Viens à moi
(Cette expérience a été faite
avec beaucoup de précautions ; la somnambule ne savait pas que j’étais parti et j’agissais à la distance de plusieurs mètres, du fond du couloir.)
Nous assistons ici à une action se produisant d’une chambre à l’autre, mais l’ordre mental peut être donné à une bien plus grande distance, comme l’a montré le Dr Dusart. (1) Il fit avec un plein succèsplus de cent suggestions mentales pures, à des distances qui variaient entre 200 mètres et 7 kilomètres. Dans un cas entre autres, le réveil fut produit à cette distance, et le sujet annonça à ses parents que c’était la volonté du Docteur qui l’avait tiré du sommeil. Une autre fois, l’action magnétique du père fut entravée par la volonté du Docteur, qui parvint au sujet d’un endroit éloigné de 10 kilomètres. Le Dr Dufay agit d’une manière semblable sur trois personnes ; et dans un cas, sa pensée se fit sentir à 1 12 kilomètres de distance. Nous allons voir de suite, en étudiant la transmission de pensée sur des personnes éveillées, que l’éloignement entre les deux opérateurs ne paraît entraver en rien faction psychique.
La transmission dà pensée pendant la veille.
On se rappelle peut-être le bruit fait en France, il y a une vingtaine d’années, par « Les liseurs de pensée » dont M. Cumberland fut un des plus habiles. O11 sait que l’expérience consiste a trouver un objet caché par une personne de l’assistance, (1 ) Dr Dusart. Tribune Medicale , 16 et 30 mai 1873. Voir aussi Revue Scientifique et morale du Spiritisme , Année 1898.
Exécution.
1 Elle se lève. Se dirige vers moi , puis vers le piano. Elle se tient si près de la bougie que je la souffle moi-même, de peur que sa robe ne prenne feu.
Touche la musique en tâtant. Retire la bobèche.
Elle lève la main gauche et me la donne.
Froncement de sourcils.
Elle se lève.
Etend le bras droit, s’avance, ouvre la porte et va directement dans le couloir, où je me précipite à sa rencontre.
SUR LA MÉDIUMNITÉ
à laquelle le sujet donne la main. Il est dirigé involontairement par l’opérateur, dont la main exécute, inconsciemment, une série de petits mouvements d’après lesquels le sujet devine l’endroit où il doit se rendre et l’objet qu’il doit prendre. Mais on s’aperçut bientôt que le contact n’était pas nécessaire pour la transmission d’une impression, et que l’on pouvait non seulement, sans l’intervention d’aucun signe, commander des actes, mais aussi faire indiquer un objet pensé par un expérimentateur.
M Ch. Richet (1) eut l’heureuse idée d’appliquer à la transmission de pensée le calcul des probabilités. Si un observateur regarde successivement des cartes que le sujet doit nommer, il est facile de savoir si le nombre de résultats exacts dépasse celui que le calcul indique comme du au hasard. Sur une série de 2997 expériences, il obtint 789 succès, tandis que le nombre probable était de 732. La possibilité que ce résultat ne sôit pas attribuable au hasard, mais soit produit par une connexion causale, est exprimée par le rapport de 999 999 999 à 1 ; ce qui équivaut à la certitude qu’il y a eu transmission de pensée. Depuis, les Proceedwgs de la S. P. R. ont publié les résultats de 17 séries d’expériences. Le nombre total des expériences est de 17(033 ; le nombre total des succès est de 4760, et ce nombre surpasse ue 347 celui indiqué par le calcul.
Le professeur Lombroso (2) s’est convaincu, avec un nommé Pickman, que la transmission de la pensée est possible, alors que toutes les précautions sont prises pour éviter tout contact. Sans rien toucher, les yeux bandés et les oreilles bouchées, Pickman devina juste, 9 fois sur 10, des cartes désignées d’avance par Lombroso. Les mèmesexpériences faites par le célèbre criminaliste sur un jeune medecin,donnent encore 6 résultats justes sur 12 essais.
On peut egalement transmettre des nombres. Dans une série d’expériences instituées par MMl,cs Wingfield.le sujet devait deviner un nombre de 2 chiffres (de 10 à 99). Sur 2614 essais, on obtint 273 succès tandisque le nombre probable étaitde 29. Plus tard, en juin 1886, M1,es Wingfield, sur 400 expériences, obtinrent27 succès complets, tandisquelenombre probableétait 4 (3).
(1) Ch. Richet. Revue Philosophique. La suggestion mentale et le calcul des probabilités. Décembre 1884.
(2) Lombroso. Pickman e la transmission del pensiez o. Gaz. Lût . Volume XIV, p. 12. Turin 1892.
(3) Pour la transmission des nombres, voir spécialement l’article de Mue Sidgwick dans les Procecdings S. P. R. (XV).
Des mots inventés, simulant des noms propres, furent suggérés par concentration mentale aux enfants de la famille Creery, par MM. Myers et Gurney. Voici un tableau qui résume ces expériences véritablement convaincantes : (i)
Essai de transmission de pensée, le 17 avril 1882.
Agents : MM. Myers et Gurney.
Sujets : Enfants de la famille Creery, à l'état normal.