qui lui à servi à déterminer la composition de l'iodure d’amidon. Un gramme de fécule est mélangé avec 100 gr. ou 80 gr. d’eau chaude et délayé complètement dans un bain d'eau bouillante. On jette dans un vase gradué de la contenance de 500 c. c., on ajoute 50 c. ©. d’une solution iodée faite avec d'iodure de potassium employé en aussi petite quantité que possible et contenant par litre de 12 à 13 gr. d’iode, ensuite 20 gr. d'acide chlorhydrique concentré, on remplit jusqu’à la marque et on agite fortement. Lorsque le précipité s'est suffisamment déposé pour que l’on puisse prendre à 2 reprises 400 c. c. ou 50 c. c. de la liqueur d’iode surnageante. on titre avec l’hyposulfite de soude le volume enlevé. De la formule admise par l’auteur il résulte que la substance pure de la fécule s’est combinée avec 22,845 pour 100 d'iode, on multiplie le poids d’iode resté dans le précipité par 4,37 et on à ainsi la proportion de fécule pure.

Nous n’avons pas eu à nous préoccuper de vérifier cette assertion de Seyfert. L’amidon traité par cet auteur n’est pas dissout dans l’eau, or c’est seulement l'amidon dissout dans l’eau que nous nous sommes proposés d'étudier.

Enfin nous devons mentionner un procédé donné par Gérard pour doser l’amidon au moyen de l’iode bien que cet auteur n’ait rien conclu de ses recherches relativement à la composition de l'iodure d’amidon. Après avoir fait subir à l’amidon étudié une préparativn qu'il est inutile de

donner ici, il le traite par une solution titrée d'iode renfermant gr. 05 d’iode et 4 gr. d’iodure de potassium par litre, jusqu'à ce qu'une goutte d'essai laisse une tâche bleue sur le papier amidonné. Il admet que 10 cc. de cette liqueur d'iode correspondent à 0 gr. 25 de fécule, ce qui donnerait 10, 6 pour 0/0 pour la teneur en iode du composé obtenu.

Tels étaient les travaux dont la fixation de l'iode par l'amidon avait été l’objet au point de vue quantitatif quand nous avons entrepris cette étude Comme on le voit la plus grande incertitude régnait sur cette question et c'est là le meilleur argument etle plus souvent invoqué par les savants qui n'admettent pas que l’iode et l’'amidon donnent un composé défini, et assimilent le phénomène à une simple dissolution. Cette opinion est partagée comme le fait remarquer Mylius par des auteurs éminents tels que Kolbe, Roscoe, Vorchlammer, Duclaux.

. Postérieurement aux recherches dont nous donnons les résultats dans notre travail, résultats dont les plus importants avaient fait l’objet de plusieurs communications insérées aux Comptes rendus de l’Acadèmie des Sciences, la même question a été reprise par divers auteurs.

Menneke (Berichte 27 Ref. p. 205) a combattu l'assertion de Mylius relative à la fixation simultanée par l'amidon de l'iode et de l’acide iodhydrique ou d’un iodure.

Lônnes (Beriche 46 Ref. p. 37) défend au contraire celte manière de voir, les faits qu’il invoque tendent simplement à établir que si l'on traite l'amidon par l’iode en présence de lacide iodhydrique ou d’un iodure, il y a fixation de l’un de ces derniers corps. Comme on le verra plus loin, cette question n’est pas celle que nous avons

Ou

examinée. Küster dans un long travail (Ann. de chimie, 283 366-379) a étudié comme nous l’avions déjà fait nous-même, la fixation par l’amidon de l’iode actif ; ce qu'il nomme l’iode titrable (titribrar). Quand il est placé dans des conditions analogues aux nôtres, il a obtenu des résultats qui confirment d’une manière remarquable ceux que nous avions déjà énoncés. Il a traité À gr. d’amidon par des quantités d’iode variant entre 0 gr. 32 et 0 gr. 65, le volume du mélange variant de 1/4 de litre à 4 litres, Il a constaté que les teneurs cen ésimales en iode fixé étaient comprises entre 41,5 et 19,3. Or nous avions déjà trouvé qu’en présence d’un très faible excès d’iode la teneur en iode fixé était de 11.8 et dans d’autres séries d'expériences non publiées nous aviuns obtenu des résultats analogues. Pour la teneur maximum nons avions trouvé comme moyenne d'un très grand nombre d’expé- FiEnCes19-0 (1) CAR CUT7; D. 401.

Bien plus, Kuster ayant constaté que pour des dissolutions étendues le rapport entre la quantité d'iode fixée par 1 gr. d'amidon et la racine cinquième de la concentration du liquide surnageant est constant ; le même fait s'est trouvé vérifié d'une manière très exacte par les résultats que nous avions déjà publiés. Il n’est peut-être pas inutile de faire remarquer qu'un pareil accord n'avait

(1) Kuster nous attribue l’oppinion que l’amidon ne peut donner avec l'iode un composé ayant une teneur centésimale en iode supérieure à 16,9. C'est là sans doute une faute d’impression. Nous avons établi qu'en présence d’un grand excès d'iode la teneur centésimale en iode fixé est de 19,6. (C. R. t. 317, p.

ot jamais été observé entre deux auteurs s'étant occupés de la fixatiob de l’iode par l'amidon.

Cet acccrd nous paraît établir la valeur de la méthode que nous avons le premier employée pour étudier Île phénomène dont il s’agit. Ajoutons que d’après Küster le phénomène de la fixation de l’iode par l’amidon serait upe simple dissolution ou plus exactement le partage d’un corps dissous entre deux dissolvants, l'amidon d’une part et la solution d'iodure de potassium de l’autre. Nous examinerons dans nos conclusions générales cette manière de voir.

Nous devons enfin mentionner une note de M. Duclaux parue dans les annales de l'Institut Pasteur t. 8. p. 865. Dans ce travail le savant professeur s'attache surtout à montrer que la distinction faite par Nœgeli entre l'amylose et la granulose n'est pas aussi importante qu'on avait admis jusqu'ici. I résulte des faits qu'invoque M. Duclaux que ch&cune de ces deux substances peut assez facilement se transformer en donnant naisssance à l'autre ; etil en conclut que ces deux substances ne diffèrent l'une de l’autre que par leur état d'agrégation moléculaire. Cette manière de voir peut s’accorder parfaitement avec la façon dont nous envisageons la fixation de l'iode par l’amidon. Ce phénomène étant d’après nous le résultat d'une addition mo'éculaire on conçoit que les produits obtenus puissent différer avec l'état d'agrégation du corps sur lequel i’iode réagit. Le fait que dans nos recherches nous avons toujours opéré sur le même hydrate de carbone est établi par la constance des résultats que nous avons obtenus, soit en présence d’un excès d’amidon, soit en présence d'un très grand excès d'iode.

Page 1