Second sériés of fifty mss. of H. Y. Thompson, p
ADDITIONS ET CORRECTIONS
calendrier d’un Missel de cette église conservé au Musée britannique, n° 2891 du fonds Harley, lequel ms. 2891 paraît bien venir de Jean duc de Berry et répondre au n° 68 de 1 Inventaire général des livres de ce prince. — L’anniversaire des compagnons de saint Louis, tués à la bataille de Mansurah en 1251, est marqué au 6 avril, comme dans le Bréviaire de Philippe le Bel.
p. 189. — Deux peintures du très beau Bréviaire de Charles V ont été publiées dans Y Histoire de l'art , t. III, p. 133 et 134.
P. 192, n° XXV. — La collection Morgan, à New-York, contient un charmant petit Bréviaire franciscain, dont les miniatures sont quadrilobées, à bordures tricolores. Je suis porté à croire qu’il est analogue au ms. du Vatican, n° 603 du fonds d’Urbin, et qu’il est la réplique d’un livre fait pour la chapelle du roi. Le catalogue publié en 1906 par M. Pierpont-Morgan contient sous le n° 12 la reproduction en couleurs de trois pages où se trouvent les miniatures de l’Ascension et du supplice de saint Jean 1 Évangéliste.
P. 215, 1. 3. — Au lieu de : 1391, lisez : 1371.
P 221 et 222. — On peut voir deux miniatures de la Cité de Dieu (mss. français 22912 et 22913) dans l’étude du comte Durrieu, t. III, p. 135 et 136. — P. 221, 1. 4, au lieu de : qui sera, lisez :
qui sert.
P 223 et 224, article XXXVIII. — Sur le vu de la photographie du frontispice du ms. 162 d’Angers, je crois bien que c’est un livre de Charles V.
p. 236. Le frontispice du manuscrit des Voies de Dieu a été
reproduit par le comte Durrieu (t. III, p. 126).
p. 262. Le comte Paul Durrieu (t. III, p. 125) a donne la minia¬
ture de présentation de l’exemplaire de Y Information des princes,
copié en 1379.
P. 275, article LXXIII. — Dans cette notice, j’ai montré :
1° Qu’au n° 877 de l’Inventaire général des livres de Charles V correspondait un manuscrit qui avait reçu en 1682 le n° 10262 sur l’inventaire des manuscrits du Roi et qui avait disparu, un peu avant 1848;
ADDITIONS ET CORRECTIONS
2° Qu à la suite du vol, il avait été coupé en trois morceaux, dont les deux premiers (la relation du Voyage de Mandeville et la Préservation d épidémie, par Jean de Bourgogne) avaient formé deux volumes de la collection Barrois, les n°B 24 et 185; lesquels ont été rachetés en 1888 et ont pris à la Bibliothèque nationale les nos 4515 et 4516 du fonds français des Nouvelles acquisitions;
3° Que le troisième morceau consistait en feuillets contenant onze rondeaux faits par un amant pour sa maîtresse et dont le sort était inconnu quand j’écrivais la notice LXXIII.
Le 7 novembre 1907, M. Seymour de Ricci m’a fait savoir qu’il venait de reconnaître que les feuillets contenant les onze rondeaux étaient reliés dans le ms. latin 737 des Nouvelles acquisitions, lequel était le n° 263 de la collection Barrois et avait été acquis en 1901 à la vente de cette collection par M. Omont pour la Bibliothèque nationale.
P. 279. — L 'Histoire de l'art (t. III, p. 121) contient une réduction de la miniature jointe à la légende de saint Taurin dans le Miroir historial qui a appartenu au roi Jean.
P. 314. Deux miniatures des Grandes Chroniques de France (ms. français 2813) sont données en réduction dans l’étude de M. le comte Durrieu (t. III, p. 127 et 129).
P. 317, n° XCII. Je regrette de n’avoir pas pu examiner 1 exemplaire des Grandes Chroniques qui a été signalé comme renfermant les traces d’une signature attribuée à Charles V ou à Jean, duc de Berry, et qui a été copié par Perrin Le Cerf.
