SUR LA MÉDIUMN1TH
qui soient atteintes d’hys‘érie, alors elles pourront offrir à un haut degré le spectacle de l’automatisme, favorisé chez elle par la distraction, qui est un trait caractéristique de leur état, et par l’auto-suggestion résultant de l’imitation.
Nous savons aussi que l’hémi-somnambulisme peut être amené, chez les personnes qui y sont prédisposées, par l’émotion intense qué suscite chez elle l’idée d’entrer en rapport avec l’au-delà. Cette impressionnabilité excessive suffit à produire une invasion de somnambulisme partiel, qui n’enlève pas au sujet la conscience du monde extérieur, mais qui favorise absolument tous les phénomènes de l’automatisme psychique, de la personnalisation des idées, de la résurrection temporaire , des images latentes, et donne à l’écrit tous les caractères d’une production étrangère lorsque le sujet, revenu à l’état normal, prend connaissance de toutes ces idées qu’il ne se souvient plus d’avoir écrites quelques minutes auparavant.
Ainsi, dans les séances spirites, à côté des véritables médiums, il existe également des automatistes qui écrivent mécaniquement, et en apparence sans conscience du contenu intellectuel du message donné. Pendant longtemps, les spirites ont manqué d’un critérium qui leur permît d’opérer le triage entre les communications véritables et les productions subconscientes des écrivains. On avait bien remarqué le décousu, l’incohérence ou la fatuité niaise de certaines de ces dictées, accompagnées aussi d’erreurs grossières ou de mensonges impudents. Mais on se tirait de cette difficulté en mettant ces productions sur le compte des esprits farceurs qui s’amusent à mystifier les pauvres humains. On ne pouvait pas connaître ce qui n’a été découvert que dans ces dernières années, de sorte que 1’enseignement des premiers auteurs spirites sur l’intervention de l’écrivain dans ces phénomènes avait été presque totalement oublié. De là les innombrables fantaisies subliminales qui ont été acceptées comme des révélations sur le monde spirituel. Car, et c’est un point bien digne d’attention, toutes les productions de l’automatisme ne sont pas nécessairement déraisonnables, sans quoi l’exercice de l’écriture automatique aurait vite été abandonné.
Une fois que l’habitude de l’automatisme a été bien établie par un exercice fréquent, toutes les idées latentes peuvent s’extérioriser par cette voie, et elles ne sont pas toutes desimles associations d’idées. Souvent ce sont des observations,- des
raisonnements suivis, des théories ingénieuses ou originales que l’écrivain a élaborées pendant son sommeil, et dont il n’a pas gardé la souvenance au réveil. Toute cette vie psychologique ignorée vient au jour par l’écriture, et comme l’écrivain ne la connaît pas plus que le somnambule ne se rappelle ce qu’il a dit, lait ou pensé pendant son état de sommeil, elle lui parait neuve, sans rapport avec lui, et il ne peut guère supposer qu’il en est l’auteur. Ce qui le fortifie encore dans la conviction qu’il a subi une influence étrangère, c’est le nom dont est signé le message, puis aussi que,, parfois, la soi-disant communication renferme des renseignements minutieux sur un acte de sa vie passée, que sa conscience ordinaire a tout à fait oublié.
Il nous parait donc indispensable de rappeler combien nous sommes plus riches que nous ne le croyons généralement. En dessous de la conscience existe une mine merveilleuse de documents inexplorés qui peuvent nous renseigner sur le fond même de l’individualité, duquel dépend notre caractère. Nous pensons qu’une psychologie attentive doit faire une très large part au travail de l’esprit pendant le sommeil ordinaire,, aux souvenirs oubliés, qui, bien que n’étant plus actuellement dans la conscience claire, n’en ont pas moins eu une influence, décisive sur le développement généralde notre individualité psychique, et aussi, à un degré moindre, à ces perceptions inconscientes qui, dans les cas d’automatisme, apparaissent à l’esprit illusionné de l’écrivain comme des renseignements venus d’un autre monde. Rappelons quelques faits qui illustreront notre thèse.
