NS | 5,992,666 âmes
Cette différence est sans doute très-faible, si on la considère.
isolément. Mais elle devient plus importante , si l’on fait attention à la circonstance que la population de ce Royaume s'accroît annuellement, non pas uniquement de l’excédant des naissances sur les décès, mais aussi d’un nombre marquant d’étrangers qui viennent s’y établir, attirés par la beauté du pays, l'équité de sa législation et la libéralité du Gouvernement.
Nore C. (Voyez page 11.)
La loi des naissances et celle des décès, appliquée aux différentes époques de l’année, semblent différer entre elles, et chacune de ces lois, pour autant que les notices recueillies à ce sujet paraissent les indiquer, diffère encore entre les villes et les campagnes.
À la vérité le minimum des décès se trouve décidément au
mois de juillet dans la totalité du Royaume , de même que dans les sept grandes villes indiquées au tableau. La ville de Rotterdam seule, offre à rigoureusement parler, une exception à sette règle; mais elle est de trop peu d'importance pour mériter d’être prise en considération.
"" Le maximum des décès tombe en janvier dans les villes indiquées au tableau; en mars dans l’ensemble de la population réunie des villes et des campagnes. La mortalité de ce dernier mois dépasse , par rapport à cette population réunie , de 1/5 celle de janvier. La différence doit donc être plus grande encore entre les villes et les campagnes, les unes et les autres isolément considérées et comparées entre elles.
Le maximum des naissances se manifeste généralement, et dans les villes et dans la totalité du Royaume, dans le mois de février. Une faible déviation de cette règle se fait remarquer à Gand, une bien plus forte à Amsterdam. Celle-ci est même remarquable. Le nombre des naissances en avril excède de plus de ‘3 celui de février dans la dernière desdites villes. Les causes d’une déviation aussi forte de la règle générale, méritent d’être approfondies.
Quant auninimum des naissances , on letrouve pour les villes.
dans des proportions variant faiblement entre elles, aux Lois
de juin, juillet et août ; pour les villes et les campagnes réunies, positivement au mois de juillet. |
Il me semble que ces phénomènes remarquables , qui sont si dignes d'attention et qu'il est si facile de constater par un plus grand nombre d'observations , n’ont, à une seule exceptionprès, rien qui ne soit en harmonie avec les notions que nous avons d'ailleurs sur les lois de la nature.
Il résulte des indications moyennes du thermomètre , consignées au présent Mémoire, que c’est en juillet que la température parvient dans nos contrées à son plus haut degré d’élévation. Or, le calorique est par lui-même un élément vital et conservateur; ce n’est que par une intensité excessive , qu'il produit des effets contraires sur l’économie animale. On peut donc conclure de son influence sur la mortalité dans nos elimats , qu'il n’y dépasse pas , à généralement parler , le degré qui constitue la limite de son action bienfaisante, puisque parmi les mois où les décès sont d’ailleurs les moins nombreux, et avec lesquels le mois de juillet a tous les autres élémens de conservation en commun , ce mois se distingue uniquement JE la plus grande AU de calorique qu'il pet dans l'atmosphère: |
En consultant les mêmes Lio , On voit que PUS de ce principe vital se fait le plus sentir en janvier. Il-n’est donc pas étonnant, si, toutes choses étant d'ailleurs égales, ce mois est celui où le fléau d’une grande mortalité se fait le plus vivement sentir, Mais la population des villes et celle des campagnes sont-elles, sous tous les autres rapports, dans une même position? Je ne le pense pas. La population agglomérée des villes , tend à multiplier la débauche pendant la saison du désœuvrement bien plus que cela n’a lieu dans les habitations éparses des campagnes; et cette circonstance semble y précipiter le mouvement destructeur de la vie , qui d’ailleurs se préparerait probablement au milieu des privations pendant les rigueurs de l'hiver , et pourrait fort bien n’accomplir son cours
te
que plus tard, dans les premiers mois du printemps. D'une autre part, il est dans l’ordre naturel des choses , que des forces déjà minées par la saison rigoureuse et les maux qui l'accompa- gnent, s’épuisent et s’éteignent sous la fatigue des travaux que l’agriculture réclame dans les campagnes, précisément au mois de mars, après plusieurs mois d’un long et triste repos. Il n’est pas impossible que la vivacité des sensations que le retour du printemps fait éprouver , et qui n’est dans les premiers temps jamais exempte de quelque sentiment de malaise qui se mêle à celui d’une meilleure existence, exerce encore à elle seule , une influence destructive sur l’organisation humaine, surtout à l’égard des constitutions déjà affaiblies. Sous ce rapport, la diminution relative de la mortalité, par rapport à la population totale , qui se fait sentir au mois de mars comparéau mois d’avril, est digne de fixer l'attention de l’observateur. D'après le tableau , elle descend subitement de 1,25 à 1,08, par conséquent, de 0,17, du premier au second de ces mois; tandis que la diminution successive depuis le mois d'avril jusqu’à celui de juillet, n’est que de 0,23 , ou de moins deo,08 en terme moyen par mois.
Mais peu à peu l'équilibre entre les sensations et les forces qui les éprouvent et qui doivent les supporter, se rétablit ; et il paraît que le sentiment du bien-être physique, qui en résulte, et qui est sans doute l’un des grands ressorts de la propagation de l'espèce humaine, atteint son apogée au mois de mai, puisque les effets de la fécondité se manifestent le plus abondamment dans celui de février, et cela encore dans cette circonstance , d’une manière extrêmement remarquable.
Lesnaissances dans ce mois , comparées à celles de février, sont pour la population générale dans le rapport de r,08 à 1,18, ét donneront pour différence o,10;tandis que la différence moyenne depuis le mois de juillet, époque du minimum des naissances , jusqu'à celui de février, époque du maximum , est seulement dans le rapport de 0,82 à 1,18, ce qui donne une différence totale de 0,36 , et sur sept mois une moyenne d’accroissement mensuel d'environ 0,05.