Barrois, Bibliothèque protypographique, p. 224, n
Voir Notices et extraits des manuscrits, t. XXXI, part . I,
LXIY.
« La Glose Haly Abenrudian sur le Quadriperti « Ptholomé », mise en français, d’après la traduction latine de « Giles de Thebaldes, lombart b, suivie de « La « Sentence sus Centiloge de Ptolomé faite par maistre Guil- « laume d’Arragon. b
Bibliothèque nationale, ms. français 1349.
Exemplaire de la première moitié du xive siècle, répondant à l’article 300 de l’inventaire des joyaux de la couronne dressé en 1418 :
Item un autre livre en françois, appellé le Qudriparti Tholomé grossé par Haly, à deux fermouers de laton, et se commence ou secont feuillet mouvemens * celestiaux.
Le recolement de cet inventaire fait en 1 420 signale 1 absence du volume.
L’Image du monde.
Bibliothèque nationale, ms. français 2174.
Copie de la fin du xni6 siècle.
Mentionné dans tous les inventaires de la librairie du Louvre (A. 476, B. 500, D. 339, E. 379, F. 355). Ainsi décrit dans l’inventaire de l’année 1 41 1 :
Item l’Ymage du monde, rimé, escript de lettre de forme, à deux coulombes, commençant ou second fueillet et li malvais, et ou derrenier de Tholomeu le Soutil; couvert de cuir rouge, à deux fermouers de laton.
1 L édition de l’Inventaire donnée par Dougt d’Arcq ( Choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, t. II, p. 325) porte Monumens.
Estimé 8 sous en 142l4.
Traité sur la sphère, en français, divisé en 50 chapitres, suivi de divers écrits astrologiques de Pèlerin de Prusse et des horoscopes de Charles Y et des enfants de ce roi.
Collège de Saint-Jean à Oxford, n° 1 82! (CLXIV du Catalogue de Coxe).
Volume orné de deux peintures (fol. 1 et 33), qui représentent l’une Charles Y dans son étude, ayant devant lui un pupitre surmonté d’une sphère et derrière lui une armoire à livres; l’autre, le même roi, sur son trône avec une armoire à livres derrière lui ; il reçoit d’un religieux à genoux devant lui [Pelerin de Pruce], le livret d’astrologie; l’autre, le même roi, l’hommage du livret d’astrologie. La seconde miniature se fait remarquer par un encadrement tricolore quadrilobé. Les figures des nativités. ou horoscopes, qui occupent les fol. 158-160, ont été ajoutées après coup en lettres d’or. L’encadrement de la page consacrée à la nativité de Charles V est semé de K , de couronnes et de fleurs de lis ; sur les marges de la page relative à la nativité du dauphin Charles, depuis le roi Charles VI, on a peint les monogrammes KLS, des fleurs de lis et des dauphins bleus sur fond d’or.
Ce manuscrit est mentionné comme il suit dans l’inventaire de l’année 1 41 8 comme se trouvant à Vincennes, en l’étude du roi :
Un livre de parchemin couvert de velluyau royé vert, et signé du signet du roy Charles le quint, et y a atachée une cedule contenant ce qui s’ensuit : « La nativité de monseigneur le Daulphin, ainsné filz du Roy nostre sire, et la nativité de monseigneur Loys, second filz du Roy. » (H. 500.)
Une notice identique a été relevée par Menant1 dans le compte des commissaires préposés aux obsèques de Charles VI :
D’un livre de parchemin, couvert de veluyau royé vert et signé du signet du roy Charles le V, et y a attachie une cedule contenant ce qui s’ensuit : « La nativité de monsieur le Dauphin, ainsné filz du roy, et la nativité de monsieur Louis, second filz du roy; lequel n’a point esté prisé pour ce qu’il est de très petite valeur.
Voici, d’après le Catalogue de Coxe ( Catalogus codicum mss. collegii S. Joh. Bapt., p. 51 , n° CLXIV, dans le tome II du Catalogus codicum mss. qui in collegiis aulisque Oxoniensibus hodie asservantur) , et d’après les notes de M. Paul Meyer, la description du manuscrit d’Oxford, qui forme un petit volume sur parchemin, in-i°, de 4 et 1 61 feuillets :
I. (Fol. 1.) Traité sur la Sphère, en cinquante chapitres. « Ci commence l’Espère en françois. » Prologue : « La figure et la disposition du monde, le nombre et ordre des elemens et les mouvemens des corps du ciel... » Chap. i : « Le premier chapistre, de la figure du monde et de ses parties principauls. Le monde est tout reont aussi comme une pelote... »
IL (Fol. 33.) Traité astrologique sur les douze maisons des planètes, par Pèlerin de Prusse. Prologue : « En nom du très misericors et piteable Dieu nostre sires Jhesu Crist, vrai Dieu et homme, qui avecques le Père... Et pour ce je Pelerin de Pruce... Touteffois le très excellent et puissant prince et mon très redoubté seigneur monseigneur Charles, ainsné filz du roy de France, duc de Normandie et dalphin de Viennoys, duquel je estoie corne indigne et de ses mendres serviteurs pour le temps, moy commanda que je escrisisse briément et clerement en la langue françoise, de laquelle je ne say guères, aucunes riules et choses plus necessaires en la partie des jugemens de astrologie, des eleccions... Et pour acomplir le mandement de mon dit très redoubté seigneur, duquel ne ignorance ne autre occasion me puist accuser, je escriray soubz correction un petit livret, àmonpouoir, de la partie des eleccions, uquel je assembleray les plus communes et plus necessaires choses de la dite par-
