‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 106 sur 219 · Ibid., fol. 35, n" 859, et fol. 49, n · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 35, n" 859, et fol. 49, n

Là Bible latine glosée, en deux volumes de moyen format, soigneusement copiés au xme siècle. La glose, en plus petits caractères, est disposée sur deux colonnes, à droite et à gauche du texte.

Musée Dobrée, à Nantes.

M. l’abbé Durville a reconnu que ces deux volumes avaient fait partie de la librairie de Charles Y. Ils répondent à l’article suivant des inventaires de 141 1 et 141 3 (D. 889, E. 193) :

Item une Bible en latin, en deux petiz volumes, escripz de bonne lettre de forme, et sont glosez tout autour. Et contient le premier volume de Genezis jusques en la fin de Baruc, commençant ou nc foillet en texte vocis actus et in aures, et ou derrenier que supra teneant. Et le second volume commence à Zechiel jusques en la fin de l’Apocalipse, et commence ou ne foillet du texte in terra Caldeorum, et ou derrenier libri prophecie hujus. Couvers touz les deux volumes de chemise de toille à queue, chacun à mi fermoirs d’argent dorez hachiez à une fleur de lis et à tissuz brodez de fleurs de lis.

M. l’abbé Durville a bien voulu me communiquer une photographie de la dernière page de l’Apocalypse, sur laquelle Charles VI a tracé en trois lignes une note ainsi conçue :

Cestez biblez, en ii volumes, donéez à || notrez confesseur métré Renaut dez || Fontainnes, par nous CHARLES.

Renaud des Fontaines, qui avait été recteur de l’Université de Paris en 1404, devint évêque de Soissons en 1424. Après sa mort, survenue en 1442, la Bible appartint à son successeur, Jean Milet, puis à la cathédrale de Soissons.

Une description très détaillée de ce manuscrit a été insé-

rée par M. l’abbé Durville dans le Catalogue des manuscrits du Musée Dobrée.

La Bible glosée, en français, par Jean de Sy. Première partie, jusqu’au Deutéronome.

Bibliothèque nationale, ms. français 15397.

Exemplaire original, dont les premiers et les derniers cahiers ont disparu. Tel qu’il est depuis longtemps, il commence au chapitre vm de la Genèse et s’arrête au cours du dernier chapitre du Deutéronome. La date de la copie doit être très voisine de la date de la composition; celle-ci (1356) se trouve indiquée à la fin du traité sur les âges du monde, traduit de Bède, et placé par l’auteur à la fin de la Genèse (fol. 156) : « Et qui ajouste le miliaire de Jhesu « Crist, ce sont VImIIIIc et 1111“ et IIII, en l’an LVI. »

Les peintures qui sont dans la première partie de ce splendide manuscrit, et dont beaucoup sont restées à l’état d’esquisse ou d’ébauche, peuvent être étudiées comme l’un des plus remarquables spécimens de l’enluminure parisienne du milieu du xiv6 siècle.

Le ms. 15397 est un morceau de ce que Charles V avait recueilli du travail de Jean de Sy et qui a été ainsi inventorié par Gilles Malet (A. 269, B. 280) :

LXII caiers de la Bible que commença maistre Jehan de Sy, et laquelle faisoit translater le roy Jehan, dont Diex ait l’âme.

En regard de cet article, Gilles Malet a ajouté ou fait ajouter une note ainsi conçue : « A monss. d’Anjou, « IIIe de may 1111“ et I. »

Voir Samuel Berger, La Bible française, p. 238 et 358.

La Bible traduite par Raoul de Presles, premier volume.

Musée britannique, fonds Lansdowne, n° 1175.

Manuscrit du dernier quart du xiv° siècle, copié par Henri du Trevou, qui a mis cette souscription à la fin : « Ci fine le Psautier, et c’est la fin du premier volume de « la Bible, et l’a escript Henri du Trevou. » Il est orné de miniatures à bordures tricolores, et précédé d’une peinture sur laquelle est représenté le traducteur offrant son livre au roi Charles V. Sous ce tableau est transcrite une épître dédicatoire, qu’on n’a point jusqu’ici remarquée dans d’autres manuscrits, ce qui n’est peut-être pas une preuve suffisante pour donner la certitude qu’on est en présence du tome I de l’exemplaire du roi. Ce qui est certain, c’est que le volume est arrivé entre les mains du duc de Berry, qui a mis son nom sur la dernière page.

Voir A Catalogue of the Lansdowne manuseripts in the British Muséum, part II, p. 284. — Francisque Michel, Rapports au ministre, p. 151 . — Samuel Berger, La Bible française au moyen âge, p. 245 et 403.

