‹ Recherches sur la médiumnitéChapitre 23 sur 40 · SUR LA MEDIUMN 3.LI · texte numérisé non relu

SUR LA MEDIUMN 3.LI

lité ; des matérialisations, etc. Ne nous occupant ici que de l’écriture, nous renvoyons le lecteur aux douze numéros de la Revue Scientifique et morale du Spiritisme qui relatent minutieusement tous ces phénomènes.

Voici d’abord quelques détails sur le principal médium, nommé Maria, âgée de 1 6 ans.

Maria est fille d’ouvriers aisés ; tandis que son père travaille aux mines de D..., sa mère tient un débit de boissons. Nous avons rencontré autour d’elle des parents et amis d’une situation analogue à la sienne, très peu instruits, souvent même tout à fait illettrés et incapables d’écrire leur nom, mais sérieux, honnêtes et formant une sorte d’élite au milieu des autres ouvriers. L’un de nous. Ch. Broquet, parent de Maria, a pendant quatre mois vécu sous le même toit qu’elle. 11 a donc pu suivre pas à pas le développement de sa médiumnité. Les faits qu’il rapporte ont eu des témoins d’abord incrédules et dont la conviction ne s’est faite que devant le nombre et l’évidence des phénomènes. Pour tous ceux qui se sont produits en notre absence, nous nous sommes attachés à nous les faire raconter, autant que possible, par plusieurs témoins séparément, et souvent à plusieurs jours et à plusieurs semaines d’intervalle.

Jusqu’à l’âge de 15 ans, Maria jouit d’une assez bonne santé, sauf de fréquents maux de tète, qui ne lui permettaient pas de se rendre fréquemment à l’école du village. Aussi est-elle fort peu instruite. Son écriture est rudimentaire et son orthographe tout à fait fantaisiste. Elle ne lisait jamais et 11’a pu, par conséquent, exciter son imagination par des récits fabuleux comme ceux que l’on met entre les mains des enfants et des jeunes filles. Actuellement encore, elle ne lit aucun livre sur le Spiritisme et a prêté à l’une de ses voisines, sans l’avoir lu, un volume très élémentaire que l’un de nous lui avait apporté. Elle ne sait donc que ce que lui disent ses guides invisibles et les auteurs du présent récit.

Le médium ne s’est pas longtemps prêté de bonne grâce à ces manifestations. D’un naturel borné, elle ne comprend guère la haute importance des faits que l’on obtient par son intermédiaire. Voici l’observation des auteurs sur ce point :

On sait que la plupart des médiums, doués de facultés exceptionnelles, arrivent peu à peu à se laisser envahir par la vanité, se passionnent pour la réussite des expériences à un point tel, qu’on a été souvent autorisé à les soupçonner d’aider frauduleusement à la production des phénomènes, lorsque ceux-ci tardaient àse produire, ou 11e leur paraissaient pas de nature à étonner suffisamment les assistants. Ce n’est pas ce que l’on a à craindre avec Maria. Sauf dans les premiers mois de sa médiumnité, où l’attrait

de la nouveauté et le bonheur de voir sa santé^ rétablie la portaient à se prêter de bonne grâce et même avec plaisir à la production de ces phénomènes si étranges pour elle, nous l’avons toujours entendue nous déclarer que cela ne V intéressait pas. Au milieu des nombreuses visites et des marques d’intérêt qu’elle reçoit, sa physionomie reste froide et ennuyée. À peine se réveille-t-elle pou pousser des éclats de rire devant quelques phénomènes physiques plus étranges que les autres, puis elle reprend son masque d’indifférence. Certains jours même, elle pousse la mauvaise volonté jusqu’à l’obstruction. C’est à cette regrettable indifférence que nous devons la perte de beaucoup de documents écrits et le défaut de suite dans un certain nombre d’expériences que nous aurions voulu faire.

Voici maintenant quelques détails sur sa manière d’écrire :

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