P. 337-347. — Faux autographes de Charles V et du duc de Berry. Quand j’ai démontré la fausseté des prétendues lettres adressées à Gilles Malet par Charles V et le duc de Berry, j’aurais dû signaler les notes qu’un faussaire a tracées sur un ancien manuscrit pour faire croire que ce manuscrit avait fait partie des librairies de Charles V et du duc de Berry. C’est une lacune qu’il est indispensable de combler, d’autant plus qu’au moment même ou l’imprimeur m’envoyait l’épreuve de ces Additions et corrections j’apprenais de source certaine que ce manuscrit si audacieusement falsifié se trouvait encore aujourd’hui dans le cabinet d’un amateur anglais et qu’il y pouvait passer, comme autrefois chez Barrois
ADDITIONS ET CORRECTIONS
et chez le comte d’Ashburnham, pour une relique des librairies de Charles Y et du duc de Berry. J’en avais cependant démontré la fausseté dans la Bibliothèque de l’École des chartes en 1901, aussitôt après la vente de la Collection Barrois.
Mon avertissement n’empêcha pas cependant un libraire d’en faire l’acquisition quand il reparut dans une vente faite à Londres le 1er juin 1907, quoique, le 10 du mois précédent, à la nouvelle de cette seconde vente, j’eusse renouvelé ma dénonciation par une note communiquée à l’Académie des inscriptions et reproduite dans les journaux anglais par les soins de M. S. C. Cockerell.
Voici les parties essentielles des observations publiées en 1901 dans la Bibliothèque de l’École des chartes.
J’ai déjà eu plus d’une fois l’occasion de montrer avec quelle défiance il convient d’examiner les volumes ayant fait partie de deux collections du comte d’Ashburnham, le fonds Libri et le fonds Barrois. En effet, il est aujourd’hui reconnu, non seulement qu’un assez grand nombre de ces manuscrits proviennent de vols, mais encore qu’on a fait subir à beaucoup d’entre eux des mutilations pour que l’origine en fût mieux dissimulée, et qu’on y a ajouté de fausses notes pour en rendre la vente plus lucrative et donner une plus entière satisfaction à la curiosité d’amateurs plus avides qu’avisés. Le hasard vient de faire découvrir un nouvel exemple de ces fraudes criminelles.
Le 11 juin dernier, à la seconde vacation de la vente aux enchères des manuscrits du fonds Barrois, un libraire de Londres s’est fait adjuger, pour la somme de 66 livres sterling (1,660 francs), un volume de cette fameuse collection : the famous Collection of manuscripts the property of the Right Honorable the earl of Ashburnham, known as the Barrois collection, comme porte le Catalogue publié par la maison Sotheby, Wilkinson and Hodge. Le manuscrit dont il s’agit était ainsi désigné sur le Catalogue distribué avant la vente :
Ethimologiæ moraliter distinctæ. (CXCI). Small folio. Regin : « In Scriptura sacra terrae nomine aliquando soliditas pat ri a; cælestis intelligitur. »
Ms. of the foürteenth century, on vellum, ff. 63, written in neat gothic letters, double columns of 42 fines, with 11 richly painted and illuminated, historiated initials, with spirals and grotesques, of an unusual character, and numerous ornamental penletters. On the first and last letters are the arms of Charles V (France ancienne), and on the last leaf his autograph inscription : Ce livre est a ns. Charles V du nom roy de France.
ADDITIONS ET CORRECTIONS
Charles, and the signature of liis son John duc de Berry « Jehan » only. A VERY INTERESTING VOLUME. Red moroCCO.
Cette description, à quelques mots près, est l’exacte reproduction de la notice consacrée au même manuscrit dans le Catalogue que 1 ancien comte d’Ashburnham avait fait rédiger et luxueusement imprimer en un volume in-quarto. La reproduction est si fidèle qu’on n’a pas même songé à rectifier la qualification de fils de Charles V attribuée à Jean, duc de Berry. La seule modification qu’on s’est permise a consisté à annoncer en lettres capitales que le manuscrit est orné de onze initiales historiées, richement peintes et enluminées, avec spirales et grotesques d’un caractère inusité, et nombreux ornements tracés à la plume. La réclame finale, Très intéressant volume, en grosses lettres, est encore une addition imputable au préparateur de la vente.
