IT PRÉPARATION DE L'EAU AMIDONNÉE
Dans toutes les expériences, pour obtenir l'eau amidounée ou délayait de 1 à 4 gr. d'amidon dans une quantité d’eau variant de 500 cc. à 1 litre 1/2. On maintenait au bain-marie pendant 2 à 3 heures. On versait alors le liquide dans un grand verre à pied où on le laissait reposer pendant environ 12 heures. Au bout de ce temps il se forme au fond du verre un dépôt d'amidon et le liquide surnageant est légèrement trouble. On décante et on filtre sur un double filtre. Si, comme :l arrive quelqufois, le liqui ‘e passe très trouble, on le rejette sur le filtre. L'eau amidonnée ainsi obtenue n’est jamais tout-à-fait limpide mais légèrement trouble, ce qui d’ailieurs ne nous à pas paru influer sur les phénomères observées.
Comme nous l'avons dit plus haut { p. 1) on admet souvent aujourd'hui que c’est une dextrine (la cyanodextrine) qui.prend naissance dans ces conditions. D'autre part pour certains auteurs, la formation des dextrines eu présence de la diastase ou des acides est toujours accompagnée de glucose ou de maltose. On peut se demander s'il n’en est pas de même dans la formation de la dextrine qui se produirait par l'action de l’eau seule à 160°. Nous ferons remarquer que ces substances ne fixant pas l'iode ne
pouvaient nuire à l'exactitude de nos résultats lorsqne nous avons étudié la fixation de l'iode en présence d’un excès d'hydrate de carbone. En effet les lavages nécessaires pour enlever l'excès de cyanodextrine auraient en même temps enlevé le glucose qui pourrait s’y trouver mélangé en très petite quantité. Quant à la fixation en présence d'un grand excès d’iode, la présence du glucose aurait influé sur nos résullats, étant donné la méthode suivie pour déterminer la composition du corps obtenu (p. }). La concordance des expériences très nombreuses que nous avons faites à ce sujet montre qu'enadmettant la formaüon d'une certaine quantité de glucose, cette quantité a été trop faible pour influer sur les résultats ubtenus.
Cependant nous avons cru utile d'examiner directement, si dans les conditions où nous obtenioas l’eau amidonnée, il se formait du glucose en quantité appréciable. Pour cela nous avons opéré de la manière suivante :
Nous avons fait évaporer de l’eau amidonnée au bainmarie Jusqu'au 1/20 environ. Au liquide refroidi et dans lequel une partie de l’amidun dissout s'est déjà précipité, nous avons ajouté de l'alcool à 95°. L'amidon dissout s'est déposé Nous avons décanté l'alcool, lavé à l'alcool à plusieurs reprises, et fait évaporer tous ces liquides dans une capsule tarée. S'il s'était formé du glucose, celui-ci se serait dissout dans l'alcool. Or, le poids de la capsule tarée n'a augmenté que d’une quantité insignifiante par rapport au poids de l’amidon déposé. Dans une de nos expériences, le poids de l’amidon déposé étant de Ogr. 355, l'augmentation de poids de la capsule a été de 0 gr. 004.
nl PRÉPARATION ET TITRAGE DES DISSOLUTIONS D'IODE
Les dissolutions d iode ont été faites avec de l’iode bis sublimé dissous dans l’eau au moyen de l'iodure de potassium. Pour tirer la dissolution d’hyposulfite de soude, nous nous servions d’iode que nous avions sublimé nousmême, et recueilli sur un verre de montre préalablement taré en même temps qu'un autre verre destiné à le recouvrir. L'augmentation de poids donnait le poids de l’iode sublimé.
RECHERCHES SUR LA NATURE DE LA SUBSTANCE OBTENUE par L'ACTION ne L'IODE SUR L'AMIDON DISSOUS
Comme on l'a vu plus haut, les auteurs ne sont pas d'accord sur la question de savoir si l’iode forme avec l'amidon une simple dissolution ou une combinaison définie.
Nous nous sommes inspiré pour étudier cette quest'on des recherches si intéressantes de KM. Berthelot et Jungfleisch au sujet du partage d'un corps déterminé entre deux dissolvants non miscibles. (C. R. t. 69, p. 388 et p. #04). Ces savants s'appuyant sur les résul'ats que leur à données l'étude du coefficient de partage, ont indiqué une méthode permettant de reconnaitre si un corps dissout
dans un liquide et susceptible d'être partagé par un autre dissolvant est un principe défini, ou un mélange. I's disent: « Si la liqaeu: est convenablement étendue, les valeurs successives du coefficient de partage seront constantes, ou sensiblement dans le cas d’un principe défini ». (Cr. t. 69. p. 405). Le fait signalé par MM. Berthelot et Jungfleisch nous à paru pouvoir être utilisé. Si, en effet, le corps partagé, l’iode est simplement dissout dans les deux dissolvants, le coefficient de partage, avec des liqueurs suffisamment étendues, devra être sensiblement constant ; tandis qu'il devra varier avec la concentration, si pour l’un des liquides, cn n'a pas affaire à un simple dissolution.
