N° 80, p. 206-209 du Catalogue de la seconde' série
côtés ; deux anges sonnent la trompette du jugement dernier, et les figures symboliques des évangélistes occupent les angles du tableau.
C’est le second volume d’un exemplaire de la Cité de Dieu qui, trouvé dans les dépouilles du grand maître Jean de Montagu, lut remis à Gilles Malet par ordre du duc de Guienne le 7 janvier 1410 (n. st.), comme l’atteste la note mise à la fin du ms. 174 : « Des livres de Marcoussis pour « monseigneur de Guienne, mis au Louvre en garde : « J. o’Aksonval. »
La Cité de Dieu qui avait appartenu à Jean de Montagu est indiquée dans les inventaires de la librairie du Louvre (B. 914 et 915, D. 925 et 926, E. 903 et 904, F. 201 et 202) et ainsi décrite dans celui de l’année 1 41 1 :
Item la première partie de saint Augustin de la Cité de Dieu, de la translacion maistre Raoul de Praelles, escripte en françois de bonne lettre de note à deux coulombes, commençant ou ne foillet et puis est mise et ou derrenier cion des aages de l’umain ; couvert de cuir vermeil empraint à bouillons, et ii fermoirs de cuivre dorez et tissuz de soye.
Item l’autre partie dudit saint Augustin de la Cité de Dieu, pareillement escripte, couverte et fermant comme dessus, commençant ou ne foillet et autres haultes matières et ou derrenier de loyaulté et d' équité.
Ces deux volumes furent estimés 32 livres en 1411.
Les livres I-X de la Cité de Dieu de saint Augustin, traduction française par Raoul de Presles.
Bibliothèque d’Angers, ms. 1 62.
Je copie la notice qu’ Auguste Molinier a consacrée à ce manuscrit dans le Catalogue général , t. XXXI, p. 243 :
« Saint Augustin. La Cité de Dieu, livres I à X, traduction de Raoul de Presles. Début : « O vous, très excel-
« lent prince Charles le quint. . . » — xiv6 siècle. Parchemin, 285 feuillets à deux colonnes, 486 sur 233 millimètres. Manuscrit autrefois luxueux, aujourd’hui très mutilé. Le premier feuillet, mutilé, avait un encadrement tricolore, et au bas deux lions en grisaille, dont l’un subsiste; la plupart des miniatures ont disparu, sauf deux aux fol. 193 et 220 ; ce sont des grisailles rappelant tout à fait celles des manuscrits de Charles V. Ce volume est peut-être le n° 297 de l’inventaire de la librairie du Louvre, édition de M. Delisle. »
Les Quarante Homélies de saint Grégoire et le « livre de Hue de Saint-Victor, qu’il fîst de l’arre de l’espouse, c’est de l’ame. » Traduction française de maître Pierre de Hangest.
Bibliothèque de l’Arsenal, n° 2247.
Volume copié en 1368, comme porte la souscription de Raoulet d’Orléans à la fin des Homélies de saint Grégoire :
Ci fine le livre que saint Grégoire pape fist des Omelies sur xl euvangiles exposées moult noblement; et fut parfait et escript par Raoulet d’Orliens, l’an de grâce mil CCC LXV1II, qui fut le quint an du règne du très noble roy Charles, roy de France, que Dieux vueille garder en corps et en ame de tous ennemis visibles et non visibles. Amen.
Il est enregistré sur tous les inventaires de la librairie du Louvre (A. 129, B. 130, D. 79, E. 78, F. 65). Voici la notice qui lui est consacrée dans l’inventaire de l’année 1411 :
Item les Omelies saint Grégoire, exposicions d’euvangiles; Hugues de Saint- Victor, de l’erre de l’ame; couvert de veluau inde, à deux fermouers d’argent dorez ; escript de lettre formée, en françois, commençant ou ne foillet du texte mes paroles, et ou derrenier touchier non mie.
Il fut estimé 2 livres en 1425.
L’initiale que le traducteur a mise en tête du Prologue des Homélies de saint Grégoire renferme une charmante petite miniature, qui représente le roi Charles Y recevant le livre des mains d’une dame agenouillée à ses pieds. Sur les rinceaux qui forment le fond du tableau sont accrochés deux écussons assez difficiles à déterminer : le premier peut être un chevron de sable sur un champ losangé d’argent et de gueules ; le second est peut-être un fascé. Les mêmes armes se retrouvent sur le quatrième feuillet, à côté de la même dame, qui reçoit la bénédiction de saint Grégoire. La dame ainsi représentée doit être celle à qui fut dédiée la traduction des Homélies de saint Grégoire. C’est, en effet, pour une dame que la traduction a été faite. Malheureusement, le copiste du manuscrit a remplacé le nom de la dame par un et cetera 1 dans la transcription du prologue dont les premières lignes peuvent trouver place ici :
A sa très chiere et devote en Jhesu Crist et cetera. Pluseurs se pourraient, et non mie senz raison, esmerveillier, considéré mon petit sens, et imputer à grant presumpcion, dont m’est venu que j’ay osé emprendre mettre en romanz et translater si très grand oevre comme sont les Omelies du très glorieus confesseur et docteur excellent de sainte eglyse saint Grégoire, pappe jadis de l’eglyse de Rome; ausquelz je puis respondre en vérité que à ce faire ne m’a esmeu nulle vaine presumpcion, mais vraie, simple et pure charité de Dieu que j’ay en vous, que je cognois estre très désirant de savoir et entendre la parole de Dieu et la sainte Escripture, en laquelle et par laquelle vous puissiez nourrir et repaistre vostre ame en l’amour et en la cognoissance de vostre créateur et avoir aucune consolacion esperituelle...
