Voir la seconde partie, p. 258*, n
crit de Soissons le second feuillet commence par le vers :
Comment que die Evam ou Eve.
A moins d’un hasard fort extraordinaire, on ne saurait admettre que, dans deux copies du poème de Gautier de Coinci, le second feuillet ait exactement commencé de la même manière. D’ailleurs, je n’ai pas seulement à invoquer l’identité des premiers mots du second feuillet; il ne faut pas perdre de vue la signature dont j’ai aperçu les vestiges à la fin du volume. Ces deux observations viennent à l’appui l’une de l’autre et prouvent jusqu’à l’évidence que le manuscrit du Séminaire de Soissons est celui qui fut inscrit au commencement du xve siècle sur l’inventaire de la librairie de Jean, duc de Berry.
C’était du roi que le duc de Berry tenait le livre des Miracles de Notre-Dame. L’article d’inventaire que j’ai cité plus haut l’atteste formellement : lequel monseigneur a eu du roy. N’y aurait-il pas lieu de supposer que le livre des Miracles a d’abord fait partie de la bibliothèque de Charles Y? Des documents authentiques vont encore nous permettre de résoudre ce second problème.
Les deux plus anciens inventaires de la librairie du Louvre1 mentionnent un exemplaire des Miracles de Nostre- IJame, rimé, couvert de veluyau inde, bien es crit et historié. C’est incontestablement l’exemplaire qui passa un peu plus tard chez le duc de Berry. En effet, dans l’un des inventaires de Charles Y, les mots Monseigneur de Berry ont été ajoutés sur la marge, en regard de l’article relatif aux Miracles de Notre-Dame, et quand Jean Le Bègue vérifia, en 1 41 1 , l’état de la librairie du Louvre, il constata l’absence des Miracles de Notre-Dame, « lequel livre, ajoute-t-il, fut baillé à mons. de Berry, comme appert par lettres signées B. ».