Partant de cette idée, nous nous sommes proposé d’étudier le partage de l’iode :
1o Entre le chloroforme et l'eau.
2 Entre le chloroforme et diverses solutions d’iodure de potassium.
30 Entre le chloroforme et l’eau amidonnée.
Il est clair que si dans les trois cas le phénomène s'était accompli de la même manière, il n'y avait plus de doute possible, et l’iode devait être considéré comme simplement dissout.
Voici comment nous avons opéré. Nous faisons dissoudre 2 gram. d’iode dans du chloroforme pur et nous amenons à 120 c c. le volume de la dissolution.
Dans un flacon de 250 c c. pouvant être bouché à l'émeri, nous introduisons 150 cc. d’eau et 20 cc. de Ja solution d’iode dans le chloroforme ou d'une dissolution plus étendue. La flacon étant placé dans une cuve contenant de l'eau dont la température est donnée par un ther-
momètre, on agite fortement le flacon à plusieurs reprises. On laisse reposer, on décante le liquide surnageant dans un verre à pied. On décante de nouveau ce liquide qui à entrainé un peu de chloroforme dans une burette de Mobr, et on recueille jusqu'au trait de jauge, dans un ballon jaugé à 100 c c. On verse ce liquide dans un verre à essai, on ajoute quelques centimètres cubes d’une eau amidonnée récemment préparée, un volume déterminé d'une solution titrée d'hyposulfite de soude de manière à ce que l’hyposulfite soit en excès et enfin une dissolution titrée d’iode jusqu’à ce que l’on ait ramené la teinte bleue. I est clair que le nombre de centimètres cubes de cette solution qu'il aura fallu employer pour arriver à ce résultat permettra de calculer la quantité d’iode retenue dans le liquide iodé surnageant le chleroforme. Nous allons donner le résultat de quelques-unes de nos expériences,
Expérience 1
On a traité la dissolution diode dans le chloroforme par l’eau distillée.
L'expérience a été faite à une température comprise entre 24° et 250.
Les quantités d’iode contenres dans 100 € €. de la Jiqueur surnageante ont été :
14 mg. 5 avec la première solution.
10 mg. 7 avec la première solution étendue à 3/4. 7 mg. avec la première solution étendue à 1/2. 3 mg. » avec la première solution étendue à 1 4. En multipliant les 3 derniers nombres par les rapports correspondants on obtient : 14, 26 ; 14, 14.
ET Dee
Expérience 2
On a traité la solution d’iode dans le chloroforme par une solution d’iodure de potassium.
L'expérience a été faite à uue température comprise entre 20° et 21°. | * La solution d’iodure de potassium employée contenait 50 gr. par litre. On décantait dans chaque expérience 10 cc. de la liqueur surnageante.
Les quantités d’iode contenues dans ces 10 c c. ont été :
91 mg. 2 avec la première solution.
10 mg. 7 avec la première solution étendue à 1/2.
5 mg. 3 avec la première solution étendue à 1/4.
En multipliant les deux derniers nombres par les rap-
ports correspondants on obtient : 21 mg. 4 et 21 mg. 2.
Expérience 3
Avec de l’eau amidonnée à une température compr se entre 21° et 22%, les quantités d'iode contenues dans 100 ec. du liquide surnageant ont été :
24 mg. 8 avec la première solution.
17 mg. 3 avec la première soluuon étendue à 1/2.
11 mg. avec la première solution étendue à 1/3.
7 mg. 4 avec la première solution étendue à 1/4.
En multipliant les 3 derniers nombres parles rapports correspondaëts on trouve 34,6; 23; 30,8.
On voit que la marche du phénomène avec l'eau amidonnée est bien différente de ce qu’elle était avec l'eau et avec une solution d’iodure de potassium dans Peau.
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Avec l’eau et les solutions d’iodure de potassium Cans l'ean, la quantité d’iode enlevée est sensiblement proportionnelle à la quantité d'ivde dissoute dans le chloroforme, c'est-à dire que dans les deux premiers cas le cæfficient de partage est sensiblement constant.