Ce Prologue n’a pas été reproduit dans l’édition qu’An-
1. La même lacune existe dans le ms. français 17079 de la Bibl. nat., qui pourrait bien avoir été copié d’après l’exemplaire de Charles V. — La dédicace n’est pas dans les mss. français 912 et 913.
toine Yérard a publiée en 1501 de la traduction des Quarante Homélies et dont un exemplaire imprimé sur vélin et enluminé aux armes de Henri VII, roi d’Angleterre, se conserve à la Bibliothèque nationale, n° 306 de la série des Vélins.
Ces deux traités de saint Grégoire et de Hugues de Saint-Victor furent traduits par maître Pierre de Hangest, comme nous l’apprend une note de la copie qui s’en trouve à la Bibliothèque nationale au fol. 179 du ms. français 913, lequel paraît avoir été exécuté à la fin du xive siècle.
Cy fenissent les xl Omelies saint Grégoire pape, qu’il fist sur xl leçons1 de la sainte euvangile, ou temps qu’il vivoit en cest siècle, lesqueles Omelies furent translatées de latin en françois par très honneurable clerc et de bonne mémoire maistre Pierre de Hangest, prevost en l’eglise d’Amiens et clerc et conseillier du roy nostre sire, pour la grant charité et affection qu’il avoit aus genz lays devos, à qui il vouloit estre manifesté et congneu le grant bien qui est ès dictes Omelies contenu, pour atraire plus ardanment les devos cuers des simples gens à l’amour de leur créateur.
Cy aprez s’ensieut le livre que maistre Hue de Saint Victor fist des erres de l’espouse, lequel livre li diz prevoz, meus de devocion et charité, translata de latin en françois pour l’aipour des cuers devos, qui ne pevent mie entendre le latin si plainement.
Le volume dont il s’agit a été décrit par M. Henry Martin dans le Catalogue des manuscrits de l’Arsenal, t. II, p. 455. — La première page du Prologue est reproduite dans mes Facsimïlés de manuscrits copiés et enluminés pour le roi Charles V, pl. IV.
La Bibliothèque nationale, sous les nos 91 2, 91 32, 1 3204 et 17079 du fonds français, possède quatre exemplaires de la traduction des Homélies de saint Grégoire, et deux
1. Dans ce mot et dans le mot françois qui se trouve deux fois au cours de cette souscription, le c est muni d’une cédille parfaitement caractérisée.
2. P. Paris, Les Manuscrits françois de la Bibliothèque du roi, t. VII, p. 227-229.
de ces manuscrits, les n03 913 et 17079, contiennent aussi la traduction du « livre que maître Hue de Saint-Victor fist des erres de l’espouse » . Il existe aussi au Vatican, n° 273 du fonds de la reine de Suède, un cinquième exemplaire des Homélies de saint Grégoire mises en français1 ; mais le manuscrit de l’Arsenal est le seul qui nous ait transmis le texte du Prologue.
Le savant historien de la cathédrale d’Amiens, M. Georges Durand, a bien voulu me communiquer des renseignements sur Pierre de Hangest, le traducteur des Opuscules de saint Grégoire et de Hugues de Saint-Victor. Dans l’ancien obituaire de l’église d’Amiens, ce personnage est absolument qualifié comme dans la note du ms. français 913 : « Obitus magistri Pétri de Hangesto, consiliarii domini regis, canonici et prepositi ecclesie Ambianensis. » Il figure, à la date du 1 6 juin 1 349, avec le titre de clerc et conseiller du roi, dans le Journal du trésor de Philippe de Valois2.
L’Épître consolatoire de Vincent de Beauvais, traduite en français.
Bibliothèque nationale, ms. français 1032.
Ce traité n’est point mentionné dans les inventaires de la librairie du Louvre. Il est cependant certain que l’épître de Vincent de Beauvais fut traduite en 1 374, et que la traduction en fut faite par l’ordre du roi. La date est formellement énoncée dans le titre (fol. 3 v° du ms. 1 032) :
Ci se commence l’Epistre consolatoire faite par frère Vincent de Beauvaiz, de l’ordre des Preescheeurs, et envoyée à très glorieux saint monseigneur saint Louys, jadis roy de France, à li envoyée
1. Ernest Langlois, Notices et extraits des manuscrits, t. XXXIII, part, n, p. 5 et 6.