LIVRES CONFISQUES
de Charles le Mauvais. On peut en dire autant de ceux de Jean de Marigni, malheureux médecin qui fut exécuté en 1 378 1 2 .
Nous aimons à croire que des moyens aussi rigoureux furent rarement mis à profit pour enrichir la librairie du Louvre. En effet, il est certain que la plupart des manuscrits qui la remplissaient furent achetés ou copiés par Charles V. Ce prince se fit céder par les moines de Saint- Lucien de Beauvais une très belle bible latine, bien écrite et bien historiée3 4. En 13721, il acheta de Jean Golein, pour 500 francs, une bible en deux volumes et deux Concordances3. L’année suivante, il ordonna de payer 50 francs pour un exemplaire du livre de Thomas de Cantimpréb Frédéric Confier lui fit venir trois grands volumes de vies de saints qui lui avaient été vendus par les Jacobins de Venise5.
En 1372, il se fit remettre par Gérard de Montaigu des livres hébraïques qui étaient déposés au Trésor des chartes, et dont les uns furent incorporés dans la librairie du Louvre et d’autres prêtés à des Juifs, notamment à un nommé Menecier. Huit volumes hébreux furent mis à la disposition de l’astrologue du roi, maître Thomas de Boulogne6.
Jean de Neufchâtel, chanoine de Saint-Merri, mort le 31 mars 1380, laissait une collection d’environ 80 manuscrits, qui, par ordre du roi, furent portés à l’hôtel de
1. Le 7 septembre 1378, le roi ordonna de payer le salaire dû à un sergent à verge du Châtelet, pour avoir gardé « maistre Jehan de Marigny, phisicien, prisonnier oudit Chastellet, qui pour ses démérites a esté excequtez. » Mandements de Charles V, p. 873, n° 1785.