‹ Recherches sur la nature et le traitement des teignesChapitre 8 sur 19 · PENDANT SIX ANS · texte numérisé non relu

PENDANT SIX ANS

Le nommé Duval (Auguste), âgé de 25 ans, crayomètre en cuivre, n’a jamais fait de maladie sérieuse; il est doué d’une assez forte constitution, — brun, à cheveux noirs.

Duval fait remonter à six ans le mal dont il est atteint. A celte époque quelques boulons isolés se montrèrent sur les lèvres, les parties latérales delà face et la région sous-

maxillaire; — ces boutons, précédés d’un .éger prurit, suppurèrent, sc transformèrent en petites croûtes, qui bientôt se détachèrent sans laisser de cicatrices. Au bout de quelques mois, une nouvelle éruption se manifesta sur la lèvre supérieure ; les pustules étaient plus nombreuses, plus rapprochées, la douleur plus vive et ies accidents se prolongèrent plus longtemps. Ils cédèrent cependant encore à l’usage de pommades, de tisanes amères et de purgatifs répétés. Il y a deux ans l’éruption pustuleuse gagna les favoris et la barbe; des pustules nombreuses apparurent sur les lèvres, le menton et la partie supérieure du col. C’est à cette époque que le malade réclama les soins du docteur Selle. Des pommades de diverses natures des purgatifs, les préparations sulfureuses furent, tourà tour et inutilement, mis en usage. L’éruption pustuleuse de la lèvre supérieure s’était accrue, le malade éprouvait, sur cette région, une tension douloureuse ; il y avait de la rougeur et de la dureté, et d’après les conseils du docteur Selle, le malade se décida à entrer ù l’hôpital Saint-Louis ; il resta vingt-deux jours dans le service de M. Hardy, qui le mit à l’usage de la limonade sulfurique et lui fit faire des lotions avec une dissolution de sous-carbonate de soude. Sous l’influence de de ce traitement, l’état du malade s’améliora quelque peu; mais trois jours à peine après sa sortie, une poussée pustuleuse nouvelle, et plus forte que toutes celles qui avaient précédé, eut lieu; la douleur, la tension, la rougeur et l’induration cutanée accompagnèrent encore cette nouvelle poussée. Le malade revit M. Selle, qui nous l’adressa à l’hôpital Saint-Louis.

Duval fut reçu au Pavillon Saint-Mathieu, le 14 juillet 1852. Dès le lendemain on commença l’épilation sur toutes les parties malades. Des lotions avec le solutum de sublimé furent faites immédiatement après l’avulsion des poils A partir de ce moment, le malade alla de mieux en mieux, et le 30 du même mois, il quittait l’hôpital, parfaitement guéri de sa mentagre.

Nous avons revu ce malade le 26 septembre. Les poils étaient repoussés sur toutes les parties épilées ; la guérison s’était maintenue. Duval, quelques jours après sa sortie de l’ hôpital, avait vu renaître quelques pustules, mais il s’était hâté d’en arrêter les progrès et de les guérir par l’extraction des poils.

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