1. Extraits de la Chambre des comptes, t. VIII, fol. 173. (Bibliothèque de Rouen, n” 5870 du Catalogue.)
tie, et especialment matières touchans la santé du corps et fait humain generalment; et causes royaulx et de princes pour garder naturelment leur commencement en quelconques matire... » — « Ce sont les parties profitables au fait royal et seigneurie, usées en la partie de revolucion des années. Encore a il aucunes parties usées en revolucion pour savoir choses en l’année qui doivent devenir chieres ou à grant marchié, et je les ai laissiées, car il ne font guères à nostre propos. Et je ay laissié ces trois fueillez vuis, afin, se il plaist, de exposer aucune chose, que elle soit ci escripte, etc. » — « Ci commence la seconde partie de ce livre qui tient les generales élections de douze maisons... » — Fin du traité : « Et ceste riule generale ai je mis au bout de ceste partie de cest livret des eleccions universelles de douze maisons, afin qu’elle soit la clef de toutes autres et fermeure, lesquelles je ai acompli par l’aide de Dieu à mon pouoir l’an de grâce 1361, le 11e de juillet, ascendant le 14 degré de Libre le Souleil à midi, etc., en la petite consergerie de l’ostel de monseigneur de Normendie, de coste Saint Pol lez Paris. »
III. (Fol. 111.) Traité de l’usage de l’astrolabe. « La science du firmament et du mouvement des estoiles... Pour ce, je ai, par commandement de mon très redoubté seigneur, très haut et noble prince, les proffis et generalz observances communément cheans en practique pour grant profit de la dicte science, mis en ce livret en langue françoise... — Et ainssi ay je Pelerin de Prusse, l’an 1362, le 9e jour de may, à l’eure de prime, par l’aide de Dieu, acompli les proffiz et chapitres de la practique de astrolabe briefment et simplement, tant seulement par usage de astrolabe, sans meller ouvrages et besoingnes estrainges par guise de calculacion, afin que les ouvrages soient simples et de chascune personne entendables. Explicit. »
IV. (Fol. 119.) « Ci comence le prologue de Alchabiz, introducteur as jugemens des estoiles, interprété de Johan de Hispalense, qui le translata de arabis en latin. Require de Nostre Seigneur prolixité de vie et du glaive de son reigne durableté de son honeur... — ... Ce sont toutes les choses qui eschieent de parties. Et avons mis ces parties desrenieres, afin que nous ne lession aucune chose de l’introductoire, ja soit ce que la narration en soit fieble. Nostre introductoire, dit Pellerin, est parfait avec la loenge et aide de Dieu. Deo gracias. »
V. (Fol. 155 et 156.) Listes relatives aux signes du zodiaque.
VI. (Fol. 158.) Tables des nativités de Charles V et de ses enfants. « Figura nativitatis serenissimi regis Francorum Karoli, anno Domini 1338 post meridiem, 22e diei Januarii, hora 17, minuta 36...
Figura nativitatis serenissimi principis Karoli delfini Vienne, filii illustrissimi regis Francorum Karoli, anno Domini 1368 post meridiem, 2e diei Decembris... Figura nativitatis serenissime domine Marie de Francia, filie illustrissimi regis Francorum Karoli, post mediam noctem precedentem hora 2, minuta 52, et hoc fuit post meridiem 26 diei Februarii, hora 9, minuta 51... Figura nativitatis serenissimi principis Ludovici comitis de Valoys anno Domini 1372, 12 Marcii, que fuit dies Veneris, post meridiem 11 diei, hora 13, minuta 8, que fuit dies Jovis in nocte sequente... Figura nativitatis domine Ysabelle, filie illustrissimi regis Francorum Karoli, anno Domini 1373, die 23 Julii, die sabbati post meridiem.. »
M. Delachenal m’a communiqué la photographie des pages de ce manuscrit relatives aux horoscopes des membres de la famille royale, qui doivent lui fournir la matière d’un mémoire très intéressant.
La Géomancie de Guillaume de Meerbeke, mise en français par Gautier Le Breton.
Bibliothèque du Collège de la Trinité à Cambridge, n° 1 447 .