Activité de lame pendant le sommeil.
Nous savons tous que la veille et le sommeil sont séparés généralement par des mémoires différentes. Mais ce que le spiritisme nous apprend, c’est que l’âme n’est jamais inactive. Pendant la nuit elle pense, elle travaille, et souvent avec plus de fruit que pendant la journée, parce qu’elle n’est pas distraite de ses recherches par les mille incidents de la vie de relation.
Il peut arriver qu’elle ne se souvienne pas au réveil de cette activité nocturne, mais à un moment donné, le résultat de ces recherches surgit dans la conscience et l’illumine tout à coup comme une révélation inattendue. Nous possédons de nombreux exemples de cette cérébration que l’on a nommée bien à tort
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inconsciente. Nous allons en résumer quelques cas d’après l’étude très bien faite du Dr Chabaneix (1).
Michelet, dit de Fleury, avait l'habitude de 11e se coucher qu’aprës s’être occupé, au moins un instant, des documents ou des sujets qui devaient faire l’objet de ses études du lendemain. 11 comptait sur le travail de la nuit, rêve ou automatisme, pour mûrir les concepts ainsi déposés dans sa conscience. Et s’il le taisait chaque soir, il y a lieu de croire que cela lui réussissait (2).
Maudsley parle d’un géomètre qui, après avoir cherché vainement la solution d’un problème, fut effrayé de le voir apparaître subitement sous la forme d’une figure géométrique, alors que depuis plus de deux ans il n’y songeait plus (3).
Alfred de Vigny dit dans son journal : « J’ai dans la tète une ligne droite. Une fois que j’ai lancé sur ce chemin de fer une idée quelconque, elle le suit jusqu’au bout malgré moi, et pendant que j’agis et parle ».
« Au lieu de m’obstiner, dit Arago, à comprendre du premier coup les propositions qui se présentaient à moi, j’admettais provisoirement leur vérité, je passais outre, et j’étais tout surpris, le lendemain, de comprendre parfaitement ce qui la veille me paraissait entouré de nuages épais » (4).
Condillac a aussi raconté « que dans les temps qu’il rédigeait son cours d’études, s’il se voyait obligé de quitter, pour se livrer au sommeil, un travail préparé, mais incomplet, il lui est arrivé souvent de trouver à son réveil ce travail achevé dans son esprit » (s).
Tous ces exemples mettent bien en relief le travail de .l’âme pendant le reposdu corps; mais comme les philosophes positivistes et les physiologistes croient que l’activité intellectuelle n’est que la résultante des fonctions du cerveau, et que le sommeil est essentiellement le repos des centres nerveux, ils étaient obligés logiquement de conclure à une pensée inconsciente, ce qui est réellement un non sens, puisque la pensée n’est elle-même que lorsqu’elle est connue par le moi, par l’être pensant. En dehors de U individualité psychique, il ne peut y avoir que des phénomènes physiologiques, physico-chimiques, dénués par conséquent dfc toute conscience. De même qu’une horloge r.e secrète
(1) Dr Chabaneix. Le subconscient clic * les savants, les artistes et les écrivains, p. 23 et suivantes.
(2) De Fleury. Médecine de l'esprit.
(3) Edmond Chai met. Etudes sur la vie inconsciente de V esprit,
(4) Arago. "Notices biographiques, p. 3.
(3) Cité par Max Simon. Le inonde des rêves .
pas l’idée de l’heure que ses aiguilles indiquent, de même le cerveau n’est que le support physique de l’esprit.
Faute d’avoir compris cette vérité, on voit de bons esprits comme M. Sully-Prudhomme écrire : (i)
J’ai éprouvé très nettement l’effet subconscient suivant : il m’est arrivé de comprendre, sans faire intervenir la réflexion et à aucun titre la volonté, une démonstration géométrique qui m’avait été faite l’année précédente. Il me semblait que la seule maturation spontanée des concepts déposés dans mon cerveau par le professeur avait déterminé en moi l’intelligence de la démonstration.