Le libraire qui s’est fait adjuger le manuscrit espère sans doute en tirer un bon bénéfice. Il l’a communiqué à un amateur parisien, qui, avant de conclure le marché, a prudemment consulté un fonctionnaire du Département des manuscrits, M. C. Couderc. Celui-ci n’eut pas plus tôt jeté les yeux sur la note de Charles V et la signature du duc de Berry qu’il n’hésita pas à en déclarer la fausseté. Il voulut bien me consulter à ce sujet : je n’eus qu’à le féliciter de la perspicacité avec laquelle il avait découvert une falsification, exécutée d’ailleurs avec une rare perfection.
Mais, en ouvrant le manuscrit, je fus frappé de la forme des chiffres employés pour en numéroter les feuillets. J’y reconnus du premier coup d’œil la main d’un commis qui a folioté beaucoup des manuscrits du Roi au commencement du xvme siècle. Pour moi, il était dès lors certain que le manuscrit nous avait été volé : il appartenait à la même catégorie que les soixanteneuf articles du fonds Barrois rachetés en 1888 par la Bibliothèque nationale, articles dont la frauduleuse origine a été publiquement reconnue par les « Auctioneers » chargés de vendre le dernier lot des collections de lord Ashburnham ; voici en quels termes ces « Auctioneers » ont caractérisé les manuscrits recouvrés par nous en 1888 : « Volumes which M. Delisle, chief librarian of the Bibliothèque nationale in Paris, conclusively proved to hâve belonged at some time or other lo that institution. » Pour pouvoir démontrer péremptoirement que le ms. Barrois 191 était bien la propriété de la Bibliothèque nationale, je recourus à la liste des manuscrits de notre fonds latin dont l’absence avait été
ADDITIONS ET CORRECTIONS
constatée en 1848 par M. Hauréau. J’y trouvai, tout au commencement, la mention du n° 589 A, dont le signalement répond exactement au manuscrit dont je m’occupe en ce moment. Voici en quels termes le ms. 589 À est enregistré dans le Catalogue de nos manuscrits latins publié en 1744 :
DLXXXIX A.
Codex membranaceus, quo eontinetur vocabulorum quorumdam quæ in libris sacris occurrunt explicatio tropologica, allegorica et moralis.
Is codex decimo tertio sæculo videtur exaratus.
Le titre ainsi libellé dans notre Catalogue de l’année 1744 est bien l’équivalent du titre consigné dans le catalogue du fonds Barrois. S’il restait quelques doutes à ce sujet, ils disparaîtraient à la lecture du début du texte copié dans le manuscrit Barrois :
Incipiunt capitula libri primi.
De terra i. — De humo n. — De glebis ni. — De sulcis mi. — De pulvere v. — De monte vi. — De collibus vu..., etc., etc.
Expliciünt capitula.
Incipit liber primus. De terra.
In Scriptura sacra terre nomme aliquando soliditas patrie celestis intelligitur, alias sancta Ecclesia, alias sinagoga, alias gentilitas, alias anima justi, alias anima peccatrix, alias caro, alias terrena cogitatio, alias humana anima, alias peccator quilibet, alias subjecta plebs, alias humanitas Christi, alias infernus, alias Christi caro, alias hii qui terrenis actibus occupati sunt, alias terrena actio...
Le manuscrit Barrois contient donc bien l’ouvrage que nous savons avoir existé dans notre ms. latin 589 A, et, comme les feuillets du manuscrit Barrois ont reçu des cotes de la main d’un commis de la Bibliothèque du Roi, il est de toute évidence que le manuscrit Barrois n’est autre que notre ms. latin 589 A, disparu depuis un peu plus de cinquante ans.
Le pourvoyeur de Barrois qui a volé ou fait voler notre manuscrit n’aura pas eu de peine à en faire disparaître la cote 589 A soulignée d’une accolade. — Le vol commis, il s’est adressé à un habile artiste pour donner au volume l’aspect d’un livre ayant fait partie des deux plus célèbres librairies princières du moyen âge, celle du roi Charles V et celle de Jean, duc de Berry. Au bas de la première page, il a fait peindre un écu seme de fleurs de lis sans nombre, qui recouvre peut-être le petit timbre de la Bibliothèque du Roi. Les mêmes armes ont été ajoutées sur la dernière
ADDITIONS ET CORRECTIONS
page, et cette même page a reçu, admirablement calligraphiées :
1° Une prétendue note autographe de Charles V :
Ce livre est a n9 Charles Ve du non Roy de france.
CHARLES
2° Une prétendue signature autographe de Jean, duc de Rerry :