ARMES DU ROI
Petit a bien voulu me faire observer que ce sont les armes gravées sur le sceau appendu en 1 337 à une quittance de « Hugonin Aubriot1 », le même, peut-être, qui depuis fut prévôt de Paris, et qui, sous le nom de Hugues Aubriot, jouit encore d’une grande notoriété.
Ce qui vient d’être dit des lions de ces deux Cités de Dieu ne pourrait pas, jusqu’à un certain point, s’appliquer à un Missel écrit de « lettre boulonnoise » , qui appartint un moment au duc de Berry et sur le frontispice duquel on remarquait les deux lions servant de supports à l’écusson d’un cardinal, ainsi décrit sur un inventaire des livres du prince : « Un escu aus armes de France, à un chef d’or, « tenu de deux lions, et dessus le chapel d’un cardinal2. »
Ce n’est pas seulement dans les manuscrits que nous rencontrons les lions de Charles V. Une charte de ce prince, en date du 20 juillet 1366, relative à une fondation faite dans la cathédrale de Rouen, est ornée d’une grande initiale tracée à la plume, dans laquelle Charles Y est représenté à genoux devant la Vierge, sous une arcade au-dessus de laquelle sont deux écus, l’un de France aux fleurs de lis sans nombre, l’autre écartelé de France et de Dauphiné; chacun des deux écus est soutenu par un lion accroupi3. Il y a aussi deux lions aux pieds du roi dans l’initiale de la charte relative à l’inaliénabilité de l’hôtel Saint-Paul, en juillet 1 3644. De même un lion aux pieds du roi dans l’initiale d’une charte de l’abbé de Royaumont en 1 374 5 .
Il était assez habituel de faire peindre au commencement des exemplaires destinés au roi la remise du livre entre les mains du souverain par l’auteur ou le traducteur. Toute-
1. Voir l 'Histoire des ducs de Bourgogne, de M. Ernest Petit, t. VIII, p. 373.