‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 167 sur 219 · LXXXVII-LXXX VIII · texte numérisé non relu

LXXXVII-LXXX VIII

La Vie de saint Rémi, traduite en vers français par Richier.

Deux exemplaires à Rruxelles dans la Ribliothèque royale de Relgique1 : l’un coté 6409 (aujourd’hui 3349) du commencement du xive siècle, l’autre coté 5365 (aujourd’hui 3348) du milieu du même siècle. Celui-ci porte au bas de la première page2 deux écussons supportés chacun par deux lions : sur le premier les armes de France aux fleurs de lis sans nombre; sur le second, bordé de gueules, un écartelé de France et de Dauphiné, ce qui a fait supposer à M. Paul Meyer que le ms. 5365 a été copié du temps que Charles, fils du roi Jean, était dauphin et duc de Normandie.

Ces deux manuscrits sont enregistrés dans les inventaires de la librairie du Louvre, le premier sous les cotes A. 1 40, R. 141, D. 89, E. 87, F. 74; le second sous les cotes A. 127, R. 128, D. 83, E. 81, F. 68.

Ils sont ainsi décrits dans l’inventaire de 1 41 1 :

I. Item la Vie saint Remi, couverte de soye, qui jadiz fu de drap d’or, à deux fermouers d’argent, escripte de lettre formée en françois et rymée, commençant ou ne foillet que un homs3, et ou derrenier ne furent.

II. Item la Vie saint Remi, couverte de drap d’or, rymée, escripte de lettre formée, en françois, commençant ou ne foillet aux François, et ou derrenier quaspre vengence, à n fermouers, l’un d’argent et l’autre de laton.

1. Je parle de ces deux manuscrits d’après la notice que M. Paul Meyer en a publiée dans les Notices et extraits des manuscrits, t. XXXV, part. I, p. 118-130.

2. Une phototypie de cette page est insérée dans les Notices et extraits des manuscrits, t. XXXV, part. I, en regard de la p. 117.

3. Le ms. 6409 porte : Que nus hom. Le rédacteur ou le copiste de l’inventaire a cru lire uns au lieu de nus.

Le premier fut estimé 12 sous en 14214 et le second 1 livre 4 sous.

Les Grandes Chroniques de France.

Bibliothèque de Sainte-Geneviève, n° 782.

C’est le plus ancien exemplaire connu des Grandes Chroniques, celui dans lequel le texte s’arrête à la mort de Philippe-Auguste et qu’on suppose, non sans raison, avoir été présenté à Philippe le Hardi par Primat, moine de Saint- Denis. A la fin des Chroniques (fol. 326 v°), miniature sur laquelle est représenté l’auteur offrant son livre au roi1. Au-dessous nous lisons la pièce de vers français « Philippes roi de France, qui tant ies renommez » , et la pièce de vers latins Ut bene régna regas..., qui permet de supposer que, sur la page suivante, se trouvait une copie des Enseignements de saint Louis. Ce document a disparu et a fait place à des cahiers de date plus récente, qui renferment la Vie de saint Louis en français, d’après Guillaume de Nangis.

Il n’est pas démontré que ce manuscrit ait fait partie de la librairie du Louvre. Les articles que les inventaires de cette librairie consacrent aux Chroniques de France sont trop vagues pour donner une base solide aux identifications. Mais c’est d’après le ms. 782 qu’a été faite pour le roi Charles V la copie des Grandes Chroniques contenue dans le ms. français 281 3 de la Bibliothèque nationale.

Sur- les principaux manuscrits des Grandes Chroniques et sur l’usage qui en a été fait pour déterminer l’origine de cette célèbre compilation, voir l’ouvrage de M. Molinier, Les Sources de l’histoire de France , t. III, p. 97-100, et t. IV, p. 21-23.

1. Cette miniature est reproduite en tète du tome XXIII du Recueil des historiens.

Le manuscrit de Sainte-Geneviève contient nombre de particularités prouvant jusqu’à l’évidence qu’il est le prototype du beau manuscrit des Grandes Chroniques fait pour le roi Charles V (ms. français 2813, ci-dessous, art. XC). A beaucoup d’endroits, sur les marges, se voit la note HIST . , tracée au crayon pour faire réserver dans une nouvelle copie des Grandes Chroniques la place des histoires qui devaient illustrer la nouvelle copie. Or, les miniatures ainsi prévues se trouvent, à peu près sans exception, dans le ms. 2813, à la place annoncée par la note HIST. sur les marges du manuscritîde Sainte-Geneviève.

Sur le tableau suivant, on trouvera le sujet de ces miniatures, suivi dans une première colonne du renvoi à l’édition de Paulin Paris, dans la deuxième du renvoi à la page du manuscrit de Sainte-Geneviève 783 où la place à réserver pour une miniature est indiquée par la note HIST., et dans la troisième le renvoi à la page du manuscrit 281 3 où la miniature a été intercalée.

Invasion des Normands . . .

Baptême de Rollon .

Couronnement de Louis d’Outre-Mer Entrevue du pape et du roi Philippe Plaintes des vassaux de Louis le Gros Meurtre du comte de Flandre Couronnement de Philippe-Auguste Secours demandés par les chrétiens

d’outre-mer .

Défection du corps de saint Denis .

La guerre de Flandre .

Édition.

Ms. 783.

Ms. 2813.

iii,

iii,

iv,

iv,

iv,

iv,

L insertion dans le ms. 281 3 de ces dix miniatures, conformément aux indications marquées sur les marges du ms. 783, n est pas la seule preuve que le premier manuscrit est une copie du second. D’autres notes du manuscrit de Sainte-Geneviève prescrivent des suppressions ou des

modifications qui ont été fidèlement exécutées dans le manuscrit 2813. Voici en quels termes le directeur du tiavail avertit le copiste :

Fol. 202. Henri, ne- faites ci p[oint] de capitres, usque ad signum..., car ces chapitres ne servent ci de riens.

Fol. 209. Henri, ne lessiez ci point ystoire.

Fol. 212. Henri, metez ci les chapitres i, puis après chascun en son lieu.

Ces prescriptions ont été fidèlement observées dans le ms. 2813, fol. 168. De même la recommandation, inscrite sur les fol. 152 et 155 v° du ms. 783, de laisser vide (en copiant les chapitres i et v du livre V des faits de Charlemagne) la place nécessaire pour intercaler à chacun de ces deux endroits une double histoire l. Aussi voyons-nous, dans le ms. 2813, sur les fol. 121 et 124 v°, à propos de la mort de Roland, une miniature divisée en deux compartiments qui occupera toute la largeur du cadre de justification de la page.

^a parenté entre les deux manuscrits ne saurait être plus rigoureusement établie.

Des notes ajoutées sur les fol. 202, 209 et 212 du manuscrit de Sainte-Geneviève, il résulte que le calhgraphe choisi pour exécuter une copie de ce manuscrit s’appelait HENRI; c’est, je crois, d’après cet indice que Paulin Paris a attribué l’exécution de la première partie du ms. 281 3 à Henri du Trévou. L’identification est admissible, quoiqu’il soit difficile de reconnaître des caractères d’individualité aux chefs-d’œuvre dus à la plume de calligraphes aussi habiles que Henri du Trévou et Raoul d’Orléans, tous deux écrivains attitrés de Charles V.

1. Au fol. 152 et au fol. 155 v» du ms. de Sainte-Geneviève, on lit une note ainsi conçue : Hyst. double, XXVI Unes.

« Ce sont les Croniques de France selon ce qu’il

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