‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 54 sur 219 · ICONOGRAPHIE DU ROI · texte numérisé non relu

ICONOGRAPHIE DU ROI

représentations contenues dans ces manuscrits, il conviendra de rapprocher celles que nous offrent les initiales dessinées à la plume en tête de plusieurs chartes du règne de Charles Y, savoir :

Juillet 1364. Charte relative à l’inaliénabilité de l’hôtel Saint-Paul. Archives nationales, J. 154, n° 5. — Dessin reproduit dans le Musée des Archives nationales , p. 218. Cf. la notice d’Édouard Dupont, Notices et documents publiés [en 1884] pour la Société de l’Histoire de France, p. 189.

Janvier 1366 (peut-être 1367, n. st.). Charte dont le C initial renferme le buste de Charles V. — Archives nationales, J. 358, n° 12.

20 juillet 1366. Charte relative à une fondation faite par le roi dans la cathédrale de Rouen. Archives nationales, J. 463, n° 53. — Reproduction dans le Musée des Archives nationales, p. 219. Cf. la notice d’Éd. Dupont, dans l’ouvrage précité, p. 189.

Janvier 1372 (n. st.). Charte relative au don d’une parcelle de la Vraie Croix fait par Charles V à son frère le duc de Berry. Archives nationales, J. 185, n° 6. — Fac-similé lithographié dans plusieurs exemplaires de l’ouvrage du comte de Bastard sur les Peintures et ornements des manuscrits f, et gravure dans le Musée des Archives nationales, p. 225. Cf. la notice d’Éd. Dupont, dans l’ouvrage précité, p. 189.

14 septembre 1374. Charte de Pierre, abbé de Royaumont. Archives nationales, J. 465, n° 48. — Dans l’initiale sont représentés le roi et la reine avec leurs deux fils et leurs deux filles ; à leurs pieds, l’abbé et quatre moines de Royaumont. (Communication de M. le comte François Delaborde.)

Janvier 1377 (n. st.). Charte de fondation du couvent des Célestins de Limai près Mantes. Archives de Seine-et-Oise. Dans l’initiale, Charles V, à genoux devant une représentation de la Trinité, remet un rouleau à un groupe de religieux agenouillés devant lui; au-dessus de la tête du roi, les armes de France à trois fleurs de lis, soutenues par deux anges qui planent dans les airs. — Dessin reproduit dans le Bulletin du Comité de la langue, de l’histoire et des arts de la France (1857-1860), t. IV, p. 239, et dans le Musée des archives des départements , planche XLIV, notice 119.

1. Les Collections de Bastard d’Estang à la Bibliothèque nationale , par L. Delisle, p. 267.

CARACTÈRES DES LIVRES

Novembre 1379. Charte de fondation de la Sainte-Chapelle de Vincennes. Double exemplaire aux Archives nationales, L. 852, n° 1. — Gravure dans le Musée des Archives nationales, p. 232 et 233. Cf. la notice d’Éd. Dupont, ouvrage précité, p. 191.

L’étude iconographique qui reste à faire sur les représentations de Charles Y resterait incomplète s’il n’y était pas tenu compte des monuments sculptés1 et d’objets divers tels que la parure d’autel en soie du Musée du Louvre, sur laquelle se voient Charles Y et sa femme Jeanne de Bourbon à genoux au pied du calvaire2.

Plusieurs des manuscrits exécutés pour Charles V présentent une particularité assez remarquable. Les miniatures en sont encadrées dans des bordures tricolores, tantôt bleu, blanc et orange ou rouge, tantôt orange ou rouge, blanc et bleu. Ces couleurs constituaient bien la livrée de Charles V. Ce qui le prouve, c’est que sur le beau portrait3 peint en 1371 en tête de la Bible du Musée Méermanno- Westréenien, le fauteuil sur lequel est assis le roi et le dais circulaire suspendu au-dessus de sa tête sont ornés de bordures aux trois couleurs, rouge, blanc et bleu.

Les manuscrits de la seconde moitié du xive siècle dont les miniatures ont une bordure à ces trois couleurs sont assez nombreux. Je n’en ai pas rencontré moins de soixanteseize4, savoir :

Bibliothèque nationale : Latin 461, Second volume des Postilles de Nicolas de Lire.

1. Voir les indications assez confuses données par Hennin, les Monuments de l’Histoire de France, t. V, p. 70-72.

2. Sur cette parure, venue de la cathédrale de Narbonne, voir la notice de Monfaiglon, dans la Bibliothèque de l’École des chartes, 1852, troisième série, t. III, p. 552.

3. Reproduit en chromolithographie au commencement de l’édition de V Inventaire du mobilier de Charles V, par Jules Labarthe.

