Charles VI
3. La place du complément de la date est restée en blanc. Ce fut seulement en 1408 que Marie de France fit profession au couvent de Poissy.
4. Psautier de saint Louis. Reproduction de 86 miniatures du ms. latin i0525 de la Bibliothèque nationale. Paris, Berthaud frères, [1902], petit in-8°.
rentes miniatures en ont été publiées dans les ouvrages suivants :
Recueil des historiens de la France, t. XX, p. 1 ; Album paléo graphique de la Société de V École des chartes; Mémoires de la Société des Antiquaires de France, 6e série, t. IX; Notice sur douze livres royaux, pl. IX.
Je dois citer ici, quoiqu’il n’ait pas fait partie des collections de Charles Y, un volume, frère du précédent, dont la première partie est, à vrai dire, une réplique du manuscrit précédent et dont la seconde partie se compose de l’office de Notre-Dame et de diverses pièces de dévotion du genre de celles qui ont formé les livres d’Heures du type qui a eu la plus grande vogue, du xiv6 au xvic siècle1. Il a dû être exécuté à la même époque et dans le même atelier que le psautier de saint Louis. On a inséré dans le calendrier la mention des mêmes anniversaires. Les formes féminines employées dans diverses oraisons prouvent que le livre a été écrit pour servir à une femme, très probablement de la famille de saint Louis, peut-être la reine Marguerite, peut-être aussi la sœur de saint Louis, Isabelle, fondatrice de l’abbaye de Longchamp. Ce petit psautier a été l’objet des notices suivantes : A. Haseloffi, dans Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. LIX, 6e série; t. LX, p. 18-421; L. Delisle, dans la Notice de douze livres royaux, p. 43-51 ; S. C. Cockerell, A Psalter and Hours executed before 1270 for a lady comected with Saint Louis, probably his sister, Isabelle de France. London, 1905, in-4° oblong.
Le volume est dans la collection de Henry Yates Thompson; il avait appartenu à Ruskin.
1. M. Cockerell a cité plusieurs exemples de ce qu’il appelle la combinaison du psautier et des heures. Voir la p. 19 du Mémoire de Cockerell cité un peu plus bas.
Le Psautier férial de la chapelle du roi de France.
Bibliothèque nationale, ms. latin 1 082.
Volume écrit sur du fin parchemin, en caractères très régulièrement formés et dont l’enluminure est très soignée.
A la suite du calendrier (fol. 1-6), il contient le psautier intitulé (fol. 7) : « Gy commence le psautier férial selon « l’usage de Paris et de la chapelle de l’ostel du roy de « France. » — Les litanies (fol. 91). — Les Heures de Notre-Dame (fol. 97). — Les Heures de la Croix (fol. 1 02). — Les Heures du Saint Esprit (fol. 103). — Les Vigiles des morts (fol. 103 v°). — Le commun des saints (fol. 107). — « Ce sont les mémoires de toute Fanée que « on fait en la chapelle du roy » (fol. 138).
Le principal ornement du volume consiste en dix petites miniatures (fol. 7 v°, 19, 27 v°, 34, 40 v°, 50, 57, 78, 97 et 107), encadrées de bordures tricolores.
Différents articles du calendrier mettent hors de doute l’attribution du Psautier au règne de Charles V.
2 janvier. Obiit le roy Phelippe le Lonc, roy de France et de Navarre, filz du bel roy Ph., l’an MCCC (sic).
21 janvier. Sainte Agnès, vierge et martire. Annuel; feste nouvelle.
28 janvier. Saint Charlemaingne, roy de France et empereur. Anuel ; feste nouvelle.
1er février. Obiit Charle, roy de France, filz du bel roy Phelippe, l’an M. CCC.
9 avril. Obiit le roy Jehan, roy de France, l’an M CCC LXIIII. (En lettres d’or.)
17 mai. La Translacion du chief saint Loys, roy de France. Anuel ; feste nouvelle.
5 juin. Obiit Loys, roy de France et de Navarre, fils du bel roy Phelippe, l’an M CCC XVI.
30 juillet. Cy est fait double de la translation saint Charlemaingne.
11 août. La suscepcion de la sainte Coronne. Armel; feste nouvelle.
23 août. Obiit le roy Phelippe de Valois, l’an M CCC L.
11 septembre. Obiit madame Bone, duchesse de Normandie.
30 septembre. La susception des saintes Reliques en la Sainte Chapelle royal à Paris. Annuel; feste nouvelle.
30 novembre. Obiit le roy Phelippe le Bel l’an M CCC XII [sic), à F[ontaine]bluant [sic).
12 décembre. Obiit Jehanne de Bourg[oigne], royne de France.
16 décembre. Obiit Charles de Valoys, père du roy Phelippe de
Valois.
Ce relevé d’obits et de fêtes suggère plusieurs observations intéressantes. Les seules princesses dont le calendrier mentionne l’obit sont la reine Jeanne de Bourgogne et la duchesse de Normandie, Bonne de Luxembourg1, la grand’mère et la mère de Charles Y. Le dernier roi dont la mort soit rappelée est Jean, père de Charles V ; c’est le seul dont l’article soit écrit en lettres d’or.
Il dut être fait plusieurs exemplaires du Psautier férial analogues à celui qui vient d’être décrit. L’un d’eux est ainsi enregistré dans l’inventaire de la librairie dressé en 1411 :
Item un psaultier férial, très bel, bien enluminé et escript de grosse lettre de forme, et y a au commencement un kalendier, commençant ou ne foillet dudit psaultier storum quoniam, et ou derrenier lictorum et intercedente, couvert d’une chemise de satin asuré, doublé de taffetas vert, à n fermouers d’argent dorez esmaillez2.
La particularité qu’il importe le plus de noter dans le Psautier férial n° 1 082, c’est la qualification de Annuel, feste nouvelle , donnée à la Sainte-Agnès, fête qu’on célébrait solennellement à la cour de Charles V, parce que le 21 jan-
1. Puisque l’occasion s’en présente, je dois dire combien j'ai été confus en m’apercevant tardivement que, dans la Notice de douze livres royaux, j’avais donné le titre de reine à Bonne de Luxembourg, morte sept mois avant l’avènement de son mari au trône de France.