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SEPTIEME OBSERVATION

FAYUS URCÉOLAIRE DU CUIR CHEVELU ET DE LA FACE, DONT LE DÉBUT REMONTE A QUINZE ANS. — ALOPÉCIE. — GUÉRISON PAR L’APPLICATION DU NOUVEAU TRAITEMENT. (Pavillon Saint-Mathieu , no 87). ( Observation recueillie -par m. LA- FARGUE, interne de l'hôpital Saint-Louis .)

Un jeune homme delà campagne, âgé de 18 ans, de petite taille, cheveux cendrés, peu épais, yeux roux, constitution scrofuleuse, est entré dans le service le 29 avril 1852. Ce jeune homme, natif du département de la Nièvre, est venu à Paris pour s’y faire traiter de la teigne. Il a encore son père et sa mère qui sont bien portants. 11 a un frère et une sœur qui ont eu des croûtes à la tête pendant une quinzaine d’années, mais qui sont actuellement guéris. A l’exception de ces deux faits, il ne connaît personne dans sa famille qui soit atteint d'affection de la peau ou qui ait jamais eu des manifestations de la scrofule.

Quant à lui, il a un caractère très doux. Son intelligence est peu développée. L’affection qu’il porte semble le rendre honteux ; on dirait qu’il n’ose lever les yeux. D’après son dire, il aurait eu des glandes engorgées sur les régions latérales du cou pendant son enfance, mais ces engorgements glandulaires disparurent sans suppurer. A la face interne de la jambe gauche il porte une longue cicatrice qui paraît avoir succédé à une nécrose. Les premières atteintes de ce mal se manifestèrent vers l’âge de 12 ans. Deux ans après, un séquestre, ayant plus de 10 centimètres de longueur, sortit de la plaie qui s’était formée, et la cicatrisation n’est complète que depuis deux ans. A l’exception de ces maladies, H dit s’être toujours bien porté; mais il y aune quinzaine 'années que des croûtes existent sur le

cuir chevelu. Les cheveux, très épais dans l’enfance, se sont détachés peu à peu, et actuellement ils sont très rares.

Aujourd’hui 29 avril 1852, on constate l’état suivant : Le cuir chevelu est rouge dans toute son étendue, très sensible au moindre contact. Des favus en godets, disséminés sur sa surface, tranchent par leur coloration et par leur élévation sur le reste de la surface du crâne. Les cheveux sont peu épais, assez longs et très fins, décolorés; ils résistent peu lorsqu’on les saisit entre les mors d’une pince, el se brisent très facilement; du reste, ils ne sont pas plus épais sur une partie que sur une autre. La peau du crâne qui est rouge dans toute son étendue, ainsi que nous l’avons déjà dit, offre cependant une rougeur plus manifeste encore autour des productions pathologiques. Celles-ci offrent tous les caractères connus du porrigo favosa, c’està-dire qu’elles sont disséminées, isolées, élevées au-dessus du niveau de la peau, offrant à leur centre une dépression cupuliforme, à surface unie, et donnant issue à un poil qui, dans quelques-unes d’entre elles, a été arraché. Leur couleur est jaune serin, et les bords des godets, moins unis que le centre, offrent aussi une coloration plus pâle. Dans quelques points, au sommet de la tète en particulier, sur sa région latérale gauche, on voit un groupe de favus réunis, et ici les caractères désignés plus haut sont moins distincts. La tête n’exhale point d’odeur particulière, mais elle est le siège de démangeaisons par fois très vives. — Dans la rainure de l’hélix de l’oreille gauche existe un godet favique ; sur le lobule du nez, on en trouve encore un autre.

Toutes les fonctions s’accomplissent parfaitement bien, et des manifestations de la scrofule, il ne reste plus que la cicatrice qui existe à la jambe gauche.

7 mai 1852. — On fait tombe r les croûtes par des applications de cataplasmes, des lotions et les bains dans lesquels on recommande au malade de plonger la tête à diverses reprises.

15 mai. — Première épilation générale. — Lotions avec le solution de sublimé; on continue ces lotions chaque jour pendant huit ou dix jours. — La rougeur du cuir chevelu tombe graduellement, — la tuméfaction diminue de jour en jour, — les démangeaisons cessent. — Le malade est mis, en outre, à l’usage de la tisane de lioublon ; il prend chaque jour, 30 grammes de sirop d’iodure de fer et deux bains alcalins par semaine.

Les favus de Foreille et du nez ont été détachés avec un stylet et ne se sont pas reproduits.

Le 25 juin. — Les cheveux commencent à repousser avec une coloration différente de celle qu’ils présentaient lors de l’entrée du malade à Phôpital; ils sont bruns et ont une couleur plus franche. Çà et là il existe des rougeurs circonscrites, avec démangeaisons. Une seconde épilation est pratiquée : on la fait suivre immédiatement d’une lotion d’eau de savon et d’une imbibition avec la dissolution d’acétate de cuivre. — Quelques pustules se montrent sur le cuir chevelu; on donne issue au pus qu’elles contiennent en les piquant avec une épingle.

Le l<r octobre . --Le malade sort de l’hôpital dans l’état suivant : le cuir chevelu a presque complètement perdu sa rougeur morbide ; il n’existe plus de démangeaisons; les cheveux repoussé o it bruns et forts beaux; on en voit sur des parties qui étaient tout à fait chauves lors de l’entrée du malade à l’hôpital.

1er décembre . — Nous recevons des nouvelles de ce malade. Brice Dareau est en apprentissage près de Saulieu (département de la Côte-d’Or) ; il nous fait ses très sincères remer ciments et nous apprend que sa tête est très propre, que le favus ne s’est pas reproduit.

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