Avec l’eau amidonnée la quantité d'iode enlevée va en croissant en même temps que la concentration de I: dissolution traitée, mais sans qu'il y ait jamais proportionnalité
Bien entendu, nous ne prétendons pas que ces expériences qui auraient été concluantes dans le cas où l’eau amidonnée se serait comportée comme l'eau, et les solutions d'iodure de potassium suffisent pour faire admettre l'existence d’un composé défini.
Nous avons cependant cru devoir les exposer pour indiquer exactement l2 marche que nous avons suivie dans nos recherches, et parce qu'elles montrent que l’eau amidonnée ne se comporte pas en présence de l’iode comme un simple dissolvant.
VÉRIFICATION DE L'ASSERTION DE MYLIUS, D'APRES LAQUELLE L'AMIDON NE POURRAIT FIXER L’IODE QU'A LA CONDITION DE PREN- DRE POUR #% ATOMES D'IODE UNE MOLÉCULE D'ACIDE IQDBHYDRIQUE OÙ D'UN IODURE.
I nous à paru que le seul moyen de résoudre rigoureusement celle question était de la t'aiter quantitativement,
c'est-à-dire de se placer dans des concitions telles que l'on connut exactement la quantité d'acide iodhydrique con tenu dans la solution et de rechercher si l’iode fixé correspondait seulement au quadruple de cette quantité.
Nous avons opéré dans ce but de la manière suivante :
Nous faisons dissoudre un poids exactement connu d'iode aussi rapidement que possible dans de l’alcool. Au moyen d'une dissolution d'hyposulfite de soude préalable: ment titrée nous déterminons la quantité d’iode libre qui se trouve dans cette solution et nous en déduisons la quantité d’iode qui à pu passer à l’état d'acide iodhydrique.
Cette quantité n’a jamais dépassé 3 à 4 pour 0/0 du poids de l’iode dissout.
Nous versons dans de l’eau amidonnée un volume déierminé de la solution alcoolique d’iode, en quantité telle que il n’y ait pas d'iode en excès. Nous précipitons par une dissolution concentrée de chlorure de sodium, nous versons une partie du mélange sur un double filtre. A une partie du liquide filtré nous ajoutons de l’eau amidonnée et quelques gouttes d’une solution d’iodure de potassium de manière à nous placer dans les conditions indiquées par Mylius pour obtenir la coloration bleue et nous constatons que le liquide reste incolore. I! faut bren admettre que tout l’iode s’est fixé sur l’amidon, bien que la quantité d’acide iodhydrique qui se trouve aans la liqueur soit de beaucoup inférieure à celle qui serait nécessaire d'après Mylius. Nous avions constaté d’ailleurs au moyen de l'acide nitrique et de l’eau amidonnée ajoutée à la solution de chlorure de sodium, que celle-ei ne contenait pas d’iodure et nous nous étions assurés que cette réaction décèle une quantit$ d’iodure bien infé-
0e — rieu.e à celle qui serait indispensable d’après Mylius pour fixer la quantité d'iode retenue par l’amidon.
On pourrait à la rigueur faire une objection à l’expérience que nous venons de décrire. On sait que si on étend d'eau ane solutjon ‘'iode dans l'alcool il peut arriver qu'une partie de l’iode se précipite, et l'on doit se demander si ce phénomène ne se produit pas quand nous traitons l’eau amidonnée par la solution alcoolique d'iode.
Nous avons fait une seconde série d'expériences qui nous paraît ne laisser place à aucune incertitude.
Comme précédemment, nous faisons dissoudre un poids connu diode dans de l’aicool, et nous déterminons Île poids d’iode qui à disparu en tant qu'iode libre. Soit p ce poids pour un centimêtre cube. Si l’assertion de Mylius est exacte, quand nous ajuuterons à de l’eau amidonnée n centimètres cubes de la solution alcoolique la quantité d’iode colorant l’amidon en bleu devra être égale à 4np seulement. D'autre part, on a une dissolution titrée d'iode dans l'isduro de potassium. On peut calculer le volume v de cette sclution qui contient 4np d'iode libre. Supposons maintenart qu'à des volumes égaux de la même eau amidonués prise en quantité suffisante pour que l'iode ne soit pas en excès on ajoute n centimètres cubes de la solution alcoolique et v centimètres cubes de
la so.ution d'iode dans l'iodure. Si on étend les deux mélanges ainsi obtenus au même volume on devrait avoir là même coloration. Or, rous avons constaté que la coloration obtenue avec la solution alcoolique est toujours bien plus forte que celle obtenue avec la dissolution d'iode dans l'iodure de potassium. Il en résulte que la quantité