M. Retti, également un poète, comprend mieux ce qui paraît se passer réellement ; il écrit au D1 2 *' Chabaneix :
Lorsque je fais des vers, j’ai coutume de m’arrêter, même au milieu d’une strophe, lorsque je sens la fatigue cérébrale. Alors, je sors, je m’occupe d’autre chose, ou, si c’est le soir, je nie couche, sans avoir la conscience de continuer de penser à mes vers. Très souvent, sans avoir gardé le souvenir d’aucun rêve, au réveil, le lendemain matin, je pense à mes vers et brusquement je trouve la strophe faite, et bien faite, je n’ai plus qu’à l’écrire. Il me paraît évident que le travail cérébral s’est continué en moi sans que je m’en aperçoive.
En disant « sans que je m’en souvienne », la déduction serait tout à fait juste.
M. F. W. H. Myersa réuni aussi un certain nombre d’exemples qui ne sont pas sans intérêt :(a)
Agassiz a raconté la découverte qu’il fit pendant son sommeil de l’arrangement des os d’un squelette, problème que pendant le jour son esprit avait été impuissant à résoudre.
M. Hayes, un artiste qui ne s’occupe pas de mathématiques, trouve cependant pendant la nuit la solution d’une difficulté géométrique qui nécessitait l’emploi delà mémoire et du raisonnement.
Une autre personne, M. P. J. Jones raconte qu’étant étudiant ingénieur,il trouva une fois en rêve, la réponse « un nombre avec plusieurs décimales » à un problème qui l’avait dérouté toute la soirée, et qu’il lui semblait pourtant 11e pas se rappeler le procédé employé pour trouver cette solution.
M"'8 Versall a aussi résolu en rêve un problème de calcul différentiel qu’elle n’avait pu trouver dans la journée.
(1) Dr Chabaneix. Ouvrage cité. p. 25.
(2) Myers. Annales des Sciences psychiques* sept, octob. 1899 .La
conscience subliminale, p. 290 et suiv.
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Dans ces récits, le narrateur se souvient de son rêve et le raconte, mais il est des cas où, bien que la mémoire ordinaire ne fournisse aucun renseignement, l’activité de l’âme pendant le sommeil n’en est pas moins manifeste, parce qu’elle se traduit au dehors par des effets intelligents.
Preuves matérielles de l’activité de l ame pendant le sommeil.
Suivant le spiritisme, l’àme étant un être essentiellement pensant ne peut demeurer inactive pendant le sommeil. Le travail intellectuel qu’elle accomplit lorsque le corps se repose, que l’on se remémore sous forme de rêve, peut être oublié, ce qui se produit habituellement, mais cette perte du souvenir ne doit pas servir de preuve contre la vie psychique persistant malgré la diminution de l’activité nerveuse. Ce qui l’établit, c’est que cette activité se manifeste objectivement, même lorsque le dormeur en se réveillant ne se rappelle pas avoir rêvé. Citons les faits qui appuient cette manière de voir :
Dans l’encyclopédie de Diderot, il est rapporté à l’article somnambulisme l’histoire d’un jeune àf>bé qui se levaitchaque nuit, allait à son bureau, composait des sermons et se recouchait. Quelquesuns de ses amis, désireux de savoir si véritablement il dormait, l’épièrent, et une nuit qu’il écrivait comme de coutume, ils interposèrent un large cartonentre ses yeux etle papier. 11 nes’interrompitpoint, continua sa rédaction et une fois qu’il l’eut terminée, se coucha comme il avait l'habitude de le faire, sans se douter de l’épreuve à laquelle il venait d’ètre soumis. L’auteur de l’article ajoute : Lorsqu’il avait fini une page, il la lisait tout haut d’un bout à l’autre (si on peut appeler lire, cette action faite sans le concours des yeux). Si quelque chose alors lui déplaisait, il le retouchait et écrivait au dessus les corrections avec beaucoup de justesse. J’ai vu le commencement d’un de ces sermons qu’il avait écrit en dormant ; il m’a paru assez bien fait et correctement écrit. Mais il y avait une correction surprenante. Ayant mis dans un endroit ce divin enfant, il crut, en relisant, devoir substituer le mot adorable à divin ; pour cela il vit que le ce, bien placé devant divin , ne pouvait aller avec adorable ; il ajouta donc fort adroitement un t à côté des lettres précédentes, de sorte qu’on lisait cet adorable infant. (i)
(1) Voir notre ouvrage: Le Spiritisme devant la Science, p. 87 et suiv. où sont relatés plusieurs cas de travaux accomplis pendant le somnambulisme.
