‹ Recherches sur la production artificielle des monstruosités, ou, Essais de tératogénie expérimentale (volume 2)Chapitre 25 sur 50 · CHAPITRE V MODE DE FORMATION DES MONSTRES SIMPLES AUTOSITES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V MODE DE FORMATION DES MONSTRES SIMPLES AUTOSITES

Sommaire. 1 Considérations générales, —29 Formation de la triocéphalie,— 39 Formation de la eyelopie. — 4° Formation de l'omphalocéphalie, — 59 Formation de l'anencéphalie. — 6° Formation de la pseudencéphalie. — 7° Formation de l'exencéphalie. — 8° Formation de la célosomie, — 9° Formation de l'ectromélie, — 100 Formation de la symélie,

J'ai signalé ce fait curieux que la série des monstres simples, telle qu'elle a été établie par Is. Geoffroy Saint-Hilaire, reproduit trèsexactement, quand on la prend en sens inverse, l’ordre d'apparition des diverses monstruosités dans l'évolution embryonnaire!. Je devrais donc suivre complétement cet ordre, dans l'étude du mode de formation des monstruosités simples. Toutefois, le mode de formation de celles de ces monstruosités dont l'apparition est la plus précoce, celles qui appartiennent à l'ordre des monstres omphalosites, se lie, comme je l'ai déjà indiqué*, à une condition physiologique particulière, la gémellité, qui est aussi le point de départ de la monstruosité double. L'étude des monstres omphalosites, pour être bien comprise, doit donc venir après celle de la gémellité. Je l’ajourne done, et je commencerai l'étude des monstres simples par celle des monstres simples autosites. Je suivrai, du reste, dans l'exposition de l’évolution de leurs différents types, l'ordre synthétique, c'est-à-dire l'ordre dans lequel ces monstruosités apparaissent dans l'embryon.

Tous les types des monstres simples autosites ont un même point de départ, l’arrèt de développement, C'est là un fait très-général, qui résulte de toutes mes recherches. Mais cet arrèt de développement, au moins dans le plus grand nombre des cas, n'exerce pas d'abord son influence sur l'embryon lui-même ; il atteint d'abord l'amnios, ainsi que je l'ai déjà indiqué *. L’amnios, arrèté dans son développement, modifie consécutivement l'évolution des différentes parties de l’embryon, par la compression qu'il exerce sur elles.J'ai signalé ces

1 Voir p, 145.

2 Voir p. 142.

3 Voir p. 110 et 203.

faits depuis longtemps. Toutefois, des expériences toutes récentes m'ont appris, à mon grand étonnement, que la compression de certaines parties de l'embryon, cause principale des monstruosités “simples, peut se produire également dans le cas d'absence de l’'amnios. Ce fait peut sembler étrange au premier abord; mais toute difficulté disparaît si l’on réfléchit que l'embryon privé d’amnios, et par conséquent reposant à nu sur le blastoderme, peut se comprimer au début contre la membrane vitelline, et même contre la coquille. J'ai constaté. ce fait d’une manière très-exacte dans certains cas de pseudencéphalie et d'exencéphalie. Au reste, c’est toujours, dans ce cas, un arrèt de développement, c’est-à-dire le défaut de formation de lamnios, qui constitue le fait tératogénique primordial.

Ce fait est-il nécessaire ? Et pouvons-nous attribuer la formation de toutes les monstruosités simples autosites au défaut de formation de l’amnios ou à son arrêt de développement? Je ne connais actuellement aucune considération physiologique qui puisse m'autoriser à admettre une semblable généralisation. Je n’ai aucun motif de croire qu'un organe quelconque de l'embryon ne puisse être, aussi bien que l’'amnios, frappé primitivement d’un arrêt de développement par l’action d'une cause tératogénique. Je dois done me borner à dire que le fait est très-général, sans pouvoir affirmer qu'il soit nécessairement la cause de la production de tous les monstres autosites.

Le rôle tératogénique de l'arrêt de développement de l’amnios est d'autant plus intéressant qu’il rend compte d’un fait très-remarquable, l'association fréquente sur un même individu des monstruosités les plus diverses. Ainsi l’ectromélie accompagne presque toujours la célosomie, et ces deux monstruosités sont elles-mêmes très-fréquemment associées à la pseudencéphalie et à l’'exencéphalie. Les monstres qui présentent ces associations de différents types lératologiques peuvent être aussi affectés d’un nombre plus ou moins grand d’hémitéries. La grande généralité de ce fait a été déjà signalée par Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Je l’ai expliquée dès le début de mes études, comme je l’explique aujourd'hui, par les arrêts de développement de l’amnios ?., Mais j'ai pu aller plus loin, J'avais cru, à cette époque, que certaines monstruosilés seulement pouvaient s'associer,

1 Is. GrorrroY Sainr-Hicatne, Traité de téralologie, t. III, p. 400.

2 Danesrr, Sur Les conditions de la vie et de la mort chez les monstres ectroméliens, célosomiens et exencéphaliens, produits artificiellement dans l'espèce de la poule, dans les Ann. des se. nal,, fe série, Zool., t, XX, p. 59, 1863,

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