Ms. français
3. Mss. français 174, 403, 493, 495, 761, 793, 810, 1064, 1589 et 1634. Il n’est pas tout à fait certain que les mss. 493 et 1589 aient appartenu à Louis de Bruges. Ce qui est démontré, c’est que l’exemplaire des poésies de Christine de Pisan offert à Isabeau de Bavière était en Angleterre avant d’appartenir à Louis de Bruges. Voir plus haut, p. 134, ce qui est dit du ms. harléien 4431.
chapelle du Roi à 1 hôtel de Saint-Paul une certaine quantité de livres qui furent remis à la garde de maître André Courtevache, maître des comptes, et un peu plus tard à celle de maître Gilles Le Veau. Dans le nombre, se faisaient remarquer un Catholicon et de belles Heures précédées du psautier. Après la rentrée de la ville de Paris sous la domination de Charles VII, on les confia à M. de Lalier, et le Catholicon fut enchaîné dans la Chambre des comptes. On se demandait en 1 464 ce qu’étaient devenus ces livres, dont le sort est resté inconnu1.
Telle fut la fin lamentable de la belle collection que Charles V avait installée au château du Louvre. Des douze cents volumes dont elle se composait, c’est à peine si on est arrivé aujourd’hui à en reconnaître avec certitude un peu moins de cent, dispersés dans diverses bibliothèques de l’Europe. Ces précieuses épaves vont être passées en revue dans le chapitre suivant.
1. « Memore que, après le trespas du roy Charles VI8, et aussi après le trèspas de messire Jehan du Molin, son premier chapellain, certains livres estans en l'ostel dudit chapellain, et aussi en la chapelle dudit roy à Saint-Pol, furent baillez et mis en la garde de maistre André Courtevache, maistre des comptes, et après le décès dudit maistre André en ot la clef maistre Giles Le Veau, et sont ès coffres du Roy que on a acoustumé de porter à l’eschequier, et y a Catholicon, et unes belles Heures où est le Psautier, premièrement couvertes d’or. Et après, c’est à savoir l’an M CCCC XXXVI, après la réduction de la ville de Paris à l’obeissance du Roy, lesdis livres furent baillez à M. de Lalier, pour les garder pour le Roy ou les luy envoyer ; mais le Catholicon, qui ja estait encheiné, demeura en la Chambre des comptes, et encore y est. FfaitJ en novembre IIIP LX1III. Et est ce memore escript sur le reply par dedans de la couverture du Manuel maistre Jehan Le Bègue, greffier en ladite Chambre, si soit sceu que ledit de Lalier en a fait. # Ms. latin 12815, fol. 206 v“. (Communication de M. Henri Moranvillé.)
Manuscrits parvenus jusqu’à nous.
Dans ce dernier chapitre, j’essaierai de faire connaître, par des notices plus ou moins développées, les livres qui m’ont paru avoir appartenu à Charles Y et Charles VI. J’exposerai les vicissitudes par lesquelles ils ont passé avant d’arriver dans les dépôts où ils sont aujourd’hui conservés, et j’indiquerai les travaux dont beaucoup d’entre eux ont été l’objet.
« Très belle Bible » en latin.
Trésor de la cathédrale de Girone.
Exemplaire copié au xive siècle, à la fin duquel le copiste a mis son nom : « Explicit Biblia. Magister Bernardinus de Mutina me fecit. » Charles Y a tracé, sur la même page, une note ainsi conçue :
Geste Bible est à nous Charles le Ve de notre nom roy de France, et l’achetames de Saint Lucien de Biauvez, l’an Mil CCC LXXVIII. Escrit de notre main : CHARLES.
Figure sur les inventaires de Gilles Malet (A. 795, B. 798) :
Une très belle Bible bien escripte et ystoriée, que le roi presta pieça à l’evesque 1 de Biauvez, laquelle fu rendue au Roy après le
L Dans le ms. 2700, fol. 32 v°, on a ajouté, au-dessus de la ligne, le mot « cardinal ». Il s’agit donc ici de Jean de Dormons, évêque de Beauvais, qui obtint le chapeau de cardinal en 1368 et mourut en 1373.
trespassement dudit evesque; couverte de soie à une chemise, et fu de Saint Lucien de Biauvaiz, de qui le Roy l’a achetée.
En marge de cet article, une note a été ajoutée pour prévenir que la Bible avait été livrée « à monseigneur de « Berry, vie de novembre IIIF1 et III. » — Au fol. 48 du
ms. 2700, la remise est rapportée à la date du 6 mars
La Bible fut léguée à l’église de Girone par l’évêque don Dalmacio de Mur. Elle est ainsi décrite dans un inventaire du xve siècle :
Quæ Biblia est magnæ formæ, scripta in pergamenis, cum pulchernma littera et diversis historiis; supra habet cohopertorium panni strict lividi, et duo tanchatoria cum quibus clauditur; sunt auri fini, cum armis regis Francie, et etiam grenimentum dels giradors est auri fini.
Voir la notice de Jaime Villanueva, dans Viaje literario a las Iglesias de Espaha, t. XII, p. 1 09 et 1 1 0 ; un article de M. Paul Meyer dans la Revue critique du 15 juin 1868, et surtout la description insérée par M. Brutails dans la Bibliothèque de l’Ecole des chartes, 1886, t. XLVII p. 637-644.
La Bible latine, de moyen format.
Bibliothèque de l’Arsenal, ms. 590. Venu du couvent des Célestins de Paris. Exemplaire de luxe, très soigneusement copié, en caractères de moyenne grosseur et d’une parfaite régularité, de la première moitié du xme siècle. Le second feuillet commence par les mots : filü in quo.
A la fin de l’Apocalypse, sur le fol. 527 v°, le roi Charles V a tracé ces lignes :
Ceste Bible est à nous Charles le Ve de notre nom roy de France.
CHARLES
Au-dessous de cette note, Louis, duc d’Orléans, a mis sa signature LOYS, suivie de ces lignes :
Ceste Bible et à nous Loys, fis de notre seigneur et père le roy Charles desus dit, et laquele Bible nous donnons et avons donné aux religieux Celestins de Paris.
Priés Dieu pour monseigneur et père, pour monseigneur et pour moy.
Le fac-similé de ces deux inscriptions a été donné par M. Franklin dans Les anciennes bibliothèques de Paris, t. II, p. 90. Il est en phototypie dans mes Fac-similés de livres copiés et enluminés pour le roi Charles V, pl. XII.
La Bible de l’Arsenal doit correspondre à l’un ou à l’autre de ces deux articles des inventaires de Gilles Malet :
Une Bible très belle, couverte de drap de Damaz ynde à queue, à deux fermoers d’or esmaillez de France, laquelle fu de l’evesque de Troyez, conffesseur du roy (A et B. 846).
Une Bible en latin, couverte de cuir vert, à queue, à n fermoers (A et B. 859).
Ces deux Bibles furent livrées au duc d’Orléans, la première en août 1 397 1 , la seconde le 31 décembre de la même année2.
C’est à tort que j’ai jadis indiqué comme ayant appartenu à Charles V une troisième Bible latine, que le comte Hector de La Ferrière m’avait dit avoir vue à Saint-Pétersbourg, et sur laquelle il croyait avoir lu : « Cette Bible est à moy « Charles V. » Deux des conservateurs de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg (M. Wladimir Stassoff et M. Bytshkow) ont bien voulu m’assurer qu’il n’y a rien de semblable dans cette bibliothèque .
1. Ms. français 2700, fol. 34 v°, n° 846, et fol. 48 v°, n° 165.