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Voir l’Appendice, IX

ORIGINE DES LIVRES

Gilles Malet, pour que celui-ci pût choisir et retenir les volumes utiles à la librairie royale1.

M. Omont a reconnu trois articles de l’inventaire de Jean de Neufchâtel qui paraissent bien avoir été retenus par Gilles Malet et qu’on reconnaît sur l’Inventaire du Louvre :

1. L’Istoire de Troyes la grant, versefiée en françois, commençant ou ne feuillet pour ce qu’il vit. — (N° 1207 de mon édition de l’Inventaire des livres de Charles V.)

4. Un texte du livre des Sentences, commençant ou ne feuillet numéro. — (N° 311 du même Inventaire.)

73. Boèce, de Consolation, commençant et dolor. — (N° 499 de cet Inventaire.)

On avait laissé passer, sans en profiter, l’occasion de se procurer de bons livres en 1 362, au moment où fut inventoriée la bibliothèque de Robert Le Coq, à la suite d’une confiscation remontant à quatre années2.

1. L’inventaire et la prisée de cette bibliothèque ont été publiés par M. Omont dans le Bulletin de la Société de l’Histoire de Paris, année 1889, p. 163-169, d’après le ms. français 11455.

2. La Bibliothèque d’un avocat du XI Ve siècle : Inventaire estimatif des livres de Robert Le Coq , publié par Delachenal, dans la Nouvelle Revue historique de droit français et étranger, t. XI, année 1887, p. 524-537, d’après le recueil de Menant, ms. 5870 du fonds Leber à Rouen, t. III, fol. 119.

Caractères propres aux livres de Charles V. — Armes. —

Supports de l’écu. — Miniatures de présentation. — Bordures tricolores.

Ce qui doit le plus nous intéresser dans la composition de la librairie du Louvre, ce sont les volumes qui furent copiés et enluminés sous le règne et aux frais de Charles V. On verra un peu plus loin, dans un chapitre spécial, des notes relatives aux scribes et aux peintres qui furent employés à cette besogne. Pour le moment, je dois me borner à quelques observations sur différents caractères auxquels on peut, dans une certaine mesure, reconnaître les livres exécutés pour le roi.

Les armes de France décorent les frontispices de plusieurs des manuscrits de Charles V : les fleurs de lis y sont tantôt sans nombre1, tantôt réduites à trois2. — Dans le ms. français 1792, à côté des armes de France, se voit un écartelé de France et de Dauphiné. — Le ms. 3348 (jadis 3365) de Bruxelles nous offre le même écartelé, avec une bordure de gueules.

Souvent, dans ces manuscrits, les armes de France ont des anges pour supports. J’en ai remarqué des exemples dans les manuscrits français 1950, 2813 et 22913 de la Bibliothèque nationale, et dans la traduction française des Éthiques du Musée Méermanno-Westréenien de La Haye.

Je crois devoir attirer d’une façon particulière l’at-

1. Exemples dans les inss. de la Bibliothèque nationale, fr. 1792, 22913 et Nouv. acq. 4515. Voir aussi Besançon 434, et Bruxelles 3348 (jadis 5365).

2. Exemples dans les mss. de la Bibliothèque nationale, fr. 1792 et 22913.

CARACTÈRES DES LIVRES

tention sur les deux lions à longues queues qui accompagnent assez fréquemment l’écu fleurdelisé. On les rencontre dans le Valère Maxime (ms. français 9749) ; dans deux exemplaires de la Cité de Dieu (mss. français 22 913 et Angers 162); dans l’Enseignement des princes (Besançon 434), dans la Vie de saint Rémi (Bruxelles 3348) et dans le Songe du verger du Musée britannique. L’écu placé entre les lions est resté vide dans le ms. français 10135 (Grandes Chroniques de France), dans la Légende dorée de la bibliothèque Mazarine (n° 1 729) et dans une Bible historiale de Copenhague (De Thott, fol. 6). L’origine royale de ces manuscrits n’est pas douteuse.

Je connais deux manuscrits exécutés avec luxe, du temps de Charles Y, dans lesquels deux lions du type dont il est ici question ne servent pas de support aux armes royales ; l’un est une Cité de Dieu en français, qui appartient à M. Henri Yates Thompson1, l’autre est une Cité de Dieu en latin conservée au Musée britannique2.

Je suis porté à croire que ces deux manuscrits avaient été copiés pour le roi, et que, par suite de circonstances restées inconnues, ils n’ont point pris place dans la librairie du Louvre, soit que le roi n’en ait pas reçu livraison, soit qu’il en ait disposé en faveur d’un membre de sa famille ou d’une personne de son entourage.

La Cité de Dieu en français a appartenu à Jean, duc de Berry, frère du roi.

Quant à la Cité de Dieu en latin, les deux lions qu’on y voit au bas d’une page sèrvent de supports à un écu chargé d’une molette d’éperon, au chef de trois bandes3. M. Ernest

1. Des séraphins planant dans les airs servent de supports aux armes du duc de Rerry qui décorent un volume de la Cité de Dieu appartenant à M. Henri Yates Thompson.

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