‹ Recherches Sur La Nature Du Faux Bulbe Des Ophrydées Ou Ophrydo-BulbeChapitre 2 sur 4 · T. II · texte numérisé non relu

T. II

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SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

développements qu’il comporte et appuyé par de nombreuses ligures dès longtemps préparées (et que je soumets à l’examen de la Société), je me bornerai a énumérer aujourd'hui les résultats auxquels j’étais déjà arrivé, et que j’avais fait connaître dès l'année 1850.

Les bulbes ou tubercules reproducteurs des Orchidées naissent à l’ais* selle des feuilles inférieures de la tige florifère. —On a longtemps pensé que le nouveau tubercule liait toujours du même côté de la tige, de telle sorte que la plante avancerait chaque année de l’épaisseur d’un bulbe dans une même direction. On a admis en dernier lieu que le nouveau bulbe se développe alternativement, une année à droite et l’année suivante à gauche, de telle sorte que la plante resterait à peu près à la même place. L'observation et la culture d’un assez grand nombre d’Orchidées indigènes m’ont démontre que ni l’une ni l’autre de ces opinions n’est l’expression exacte de la vérité. Kn effet, il se développe très souvent, non pas un seul tubercule, mais deux, a peu près opposés, a la base d’une même tige; l’année suivante, chacun de ces tubercules émet une tige florifère qui produit à son tour deux nouveaux tubercules, dont la direction forme un angle avec la direction des précédents, de telle sorte que la plante est représentée d’année en année par des individus dont le nombre va toujours en doublant, et qui s’éloignent ou s’entrecroisent clans toutes les directions; j’ai constaté plusieurs fois cette disposition chez les Orchis galeata :, O. Simia, chez le Loroglosium hircinum , etc. Quelquefois aussi il 11 e se développe chez les mêmes espèces qu un seul tubercule, qui prend naissance soit d’un côté soit de l’autre. Chez d’autres, il e xiste trois ou un plus grand nombre de tubercules qui, appartenant a des feuilles successives de la même spirale, se dirigent dans des sens différents ; c'est ce que l’on observe chez l’ Herminium Monovchise t chez le Serapias Lingua; chez ces espèces, les bulbes sont portés sur de longs pédicelles (1).

Afin de me rendre compte de la nature de ces tubercules, je les ai suivis depuis leur première apparition jusqu’à leur développement complet et a leur destruction, et j’ai constaté les faits suivants. — Longtemps avant l’époque de leur floraison, dès la fin de l’automne, 011 trouve à l’aisselle d uue ou de plusieurs des feuilles inférieures du tubercule destiné à fleurir, un bourgeon qui doit constituer plus tard un nouveau tubercule. Ce bourgeon, en grossissant, dilate la base de la feuille à l’aisselle de laquelle il a pris naissance; un peu plus tard, la gaine de cette feuille, distendue trop fortement, est déchirée et traversée par le bourgeon ou jeune tubercule, dont la

(1) « Les pédicelles de ces bulbes ne sont autre chose qu’un col plus ou moins

étroit et plus ou moins long du sac ou éperon, col tubuleux niais dont le canal très

étroit s’efface quelquefois complètement. » (ArL Bulbe, de mon Dictionnaire ratsonné de Botanique • )

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