Voir à l'Appendice, XI
3. « Ung livre couvert de cuir fauve, à queue, nommé Philosophie moral. Donné à maistre Raoul de Praelles, par feu le roy Charles quant il donna la Muse. » Ms. 2700, fol. 49, n» 182.
4. Pièce citée par Lancelot ( Mémoires de l’Académie des inscriptions, t. XIII, p. 621), d’après le registre CVII du Trésor des chartes, n° 621.
RAOUL DE PRESLES
Le succès de la traduction de la Cité de Dieu est attesté par le nombre et la somptuosité des exemplaires manuscrits qui nous en sont parvenus, et par la beauté des éditions gothiques qui en furent imprimées à Abbeville en 1 486 et à Paris en 1 531 .
Charles Y, fort satisfait du travail accompli par Raoul de Presles sur la Cité de Dieu, lui imposa une nouvelle tâche non moins lourde que la précédente. La lecture de la Bible était une des dévotions auxquelles il aimait le plus à s’assujettir. Au dire de Philippe de Maizières1, il s’était fait une loi de lire la Bible en entier une fois chaque année. Pour ces lectures, il pouvait se servir des nombreuses copies de la Bible historiale qu’il possédait et dont plusieurs, d’une remarquable magnificence, sont arrivées jusqu’à nous : la petite Bible copiée en 1 3621 par Raoulet d’Orléans2, celle que Jean de Vaudetar lui offrit en 1 372 3, celle que le duc de Berry avait trouvée assez belle pour vouloir se l’approprier4 5 et celle que le même prince se fit donner en 1403 par Charles VP.
Non content d’avoir la Bible historiale à sa disposition, Charles V voulut posséder une version plus littérale des Saintes Écritures6. Pour l’avoir à son gré, il eut de nou-
1. Cet auteur s’exprime ainsi, en donnant indirectement des conseils à Charles VI : « Que se dira de la grant dévotion... de ton père Charle, humble « et dévot, qui chascun an, par grant devocion, lisoit, par manière d’oraison, « la Bible toute entière, et ainsi le fist xv ou xvi ans sans faillir. » Le Songe du Vieux pèlerin, ms. français 9201, fol. 111.
2. Le tome II est à la Bibliothèque nationale, ms. français 5707.