SES
FS
Rire
Fig. 15. — Système nerveux optique, en coupe longitudinale sagittale, chez 4, Steropus madidus; B, Antisphodrus Boldorii ; C, Ceuthosphodrus navarricus (d'après K. Bernarp, 1932). Les préparations, dépigmentées, sont X 166 sur la figure. b, tractus optique interne arrivant au cérébroïde berhcre chiasma interne; ce, chiasma externe ; co, capsule chitineuse périoculaire ; ge, substance grise cérébroïde ; go, noyaux des neurones visuels de troisième ordre; mb, membrane basal de l'œil ; mi, masse plexiforme du lobule optique ; mm, masse de la rétine profonde ou épioplicum ; me, masse de la rétine moyenne ou périopticum ; n, fibres allant du périopticum à la rétine externe. ZT, zone granulaire externe du périopticum (neurones géants de second ordre) ; Z II, épanouissement des fibres réceptrices de premier ordre ; Z III, zone des anastomoses ; Z IV, fibres isolées provenant de la rétine externe (zone fenêtrée). La terminologie de ces zones est empruntée à Ramon y CAJAL.
même chez le T'enebrio molitor, souvent élevé pour des recherches biologiques, je n’ai trouvé aucune référence sur l'anatomie oculaire. Pourtant, nous avons affaire à un groupe particulièrement propice à l'étude des yeux réduits : les Ténébrionides, animaux fouisseurs, comprennent bien des espèces à facettes rares ou déformées. Malheureusement, la chitine épaisse des adultes se coupe assez mal. Je n’ai pu obtenir de résultats que sur trois représentants de cette famille :
Tenebrio molitor, déjà suivi pour le développement des yeux
Fig. 16. — Têtes vues de profil chez trois Ténébrionides (X 5). A, Tenebrio molitor ; B, Stenosis angustata; GC, Dichillus minuta.
(pl. IV, fig. 4 à 9 et p. 30) présente divers indices d’atrophie des ommatidies :
L’œil, réniforme et peu convexe (fig. 16, A), est entamé en avant par l’arête céphalique latérale. Les 500 facettes, hexagones assez irréguliers, sont d’un diamètre exceptionnel, variant de 95 à 85 p : aucun autre Insecte examiné ici n’a de facettes aussi larges. Cela, d’après les idées classiques sur la vision des yeux composés, est déjà une raison importante de déficience optique. Par ailleurs, la rétinule, large et courte (fig. 9, pl. IV) semble dépourvue de zone claire autour du rhabome, d’où l’on peut déduire une différenciation incomplète des neurofibrilles terminales. Le système nerveux optique, bien développé, ne diffère pas apparemment de la normale, mais nous savons déjà qu’il régresse beaucoup moins vite
que l’œil externe. Fn somme, Tenebrio doit percevoir des images, mais celles-ci sont probablement très peu nettes. L’œil de Pimelia sulcata, dont je n’ai pu faire que des coupes transversales, semble du même type que le précédent.
Les deux autres espèces étudiées sont S'enosis angustata et Dichillus minuta, petits Ténébrionides méditerranéens très allongés, vivant dans le sable, le plus souvent dans les fourmilières où ils dévorent les détritus. Leur yeux (42 à 5o facettes chez le premier qui a 7 millimètres de long, 30 à 35 chez le second qui n’a que 4 millimètres) sont complètement traversés par la carène latérale de la tête, qui les divise en deux lobes, très écartés l’un de l’autre chez Dichillus (fig. 16, C) (').
Cette dernière espèce est la moins anormale des deux quant aux ommatidies. Les facettes sont hexagonales, de diamètre modéré (27 u) et très légèrement disjointes (fig. 10, pl. IV). Les cellules de Semrer (cer), sont très transparentes. Le pigment périphérique est moins embryonnaire de position que chez T'enebrio : ses chromatophores sont étroits, non accolés à la rétinule et sans doute capables de migration. Le rhabdome est limité à la moitié distale de chaque rétinule, mais l'exemple des Notonectes nous prouve que ce dernier caractère n'implique pas d'insuffisance visuelle. Seule, l'absence de zone claire autour du rhabdome pourrait nous faire croire, comme chez T'enebrio, à l’inachèvement des terminaisons photoréceptrices.
Chez Stenosis (fig. 11, pl. IV) les facettes, plus larges, sont de forme irrégulière et séparées les unes des autres par de la chitine banale, colorée en noir (ch). Les cellules de Semper ont le même contour que celles de T'enebrio, mais leur contenu cytoplasmique, même dans l’œil vivant à peine disséqué, n’est pas entièrement homogène : il y a des granulations et des bandes un peu plus opaques qui rappellent le stade de Tenebrio dessiné sur la figure 6. Le rhabdome se divise en deux étages de 6 ou 7 rhabdomères, séparés par une zone rétinienne nucléée : les rhabdomères de l'étage basal sont beaucoup plus éosinophiles que les autres (rh 2). Parmi les diverses anomalies du rhabdome signalées dans les yeux réduits, celle-ci est tout à fait inédite.
(:) Chez Stenosis angusla, dont j’ai examiné une cinquantaine d'individus, j'ai pu constater que le lobe ventral de l’œil comprend toujours 7 ou 9 facettes, le lobe dorsal variant de 35 à 4r). «