4. Je n’ai pas porté sur cette liste le ms. français 3372 des Nouv. acq. (Grandes Chroniques de France), dont le frontispice est signalé comme refait, dans le

ENCADREMENTS TRICOLORES

Bibliothèque nationale : Latin 835, Missel.

— Latin 861, Missel.

— Latin 1082, Heures ou Psautier férial de la chapelle de l’hôtel

du roi (XVIII).

— Latin 1169, Heures. — Sur le folio 82 v° du ms. 1169, on lit

cette souscription : « Alanus scripsit has horas ; uxor ejus « illuminavit eas. » *

— Latin 4040, Lettres de Clément IV. Le mémoire des sommes

dues à l’enlumineur qui a exécuté les peintures du ms. latin 4040 se trouve au fol. 140 v° de ce volume : « Une ystore, x s.; vcxliii lettres, le cent vi s., valent xxxn s. vi d. ; cl entrelinares, xvm d.; somme : xliiii s. »

— Latin 13836, dernière partie de la compilation historique

d’Yves, moine de Saint-Denis.

— Latin 14270, Répertoire moral de Pierre Bersuire.

— Latins 16759, 16771, 16776, 16780, 17217, 17222, 17234 et

17272. Huit volumes de différents livres de la Bible glosée.

— Français 1, Bible anglo-normande.

— Français 5, Bible historiale.

— Français 31 et 32, Tite-Live en français.

— Français 157, Second volume de la Bible historiale.

— Français 158, Second volume de la Bible de Raoul de Presles.

— Français 159, Bible historiale.

— Français 161 et 162, Bible historiale copiée par GeoffroiGodion.

— Français 169, Nouveau Testament.

— Français 174, Second volume de la Cité de Dieu.

— Français 204, Politiques, Économiques et Éthiques d’Aristote.

— Français 210, Problèmes d’Aristote, traduits par Evrart de

Conti.

— Français 246, Compilation d’histoire universelle, datée de 1364.

— Français 269-272, Tite-Live en français.

— Français 823, les Pèlerinages de Guillaume de Degulleville,

copie datée de 1393.

— Français 962, Psautier latin français.

— Français 1728, le Gouvernement des rois.

— Français 1950, l’Information des princes.

— Français 2813, Grandes Chroniques de France (XC).

Catalogue de la bibliothèque de Didot, vente de 1881, n“ 65. — Les cotes ajoutées en chiffres romains à la fin de certains articles, entre parenthèses, renvoient aux notices sommaires dont les manuscrits correspondants ont été l’objet dans le chapitre XIII du présent ouvrage.

64 CARACTÈRES DES LIVRES

Bibliothèque nationale : Français 5707, Bible copiée en 1362 par Raoulet d’Orléans (XI).

— Français 10135, Grandes Chroniques de France (XCIII).

— Français 12593, Roman de la Rose.

— Français 16993, Propriétés des choses (XLII);

— Français 20090, Bible historiale (VIII).

— Français 22921, Lamentations de saint Bernard, etc.

— Français 24209, Guillaume de Tyr, en français.

— Français 24287, Version française du Policratique de Jean de

Salisbury, par Denis Foullechat (LXII).

— Français 24388, Roman de la Rose. — On lit à la fin de ce

manuscrit : « Iste liber emptus fuit a Petro dicto Chevalier, in vico novo Beate Marie Parisiensis a me supscripto : ST. REMENSIS. »

— Français 4508 des Nouvelles acquisitions, Épitres et évan¬

giles en français (XIV).

— Français 4515 et 4516 des Nouvelles acquisitions, Voyages de

Jean de Mandeville (LXXIII).

Bibliothèque Mazarine, ms. 1729, Légende dorée (LXXXII). Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 777, Tite-Live, en français (LXXX).

Musée Du Tuit à Paris, no 95 du Catalogue de Rahir, Coutumier de Normandie.

Bibliothèque d’Angers, ms. 162, Premier volume de la Cité de Dieu, en français (XXXVIII).

Bibliothèque de Besançon, ms. 55, fragment d’un Bréviaire à l’usage des Dominicains, dans lequel, au fol. 92 v°, en tête de l’office de l’Avent, est une petite miniature à bordure tricolore (Notre-Seigneur sur les nuages venant juger les hommes).

— ms. 434, l’Enseignement des princes (LIX).

Bibliothèque de Bordeaux : ms. 730, Tite-Live en français (cité d’après le Catalogue général , t. XVIII, p. 372; une notice plus développée a été insérée dans le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Bordeaux, publié en 1880 par M. Delpit, p. 311). Musée Condé à Chantilli, Légende dorée (LXXXII).

Bibliothèque de Grenoble, ms. 42, la Bible en français par Raoul de Presles.

