‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 208 sur 219 · Comptes de l’argenterie, par Douët d'Arcq, p · texte numérisé non relu

Comptes de l’argenterie, par Douët d'Arcq, p

ADDITIONS ET CORRECTIONS

Biblie et aliorum librorum in gallicoL » L’expression la Bible qu'il fait faire nous autorise à supposer qu’une aussi grosse somme était mise à la disposition d’un chef d’atelier.

Vers la même époque, un autre enlumineur, Jean Susanne, avait fait preuve de son habileté {attenta sufficiencia Johannis Susanne), sans avoir peut-être encore été suffisamment payé de ses services. Le roi, par charte datée de l’hôtel de Nêle, le 30 octobre 1350, lui conféra la charge d’enlumineur de ses livres en lui assignant sur la recette de Rouen une pension viagère de deux sous par jour, plus cent sous par an pour ses robes1 2. Je ne connais pas d’autre mention de cet artiste.

Je suis un peu mieux renseigné sur le troisième enlumineur, Jean Le Noir3, qui avait associé à ses travaux sa fille Bourgot. C’est probablement lui qui, antérieurement à l’année 1358, avait enluminé pour Yolande de Flandre, comtesse de Bar, 1 admirable petit livre d’heures dont les principaux feuillets historiés, sortis du cabinet de Ruskin, ont été recueillis par M. H. Yates Thompson4 5. Un peu avant l’année 1358, il quitta le service de la comtesse Yolande pour entrer à celui du roi de France; il en fut récompensé par la donation que le regent Charles, duc de Normandie, fit au père et à la fille d’une maison ou manoir séant à Paris, en la rue de Trousse-Vache0.

Un des trois enlumineurs qui viennent d’être nommés a dû être chargé de l’illustration de la Bible glosée de Jean de Sy. Toutes réflexions faites, je suis porté à proposer le nom de Jean Le Noir, que le comte Durrieu a cru pouvoir considérer comme « un des plus hauts représentants de son art6 »; mais il faudrait établir une comparaison entre la Bible et les Heures d’Yolande. Malheureusement, les eaux de la Tamise ont tellement souillé les Heures que la comparaison est bien difficile à faire, surtout pour qui n’a pas en même temps sous les yeux le manuscrit de la Bibliothèque nationale et celui de M. Thompson.

La Bible de Jean de Sy, quel qu’en ait été l’illustrateur, est un

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