P. Paris, Les Manuscrits françois, t. II, p
JEAN GOLEIN.
les traces de son patron Charlemagne, le plus noble des monarques chrétiens, le disciple d’Alcuin, qui lui avait appris les sept arts, après l’avoir félicité de ses succès dans la guerre contre le roi d’Angleterre1, avertit le lecteur du prix que ce prince attachait à faire traduire le livre de Guillaume Durant :
Considérant que, ou mistère de l’Eglise, et especialment ou mistère de la messe, est la conclusion universale de tout le salut humain, afin qu’il le puisse plus dévotement reverer et honnorer et en ses oroisons de cuer contempler, ha commandé mondit souverain seigneur à moy, son très petit clerc, frère Jehan Golein, de l’ordre de Nostre Dame du Carme, le plus petit maistre en théologie de sa fille l’Université de Paris, que je li mette et translate de latin en françois le livre que on appelé le Racional des divins offices...2.
Comme on l’a vu plus haut, Jean Golein a rapporté à l’année 1372 l’exécution de sa traduction du Rational. Une copie exécutée pour le Grand bâtard de Bourgogne3 doit représenter un exemplaire dont il est difficile de fixer la date, indiquée par ces vers :
M semel, et C ter, V (?) sex decies, ea prêter I (?) datur undena, septembris luce vicena Sexta, tune hujus scripture finis habetur :
Pro pena cujus scriptori pocula detur.
Est Carmelita, ma. Jo. Golein nomine fertur,
A quo transfertur hic liber, ut sit ita
1. « En ceste foy ont ensuyvi les nobles roys de France leur droit patron le dit saint Charles, et par especial le sage roy Charles régnant en France l’an mil CCC LXXII, lequel, à la forme et manière de ses prédécesseurs, donnans honneur du royaume à Jhesu Crist, fait mettre ou coing de sa monnoie d’or Christus vincit, Christus régnât, Christus imperat, par son estude et sapience ha conquis, à l’ayde de Dieu, pluseurs terres, villes et citez sur son anemi le roy d’Angleterre, si comme est la conté de Pontieu en Picardie, et en Aquitaine Caours, Montauban, Figiach, Lymoges, et oultre la moitié de Gascoingne, et ce li ha Dieu donné, par grâce especial, que tout le monde le redoubte et l’a en reverence... » Ms. français 437, fol. 2 v", col. 1.