Empruntons notre second cas au Dr Carpenter, qui le tient d’un étudiant à l’Université d’Amsterdam (i ). Il met en évidence deux faits : i° que le travail n’est pas machinal, et secondement qu'il peut se traduire comme précédemment parl’écriture.
Un professeur ayant à faire de laborieux et difficiles calculsmathématiques, constata qu’il ne pouvait trouver une solution juste, ce qui était dû à des erreurs qui s’étaient produites dans les nombreux chiffres employés; la solution du problème fut donnée à dix de ses élèves. Le narrateur y travailla sans succès pendant trois soirées ; après avoir veillé et recommencé la troisième vérification jusqu’à une heure du matin, il se mit au lit très désappointé de n’avoir pu faire correctement le travail demandé pour le jour suivant. En -se levant, le matin, à son grand étonnement, il trouva le problème correctement résolu. L’écriture était de sa propre main et pas un des calculs n’était faux.
Le fait le plus important, c’est que le travail avait été fait à l’aide d’une méthode plus rapide et meilleure que celle que l’étudiant avait employée durant les trois soirées précédentes. Le professeur lui-même en fut étonné et déclara qiiil rC avait jamais^ pense à une solution si simple et si concise.
Alfred Russel Wallace qui rapporte ce récit(2) l’accompagne des réflexions suivantes dont on goûtera la justesse : Voilà évidemment un cas auquel les règles ordinaires de la conception ccrcbrale inconsciente ne peuvent s’appliquer. En effet, il y a la quelque chose de composé d’une manière à laquelle l’opérateur éveillé n’avait jamais pensé. L’étudiant avait en vain essayé de trouver l’erreur numérique de ses calculs eï non tenté de faire le calcul lui -même par d’autres méthodes. Etant endormi, il n’a pas découvert les chiffres faux, et si cela acait eu lieu on ent pu l’attribuer à la répétition de l’action cérébrale précédente. Ce qui est caractéristique, c’est qu’il recommence le calcul avec une méthode originale, très élégante, à laquelle son maître lui-même n’avait pas songé. C'est là un cas absolument analogue à ceux des médiums qui produisent à l’éfat neutre ou en sommeil ce qu'ils ne peuvent faire étant éveilles • par exemple, comme nous le verrons plus tard, parler des langues qu’ils n’ont jamais apprises. « Attribuer de telles actions à une conception cérébrale inconsciente n’est pas les expliquer, mais simplement leur don-
(1) Carpenter, Mental phvsiology. Voir tout le chapitre XIII.
(2) . Russel Wallace. Les miracles et le moderne spiritualisme
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ner un nom, et comme un enfant ou un sauvage, prendre un mot pour une explication. »
C’est jongler étrangement avec le sens des mots que d’appeler inconscientes des actions qui nécessitent la mise en jeu de toutes les facultés intellectuelles ; la vérité est que c’est simplement le souvenir de ces actes qui est perdu avu réveil.
En voici encore une preuve dans laquelle la mémoire joue un rôle prédominant :
Le Dr Davey a communiqué à la Société de Recherches psychiques le cas suivant, publié dans le Zoïst. Vol. VIII, page 1 38.
Mon cher ami, suivant votre désir, je vous envoie les détails de ce singulier rêve, si lève il y a, qui se trouva me rendre un grand service.