Cabinet du comte de Wasiers à Lille, Traduction des Politiques d’Aristote (LVI).

Bibliothèque de Lyon : ms. 182, jadis 116, troisième volume du

ENCADREMENTS TRICOLORES

« Spéculum historiale » de Vincent de Beauvais : « Explicit tercium volumen Speculi hystorialis, scriptum per Johannem de Germignyaco, anno Domini M° CCC° XLVI, die martis ante nativitatem ejusdem Domini. » (Cité d’après le Catalogue général, t. XXX, p. 37.)

Bibliothèque de Lyon : ms. 880, jadis 786, Grandes Chroniques de France, copiées par Perrin Le Cerf.

Bibliothèque royale de Belgique, ms. 2073, jadis 9507, le Livre des Abeilles de Thomas de Cantimpré (XLI).

— ms. 2902, jadis 9505, Traduction des Éthiques d’Aristote, par

Nicole Orême.

— ms. 2904, jadis 11201, Traduction des Politiques et des Éco¬

nomiques d’Aristote, par Nicole Orême.

— ms. 2953, jadis 9091, Livre des Propriétés des choses (XLII).

— ms. 3421, jadis 9227, Légende dorée (LXXXII).

- — ms. 9091, Épîtres de Sénèque en français (LVIII).

Bibliothèque de l’Université de Cambridge : DD. 5, 5, Partie d’été d’un bréviaire franciscain, ayant appartenu à Marie de Saint-Paul, comtesse de Pembroke. Ms. signalé par M. Paul Meyer, dans Romania, t. XV, p. 350.

Bibliothèque royale de Copenhague, fonds De Thott, fol. n° 6, Bible historiale (IX).

— fol. n° 429, Dernière partie du Miroir historial.

— fol. n° 431, Histoire universelle.

Bibliothèque de Genève, ms. français 77, Tite-Live en français. Musée méermanno-westréenien, à La Haye. Bible historiale, copiée en 1372 (VII) .

Bibliothèque de l’Université de Leyde, Voss. gall., fol. 3 a, premier volume du Miroir historial.

Musée britannique à Londres : Royal, 16, G. vu, Histoire universelle.

— Lansdowne, 1175, Premier volume de la Bible française de

Raoul de Presles (LXV) .

— Addit. 21143, Grandes Chroniques de France; exemplaire

ayant porté le n° 8298.4 à la Bibliothèque du roi.

— Cabinet de M. H. Yates Thompson à Londres : les Heures

de Jeanne de France, reine de Navarre.

Bibliothèque bodléienne, à Oxford : no 249 des mss. Canonici, Mise. Seconde partie d’une Bible historiale. (Note de M. Paul Meyer.) Collège Saint-Jean à Oxford : ms. 102, Traité de la sphère. Cabinet de M. S. C. Cockerell, à Richmond Hill (Surrey). Roman de la Rose.

66 CARACTÈRES DES LIVRES

Bibliothèque universitaire de Turin : E. V., Heures de Savoie. (Brûlé en 1904.)

Bibliothèques inconnues : B.oman de la Bose, exemplaire de la bibliothèque Didot, n° 33 de la vente de 1878. Peut-être l’exemplaire du cabinet de Paillet, annoncé dans le Bulletin mensuel de la librairie Damascène Morgand, février 1887, p. 101 et 102, n° 12199.

— Bible historiale en deux volumes reliés aux armes de François

de Neuville Villeroy, archevêque de Lyon; en vente le 1er décembre 1891 chez Quaritch. Catalogue 48 de ce libraire, p. 34, article 261.

— Bible historiale, en deux volumes, ayant appartenu à la famille

de Clermont-Tonnerre, puis à Lamoignon et au duc de Hamilton ; annoncés sur le même catalogue, p. 33, n° 260.

— Deux feuillets d’un Missel, représentation de Dieu sur son

trône et du Christ en croix assisté de sa mère et de saint Jean; vente de la bibliothèque Didot en 1884, n° 64.

— Exemplaire du Livre des Propriétés des choses, qui a porté le

n° 34 dans le fonds Barrois et qui a été en vente en 1903 chez Olschki à Florence, et en 1905 chez Baer à Francfort [?].