L’Apocalypse, en français, toute figurée et historiée. Bibliothèque nationale, ms. français 403.

Très beau manuscrit du commencement du xme siècle, ainsi désigné dans les inventâmes de Gilles Malet (A. 70, B. 71) :

L’Apocalipse en françois, toute figurée et historiée, et en prose.

Une note a été ajoutée à cet article d’inventaire, proba-

blement en 1380, pour expliquer l’absence du volume : « Le roi l’a baillée à monseigneur d’Anjou pour faire son « beau tapis. »

L’Apocalypse revint prendre sa place dans la librairie : il figure sur les inventaires de 1 41 1 , 1 41 3 et 1 424 (D. 891 , E. 1 95, F. 1 70). Celui de 1 41 1 le mentionne en ces termes :

Item, une Appocalipse, en françois, de lettre de forme, à deus coulombes, bien historiée et figurée; et y a au commencement au dit livre trois pages toutes figurées; commençant au ne foillet de l’escripture et envoyez au sept yglises, et ou derrenier et les IIII euvangiles, couvert de cuir rouge plain, et deus petiz fermoirs de laton.

Ce manuscrit a fourni à la Société des Anciens textes français la matière de deux volumes1, le premier consacré à une reproduction phototypique, le second à une édition précédée d’une introduction en deux parties : I. Mémoire sur les figures de l’Apocalypse; II. Les Versions en prose de l’Apocalypse.

La Bible historiale.

Musée Meermanno-Westréenien, à La Haye.

Magnifique exemplaire, copié en 1 372 par Raoulet d’Orléans, orné de 270 miniatures à bordures tricolores, et en tète duquel est un tableau représentant l’offrande que Jean de Vaudetar fit de ce livre au roi Charles V. En regard du tableau, une inscription, tracée en grosse minuscule d’or et coupée en dix lignes, nous apprend que ce tableau est l’œuvre de Jean de Bruges :

Anno Domini millesimo trecentesimo septuagesimo primo, istud opus pictum fuit ad preceptum ac honorera illustras] principis

1. L’Apocalypse en français au XIIIe siècle, publiée par L. Delisle et P. Meyer. Reproduction phototypique. Paris, 1900, in-fol. — L’Apocalypse en français au XIU° siècle. Introduction et texte. Paris, 1901, in-8".

Karoli, regis Francie, etatis sue tricesimo quinto et regni sui octavo, et Johannes de Brugis, pictor regis predicti, fecit hanc picturam propria sua manu.

Elle est ainsi enregistrée dans l’inventaire de Gilles Malet (article 261 du rouleau) :

Une très belle Bible, en un volume, qui vint de Jehan de Valdetar, très bien ystorié, la pippe et quatre fermoers d’or garnis de gros saphirs, balaiz et perles, en un estui à fleur de liz, garni d’argent.

Après avoir été prêtée au duc d’Anjou1, elle passa chez le duc de Berry, à la mort duquel elle rentra au Louvre, pour en sortir définitivement au commencement du règne de Charles VII, après avoir été estimée 15 livres parisis. C’est ce que nous apprend l’inventaire dressé en 1424 (F. 21 3) :

Item, une très belle Bible, en françois, nommée la Bible que Jehan deVaudetar donna au roy; très parfaitement bien escripte et historiée, de lettre de forme, à deux coulombes. Commençant ou ne foil— let des rebriches de la formacion de l’home, et ou derrenier avecques moy ; couvert de soye assurée à fleurs de lis de brodeure. Laquelle Bible maistre Jehan Maulin, après le deceds de feu mons. de Berry mort, a recouvrée de ses exécuteurs, comme appartenant au roy, pour remettre en la dite librairie. Et lui avoit esté rendue garnie d’une grante chemise de soye azurée, de ira fermouers et une pipe d’or, lesquelz fermouers et pipe n’ont point été rendus, et pour ce en doit rendre compte ledit Maulin. Prisé xv 1. p.

Voir un article de Waagen, dans Deutsches Kunstblatt, 1852, n° 30, p. 248; mes Mélanges de paléographie, p. 222; et un passage du livre de Dehaisnes, Hist. de l’art dans la Flandre, p. 1 54 et 1 55.

On trouvera ci-dessus, p. 74, la dédicace mise à la fin de ce manuscrit, dont l’illustration est ainsi vantée par Raoulet d’Orléans :

Onques je ne vi en ma vie Bible d’ystoires si garnie.

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