‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 155 sur 219 · Pages · texte numérisé non relu

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faisaient déjà juger de la valeur du livre que le Séminaire de Soissons a recueilli dans les dépouilles de l’abbaye de Notre-Dame. Il a sa place marquée parmi les plus beaux manuscrits français du xive siècle, et je me félicite d’avoir pu l’examiner assez attentivement pour y remarquer une particularité qui m’en a révélé toute l’histoire.

Au bas du dernier feuillet, on aperçoit les traces d’une signature soigneusement grattée. En présentant le feuillet à une vive lumière, j’ai cru reconnaître que le mot effacé était JEHAN, et que ce mot avait été tracé par le frère de Charles Y, Jean, duc de Berry, dont la Bibliothèque nationale possède environ une centaine de signatures, les unes au bas de mandements ou de quittances, les autres sur des livres qui ont appartenu à ce prince1. Pour vérifier ma conjecture, j’ai recouru aux inventaires de la librairie du .duc de Berry. Dans celui qui a été dressé en 1 41 3, et qui forme le registre K K 2o8 des Archives nationales, on trouve un article ainsi conçu :

Item un livre des Miracles Nostre-Dame, escript en françois de lettre de fourme et noté en aucuns lieux. Et au commancement du second fueillet a escript Comment que...; lequel monseigneur a eu du Roy2.

Cette description convient à merveille au. manuscrit du Séminaire de Soissons, qui renferme bien le texte français des Miracles de Notre-Dame, copié en lettre de forme, avec des airs notés en musique. Mais il y a plus : cette description ne peut s’appliquer à aucun autre exemplaire. En effet, le volume décrit dans l’inventaire avait en tête du second feuillet les mots Comment que, et dans le manus-

1. Un examen ultérieur que j’ai pu faire en 1904 ne laisse aucun doute sur cette lecture ; il a permis de constater qu’au-dessus de la signature avaient été tracés les mots : Ce livre est au duc de Berry.

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