Sur ces quatre-vingt-quatre manuscrits, il y en a vingttrois ou vingt-quatre tout au plus qui soient reconnus avoir été possédés par Charles Y. Il n’est donc pas possible d’adopter l’opinion de Paulin Paris et de Lacabane, qui croyaient que les miniatures encadrées de bordures tricolores annoncent toujours le règne de Charles Y 1 . A coup sûr , l’encadrement tricolore n’est pas un caractère spécial aux livres faits pour Charles V. Il y a plus. Cet ornement ne peut pas même être donné comme exclusivement propre aux manuscrits décorés par les enlumineurs de ce roi ou

1. « La bande tricolore qui encadre la première miniature et qui se rapporte toujours au règne de Charles V... » P. Paris, Les Manuscrits français, t. I, p. 3. Cf. l'édit, des Grandes Chroniques, t. VI, p. 493, dans laquelle l’auteur ne maintient pas son opinion sur la valeur des bandes tricolores. — Voici ce que dit Lacabane ( Bibliothèque de l’École des chartes, 1840-1841, t. II, p. 71), à l’occasion du ms. des Grandes Chroniques aujourd’hui coté 2813 : « La bande tricolore qui en accompagne les miniatures prouverait suffisamment qu’il a appartenu à Charles V. En effet, cette bande, quelle qu’en soit l’origine ou la signification, annonce toujours le règne de ce roi. »

ENCADREMENTS TRICOLORES

exécutés sous son règne. On le trouve aux fol. 1 et 1 5 du manuscrit français 823 qui porte, au fol. 1 68 v°, une date authentique : « L’an M. CCG. IUP* et XIII, le pénultime jour d’avril. » Je dois encore faire observer que la bordure tricolore entoure les armes de la famille d’Orgemont sur huit manuscrits venus du chapitre de Notre-Dame de Paris et aujourd’hui conservés à la Bibliothèque nationale, nos 16759, 16771, 16776, 16780, 17217, 17222, 17234 et 17272 du fonds latin. Paulin Paris et Lacabane, qui attribuaient la possession de ces volumes à Pierre d’Orgemont, chancelier de Charles Y, supposaient que le chancelier avait fait travailler pour lui les enlumineurs de son maître. Mais comme, selon toute apparence, ces manuscrits ont appartenu, non pas au chancelier, mais à son fils, Pierre d’Orgemont, évêque de Paris, depuis 1384 jusqu’en 1409, ils ne peuvent être invoqués à l’appui de l’opinion que j’ai cru devoir combattre. Il est donc prudent de ne pas se prononcer d’une manière absolue sur la signification des encadrements tricolores; jusqu’à présent, on n’y peut voir qu’un système de décoration qui a été principalement en vogue à Paris dans la seconde moitié du xive siècle. Peut-être même faut-il en faire remonter l’origine à la première moitié de ce siècle : on trouve en effet la bande tricolore sur plusieurs pages du manuscrit latin 138361, qui date, selon toute apparence, du règne de Philippe le Long, et dont les miniatures ne semblent avoir été ni ajoutées ni retouchées à une époque postérieure.

1 . Fol. 43, 85, 87 et 101 v°. Je crois que la pièce de vers par laquelle le scribe Guillaume L’Escot fait hommage de son travail à Philippe le Long ( Guillermi pennula Scoti || Librum scripsit...) s’applique également au ms. latin 13836 et au ms. français 2090-2092. Voir Notices et extraits des manuscrits, t. XXI, part. II, p. 257 et 258.

Écrivains et enlumineurs qui ont travaillé pour Charles V.

Charles V employa pour copier et décorer ses manuscrits les plus habiles calligraphes et enlumineurs de Paris. Les noms de plusieurs d’entre eux nous sont connus. Je commence par les copistes.

Henri L’Uilier, libraire de Paris, qui vendit en 1370 un livre à Jean, duc de Berry1, est qualifié d’écrivain du roi le 29 mai 1 371 , dans un mandement relatif à des fournitures d’étoffes pour faire des couvertures de grand luxe à un livre appelé le Gouvernement des princes et à plusieurs autres2. Le titre de libraire du roi lui est donné en 1373, dans un acte concernant la maison qu’il possédait à Paris rue Neuve-Notre-Dame et à laquelle pendait pour enseigne l’écu de Notre-Dame3.

Henri du Trevou. — On connaît quatre volumes sur lesquels cet habile copiste a mis son nom :

À la Bibliothèque nationale, le ms. français 1728 : le Gouvernement des rois, etc., — et le ms. français 1950 : le Livre de l’Information des princes, daté de 1379;

A la Bibliothèque royale de Belgique, le ms. 2953 (jadis 9507) : le Livre de Thomas de Cantimpré, le Bien universel des mouches à miel, que Charles V fit écrire en 1 372 ;

1. Compte cité par le comte de Toulgoet dans les Mémoires de la Société des Antiquaires du Centre, t. XVII, p. 142.

2. « Pour demi aine et demi quartier de baudequin d’oui tremer, vert et rouge, à Henry L’Uillier, nostre escripvain, pour faire une couverture à un livre appelle le Gouvernement des princes, et plusieurs autres... » Pièces justificatives, VII, année 1369.

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