Voir plus haut, p
riale de Vienne le n° \ 855 1. Des compositions analogues se retrouvent dans le Bréviaire de Martin II, roi d’Aragon, manuscrit espagnol du commencement du xve siècle, qui appartient à M™ la baronne James de Rothschild2.
Dans le livre d’Yolande, huit grandes miniatures servent de frontispices aux différentes parties de l’office. Les sujets sont ceux qu’on trouve habituellement dans les livres d’Heures copiés ou imprimés du xive au xvie siècle3 : à Matines, l’Annonciation; à Laudes, la Visitation ; à Prime, la Nativité; à Tierce, l’Adoration des bergers; à Sexte, l’Adoration des Mages; à None, la Présentation ; à Vêpres, la Fuite en Égypte; à Complies, le Couronnement de la Vierge; les marges des pages sur lesquelles on voit ces grands tableaux sont couvertes de mignonnes miniatures représentant des scènes de la Passion et de la vie de différents saints. — En tête des psaumes de la pénitence, tableau du Jugement dernier. — Dans l’initiale et sur les marges de la page où commencent les Litanies des saints, trois groupes de saints. — Dans les initiales de Matines et de Laudes, le peintre a voulu représenter Yolande à genoux, en prières. Toutes ces peintures sont d’une exquise finesse.
Les Heures d’Yolande de Flandre doivent être rangées parmi les chefs-d’œuvre de l’école parisienne du temps de Charles V. Elles méritaient Pétude approfondie que
1. Voir le travail de M. Rudolf Beer, Die Miniaturen ausstellung des K. K. Hofbibliothek, dans Kunst wnd Kwnsthandwerk, 1902, p. 294. — Les tableaux des progrès de l’Église n’ont pas été peints dans ce manuscrit.
2. Voir la description de ce ms., par M. Émile Picot, dans Catalogue des livres de feu M. le baron James de Rothschild, t. III, p. 326. Il n’y a point dans le bréviaire les tableaux de la décadence de la Synagogue et des progrès de l’Église.
3. Voir un article de M. Henry Martin dans le Bulletin du bibliophile, 15 mai 1905, p. 224, et un passage de la préface (p. ix) du premier volume du Catalogue des manuscrits de M. Pierpont-Morgan, rédigé par M. R. James (Londres, 1906, in-folio).
M. S. G. Gockerell leur a consacrée et que M. Henry Yates Thompson a publiée en y joignant l’héliogravure de 26 pages1. C’est à ce mémoire de M. Cockerell que sont empruntés les éléments de la présente notice.
Le Livre du sacre des rois de France.
Musée britannique, fonds cottonien, Tiberius, B. vm, seconde partie (fol. 33-78).
Exemplaire, orné de peintures, que Charles Y fît exécuter en 1 365, comme le roi lui-même l’a rappelé par une note autographe qui se lit au verso du feuillet coté 72 :
Ce livre du sacre dez rois de France est à nous Charles le Ve de notre nom, roy de France, et le fîmes coriger, ordener, escrire et istorier l’an M. CCC. LXV.
CHARLES
Ce volume est enregistré sur les inventaires de la librairie du Louvre à partir de l’année 1 41 1 (D. 743, E. 768, F. 687). Le premier de ces inventaires le décrit comme il suit :
Item un livre de l’ordonnance à enoindre et couronner le roy, partie en latin et partie en françois, très bien escript et historié ès marges d en hault et bas, et en la fin y sont pluseurs seremens que doivent faire les pers de France et autres vassaux et prelas et autres gens, commençant ou ne foillet : Les matines , et ou derrenier : nemi ou malveillant; couvert d’un vielz drap d’or à deux fermouers d’argent dorez, esmaillez de France, et une petite pipe d’argent doré.
Estimé 40 sous en 1124.
1. The Book of Hours of Yolande de Flanders, a manuscript of lhe fourteenth century in the lihrary of Henry Yates Thompson, with a description by S. C. Cockerell, and photogravures by Emery Walker. London, 1905, in-4", 20 p. et 9 pl. hors texte.
J’ai décrit ce volume dans les Mémoires de la Société de l’histoire de Paris, 1877, t. IV, p. 226-21219. — Il y a une reproduction de toutes les peintures, avec de très bons commentaires de M. Dewick, dans un fascicule in-folio de la Société Bradshaw.
La page sur laquelle est la signature du Roi est donnée en fac-similé dans le recueil de la Société paléographique, pl. 148 (t. III, pl. 77 dans les exemplaires classés systématiquement).
Ce qui peut faire le mieux apprécier le mérite des peintures de ce manuscrit est la reproduction qui se trouve, sous le n° XXXVI de l’ouvrage de M. Warner ( The illuminated manuscrits in the B7'itish Muséum), de la page sur laquelle est représentée la procession venant recevoir le Roi à l’entrée de la cathédrale de Reims.