Exemplaire original, à la fin duquel se lisent ces lignes :
Le livre de Geomancie est achevé, que frère Guillaume de Morbec, de l’ordre des Frères Prêcheurs, jadis penancier du Saint Père, translata du grec en latin. Et Gautier Le Breton, clerc, ne de Basqueville-le-Martel, demeurant à Évreux en Normandie, le translata du latin en françois, et escript u chastel de Dangu, à la prière de noble et puissant baron monseigneur de Preaus, et avec ce les autres choses ensuivantes, lesqueles escriptures, tant devant alantes comme après ensievans, furent escriptes u lieu desus dit, 1 an de grâce 1347, dont Dieu soit loé. Amen.
Ce volume, inscrit dans tous les inventaires de la librairie du Louvre (A. 61, B. 62, D. 32, E. 31 et F. 20), est ainsi décrit dans celui de l’année 1411 :
Item Geomencie bien escripte et bien enluminée, couvert et fer-
mant semblablement1, escripte de lettre de forme, en françois, commençant ou ne fueillet le scorpion, et ou derrenier se tu veulz savoir.
Estimé 20 s. p. en 1424.
Le seigneur pour qui le présent manuscrit fut exécuté en 1 347 était Pierre de Préaux, qui, cette même année, était capitaine des frontières du pays de Caux2.
Voir Montague Rhodes James, The Western manuscripts in the library ofTrinity College, Cambridge ; vol. III, p. 492, n° 1447. C’est à l’ouvrage de M. R. James que j’ai dû la connaissance de ce précieux manuscrit.
La Géomancie de Guillaume de Meerbeke, traduite par Gautier Le Rreton n’était pas le seul livre de Pierre de Préaux qui fût arrivé entre les mains de Charles Y. Il faut attribuer la même origine à des Heures qui se trouvèrent en 1 380 à Vincennes dans l’étude du roi et qui furent ainsi inventoriées :
Ung livre où sont les Heures de Saint Esperit et de la Passion, très bien ystoriées de blanc et de noir, à deux aiz d’argent, dorez, où d’un costé est saincte Katherine et d’autre saincte Marguerite, aux armes de Preaulx et des Crespins3.
Le Contenant de Rhasès.
Ribliothèque nationale, ms. latin 6912.
Énorme manuscrit, en caractères boulonnais, qui primitivement consistait en deux volumes, et que Raluze coupa en cinq tomes, quand il le fit relier en maroquin rouge aux armes de Colbert.
1. C’est-à-dire : « Couvert de soye tannée, ouvrée d’arbres vers et roses blanches, à deux fermouers d’argent doré. »
2. Demay, Inventaire des sceaux de la collection Clair ambault, t. II, p. 484, n° 7405.
3. Inventaire du mobilier de Charles V, éd. J. Labarte, p. 317, n° 3045. — Le domaine de Dangu, qui avait appartenu à la famille des Crespin, échut par mariage à la famille de Préaux.
L’ouvrage qu’on a souvent appelé le Contenant de Rhasès est l’Encyclopédie médicale en vingt-cinq livres, intitulée El-Havi, qui a pour auteur Mohammed Abou Bekr Ibn-Zacoria, plus connu sous le nom de Rhasès.
Charles d’Anjou, en ayant reçu du kalife de Tunis un exemplaire du texte arabe, le fit traduire par le juif Farag, originaire de Girgenti, qui exécuta son travail en 1278 et 1279. L’exemplaire destiné au roi fut achevé en 1282, sous la direction d’un Français, au service du prince angevin, qui s’appelait Jean de Neelle, et qui nous est connu non seulement par des pièces de comptabilité1, mais encore par la souscription mise à la fin d’un petit livre de chroniques, arrivé à la Bibliothèque nationale (n° 5005 A du fonds latin) :
De mandato magistri Johannis de Nigella, physiciani sanctissimi et invictissimi domini regis IAaroli, et cappellani domini pape, ego Angélus Alberti, notarius, hune librum scripsi et exemplavi2.
C’est au comte Paul Durrieu que revient l’honneur d’avoir définitivement identifié le Rhasès du roi de Sicile avec le ms. latin 6912 de la Bibliothèque nationale. On lit en effet, à la fin du dernier volume, la souscription du copiste : « Liber scriptus per manum Angeli de Mar- « chia3, » et le titre final, ainsi conçu, a été tracé en onze lignes sur le fol. 189 v° :
Explicit translacio libri Elhavy in medicina, conpilati per Mahumed Bizaccaria Elrazi, facta de mandato excellentissimi regis IAaroli, glorie gentis christiane, corone filiorum baptismatis et luminis peritorurn, per manus magistri Faragii judei, filii magistri Saleni de
1. Ces pièces ont été analysées par le comte Durrieu dans le mémoire intitulé Un portrait de Charles I " d’Anjou, roi de Sicile, frère de saint Louis, peint à Naples en 1282, par le miniaturiste Jean, moine du Mont Cassin ( Gazette archéologique, année 1886, p. 193-201).