Comme je vous l’ai dit, j’avais été très ennuyé depuis le mois de septembre par une erreur dans mes comptes pour ce mois, et malgré des recher- lies de plusieurs heures, tous mes efforts restaient inutiles et je considérais presque le cas comme désespéré. Bien souvent la nuit, quand je ne dormais pas, et le jour, pendant une grande pàrtie de mes heures de loisir, je cherchais encore: Il en fut ainsi jusqu’au 11 décembre. Cette nuit-là, je n’avais pas, que je sache, pensé une seule fois à ce sujet, mais il n’y avait pas longtemps que j’étais couché et endormi lorsque mon cerveau se mit à travailler avec mes livres, autant que si j’eusse été à mon bureau. Le livre de caisse, le carnet de banque, etc. etc., m’apparurent, et, sans aucune difficulté apparente, je découvris presque immédiatement la cause de mon erreur, qui venait d’une contre-partie compliquée. Je me rappelle parfaitement avoir pris un bout de papier dans mon rêve et fait une note me permettant de corriger l’erreur dans un moment de loisir, et qu’ensuite toutes les circonstances s’étaient effacées \ de mon espiit. Quand je m’éveillai le matin, je n’avais pas le plus léger souvenir de mon rêve et il ne me revint pas de toute la journée, bien que j’eusse devant moi les mêmes livres dont je m’étais soi-disant servi pendant mon rêve.
Quand je rentrai à la maison l’après-midi, comme il était de bonne heure parce que j'avais à m’habiller, je pris un morceau de papier sur ma table pour essuyer mon rasoir, et vous pouvez imaginer ma surprise, en trouvant dessus la note que je me figurais avoir faite la nuit précédente. L’effet produit sur moi fut tel que je retournai au bureau, et, regardant le livre de caisse, je constatai que j’avais réellement, pendant mon sommeil, découvert l’erreur que je ne pouvais trouver éveillé, et que j’en avais pris note au moment même.
11 m’est impossible de me souvenir ou j’ai pris ce qu’il fallait pour écrire/ papier et crayon, avec lesquels je fis la note. Elle doit avoir été certainement'écrite dans l’obscurité et dans ma chambre à coucher, puisque je trouvai là papier et crayon, le lendemain dans 1 après-midi, et je n’y ai rien pu comprendre pendant longtemps.
RÊCHÉRCHbS
P. S. Je dois dire qu’une autre fois avant cela, un fait presque semblable m’était arrivé, avec cette différence cependant, que je m’étais réveillé à la fin du drame, et m’étais parfaitement rendu compte, étant bien éveillé, d’avoir fait lasnote à ce moment. Ce n’est donc pas la même chose.
Les faits précédents nous font connaître l’origine de ces pensées qui surgissent quelquefois soudainement dans la conscience, comme des inspirations étrangères, alors que ce sont seulement des souvenirs qui proviennent de notre activité mentale pendant le sommeil. L’automatisme, nous le savons maintenant, est éminemment propre à extérioriser ces phénomènes psychologiques subconcients, qui n’attendent qu’une occasion pour venir à la lumière. L’écriture automatique pourra donc nous faire connaître des dictées parfaitement coordonnées, des solutions de problèmes restés insolubles pour le sujet, ou des renseignements qui sembleront inédits, sans que nous attribuions nécessairement ces productions à des esprits désincarnés. Il faut alors se livrer à des enquêtes méthodiques sur l’antériorité du sujet, ses fréquentations, ses lectures, ses préoccupations, et parfois on arrive, comme nous allons le constater tout à l’heure, à reconstituer la genèse des processus intellectuels qui ont donné naissance à cette vie subliminale, comme l’appelle M. Myers.
Examinons maintenant un autre territoire de la subconscience : celui des souvenirs oubliés. C’est dans ce trésor caché que très souvent Lautomatiste puise les renseignements qui donnent aux messages leur apparence merveilleuse par l’imprévu, la minutie des détails concernant un événement tout à fait sorti de la mémoire ordinaire.