‹ Recherches sur la librairie de Charles VChapitre 69 sur 219 · Ibid., col · texte numérisé non relu

Ibid., col

3. Ms. 2001 de l’Arsenal. Voir le Catalogue de M. Henry Martin, t. II, p. 368.

TRADUCTEURS

Rege jubente sibi, sic de sermone latino Transtulit omnino, sicut apparet ibi :

Cui régi strenuo de quolibet iste peritus Nititur et penitus posse parère suo.

Hune sacrum Flamen doctorem théologie In summa requie denique ponat. Amen.

La copie et l’enluminure de l’exemplaire destiné à Charles Y ne durent pas être terminées avant l’année 1 374, comme l’indique la note écrite à la fin du volume par le roi lui-même : « Cest livre nommé Rasional des divins « ofises est à nous Charles le Ve de notre nom, et le fîmes « translater, escrire et tout parfere, etc., l’an mil CCC. « LXXIIII. »

Le 26 mars 1387, Jean Golein, intervenant dans un procès en qualité d’exécuteur testamentaire de Marie de Lesinnes, dame de Seignelai, fut amené à rappeler qu’il avait jadis fait « certaine translation d’un livre pour le roy « nostre sire, dont Diex ait l’ame, et, en rémunération, le « roy li donna certaine somme de florins 1 » .

On peut supposer que Jean Golein touchait des droits d’auteur sur la vente des copies du Rational. Le 21 février 1395 (n. st.), le libraire Henri du Trevou, agissant en son nom et se portant fort pour Jean Golein, donna quittance d’une somme de 1 00 livres tournois que le duc d’Orléans leur devait pour la vente « d’un livre en françois appelé « le Raccionnel des divins offices2 » .

1. « Entre madame Marguerite de Vienne, d’une part, et les exécuteurs du testament ou darrière voulante de feue Marie de Lisignes et ses heritiers, d’autre part ; madame Marguerite dit qu’elle bailla pieça en garde et en depost à la dicte madame Marie un chapiau d’or, en la valeur de vc frans, et conclut à la restitution du dit chapiau, ou de la dite somme de vc frans, et à despens. Maistre Jehan Goulain, l’un des exécuteurs, dit qu’il fist pieça certaine translation d’un livre pour le roy Charles nostre sire, dont Diex ait l ame, et en rémunération le roy li donna certaine somme de florins, et dit qu’il presta à la dite Marie xxxn frans, d’une part, n° d’autre, et li bailla v° en depost, et li randi Marie cent livres de rente à vie. » (Registre Xla 1473 du Parlement, fol. 101.) — Communication de M. Ernest Petit.

2. Le Roux de Lincy, La Bibliothèque de Charles d’Orléans, p. 33, n° 8.

JEAN GOLEIN.

6° Vers la fin du règne de Charles V, Jean Golein fut invité par le roi à traduire un traité sur « l’Information des « princes » , qui avait été composé pour le prince Louis, fils de Philippe le Hardi. L’exemplaire original de la traduction, qui se conserve à la Bibliothèque nationale (n° 1950 du fonds français), contient une rubrique initiale et une souscription finale qui nous font connaître le nom du traducteur et celui du copiste :

Ci commence le livre de l’Informacion des princes, translaté de latin en françois, du commendement du roy de France Charles le quint, par son clergonnet frère Jehan Golein, de l’ordre de Nostre Dame du Carme, maistre en théologie indigne.

Ci fenist le livre de l’Informacion des roy s et des princes. Henri du Trevou a escript ce livre de l’Informacion des roys et des pririces, et l’achiva à escrire le juesdi xxne jour de septembre l’an mil CCC. LXXIX, pour le roy de France Charles, son très cher et redoubté seigneur.

La date de l’achèvement de la copie ne doit pas être fort éloignée de la date de la rédaction.

Outre l’exemplaire original, la Bibliothèque nationale possède, dans le fonds français, neuf copies de la traduction de Jean Golein1 ; il suffit de signaler celles qui ont été faites pour Jean, duc de Berry (n° 1210), pour Louis, duc d’Orléans (n° 1213), et pour François, comte de Montfort, qui devint duc de Bretagne (n° 12254).

7° Les Chroniques d’Espagne ou de Burgos. On ignore à quelle époque de sa vie Jean Golein dut s’occuper de la Chronique universelle que Gonzalo de Hinojosa, évêque de Burgos, avait composée dans le premier tiers du xiv6 siècle. La traduction qu’il en fit pour Charles V était partagée en deux parties ou deux volumes. L’exemplaire offert au roi est ainsi désigné dans l’inventaire de l’année 1 41 1 :

Les Croniques d’Espaigne, que fist l’evesque de Burs, translatées

Page 1